Correction complète — Épreuve blanche de français — enseignement secondaire collégial — concours de recrutement — session 2017

62 questions avec réponses, explications et références.

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Épreuve complète — 62 questions objectives

Question 1 — Quel est le nom qui désigne une action qui a pour but de raccourcir un délai ?
  1. A. Abréviation
  2. B. Abrègement
  3. C. Abrogation
  4. D. Abrégé
L’abrègement est l’action de rendre plus court, notamment un délai. Une abréviation concerne surtout la réduction graphique d’un mot ou d’une expression.
Question 2 — Comment appelle-t-on l’action de nettoyer, de blanchir le linge ?
  1. A. Le blanchissement
  2. B. Le blanchissage
  3. C. Le blanchiment
  4. D. Le blanchisseur
Le blanchissage désigne l’action de laver et de blanchir le linge. Le blanchiment renvoie plus généralement au fait de rendre blanc ou plus clair.
Question 3 — Pour quelle qualité peut-on louer quelqu’un qui ne cherche pas de profit personnel dans ses activités ?
  1. A. Désintéressement
  2. B. Désinsertion
  3. C. Désintérêt
  4. D. Désintégration
Le désintéressement est l’attitude d’une personne qui agit sans rechercher un avantage personnel.
Question 4 — La mousse s’accroche au sol et aux pierres. Comment sont donc les marches de l’escalier abandonné ?
  1. A. Moussues
  2. B. Moussantes
  3. C. Mousseuses
  4. D. Moussées
L’adjectif moussu, au féminin pluriel, donne moussues : des marches couvertes de mousse.
Question 5 — Associez les expressions à leur définition : 1) propos opportuns ; 2) propos fabulateurs ; 3) propos calomnieux ; 4) propos démagogiques. A) Propos mensongers qui attaquent la réputation. B) Propos par lesquels on flatte et exploite les passions des masses. C) Propos qui conviennent dans un cas déterminé. D) Propos imaginaires mais présentés comme réels par leur auteur.
  1. A. 1D - 2A - 3B - 4C
  2. B. 1C - 2D - 3A - 4B
  3. C. 1C - 2B - 3A - 4D
  4. D. 1D - 2B - 3A - 4C
Opportuns = adaptés à la circonstance (C) ; fabulateurs = imaginaires présentés comme réels (D) ; calomnieux = portant atteinte à la réputation (A) ; démagogiques = flattant les passions des masses (B).
Question 6 — Parmi ces quatre mots, trois sont masculins au singulier et féminins au pluriel. Cherchez l’intrus.
  1. A. Prémices
  2. B. Amours
  3. C. Délices
  4. D. Orgues
Prémices est un nom toujours féminin pluriel. Amour, délice et orgue peuvent être masculins au singulier et féminins au pluriel dans certains emplois.
Question 7 — Quel est l’accord erroné ?
  1. A. Une pierre bleue marine
  2. B. Des yeux bleus
  3. C. La mer bleue
  4. D. Une encre bleu-noir
Dans bleu marine, marine complète le nom de couleur bleu : l’ensemble reste invariable. On écrit donc « une pierre bleu marine ».
Question 8 — Dans quelle phrase « tout » est-il un adjectif indéfini ?
  1. A. Vous n’avez rien compris à tout cela.
  2. B. Tout le monde est parti avant l’aube.
  3. C. Nous viendrons vous voir tout à l’heure.
  4. D. Apprenez que tout abus sera puni.
Dans « tout abus », tout détermine directement le nom abus et a une valeur indéfinie. « Tout le monde » fonctionne comme une locution pronominale, tandis que « tout à l’heure » est une locution adverbiale.
Question 9 — Quelle phrase ne comporte pas de pronom possessif ?
  1. A. Nos valises sont là et les vôtres ?
  2. B. Ton père et le mien sont de bons amis.
  3. C. Mon frère et ma sœur sont arrivés hier.
  4. D. Votre cheval est arrivé le premier et le mien le dernier.
Dans la troisième phrase, mon et ma sont des déterminants possessifs placés devant des noms. Les vôtres et le mien sont, eux, des pronoms possessifs.
Question 10 — Dans quelle phrase le mot souligné comporte-t-il une erreur ?
  1. A. Le professeur est heureux de voir ses élèves suivant attentivement.
  2. B. Nous avons vu des oiseaux bâtissant patiemment leur nid.
  3. C. Les enfants obéissants à leurs parents sont aimés de tout le monde.
  4. D. On remarque que bien des gens sont plus gênants que gênés.
Dans « obéissant à leurs parents », obéissant est un participe présent suivi d’un complément ; il reste invariable. Il faut écrire « les enfants obéissant à leurs parents ».
Question 11 — À quelle figure de style correspond la citation de Corneille : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » ?
  1. A. Paradoxe
  2. B. Antithèse
  3. C. Chiasme
  4. D. Oxymore
« Obscure clarté » rapproche, dans un même groupe, deux termes contradictoires : c’est un oxymore.
Question 12 — À quelle figure de style correspond cette phrase : « Deux voiles cinglaient vers le couchant » ?
  1. A. Synecdoque
  2. B. Métonymie
  3. C. Catachrèse
  4. D. Périphrase
Le mot voiles désigne les navires par l’une de leurs parties : il s’agit d’une synecdoque, rapport de la partie au tout.
Question 13 — À quelle figure de style correspond la citation de Racine : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »
  1. A. Polyptote
  2. B. Synérèse
  3. C. Allitération
  4. D. Paronomase
La répétition insistante du son consonantique [s] produit une allitération et suggère le sifflement des serpents.
Question 14 — À quelle figure de style correspond la citation de Guillaume Apollinaire : « Mes rêveuses pensées pieds nus vont en soirée » ?
  1. A. Parabole
  2. B. Personnification
  3. C. Prosopopée
  4. D. Allégorie
Les pensées reçoivent des attitudes et des actions humaines : elles vont en soirée, pieds nus. C’est une personnification.
Question 15 — À quelle figure de style correspond la citation de Corneille : « Va, je ne te hais point. » ?
  1. A. Accumulation
  2. B. Euphémisme
  3. C. Énumération
  4. D. Litote
La formulation atténuée « je ne te hais point » laisse entendre une affirmation plus forte, « je t’aime » : c’est une litote.
Question 16 — Qu’appelle-t-on un registre littéraire ?
  1. A. Le nom donné aux différents niveaux de langue : familier, courant et soutenu.
  2. B. L’ensemble des caractéristiques d’un texte qui provoquent des effets particuliers, émotionnels ou intellectuels, sur le lecteur ou le spectateur.
  3. C. Les catégories dans lesquelles on classe les œuvres selon leur genre : roman, poésie, théâtre, etc.
  4. D. Un cahier de grand format où l’on enregistre les auteurs, les ouvrages, les personnages et les commentaires des lecteurs.
Un registre littéraire se définit par les procédés dominants et les effets recherchés sur le destinataire : comique, tragique, lyrique, épique, pathétique, etc.
Question 17 — Si, dans un texte, le narrateur ou le poète évoque ses sentiments personnels et ses états d’âme — joie, tristesse, chagrin, etc. —, de quel registre s’agit-il ?
  1. A. Registre comique
  2. B. Registre épique
  3. C. Registre lyrique
  4. D. Registre ironique
Le registre lyrique exprime les émotions, les sentiments et la subjectivité du locuteur.
Question 18 — Lorsqu’un texte cherche à faire rire le lecteur ou le spectateur, quel est son registre ?
  1. A. Registre épique
  2. B. Registre tragique
  3. C. Registre pathétique
  4. D. Registre comique
Le registre comique vise à provoquer le rire ou le sourire par les situations, les mots, les gestes ou les caractères.
Question 19 — Quel est le registre d’un texte dans lequel des événements étranges et inexplicables font irruption dans un univers réaliste ?
  1. A. Registre fantastique
  2. B. Registre bizarre
  3. C. Registre incroyable
  4. D. Registre épique
Le fantastique naît de l’irruption de l’inexplicable dans un cadre réaliste et de l’hésitation qu’elle provoque.
Question 20 — Quel est le registre caractéristique d’un texte qui cherche à provoquer l’admiration et l’enthousiasme du lecteur en louant les exploits d’un ou de plusieurs héros ?
  1. A. Registre tragique
  2. B. Registre épique
  3. C. Registre oratoire
  4. D. Registre fantastique
Le registre épique grandit les actions et les personnages afin de susciter l’admiration et l’enthousiasme.
Question 21 — Qu’est-ce qu’un sonnet ?
  1. A. Un poème régulier de dix-sept vers : deux quatrains et trois tercets.
  2. B. Un poème régulier de quatorze vers : deux quatrains et deux tercets.
  3. C. Un poème régulier de dix vers : un quatrain et deux tercets.
  4. D. Un poème régulier de onze vers : deux quatrains et un tercet.
Dans sa forme traditionnelle, le sonnet compte quatorze vers répartis en deux quatrains et deux tercets.
Question 22 — Quel est le titre du poème d’Aragon qui commence par : « Rien n’est jamais acquis à l’homme… » ?
  1. A. Demain, dès l’aube
  2. B. Invitation au voyage
  3. C. Regrets
  4. D. Il n’y a pas d’amour heureux
Ce vers ouvre le poème de Louis Aragon « Il n’y a pas d’amour heureux ».
Question 23 — De quel siècle est le mouvement du naturalisme ?
  1. A. XVIe siècle
  2. B. XVIIe siècle
  3. C. XIXe siècle
  4. D. XXIe siècle
Le naturalisme se développe dans la seconde moitié du XIXe siècle, notamment autour d’Émile Zola.
Question 24 — Quel est l’ordre chronologique des mouvements littéraires du XIXe siècle ?
  1. A. Romantisme - naturalisme - réalisme
  2. B. Réalisme - naturalisme - romantisme
  3. C. Romantisme - réalisme - naturalisme
  4. D. Naturalisme - romantisme - réalisme
Le romantisme domine d’abord la première moitié du siècle ; le réalisme s’affirme ensuite ; le naturalisme prolonge et systématise certaines orientations réalistes.
Question 25 — Dans quelle pièce de Molière le personnage d’Harpagon apparaît-il ?
  1. A. Le Médecin malgré lui
  2. B. Tartuffe
  3. C. L’Avare
  4. D. Dom Juan
Harpagon, obsédé par son argent et sa cassette, est le personnage central de L’Avare.
Question 26 — Que veut dire : « Le didacticien est un spécialiste de l’enseignement et de sa discipline » ?
  1. A. Celui qui s’interroge sur le savoir savant qui devra se transformer en savoir à enseigner.
  2. B. Celui qui réalise la transposition méthodologique et qui identifie les obstacles.
  3. C. Celui qui s’y connaît vraiment bien et qui a suivi des cours de pédagogie.
  4. D. Celui qui a étudié la philosophie, la psychologie et l’histoire des arts.
Le didacticien analyse notamment la transformation du savoir savant en savoir à enseigner : c’est la problématique de la transposition didactique.
Question 27 — Qu’est-ce que la pédagogie ?
  1. A. Le soin des pieds
  2. B. L’art d’éduquer
  3. C. Une manière d’informer
  4. D. La culture du sol
La pédagogie désigne l’ensemble des principes, méthodes et pratiques qui organisent l’éducation et l’enseignement.
Question 28 — C’est une perspective pragmatique et c’est la science de l’éducation et de l’enseignement.
  1. A. Programme
  2. B. Évaluation
  3. C. Pédagogie
  4. D. Apprentissage
La définition proposée renvoie à la pédagogie, envisagée comme réflexion et action sur l’éducation et l’enseignement.
Question 29 — « Cursus scolaire » : que veut dire cette appellation ?
  1. A. Période scolaire
  2. B. Programme scolaire
  3. C. Chemin vers l’école
  4. D. Parcours scolaire
Le cursus scolaire est le parcours suivi par un élève au cours de sa scolarité.
Question 30 — En quoi consiste la pédagogie différenciée ?
  1. A. Différencier les objectifs et les manuels scolaires.
  2. B. Différencier les parcours pour les mêmes objectifs.
  3. C. Différencier les parcours pour des objectifs différents.
  4. D. Différencier les enseignants et les programmes.
Le corrigé fourni retient C. Cette réponse est terminologiquement discutable : de nombreux référentiels définissent plutôt la pédagogie différenciée comme une diversification des parcours et des moyens en vue d’objectifs communs, ce qui conduirait à B. Le calcul de cette épreuve suit néanmoins le corrigé joint.
Question 31 — Instaurer avec les élèves une relation de confiance et de bienveillance, c’est :
  1. A. Accompagner les élèves dans leur parcours de formation.
  2. B. Organiser et assurer un mode de fonctionnement du groupe favorisant l’apprentissage et la socialisation des élèves.
  3. C. Inscrire son action dans le cadre des principes fondamentaux du système éducatif et dans le cadre réglementaire de l’École.
  4. D. Intégrer les éléments de la culture numérique nécessaires à l’exercice de son métier.
Le corrigé rattache cette relation de confiance à l’organisation d’un fonctionnement de groupe favorable aux apprentissages et à la socialisation.
Question 32 — Quel est le meilleur temps pour programmer les horaires d’une matière ?
  1. A. 08 h - 10 h
  2. B. 10 h - 12 h
  3. C. 14 h - 16 h
  4. D. 16 h - 18 h
Le corrigé retient le créneau matinal de 8 h à 10 h, supposé favorable à la vigilance. Il s’agit d’une réponse normative du sujet et non d’une règle universelle indépendante de l’âge, du rythme et du contexte.
Question 33 — Intégrer un élève dans un groupe pour qu’il s’améliore s’appelle l’apprentissage :
  1. A. Par alternance
  2. B. Par correspondance
  3. C. Par les pairs
  4. D. Par soi-même
L’apprentissage par les pairs repose sur l’entraide, l’interaction et la coopération entre élèves.
Question 34 — Par quoi l’adulte peut-il le mieux influencer le comportement de l’enfant ou de l’élève ?
  1. A. La permissivité
  2. B. La contrainte
  3. C. Le conseil
  4. D. L’exemple
Le comportement de l’adulte constitue un modèle concret ; la cohérence entre ses paroles et ses actes renforce son influence éducative.
Question 35 — Pour évaluer les prérequis des élèves, quand doit-on s’y prendre ?
  1. A. En fin d’année
  2. B. En milieu d’année
  3. C. En début d’année
  4. D. À tout moment
L’évaluation des prérequis est diagnostique : elle intervient au début d’une année, d’une séquence ou d’un apprentissage afin d’identifier les acquis disponibles.
Question 36 — Laquelle de ces formulations revêt le caractère d’un objectif pédagogique bien défini ?
  1. A. Les élèves seront capables de se rappeler des phrases à la voix passive, dans un mois.
  2. B. Les élèves seront capables de produire des phrases à la forme passive, dans un mois.
  3. C. Les élèves seront capables de comprendre des phrases à la forme passive, dans un mois.
  4. D. Les élèves seront capables d’inculquer des phrases à la forme passive, dans un mois.
Produire est un verbe d’action observable et évaluable ; la formulation précise également le contenu visé et une échéance.
Question 37 — En situation d’apprentissage, repérer les difficultés des élèves afin de mieux assurer la progression des apprentissages, c’est :
  1. A. Contribuer à l’action de la communauté éducative.
  2. B. Connaître les élèves et les processus d’apprentissage.
  3. C. Maîtriser la langue française à des fins de communication.
  4. D. Évaluer les progrès et les acquisitions des élèves.
Repérer les difficultés pour ajuster la progression relève de l’évaluation des progrès et des acquisitions, dans une perspective formative.
Question 38 — Quel ordre ces différents types d’évaluation doivent-ils suivre au terme d’un cycle scolaire ?
  1. A. Évaluation diagnostique, évaluation sommative, évaluation formative, évaluation certificative.
  2. B. Évaluation diagnostique, évaluation formative, évaluation sommative, évaluation certificative.
  3. C. Évaluation diagnostique, évaluation sommative, évaluation certificative, évaluation formative.
  4. D. Évaluation sommative, évaluation formative, évaluation certificative, évaluation diagnostique.
On diagnostique d’abord les acquis initiaux, on régule ensuite les apprentissages par l’évaluation formative, on dresse un bilan par l’évaluation sommative, puis on certifie les acquis en fin de parcours.
Question 39 — D’un point de vue didactique, cette phrase : « Elles sont partis », est :
  1. A. Une tare
  2. B. Une faute
  3. C. Une erreur
  4. D. Une bêtise
En didactique, une production non conforme est analysée comme une erreur, c’est-à-dire un indice du fonctionnement et des représentations de l’apprenant, et non comme une faute morale.
Question 40 — Quelles sont les trois étapes d’un atelier de questionnement de texte ?
  1. A. Lecture individuelle, échanges, vérification.
  2. B. Lecture collective, élaboration des questions, réponses.
  3. C. Lecture individuelle, interprétation, restitution.
  4. D. Lecture collective, restitution individuelle, vérification.
L’atelier s’organise autour d’une lecture individuelle, d’une confrontation des interprétations lors des échanges, puis d’une vérification dans le texte.
Question 41 — Quel cheminement suit la démarche inductive ?
  1. A. Du particulier au particulier
  2. B. Du général au particulier
  3. C. Du particulier au général
  4. D. Du général au général
La démarche inductive part d’observations ou de cas particuliers pour faire formuler une règle ou une généralisation.
Question 42 — L’enseignant qui dicte toujours à ses élèves ce qu’ils ont à dire et à faire est :
  1. A. Dirigiste
  2. B. Directif
  3. C. Directeur
  4. D. Dirigeant
Un enseignant dirigiste impose fortement les conduites et laisse peu de place à l’initiative ou à l’autonomie des élèves.
Question 43 — Quelles sont les étapes d’une activité permettant de développer des savoirs chez les élèves ?
  1. A. Phase de motivation ; exercices de structuration ; synthèse ; tâches.
  2. B. Phase de motivation ; tâches ; exercices de structuration ; évaluation ; synthèse.
  3. C. Tâches ; synthèse ; évaluation ; feed-back ; exercices de structuration.
  4. D. Phase de motivation ; tâches ; exercices de structuration ; synthèse ; évaluation/remédiation.
La progression attendue va de la mobilisation initiale à la réalisation de tâches, puis à la structuration et à la synthèse, avant l’évaluation et la remédiation.
Question 44 — Parmi ces proverbes, lequel est un intrus ?
  1. A. L’erreur est humaine.
  2. B. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.
  3. C. Mieux vaut tête bien faite que tête bien pleine.
  4. D. L’habit ne fait pas le moine.
Les trois premiers peuvent être reliés à l’apprentissage, à l’exercice et à la formation de l’esprit. Le dernier porte surtout sur l’écart entre l’apparence et la réalité.
Question 45 — L’acte de lire est d’abord et essentiellement :
  1. A. Particulier
  2. B. Collectif
  3. C. Individuel
  4. D. Associatif
La lecture est d’abord une activité cognitive individuelle, même si elle peut ensuite faire l’objet d’échanges et de constructions collectives.
Question 46 — Le test qui permet d’évaluer le niveau des élèves avant l’enseignement-apprentissage est :
  1. A. L’évaluation certificative
  2. B. L’évaluation formative
  3. C. L’évaluation diagnostique
  4. D. L’évaluation sommative
L’évaluation diagnostique identifie les acquis, les besoins et les obstacles avant le démarrage d’un apprentissage.
Question 47 — Un élève assidu est :
  1. A. Celui qui assiste toujours
  2. B. Celui qui participe toujours
  3. C. Celui qui acquiesce toujours
  4. D. Celui qui bavarde toujours
Assidu signifie régulier, appliqué et présent de façon constante.
Question 48 — La notion de l’écrit implique :
  1. A. La compréhension uniquement
  2. B. La production uniquement
  3. C. La compréhension et la production
  4. D. Ni compréhension ni production
La maîtrise de l’écrit articule la réception-compréhension des textes et leur production.
Question 49 — Parmi ces approches, laquelle n’est pas une méthode de lecture ?
  1. A. L’approche participative
  2. B. L’approche méthodique
  3. C. L’approche globale
  4. D. L’approche linéaire
Selon le corrigé, l’approche participative n’est pas classée ici parmi les méthodes de lecture, contrairement aux démarches globale, linéaire et méthodique.
Question 50 — Que peut gagner l’élève qui fait régulièrement ses devoirs hors classe ?
  1. A. Autonomie - responsabilité - sens du devoir - encouragement
  2. B. Autonomie - responsabilité - sens du devoir - confiance en soi
  3. C. Autonomie - responsabilité - compréhension - confiance en soi
  4. D. Autonomie - responsabilité - sens du devoir - omission
La régularité du travail personnel peut développer l’autonomie, la responsabilité, le sens du devoir et la confiance en soi.
Question 51 — De quel type de texte s’agit-il et quel indice le confirme ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Un texte narratif : narrateur-personnage, repères chronologiques et temps du récit.
  2. B. Un texte argumentatif : une thèse annoncée, des arguments et une réfutation.
  3. C. Un texte injonctif : des consignes adressées directement au lecteur.
  4. D. Un texte explicatif : l’analyse scientifique des causes du reboisement.
Le passage relate des faits vécus par un narrateur-personnage, avec des repères chronologiques (« jadis », « en 1913 », « les huit ans qui nous séparent ») et les temps du récit.
Question 52 — Quand et dans quel lieu se passe ce récit ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Avant la Première Guerre mondiale, dans une ville industrielle.
  2. B. Après la Première Guerre mondiale, dans un hameau de campagne.
  3. C. Pendant la Seconde Guerre mondiale, sur le front.
  4. D. À une époque indéterminée, dans un port de la côte.
« La guerre dont nous sortions à peine » et le retour sur les ruines vues « en 1913 » situent la scène après la Première Guerre mondiale, dans un hameau rural.
Question 53 — Quel rôle le narrateur joue-t-il dans ce texte ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Il est le principal artisan de la reconstruction du hameau.
  2. B. Il est un narrateur omniscient, extérieur à l’histoire.
  3. C. Il est un personnage-témoin qui assure la transition entre le passé et le présent.
  4. D. Il se contente de rapporter les dialogues des villageois, sans point de vue.
Narrateur et personnage à la fois, il témoigne : son point de vue met en relief les transformations entre ce qu’il avait vu jadis et ce qu’il découvre.
Question 54 — Sur quel verbe le mot « résurrection » est-il construit et que signifie-t-il dans ce contexte ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Sur « résister » : la résistance des habitants restés sur place.
  2. B. Sur « surgir » : l’apparition soudaine d’une source.
  3. C. Sur « secourir » : l’aide apportée aux sinistrés.
  4. D. Sur « ressusciter » : la renaissance du lieu et de la vie.
Résurrection est formé sur ressusciter. Le tilleul planté près de la fontaine est le « symbole incontestable » du renouveau du lieu.
Question 55 — « les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche » : de quelle figure de style s’agit-il et quel en est l’effet ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Une métaphore : la menthe est assimilée à un tapis, ce qui rend la scène concrète et sensible (vue, odorat, fraîcheur, abondance).
  2. B. Une comparaison : les deux termes sont reliés par un outil comparatif explicite.
  3. C. Une personnification : les fontaines se voient prêter des sentiments humains.
  4. D. Une hyperbole : l’exagération souligne la sécheresse persistante du sol.
Aucun outil de comparaison n’est employé : l’image est directe, donc métaphorique, et elle sollicite plusieurs sens.
Question 56 — Quels éléments de la nature le texte évoque-t-il et que symbolisent-ils pour le narrateur ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Le feu, la pierre et le sable : la résistance d’une terre restée stérile.
  2. B. L’air, l’eau, la végétation et la terre : la renaissance de la nature rendue possible par l’action de l’homme.
  3. C. La neige et le gel : la rudesse d’un climat qui décourage les habitants.
  4. D. La mer et les vents du large : l’appel du voyage et de l’exil.
La brise chargée d’odeurs, les sources remises à couler, les forêts, les jardins et les champs disent le renouveau — dû au travail d’Elzéard Bouffier.
Question 57 — Quelle est la transposition passive correcte de : « On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. » ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Les ruines ont été déblayées, les pans de murs délabrés ont été abattus et cinq maisons ont été reconstruites.
  2. B. Les ruines furent déblayées, les pans de murs délabrés seront abattus et cinq maisons sont reconstruites.
  3. C. Les ruines avaient été déblayées, les pans de murs délabrés avaient été abattus et cinq maisons avaient été reconstruites.
  4. D. Les ruines étaient déblayées, les pans de murs délabrés étaient abattus et cinq maisons étaient reconstruites.
Le verbe actif est au plus-que-parfait (avait déblayé) : le passif correspondant est « avaient été déblayées », avec accord du participe avec le sujet.
Question 58 — Quelles antithèses peut-on relever dans les passages soulignés du texte ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. « fontaine » / « bassin » ; « tilleul » / « érables » ; « orge » / « seigle ».
  2. B. « montagne » / « vallées » ; « pluies » / « neiges » ; « hommes » / « femmes ».
  3. C. « vingt-huit habitants » / « quatre jeunes ménages » ; « légumes » / « fleurs ».
  4. D. « bourrasques sèches et brutales » / « brise souple chargée d’odeurs » ; « abattu » / « reconstruit » ; « délabrés » / « neuves ».
Seule cette série oppose réellement deux termes contraires ; les autres ne font que juxtaposer des éléments de même nature.
Question 59 — Quelle atmosphère se dégage de ces antithèses ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Un contraste entre la désolation passée et le renouveau présent, qui met en valeur l’action humaine et l’espoir retrouvé.
  2. B. Une impression de monotonie et d’immobilité du paysage.
  3. C. Une tension dramatique annonçant un nouveau malheur.
  4. D. Une ironie qui tourne en dérision les efforts des villageois.
« L’espoir était donc revenu » : les oppositions mesurent le chemin parcouru entre les ruines et la vie retrouvée.
Question 60 — « On avait planté un tilleul… » ; « Si on compte… » : dans laquelle de ces deux formes le pronom « on » inclut-il le narrateur ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Dans « On avait planté un tilleul ».
  2. B. Dans « Si on compte… ».
  3. C. Dans les deux formes indifféremment.
  4. D. Dans aucune des deux : « on » exclut toujours le locuteur.
« Si on compte » équivaut à « si nous comptons » : le narrateur s’inclut dans l’opération de dénombrement qu’il propose au lecteur.
Question 61 — Qui le pronom « on » désigne-t-il dans « On avait planté un tilleul » ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Le narrateur et son compagnon de route.
  2. B. Les autorités administratives de la région.
  3. C. Les habitants du lieu, ceux qui ont participé à la reconstruction.
  4. D. Les soldats revenus du front.
Ici « on » a une valeur indéfinie : il renvoie aux villageois, agents anonymes de la remise en état du hameau.
Question 62 — Quelle est la raison du bonheur ressenti par le narrateur ?

Tout était changé. L’air lui-même, au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gros, symbole incontestable d’une résurrection. […]

L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter.

À partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n’avait pas permis l’épanouissement complet de la vie […] Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d’orge et de seigle en herbe ; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.

Il n’a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d’aisance. Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. À côté de chaque ferme, dans les bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthe fraîche. Les villages se sont construits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur, et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.

Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres (1953), dans Œuvres romanesques complètes, Gallimard, 1980.

  1. A. Il a retrouvé intacte la maison de son enfance.
  2. B. Il apprend qu’il héritera des terres d’Elzéard Bouffier.
  3. C. Il se réjouit du départ des nouveaux venus vers les plaines.
  4. D. Il constate, après la guerre, la reconstruction du hameau, le retour des habitants et la renaissance de la nature.
Fontaine, jardins, fermes crépies, champs et prairies : le narrateur mesure une résurrection dont « plus de dix mille personnes doivent leur bonheur ».