Épreuve blanche de français — enseignement secondaire collégial — concours de recrutement — session 2017

Épreuve complète — 62 questions objectives · 62 questions · 100 minutes

Épreuve réelle du concours de recrutement des enseignants du secondaire (collégial et qualifiant), spécialité français, session 2017 : notions du champ disciplinaire, didactique du français et compréhension de l’écrit. Les parties rédactionnelles du sujet d’origine (production écrite et situation-problème) ne figurent pas ici : elles ne peuvent pas être corrigées automatiquement.
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1. Quel est le nom qui désigne une action qui a pour but de raccourcir un délai ?

  1. AAbréviation
  2. BAbrègement
  3. CAbrogation
  4. DAbrégé

2. Comment appelle-t-on l’action de nettoyer, de blanchir le linge ?

  1. ALe blanchissement
  2. BLe blanchissage
  3. CLe blanchiment
  4. DLe blanchisseur

3. Pour quelle qualité peut-on louer quelqu’un qui ne cherche pas de profit personnel dans ses activités ?

  1. ADésintéressement
  2. BDésinsertion
  3. CDésintérêt
  4. DDésintégration

4. La mousse s’accroche au sol et aux pierres. Comment sont donc les marches de l’escalier abandonné ?

  1. AMoussues
  2. BMoussantes
  3. CMousseuses
  4. DMoussées

5. Associez les expressions à leur définition : 1) propos opportuns ; 2) propos fabulateurs ; 3) propos calomnieux ; 4) propos démagogiques. A) Propos mensongers qui attaquent la réputation. B) Propos par lesquels on flatte et exploite les passions des masses. C) Propos qui conviennent dans un cas déterminé. D) Propos imaginaires mais présentés comme réels par leur auteur.

  1. A1D - 2A - 3B - 4C
  2. B1C - 2D - 3A - 4B
  3. C1C - 2B - 3A - 4D
  4. D1D - 2B - 3A - 4C

6. Parmi ces quatre mots, trois sont masculins au singulier et féminins au pluriel. Cherchez l’intrus.

  1. APrémices
  2. BAmours
  3. CDélices
  4. DOrgues

7. Quel est l’accord erroné ?

  1. AUne pierre bleue marine
  2. BDes yeux bleus
  3. CLa mer bleue
  4. DUne encre bleu-noir

8. Dans quelle phrase « tout » est-il un adjectif indéfini ?

  1. AVous n’avez rien compris à tout cela.
  2. BTout le monde est parti avant l’aube.
  3. CNous viendrons vous voir tout à l’heure.
  4. DApprenez que tout abus sera puni.

9. Quelle phrase ne comporte pas de pronom possessif ?

  1. ANos valises sont là et les vôtres ?
  2. BTon père et le mien sont de bons amis.
  3. CMon frère et ma sœur sont arrivés hier.
  4. DVotre cheval est arrivé le premier et le mien le dernier.

10. Dans quelle phrase le mot souligné comporte-t-il une erreur ?

  1. ALe professeur est heureux de voir ses élèves suivant attentivement.
  2. BNous avons vu des oiseaux bâtissant patiemment leur nid.
  3. CLes enfants obéissants à leurs parents sont aimés de tout le monde.
  4. DOn remarque que bien des gens sont plus gênants que gênés.

11. À quelle figure de style correspond la citation de Corneille : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » ?

  1. AParadoxe
  2. BAntithèse
  3. CChiasme
  4. DOxymore

12. À quelle figure de style correspond cette phrase : « Deux voiles cinglaient vers le couchant » ?

  1. ASynecdoque
  2. BMétonymie
  3. CCatachrèse
  4. DPériphrase

13. À quelle figure de style correspond la citation de Racine : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »

  1. APolyptote
  2. BSynérèse
  3. CAllitération
  4. DParonomase

14. À quelle figure de style correspond la citation de Guillaume Apollinaire : « Mes rêveuses pensées pieds nus vont en soirée » ?

  1. AParabole
  2. BPersonnification
  3. CProsopopée
  4. DAllégorie

15. À quelle figure de style correspond la citation de Corneille : « Va, je ne te hais point. » ?

  1. AAccumulation
  2. BEuphémisme
  3. CÉnumération
  4. DLitote

16. Qu’appelle-t-on un registre littéraire ?

  1. ALe nom donné aux différents niveaux de langue : familier, courant et soutenu.
  2. BL’ensemble des caractéristiques d’un texte qui provoquent des effets particuliers, émotionnels ou intellectuels, sur le lecteur ou le spectateur.
  3. CLes catégories dans lesquelles on classe les œuvres selon leur genre : roman, poésie, théâtre, etc.
  4. DUn cahier de grand format où l’on enregistre les auteurs, les ouvrages, les personnages et les commentaires des lecteurs.

17. Si, dans un texte, le narrateur ou le poète évoque ses sentiments personnels et ses états d’âme — joie, tristesse, chagrin, etc. —, de quel registre s’agit-il ?

  1. ARegistre comique
  2. BRegistre épique
  3. CRegistre lyrique
  4. DRegistre ironique

18. Lorsqu’un texte cherche à faire rire le lecteur ou le spectateur, quel est son registre ?

  1. ARegistre épique
  2. BRegistre tragique
  3. CRegistre pathétique
  4. DRegistre comique

19. Quel est le registre d’un texte dans lequel des événements étranges et inexplicables font irruption dans un univers réaliste ?

  1. ARegistre fantastique
  2. BRegistre bizarre
  3. CRegistre incroyable
  4. DRegistre épique

20. Quel est le registre caractéristique d’un texte qui cherche à provoquer l’admiration et l’enthousiasme du lecteur en louant les exploits d’un ou de plusieurs héros ?

  1. ARegistre tragique
  2. BRegistre épique
  3. CRegistre oratoire
  4. DRegistre fantastique

21. Qu’est-ce qu’un sonnet ?

  1. AUn poème régulier de dix-sept vers : deux quatrains et trois tercets.
  2. BUn poème régulier de quatorze vers : deux quatrains et deux tercets.
  3. CUn poème régulier de dix vers : un quatrain et deux tercets.
  4. DUn poème régulier de onze vers : deux quatrains et un tercet.

22. Quel est le titre du poème d’Aragon qui commence par : « Rien n’est jamais acquis à l’homme… » ?

  1. ADemain, dès l’aube
  2. BInvitation au voyage
  3. CRegrets
  4. DIl n’y a pas d’amour heureux

23. De quel siècle est le mouvement du naturalisme ?

  1. AXVIe siècle
  2. BXVIIe siècle
  3. CXIXe siècle
  4. DXXIe siècle

24. Quel est l’ordre chronologique des mouvements littéraires du XIXe siècle ?

  1. ARomantisme - naturalisme - réalisme
  2. BRéalisme - naturalisme - romantisme
  3. CRomantisme - réalisme - naturalisme
  4. DNaturalisme - romantisme - réalisme

25. Dans quelle pièce de Molière le personnage d’Harpagon apparaît-il ?

  1. ALe Médecin malgré lui
  2. BTartuffe
  3. CL’Avare
  4. DDom Juan

26. Que veut dire : « Le didacticien est un spécialiste de l’enseignement et de sa discipline » ?

  1. ACelui qui s’interroge sur le savoir savant qui devra se transformer en savoir à enseigner.
  2. BCelui qui réalise la transposition méthodologique et qui identifie les obstacles.
  3. CCelui qui s’y connaît vraiment bien et qui a suivi des cours de pédagogie.
  4. DCelui qui a étudié la philosophie, la psychologie et l’histoire des arts.

27. Qu’est-ce que la pédagogie ?

  1. ALe soin des pieds
  2. BL’art d’éduquer
  3. CUne manière d’informer
  4. DLa culture du sol

28. C’est une perspective pragmatique et c’est la science de l’éducation et de l’enseignement.

  1. AProgramme
  2. BÉvaluation
  3. CPédagogie
  4. DApprentissage

29. « Cursus scolaire » : que veut dire cette appellation ?

  1. APériode scolaire
  2. BProgramme scolaire
  3. CChemin vers l’école
  4. DParcours scolaire

30. En quoi consiste la pédagogie différenciée ?

  1. ADifférencier les objectifs et les manuels scolaires.
  2. BDifférencier les parcours pour les mêmes objectifs.
  3. CDifférencier les parcours pour des objectifs différents.
  4. DDifférencier les enseignants et les programmes.

31. Instaurer avec les élèves une relation de confiance et de bienveillance, c’est :

  1. AAccompagner les élèves dans leur parcours de formation.
  2. BOrganiser et assurer un mode de fonctionnement du groupe favorisant l’apprentissage et la socialisation des élèves.
  3. CInscrire son action dans le cadre des principes fondamentaux du système éducatif et dans le cadre réglementaire de l’École.
  4. DIntégrer les éléments de la culture numérique nécessaires à l’exercice de son métier.

32. Quel est le meilleur temps pour programmer les horaires d’une matière ?

  1. A08 h - 10 h
  2. B10 h - 12 h
  3. C14 h - 16 h
  4. D16 h - 18 h

33. Intégrer un élève dans un groupe pour qu’il s’améliore s’appelle l’apprentissage :

  1. APar alternance
  2. BPar correspondance
  3. CPar les pairs
  4. DPar soi-même

34. Par quoi l’adulte peut-il le mieux influencer le comportement de l’enfant ou de l’élève ?

  1. ALa permissivité
  2. BLa contrainte
  3. CLe conseil
  4. DL’exemple

35. Pour évaluer les prérequis des élèves, quand doit-on s’y prendre ?

  1. AEn fin d’année
  2. BEn milieu d’année
  3. CEn début d’année
  4. DÀ tout moment

36. Laquelle de ces formulations revêt le caractère d’un objectif pédagogique bien défini ?

  1. ALes élèves seront capables de se rappeler des phrases à la voix passive, dans un mois.
  2. BLes élèves seront capables de produire des phrases à la forme passive, dans un mois.
  3. CLes élèves seront capables de comprendre des phrases à la forme passive, dans un mois.
  4. DLes élèves seront capables d’inculquer des phrases à la forme passive, dans un mois.

37. En situation d’apprentissage, repérer les difficultés des élèves afin de mieux assurer la progression des apprentissages, c’est :

  1. AContribuer à l’action de la communauté éducative.
  2. BConnaître les élèves et les processus d’apprentissage.
  3. CMaîtriser la langue française à des fins de communication.
  4. DÉvaluer les progrès et les acquisitions des élèves.

38. Quel ordre ces différents types d’évaluation doivent-ils suivre au terme d’un cycle scolaire ?

  1. AÉvaluation diagnostique, évaluation sommative, évaluation formative, évaluation certificative.
  2. BÉvaluation diagnostique, évaluation formative, évaluation sommative, évaluation certificative.
  3. CÉvaluation diagnostique, évaluation sommative, évaluation certificative, évaluation formative.
  4. DÉvaluation sommative, évaluation formative, évaluation certificative, évaluation diagnostique.

39. D’un point de vue didactique, cette phrase : « Elles sont partis », est :

  1. AUne tare
  2. BUne faute
  3. CUne erreur
  4. DUne bêtise

40. Quelles sont les trois étapes d’un atelier de questionnement de texte ?

  1. ALecture individuelle, échanges, vérification.
  2. BLecture collective, élaboration des questions, réponses.
  3. CLecture individuelle, interprétation, restitution.
  4. DLecture collective, restitution individuelle, vérification.

41. Quel cheminement suit la démarche inductive ?

  1. ADu particulier au particulier
  2. BDu général au particulier
  3. CDu particulier au général
  4. DDu général au général

42. L’enseignant qui dicte toujours à ses élèves ce qu’ils ont à dire et à faire est :

  1. ADirigiste
  2. BDirectif
  3. CDirecteur
  4. DDirigeant

43. Quelles sont les étapes d’une activité permettant de développer des savoirs chez les élèves ?

  1. APhase de motivation ; exercices de structuration ; synthèse ; tâches.
  2. BPhase de motivation ; tâches ; exercices de structuration ; évaluation ; synthèse.
  3. CTâches ; synthèse ; évaluation ; feed-back ; exercices de structuration.
  4. DPhase de motivation ; tâches ; exercices de structuration ; synthèse ; évaluation/remédiation.

44. Parmi ces proverbes, lequel est un intrus ?

  1. AL’erreur est humaine.
  2. BC’est en forgeant qu’on devient forgeron.
  3. CMieux vaut tête bien faite que tête bien pleine.
  4. DL’habit ne fait pas le moine.

45. L’acte de lire est d’abord et essentiellement :

  1. AParticulier
  2. BCollectif
  3. CIndividuel
  4. DAssociatif

46. Le test qui permet d’évaluer le niveau des élèves avant l’enseignement-apprentissage est :

  1. AL’évaluation certificative
  2. BL’évaluation formative
  3. CL’évaluation diagnostique
  4. DL’évaluation sommative

47. Un élève assidu est :

  1. ACelui qui assiste toujours
  2. BCelui qui participe toujours
  3. CCelui qui acquiesce toujours
  4. DCelui qui bavarde toujours

48. La notion de l’écrit implique :

  1. ALa compréhension uniquement
  2. BLa production uniquement
  3. CLa compréhension et la production
  4. DNi compréhension ni production

49. Parmi ces approches, laquelle n’est pas une méthode de lecture ?

  1. AL’approche participative
  2. BL’approche méthodique
  3. CL’approche globale
  4. DL’approche linéaire

50. Que peut gagner l’élève qui fait régulièrement ses devoirs hors classe ?

  1. AAutonomie - responsabilité - sens du devoir - encouragement
  2. BAutonomie - responsabilité - sens du devoir - confiance en soi
  3. CAutonomie - responsabilité - compréhension - confiance en soi
  4. DAutonomie - responsabilité - sens du devoir - omission

51. De quel type de texte s’agit-il et quel indice le confirme ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. AUn texte narratif : narrateur-personnage, repères chronologiques et temps du récit.
  2. BUn texte argumentatif : une thèse annoncée, des arguments et une réfutation.
  3. CUn texte injonctif : des consignes adressées directement au lecteur.
  4. DUn texte explicatif : l’analyse scientifique des causes du reboisement.

52. Quand et dans quel lieu se passe ce récit ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. AAvant la Première Guerre mondiale, dans une ville industrielle.
  2. BAprès la Première Guerre mondiale, dans un hameau de campagne.
  3. CPendant la Seconde Guerre mondiale, sur le front.
  4. DÀ une époque indéterminée, dans un port de la côte.

53. Quel rôle le narrateur joue-t-il dans ce texte ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. AIl est le principal artisan de la reconstruction du hameau.
  2. BIl est un narrateur omniscient, extérieur à l’histoire.
  3. CIl est un personnage-témoin qui assure la transition entre le passé et le présent.
  4. DIl se contente de rapporter les dialogues des villageois, sans point de vue.

54. Sur quel verbe le mot « résurrection » est-il construit et que signifie-t-il dans ce contexte ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. ASur « résister » : la résistance des habitants restés sur place.
  2. BSur « surgir » : l’apparition soudaine d’une source.
  3. CSur « secourir » : l’aide apportée aux sinistrés.
  4. DSur « ressusciter » : la renaissance du lieu et de la vie.

55. « les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche » : de quelle figure de style s’agit-il et quel en est l’effet ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. AUne métaphore : la menthe est assimilée à un tapis, ce qui rend la scène concrète et sensible (vue, odorat, fraîcheur, abondance).
  2. BUne comparaison : les deux termes sont reliés par un outil comparatif explicite.
  3. CUne personnification : les fontaines se voient prêter des sentiments humains.
  4. DUne hyperbole : l’exagération souligne la sécheresse persistante du sol.

56. Quels éléments de la nature le texte évoque-t-il et que symbolisent-ils pour le narrateur ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. ALe feu, la pierre et le sable : la résistance d’une terre restée stérile.
  2. BL’air, l’eau, la végétation et la terre : la renaissance de la nature rendue possible par l’action de l’homme.
  3. CLa neige et le gel : la rudesse d’un climat qui décourage les habitants.
  4. DLa mer et les vents du large : l’appel du voyage et de l’exil.

57. Quelle est la transposition passive correcte de : « On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. » ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. ALes ruines ont été déblayées, les pans de murs délabrés ont été abattus et cinq maisons ont été reconstruites.
  2. BLes ruines furent déblayées, les pans de murs délabrés seront abattus et cinq maisons sont reconstruites.
  3. CLes ruines avaient été déblayées, les pans de murs délabrés avaient été abattus et cinq maisons avaient été reconstruites.
  4. DLes ruines étaient déblayées, les pans de murs délabrés étaient abattus et cinq maisons étaient reconstruites.

58. Quelles antithèses peut-on relever dans les passages en gras du texte ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A« fontaine » / « bassin » ; « tilleul » / « érables » ; « orge » / « seigle ».
  2. B« montagne » / « vallées » ; « pluies » / « neiges » ; « hommes » / « femmes ».
  3. C« vingt-huit habitants » / « quatre jeunes ménages » ; « légumes » / « fleurs ».
  4. D« bourrasques sèches et brutales » / « brise souple chargée d’odeurs » ; « abattu » / « reconstruit » ; « délabrés » / « neuves ».

59. Quelle atmosphère se dégage de ces antithèses ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. AUn contraste entre la désolation passée et le renouveau présent, qui met en valeur l’action humaine et l’espoir retrouvé.
  2. BUne impression de monotonie et d’immobilité du paysage.
  3. CUne tension dramatique annonçant un nouveau malheur.
  4. DUne ironie qui tourne en dérision les efforts des villageois.

60. « On avait planté un tilleul… » ; « Si on compte… » : dans laquelle de ces deux formes le pronom « on » inclut-il le narrateur ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. ADans « On avait planté un tilleul ».
  2. BDans « Si on compte… ».
  3. CDans les deux formes indifféremment.
  4. DDans aucune des deux : « on » exclut toujours le locuteur.

61. Qui le pronom « on » désigne-t-il dans « On avait planté un tilleul » ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. ALe narrateur et son compagnon de route.
  2. BLes autorités administratives de la région.
  3. CLes habitants du lieu, ceux qui ont participé à la reconstruction.
  4. DLes soldats revenus du front.

62. Quelle est la raison du bonheur ressenti par le narrateur ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. AIl a retrouvé intacte la maison de son enfance.
  2. BIl apprend qu’il héritera des terres d’Elzéard Bouffier.
  3. CIl se réjouit du départ des nouveaux venus vers les plaines.
  4. DIl constate, après la guerre, la reconstruction du hameau, le retour des habitants et la renaissance de la nature.