1. À quel courant littéraire appartient l’œuvre de Marcel Proust ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ARéalisme.
- BRomantisme.
- CModernisme.
- DNaturalisme.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
2. Quel est le genre romanesque de Du côté de chez Swann ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ARoman autobiographique.
- BRoman d’aventures.
- CRoman historique.
- DRoman d’apprentissage.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
3. Quel est le thème principal dans cet extrait ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AL’enfance malheureuse.
- BLe conflit familial.
- CLa mémoire involontaire.
- DLe deuil d’un proche.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
4. Quelle image symbolique est associée à la madeleine ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ALe passé effacé.
- BLe souvenir d’enfance.
- CLe rapport à la religion.
- DL’amertume du présent.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
5. Quelle sensation est à l’origine de l’émergence du souvenir ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AL’ouïe.
- BL’odeur.
- CLa vue.
- DLe goût.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
6. Quel lien existe entre mémoire et sensation dans le texte ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ALa mémoire dépend uniquement de l’analyse rationnelle.
- BLa mémoire se déclenche par la lecture.
- CLa mémoire se manifeste par les sensations.
- DLa mémoire s’altère avec le temps.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
7. La réminiscence est comparée à :
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- Aune pièce de théâtre.
- Bun album photo.
- Cun miroir déformant.
- Dun jeu japonais.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
8. Dans le 3e paragraphe, que veut montrer l’auteur à propos de l’odeur et de la saveur ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AElles s’effacent rapidement, comme les objets et les êtres.
- BElles ne peuvent pas résister au temps qui passe.
- CElles sont trop fragiles pour évoquer le passé.
- DElles conservent le souvenir quand tout le reste a disparu.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
9. Quel temps verbal domine le passage ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ALe présent de l’impératif.
- BL’imparfait du subjonctif.
- CLe futur simple.
- DLe conditionnel passé.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
10. À quel mode est conjugué le verbe dans cet énoncé : « Et dès que j’eus reconnu le goût… » ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ALe subjonctif.
- BLe participe.
- CL’indicatif.
- DLe conditionnel.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
11. Que fait le narrateur dans cet énoncé : « La vieille maison grise… vint comme un décor de théâtre » ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AIl imagine un rêve.
- BIl évoque un souvenir fulgurant.
- CIl simule un monologue.
- DIl se morfond consciemment.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
12. Quel procédé narratif est utilisé dans ce passage ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AMise en abyme.
- BDiscours direct.
- C« Je » introspectif.
- DPause descriptive.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
13. Dans cet extrait, que révèle Proust à propos de la mémoire ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AElle ressurgit spontanément.
- BElle est stable et objective.
- CElle se construit rationnellement.
- DElle disparaît progressivement.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
14. Qu’exprime l’image des papiers japonais ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ALa confusion totale et brusque du narrateur.
- BLa dégradation lente et vague des souvenirs.
- CLa reconstitution soudaine et précise du souvenir.
- DLa perte progressive et incertaine de l’identité.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
15. À quoi renvoie l’expression « leur gouttelette presque impalpable » ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ALes souvenirs effacés.
- BLes larmes du narrateur.
- CLe parfum de l’enfance.
- DLes saveurs et odeurs.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
16. Que suggère l’énoncé : « … seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles… » ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AL’oubli est parfois inévitable.
- BLes sensations ont une force paradoxale.
- CLa vision joue un rôle essentiel.
- DLe hasard intervient souvent sans prévenir.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
17. Quel registre littéraire se dégage de cet extrait ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AComique.
- BTragique.
- CPathétique.
- DSarcastique.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
18. Quelle affirmation se rapporte au narrateur ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ALe narrateur est attaché à son passé.
- BLe narrateur est passionné par la science.
- CLe narrateur a une mémoire exceptionnelle.
- DLe narrateur refuse toute forme de nostalgie.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
19. Le goût de la madeleine déclenche…
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- Aune colère.
- Bun dégoût.
- Cune nostalgie.
- Dune incertitude.
- Eaucun des choix proposés n’est juste.
20. Quelle est la fonction principale de la comparaison finale ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AExpliquer la méthode scientifique du narrateur.
- BIllustrer la fantaisie de l’imagination.
- CConcrétiser le processus de réminiscence.
- DAmuser discrètement le lecteur.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
21. Quelle réaction le souvenir suscite-t-il chez le narrateur ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AUne confusion totale.
- BUne indifférence apparente.
- CUne insouciance morbide.
- DUne émotion puissante.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
22. Que met en valeur la comparaison entre la madeleine et le « petit coquillage » ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ALa simplicité de l’enfance du narrateur.
- BLa forme esthétique et symbolique du gâteau.
- CLe goût salé et amer du coquillage.
- DUne critique des souvenirs religieux.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
23. Quelle figure de style est utilisée dans l’expression « l’édifice immense du souvenir » ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- ALitote.
- BComparaison.
- CMétonymie.
- DPersonnification.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
24. Quelle est la structure générale dans cet extrait narratif ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AUn début nostalgique, une fin dans le désespoir.
- BUn début descriptif, une fin dans l’action.
- CUn début déclencheur, une fin dans l’expansion.
- DUn début dialogué, une fin dans la réflexion.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
25. Quelle est la valeur symbolique du thé dans cet extrait ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AIl symbolise la tradition.
- BIl évoque l’amertume de la vie.
- CIl est le lien entre présent et passé.
- DIl représente la société bourgeoise.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
26. Quel rôle joue la tante Léonie dans le souvenir ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AUn obstacle majeur.
- BUn personnage secondaire.
- CUne figure d’autorité.
- DUne figure majeure.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
27. À quoi correspond ce moment dans cet extrait ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AÀ un moment de résurrection.
- BÀ un moment de rétribution.
- CÀ un moment de réminiscence.
- DÀ un moment de rédemption.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
28. Quel est le rôle de la focalisation dans ce passage ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AElle donne des repères historiques sur l’époque décrite.
- BElle dévoile les émotions et perceptions personnelles.
- CElle montre uniquement ce que les autres perçoivent.
- DElle empêche toute interprétation subjective.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
29. Pourquoi ce passage est-il considéré comme un moment central du roman ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AIl raconte une anecdote humoristique de l’enfance.
- BIl illustre la force de la mémoire sensorielle et affective.
- CIl décrit une scène festive typique de Combray.
- DIl annonce l’arrivée d’un personnage principal du roman.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
30. Quel apport majeur Proust a-t-il offert à la littérature française ?
Ce passage marque l’un des moments fondateurs de l’œuvre : l’éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenchée ici par le goût d’une madeleine trempée dans le thé.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.
Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.
- AIl a introduit les grands récits d’exploration politique.
- BIl a enrichi la tradition des romans d’aventure.
- CIl a renouvelé l’art du roman par l’analyse du moi.
- DIl a critiqué les valeurs de la société coloniale.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
31. Parmi les œuvres suivantes, laquelle met en scène une écrivaine algérienne emprisonnée, confrontée au poids des traditions et à la censure, et propose une réflexion sur la place de la femme dans la société post-coloniale ?
- AL’Amour, la fantasia d’Assia Djebar.
- BLe Silence des ténèbres de Rachid Boudjedra.
- CLe Voile de la peur de Rachid Mimouni.
- DL’Invention du désert de Leïla Sebbar.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
32. Quel auteur marocain a écrit un roman dans lequel un narrateur halluciné tente de reconstituer les origines de sa folie dans un Maroc marqué par l’autoritarisme, la religion et les tabous sexuels, et dans lequel le style est fortement influencé par le monologue intérieur ?
- ADriss Chraïbi.
- BMohamed Leftah.
- CTahar Ben Jelloun.
- DFouad Laroui.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
33. Quelle œuvre est considérée comme un manifeste littéraire et politique qui dénonce l’aliénation linguistique, la colonisation culturelle, et propose une réflexion sur l’écriture en langue française par un auteur maghrébin ?
- ALe Déserteur de Leïla Marouane.
- BÉcrire en pays dominé de Patrick Chamoiseau.
- CLe Roman maghrébin d’Abdelkebir Khatibi.
- DLe Monde à l’envers de Salah Garmadi.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
34. Publié en 1956, ce roman emblématique de la littérature algérienne de langue française est écrit dans un style éclaté, poétique et non linéaire. L’auteur y raconte l’errance de quatre jeunes Algériens : Lakhdar, Mourad, Mustapha et Rachid.
- ALe Fils du pauvre de Mouloud Feraoun.
- BLa Nuit sacrée de Tahar Ben Jelloun.
- CLa Civilisation, ma mère ! de Driss Chraïbi.
- DRue des boutiques obscures de Patrick Modiano.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
35. Écrit dans une langue volontairement dépouillée, ce récit autobiographique évoque les années de formation d’un jeune homme confronté à l’illettrisme, à la pauvreté extrême et à l’exclusion dans le nord du Maroc. Il y dépeint avec cruauté, mais sans misérabilisme, le quotidien des marginaux. L’œuvre, interdite dans plusieurs pays arabes à sa sortie, est aujourd’hui un classique.
- AL’Inspecteur Ali de Driss Chraïbi.
- BLe Pain nu de Mohamed Choukri.
- CLe Corps de ma mère de Fawzia Zouari.
- DUn Marocain à Paris de Driss Chraïbi.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
36. Charles Baudelaire est un :
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- APoète et philosophe.
- BPoète et dramaturge.
- CPoète et critique d’art.
- DPoète et journaliste.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
37. Dans quel recueil le poème « Correspondances » a-t-il été publié ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- ALe Spleen de Paris.
- BLes Fleurs du mal.
- CLes Contemplations.
- DLes Chants de Maldoror.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
38. Quel est le thème principal abordé dans le poème « Correspondances » ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- ALa solitude absolue de l’homme face à la nature.
- BLa communion mystique entre l’homme et la Nature.
- CLa violence du monde moderne et son influence.
- DLe rejet du monde sensible au profit de la raison.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
39. Quelle est la structure strophique du poème ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- ATrois tercets et deux quatrains.
- BDeux quatrains et deux tercets.
- CDeux quatrains et deux sizains.
- DDeux quatrains et deux tercets.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
40. À quoi la nature est-elle comparée dans ce poème ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- AÀ un miroir.
- BÀ une cathédrale.
- CÀ un temple.
- DÀ une forêt.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
41. Le mot « forêts » au vers 3 est :
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- Aune métaphore de la diversité des espèces végétales.
- Bune métaphore du langage symbolique du monde.
- Cune métonymie du chaos dominant le monde.
- Dun oxymore montrant le contraste dans le monde.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
42. Quelle figure de style domine le vers 1 ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- AAntithèse.
- BHyperbole.
- CMétonymie.
- DMétaphore.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
43. Quelle est la disposition des rimes ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- Aabba/abba/cde/ced.
- Babba/abba/ccd/eed.
- Cabab/cdcd/efg/efg.
- Daabb/ccdd/ee/ff.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
44. Quel est le champ lexical dominant dans les vers 9 à 13 ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- ALa musique.
- BLe sacré.
- CLes sensations.
- DLe silence.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
45. Dans le vers 8, quel procédé stylistique est utilisé ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- ALa synesthésie.
- BL’anaphore.
- CLa personnification.
- DL’euphémisme.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
46. Quelle conception de la poésie transparaît dans ce poème ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- AUne poésie qui décrit fidèlement la réalité visible.
- BUne poésie fondée sur l’observation du réel quotidien.
- CUne poésie fondée sur les correspondances secrètes.
- DUne poésie qui prend position sur des enjeux de société.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
47. Le vers 6 évoque :
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- Aun mystère complexe et ordonné.
- Bun chaos dépourvu d’unité.
- Cune image simple et claire.
- Dun monde logique et mathématique.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
48. Quelle figure de style est utilisée au vers 7 ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- Aune hyperbole.
- Bune litote.
- Cun euphémisme.
- Dun oxymore.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
49. Quelle figure de style est présente dans le vers 14 ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- AUne anaphore.
- BUne personnification.
- CUne métonymie.
- DUne ellipse.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
50. Quelle interprétation peut-on faire du vers 4 ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- ALa Nature parle à travers un langage intelligible.
- BLes objets naturels ont un sens spirituel caché.
- CLe monde matériel n’a pas d’existence propre.
- DL’homme est un étranger dans le monde naturel.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
51. Le vers 8 illustre l’idée suivante :
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- Ala fragmentation du réel.
- Bla confusion sensorielle.
- Cla fusion harmonieuse des sensations.
- Dla disjonction symbolique.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
52. Dans le vers 1, le mot « temple » désigne :
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- Aun monument religieux chrétien.
- Bun espace sacré de la Nature.
- Cune salle de culte musulman.
- Dun lieu de pèlerinage.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
53. Quelle est la valeur du pluriel dans « parfums », « couleurs », « sons » (vers 8) ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- AIl montre la richesse du monde sensible.
- BIl exprime l’indétermination sensorielle.
- CIl réduit la portée des images.
- DIl indique l’uniformité du réel.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
54. Que suggère le dernier vers : « Qui chantent les transports de l’esprit et des sens » ?
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- ALa poésie rend compte d’un monde rationnel.
- BLe poète est submergé par une douleur intense.
- CLe monde sensible éveille un ravissement intérieur.
- DL’art poétique est un fardeau lourd à porter.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
55. Le titre « Correspondances » désigne :
1. La Nature est un temple où de vivants piliers
2. Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
3. L’homme y passe à travers des forêts de symboles
4. Qui l’observent avec des regards familiers.
5. Comme de longs échos qui de loin se confondent
6. Dans une ténébreuse et profonde unité,
7. Vaste comme la nuit et comme la clarté,
8. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
9. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
10. Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
11. — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
12. Ayant l’expansion des choses infinies,
13. Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
14. Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.
- Ales lettres échangées entre deux poètes.
- Bl’idée que tous les éléments du monde sont reliés.
- Cun style poétique du XVIIIe siècle.
- Dune lettre en prose adressée à la Nature.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
56. À quel mouvement littéraire appartient l’œuvre de Jean Racine ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AAu Symbolisme, qui suggère des idées par des images poétiques.
- BAu Baroque, qui privilégie le foisonnement, le mouvement et les contrastes.
- CAu Classicisme, qui impose des règles strictes et valorise la raison.
- DAu Réalisme, qui veut représenter fidèlement la vie quotidienne.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
57. Quelle conception du théâtre domine chez Racine ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- ALe théâtre représente des conflits sociaux inspirés du monde contemporain.
- BLe théâtre est un divertissement sans contraintes qui vise à faire rêver le spectateur.
- CLe théâtre comique est supérieur au théâtre tragique car il parle à tous.
- DLe théâtre respecte les règles classiques, montrant la force tragique des passions.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
58. À quel genre théâtral appartient Phèdre de Racine ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- ATragédie.
- BTragicomédie.
- CComédie.
- DDrame.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
59. Dans le théâtre classique, à quoi sert principalement la règle des trois unités ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- ASimplifier pour le spectateur la mise en scène.
- BGarantir la clarté et la vraisemblance de l’intrigue.
- CRéduire le nombre de personnages secondaires.
- DFaciliter le jeu des comédiens sur scène.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
60. Qu’appelle-t-on la bienséance dans le théâtre classique ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- ALe respect des règles propres à la cour royale.
- BL’interdiction de toute scène triviale.
- CLe respect des normes morales et sociales sur scène.
- DL’obligation de crédibiliser l’action dramatique.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
61. Quel est le rôle principal du monologue dans cet extrait ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AProposer une pause au spectateur.
- BRésumer les actes précédents.
- CExprimer les conflits intérieurs.
- DPrésenter un nouveau personnage.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
62. De quel personnage Phèdre tombe-t-elle amoureuse ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AThésée.
- BHippolyte.
- CŒnone.
- DAricie.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
63. Quel lien unit Thésée à Hippolyte ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AIl est son frère.
- BIl est son ami.
- CIl est son fils.
- DIl est son neveu.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
64. Quelle figure de style retrouve-t-on dans les vers 5 à 8 (« rougis / pâlis / transir / brûler ») ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AGradation.
- BMétaphore.
- CAntithèse.
- DChiasme.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
65. Quel effet produit la succession de verbes dans le vers 5 : « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue » ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AElle traduit l’intensité du désir amoureux qui s’estompe progressivement.
- BElle souligne des réactions vives qui s’enchaînent rapidement.
- CElle marque le rejet profond et instinctif qu’éprouve Phèdre.
- DElle prépare une action décisive qui va être entreprise.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
66. Quel type de vers Racine utilise-t-il dans ce monologue ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AHexasyllabes.
- BOctosyllabes.
- CAlexandrins.
- DDécasyllabes.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
67. Quel est le sens du mot « superbe » au vers 4 ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AIndigne.
- BHautain.
- CJaloux.
- DInsoucieux.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
68. Quelle est la figure utilisée dans « ma raison égarée » (v. 14) ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AUne antiphrase.
- BUn oxymore.
- CUn euphémisme.
- DUne antonomase.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
69. Quelle est la nature de la visée de Phèdre dans ce monologue ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- ADélibérative.
- BLyrique.
- CNarrative.
- DTragique.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
70. Que recherche Phèdre à travers son aveu à Œnone ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- ALe pardon.
- BUne consolation.
- CUne vengeance.
- DUne justification.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
71. Le personnage d’Œnone joue ici le rôle de :
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- Aconfidente.
- Bantagoniste.
- Cjuge.
- Dhéroïne secondaire.
- Eaucun des choix proposés n’est juste.
72. Quelle figure de style est présente dans l’expression « ce silence assourdissant » ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AUne antithèse.
- BUne antiphrase.
- CUn oxymore.
- DUne ironie.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
73. Pourquoi Phèdre évoque-t-elle Vénus (v. 9) ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- APour justifier son impiété.
- BPour justifier son égarement.
- CPour justifier sa gratitude.
- DPour justifier son apaisement.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
74. Quel est l’enjeu dramatique dans cet extrait théâtral ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AIl dévoile l’issue tragique.
- BIl introduit un conflit secondaire.
- CIl révèle le cœur du conflit intérieur.
- DIl met en scène Hippolyte.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
75. Quel thème tragique domine dans cet extrait ?
PHÈDRE
1. Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
2. Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
3. Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
4. Athènes me montra mon superbe ennemi :
5. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
6. Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
7. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
8. Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
9. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
10. D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
11. Par des vœux assidus je crus les détourner :
12. Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
13. De victimes moi-même à toute heure entourée,
14. Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
15. D’un incurable amour remèdes impuissants !
16. En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
17. Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
18. J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
19. Même au pied des autels que je faisais fumer, […]
20. Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
21. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
22. Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
23. J’excitai mon courage à le persécuter.
24. Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
25. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
26. Je pressai son exil, et mes cris éternels
27. L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
28. Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
29. Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
30. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
31. De son fatal hymen je cultivais les fruits.
32. Vaines précautions ! Cruelle destinée !
33. Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
34. J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
35. Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. […]
Jean Racine, Phèdre (1677).
- AL’amour fatal.
- BLa vengeance familiale.
- CL’exil politique.
- DL’héroïsme belliqueux.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
76. Selon la conception chomskyenne de la compétence linguistique, laquelle de ces affirmations est rigoureusement correcte ?
- ALa compétence inclut les usages sociolinguistiques et pragmatiques du locuteur.
- BElle se manifeste exclusivement à travers la performance observable.
- CC’est une capacité inconsciente et générative propre à chaque individu.
- DElle suppose une acquisition intégrale de la grammaire descriptive d’une langue.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
77. Dans la théorie de l’énonciation d’Oswald Ducrot, quel est le rôle de la polyphonie linguistique ?
- AExpliquer la variation des accents régionaux dans l’énonciation.
- BDistinguer les différents plans de la temporalité énonciative.
- CMontrer la pluralité des points de vue dans un énoncé.
- DRattacher les marqueurs énonciatifs à leur origine diachronique.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
78. En sémantique formelle, que permet le lambda-calcul dans l’analyse du langage naturel ?
- AEncoder les lois phonotactiques des langues naturelles.
- BExprimer des prédications dans une syntaxe fonctionnelle.
- CInterpréter les intentions du locuteur à partir du contexte.
- DModéliser la variation lexicale selon les normes sociales.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
79. Selon Benveniste, quelle distinction fondamentale différencie l’énonciation de l’énoncé ?
- AL’énoncé est une forme linguistique stable, l’énonciation un fait socialement déterminé.
- BL’énonciation renvoie à l’analyse du sens, l’énoncé à la forme grammaticale.
- CL’énoncé relève de l’organisation syntaxique, l’énonciation de la phonétique expressive.
- DL’énonciation est l’acte individuel de production, l’énoncé son résultat langagier.
- EAucun des choix proposés n’est juste.
80. Dans la linguistique de l’énonciation, à quoi renvoie précisément le « je » dans le système déictique selon Benveniste ?
- AÀ une entité stable repérable dans le discours.
- BÀ une instance désignée indépendamment du contexte.
- CÀ un indice grammatical du temps du verbe.
- DÀ un pronom dont le sens dépend de l’acte de parole.
- EAucun des choix proposés n’est juste.