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Module 66 · 7 chapitres

Littérature et analyse des textes

Seconde moitié du programme (50 %) : histoire littéraire et mythes (5 %), le roman (10 %), le texte narratif (10 %), le théâtre (10 %), la poésie (10 %) et la littérature maghrébine (5 %). Cours complets avec repères, méthodes d'analyse, pièges d'examen et fiches de synthèse.

7 chapitres 60 questions ~4.0 heures

Objectifs du module

  • Situer une œuvre dans son mouvement, du Moyen Âge aux Lumières
  • Distinguer les genres du récit et les grands courants romanesques
  • Analyser un texte narratif : narrateur, focalisation, temps, personnage, espace
  • Lire un texte de théâtre en tenant compte du langage dramatique et de la représentation
  • Analyser un poème : versification, rythme, sonorités, images et fonctions
  • Situer la littérature maghrébine de langue française : identité, langues, oralité, critique sociale
Avant de commencer

Cette unité couvre la seconde moitié du programme : les genres littéraires et les méthodes qui permettent de les analyser. Elle vaut 50 % de l'épreuve, répartis sur six modules.

Les modules et leur poids

Le barème n'est pas décoratif : un module à 15 % pèse trois fois un module à 5 %. L'ordre des chapitres ci-dessous suit celui du descriptif officiel.

ModulePoidsContenuChapitres
5. Histoire & mythes5 %Du Moyen Âge au XVIIIe siècle et grands mythes fondateurs.1 chapitre
6. Le roman10 %Sources narratives, genres du récit et genres romanesques.1 chapitre
7. Le texte narratif10 %Narration, personnage, temps, espace, thèmes et registres.1 chapitre
8. Le théâtre10 %Tragédie, comédie, drame bourgeois et drame romantique.1 chapitre
9. La poésie10 %Versification, formes, images, fonctions et analyse poétique.1 chapitre
10. Littérature maghrébine5 %Identité, altérité, esthétique et critique sociale.1 chapitre
Total de cette unité : 50 % de l'épreuve

6 chapitres de cours, chacun avec son objectif, son plan, ses tableaux comparatifs, ses pièges d'examen, sa méthode d'analyse et sa fiche de synthèse.

Comment lire un chapitre

Le plan, en tête

Chaque chapitre s'ouvre sur son plan : les entrées mènent directement à la section voulue.

Les encadrés rouges

Ce sont les pièges qui reviennent au QCM. Ils signalent une confusion précise, pas une difficulté générale.

La fiche de synthèse

En fin de chapitre : ce qu'il faut savoir sans hésiter. À relire seule une fois le cours acquis.

Les renvois

Une notion n'est expliquée qu'à un seul endroit. Les autres chapitres y renvoient au lieu de la répéter.

5. Histoire littéraire et mythes · 5 %

Situer rapidement une œuvre, reconnaître un mouvement et identifier la portée d’un mythe.

Cours 5.1 · Objectif : siècle + mouvement + œuvre

Du Moyen Âge au siècle des Lumières

L’histoire littéraire ne consiste pas à réciter des dates isolées. Elle aide à relier une œuvre à un contexte, à des formes dominantes et à des idées. Les frontières entre mouvements restent souples : plusieurs esthétiques peuvent coexister au même siècle.

Ve–XVe Moyen Âge

Épopée, courtoisie, satire et théâtre.

XVIe Renaissance

Humanisme, Pléiade et redécouverte des Anciens.

XVIIe Baroque & classicisme

Instabilité, ordre, théâtre et moralistes.

XVIIIe Lumières

Raison critique, liberté et diffusion du savoir.

Pour situer un extrait

Observez le genre, le thème, les valeurs défendues, la forme du raisonnement et quelques indices historiques. Une seule caractéristique ne suffit pas toujours.

Ve–XVe siècles

Le Moyen Âge : oralité, manuscrit et diversité

La littérature médiévale se développe en latin puis dans les langues vernaculaires. Souvent destinée à être dite, chantée ou jouée, elle circule avant l’imprimerie par la performance et le manuscrit.

Épopée Chanson de geste

Exploits guerriers, fidélité féodale et idéal chrétien.

La Chanson de Roland
Courtoisie Roman courtois

Quête, aventure et amour soumis à des codes.

Chrétien de Troyes
Satire Fabliau

Récit bref comique, ruse, quotidien et critique sociale.

Textes souvent anonymes
Scène Théâtre médiéval

Mystères religieux, farces profanes et jeu public.

La Farce de Maître Pathelin
« Roman » ne désigne pas d’abord un genre

Au Moyen Âge, mettre en roman signifie écrire dans une langue romane plutôt qu’en latin. Le mot prendra progressivement son sens générique moderne.

XVIe siècle

Renaissance, humanisme et Pléiade

L’humanisme place la formation de l’être humain, l’examen critique et le retour aux textes antiques au cœur du savoir. L’imprimerie accélère la circulation des œuvres et des idées.

Humanisme Savoir et jugement

Étudier les langues anciennes, confronter les sources et former un esprit libre.

Rabelais · Montaigne
Pléiade Enrichir le français

Imiter les modèles antiques sans les copier servilement, créer et défendre une grande poésie française.

Du Bellay · Ronsard
Contexte Un monde élargi

Imprimerie, grandes découvertes, Réforme et débats religieux renouvellent la représentation du monde.

Curiosité · critique · éducation
Gargantua Rabelais

Éducation humaniste, satire et appétit de savoir.

Les Essais Montaigne

Examen de soi, relativité des coutumes et jugement personnel.

Les Regrets Du Bellay

Sonnet, exil, satire et attachement à la patrie.

XVIIe siècle

Du baroque au classicisme

Baroque Mouvement et instabilité

Métamorphose, illusion, inconstance, spectacle et formes abondantes.

Image-repère : le monde est changeant.
Classicisme Ordre et maîtrise

Clarté, vraisemblance, bienséance, mesure et recherche de l’universel.

Image-repère : plaire et instruire.
Corneille · Racine Tragédie

Conflits de devoir et de passion, héros confrontés à une issue grave.

Molière Comédie

Rire, types sociaux, défauts humains et critique des mœurs.

La Fontaine Fable

Récit plaisant et leçon morale, souvent portée par des animaux.

La Rochefoucauld · La Bruyère Maxime et portrait

Observation condensée des comportements et de la société.

Les trois unités

Dans l’idéal dramatique classique : une action principale, un temps resserré autour de vingt-quatre heures et un lieu unique ou très proche. Elles visent la cohérence et la vraisemblance.

XVIIIe siècle

Les Lumières : examiner, diffuser, combattre

Les philosophes des Lumières soumettent les autorités, les préjugés et les institutions à l’examen de la raison. Ils défendent diversement la tolérance, la liberté, l’éducation et une meilleure organisation politique et sociale.

Examiner Esprit critique

Refuser l’argument d’autorité et confronter les idées à l’expérience et à la raison.

Diffuser Encyclopédie

Rassembler les savoirs, décrire les techniques et les rendre accessibles.

Dénoncer Combat philosophique

Critiquer l’intolérance, le fanatisme, l’arbitraire et certaines inégalités.

Détourner Fiction argumentative

Conte philosophique, voyage fictif et regard étranger permettent une critique indirecte.

MontesquieuLettres persanes, De l’esprit des lois — regard critique et réflexion politique.

VoltaireCandide, Traité sur la tolérance — ironie et lutte contre le fanatisme.

Diderot & d’AlembertEncyclopédie — organisation et diffusion critique des savoirs.

RousseauDu contrat social, Les Confessions — politique, éducation et écriture de soi.

Récits transmis et réécrits

Les mythes fondateurs

Un mythe est un récit collectif qui met en scène dieux, héros et origines pour donner forme à de grandes questions humaines. Il connaît plusieurs versions et survit grâce aux réécritures : il ne faut donc pas chercher un texte unique et définitivement fixé.

Expliquer

Origine du monde, d’un phénomène ou d’une pratique.

Symboliser

Connaissance, désir, faute, pouvoir, mort ou identité.

Transmettre

Valeurs, interdits et mémoire d’une communauté.

Réinterpréter

Chaque époque actualise le conflit porté par le récit.

Prométhée Le feu volé aux dieux

Savoir technique, progrès, transgression et responsabilité.

Œdipe La vérité et le destin

Enquête, ignorance de soi, faute involontaire et fatalité.

Antigone La loi contre la conscience

Conflit entre ordre politique, devoir familial et exigence morale.

Orphée L’art face à la mort

Puissance du chant, amour perdu et interdit du regard en arrière.

Narcisse Le piège de l’image

Fascination de soi, méconnaissance et désir impossible.

Sisyphe L’effort sans fin

Ruse, châtiment et répétition d’une tâche toujours recommencée.

Récit ancien + Conflit symbolique + Réécriture Sens nouveau

Éliminer les anachronismes

La méthode de repérage

  1. Identifier le siècle

    Commencer par les dates de l’auteur ou de l’œuvre si elles sont fournies.

  2. Reconnaître le genre

    Épopée, sonnet, tragédie, fable, essai, conte philosophique…

  3. Associer les valeurs

    Courtoisie, humanisme, ordre classique, raison critique.

  4. Vérifier l’auteur

    Écarter toute association chronologiquement impossible.

  5. Pour un mythe

    Résumer le conflit central avant de choisir son interprétation.

Fiche express

Douze associations à fixer

Chanson de gesteÉpopée médiévale
Chrétien de TroyesRoman courtois
HumanismeSavoir et jugement
PléiadeRenouveler la poésie française
BaroqueMouvement et illusion
ClassicismeOrdre et vraisemblance
MolièreComédie et critique des mœurs
LumièresRaison critique et liberté
ProméthéeTechnique et transgression
ŒdipeVérité et destin
AntigoneLoi et conscience
OrphéeArt, amour et mort
Sources de ce chapitre
  • Programme national — repères du Moyen Âge au XVIIIe siècle
  • BnF — de l’humanisme aux Lumières
  • Odysseum — comprendre et interpréter les mythes
  • Odysseum — le mythe de Prométhée
6. Le roman · 10 %

Comprendre d’où vient le récit romanesque, distinguer ses formes et reconnaître les principaux sous-genres.

Cours 6.1 · Objectif : forme + projet + indices

Les grandes sources du récit

Le roman ne naît pas d’un seul modèle. Il hérite de récits oraux et écrits : mythe, épopée, chronique, conte, légende, récit de voyage et histoire chevaleresque. Il transforme ces matériaux en une forme souple capable d’accueillir l’aventure, l’analyse psychologique et la représentation de la société.

Mythe Récit symbolique

Dieux, héros, origines et conflits fondamentaux.

Épopée Destin collectif

Exploits héroïques et valeurs d’une communauté.

Tradition orale Contes et légendes

Motifs transmis, variantes et schémas récurrents.

Écrits du réel Chroniques et voyages

Événements, observations et découverte du monde.

Le sens médiéval de « roman »

Le mot désigne d’abord un texte écrit en langue romane, et non en latin. Les récits antiques adaptés, puis les aventures chevaleresques et courtoises, contribuent progressivement à former le genre.

Ne pas confondre les formes

Les principaux genres du récit

La longueur ne suffit pas pour classer un texte. Il faut aussi considérer son rapport au réel, sa construction et son projet.

Roman Fiction développée

Univers, personnages et intrigue d’ampleur variable ; grande liberté formelle.

Madame Bovary
Nouvelle Récit bref concentré

Peu de personnages, économie des moyens, effet d’unité et parfois chute.

La Parure
Conte Récit transmis ou construit

Formules, épreuves et merveilleux ; le conte philosophique ajoute une visée critique.

Candide
Autobiographie Auteur = narrateur = personnage

Récit rétrospectif d’une vie réelle assumée par celui qui l’écrit.

Les Confessions
Mémoires Un témoin dans l’Histoire

L’auteur raconte son parcours en donnant une place importante aux événements collectifs.

Mémoires d’outre-tombe
Biographie La vie d’un autre

Un auteur reconstruit l’existence d’une personne à partir de sources et de documents.

Récit référentiel

FictionLe monde raconté est inventé, même s’il s’appuie sur des faits réels.

RéférentielLe texte prétend renvoyer à une personne ou à des événements effectivement existants.

HybrideCertains récits mêlent enquête, mémoire, fiction et réflexion : le classement dépend alors du projet dominant.

Une forme en transformation

Quelques étapes de l’évolution du roman

Moyen Âge Aventure et courtoisie

Quêtes, chevaliers, épreuves et amour courtois.

Chrétien de Troyes
XVIIe Analyse des passions

Le roman gagne en vraisemblance et explore la vie intérieure.

La Princesse de Clèves
XVIIIe Expérience et débat

Roman épistolaire, récit-mémoires et fiction philosophique.

Les Liaisons dangereuses
XIXe Individu et société

Ambition réaliste, fresques sociales, histoire et naturalisme.

Balzac · Flaubert · Zola
XXe–XXIe Expérimentations

Crise du personnage, fragmentation, polyphonie et formes hybrides.

Proust · Sarraute · nouveaux récits
Pourquoi le roman se renouvelle-t-il ?

Parce qu’il n’est soumis ni à une forme fixe ni à une longueur unique. Il peut absorber lettres, journaux, documents, dialogues, descriptions, essais ou récits enchâssés.

Classer par projet dominant

Les principaux genres romanesques

Picaresque Un marginal en mouvement

Un héros de condition modeste traverse différents milieux et révèle leurs travers.

Épistolaire Le récit par lettres

Pluralité des voix, information fragmentaire et effets de point de vue.

Historique Fiction dans le passé

Personnages inventés et figures historiques se rencontrent dans une époque reconstruite.

Apprentissage Se former dans le monde

Un personnage jeune acquiert une expérience sociale, morale ou affective.

Aventures Épreuves et péripéties

Voyage, danger, quête et rebondissements dominent la progression.

Policier Énigme ou enquête

Crime, indices, suspects et reconstruction logique structurent le récit.

Fantastique Hésitation inquiétante

Un événement apparemment surnaturel trouble les explications ordinaires.

Science-fiction Monde possible

Une innovation scientifique ou sociale transforme le cadre du récit.

Psychologique Conscience et passions

Motivations, conflits intérieurs et perception des personnages passent au premier plan.

Un roman peut appartenir à plusieurs catégories

La Peau de chagrin combine par exemple observation sociale, apprentissage, fantastique et réflexion philosophique. En QCM, cherchez le trait réellement mis en avant par la question.

Représenter le monde social

Réalisme et naturalisme

Le réalisme n’est pas une copie mécanique du réel : il produit un effet de vérité par la sélection, l’organisation et l’écriture des détails.

Réalisme Peindre les milieux et les mœurs
  • Cadres géographiques et sociaux précis
  • Personnages inscrits dans une société
  • Descriptions et détails vraisemblables
  • Argent, travail, ambition, famille
Balzac · Flaubert · Maupassant
Naturalisme Observer les déterminations
  • Documentation méthodique
  • Influence du milieu et de l’hérédité
  • Corps, travail et conditions matérielles
  • Ambition inspirée des sciences du XIXe siècle
Zola · les Goncourt

Personnage ordinaire ≠ absence d’inventionLe romancier construit une intrigue et un point de vue.

Description ≠ pause inutileElle peut informer, caractériser, symboliser ou préparer l’action.

Naturalisme ≠ photographie neutreLe choix des faits, le style et la composition orientent la représentation.

Déplacer les conventions

Les renouvellements du roman moderne

Temps intérieur Mémoire et conscience

Le temps vécu ne suit pas toujours la chronologie ; sensations et souvenirs réorganisent le récit.

Proust
Polyphonie Plusieurs voix

Des points de vue ou discours différents se répondent sans être ramenés à une seule vérité.

Pluralité énonciative
Nouveau Roman Soupçon envers les codes

Personnage, intrigue et description traditionnels sont questionnés ou transformés.

Sarraute · Robbe-Grillet
Hybridation Frontières mobiles

Le récit accueille documents, enquête, autobiographie, photographie ou réflexion.

Formes contemporaines
« Crise du personnage »

L’expression ne signifie pas disparition totale du personnage. Elle indique surtout la remise en cause du héros stable, clairement décrit et doté d’une identité cohérente.

Identifier sans étiqueter trop vite

La méthode de classement

  1. Déterminer le statut

    Fiction, autobiographie, mémoires ou biographie ?

  2. Observer le support

    Lettres, journal, récit continu, documents, voix alternées.

  3. Repérer le moteur

    Enquête, aventure, formation, passion, observation sociale.

  4. Identifier le monde

    Historique, vraisemblable, fantastique, scientifique ou merveilleux.

  5. Choisir le dominant

    Retenir la catégorie qui explique le mieux les indices donnés.

Fiche express

Les oppositions et associations décisives

RomanFiction développée et souple
NouvelleRécit bref et concentré
AutobiographieAuteur = narrateur = personnage
MémoiresVie personnelle et Histoire
ÉpistolaireRécit par lettres
ApprentissageFormation du personnage
FantastiqueHésitation devant l’inexplicable
HistoriqueFiction dans un passé reconstruit
RéalismeMilieux, mœurs et vraisemblance
NaturalismeMilieu, hérédité et documentation
Nouveau RomanRemise en cause des conventions
Roman contemporainHybridation des formes
Sources de ce chapitre
  • Éduscol — le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
  • BnF — Balzac et le roman moderne
  • BnF — Zola et le naturalisme
  • BnF Classes — récits, manuscrits et genres
Narrateur, focalisation et temps du récit

sont traités dans le module 7 — Le texte narratif.

Les mythes fondateurs

sont traités dans le module 5 — Histoire littéraire et mythes.

7. Le texte narratif · 10 %

Identifier l’instance qui raconte, l’ordre du récit, le point de vue et la construction du monde raconté.

Cours 7.1 · Objectif : qui voit ? qui sait ? à quel rythme ?

Auteur, narrateur et personnage

L’auteur est la personne réelle qui écrit. Le narrateur est la voix construite par le texte pour raconter. Le personnage appartient à l’histoire. Les confondre conduit à attribuer trop vite à l’auteur les opinions d’une voix fictive.

Auteur Personne réelle

Son nom figure généralement sur la couverture.

Narrateur Voix du récit

Il sélectionne, organise et présente les informations.

Personnage Être du monde raconté

Il agit, subit, désire et évolue dans l’histoire.

Narrateur homodiégétique Présent dans l’histoire

Il raconte comme personnage, souvent à la première personne.

Narrateur hétérodiégétique Absent comme personnage

Il raconte généralement à la troisième personne.

Régler l’accès à l’information

Les focalisations

Zéro Narrateur > personnage

Le narrateur peut connaître pensées, passé ou avenir de plusieurs personnages.

Vision dite omnisciente.
Interne Narrateur = personnage

Les informations sont limitées à ce qu’un personnage perçoit, sait ou pense.

Subjectivité et restriction.
Externe Narrateur < personnage

Le texte décrit gestes et paroles sans ouvrir directement la conscience.

Effet d’observation.
La personne grammaticale ne suffit pas

Un récit à la troisième personne peut adopter une focalisation interne. Cherchez surtout quelles informations sont accessibles et par quelle conscience elles passent.

Comparer histoire et narration

Ordre, durée et fréquence

ProcédéDéfinitionEffet fréquent
AnalepseRetour sur un événement antérieur.Expliquer un passé.
ProlepseAnnonce ou évocation anticipée.Créer une attente.
ScèneTemps du récit proche du temps de l’action.Donner présence et détail.
SommaireLongue durée racontée brièvement.Accélérer.
PauseL’action cesse pendant une description ou réflexion.Informer ou interpréter.
EllipseUne période n’est pas racontée.Sauter ce qui est jugé secondaire.

SingulatifRaconter une fois ce qui s’est produit une fois.

RépétitifRaconter plusieurs fois le même événement.

ItératifRaconter une fois ce qui se répétait.

Comprendre une trajectoire

La construction du personnage

Désignation Nom, pronoms, périphrases

Ils orientent l’identité et le regard porté sur lui.

Portrait Corps, caractère, milieu

Le portrait peut confirmer ou tromper.

Actions Faire et décider

Les choix révèlent valeurs, buts et conflits.

Relations Alliés et opposants

Les interactions construisent la place sociale.

Sujet cherche Objet aidé par Adjuvant contre Opposant

Donner sens au monde raconté

Espace, thèmes et registres

Espace Cadre et valeur

Un lieu peut situer l’action, caractériser un milieu, opposer dedans/dehors ou devenir symbolique.

Thème Réseau de significations

Il se repère par des mots, situations et motifs récurrents, non par un terme isolé.

Registre Effet dominant

Comique, tragique, pathétique, fantastique, épique ou satirique selon les procédés et la situation.

Une lecture en six gestes

Méthode d’analyse narrative

  1. Délimiter

    Situation et événement.

  2. Distinguer

    Auteur, narrateur, personnage.

  3. Focaliser

    Qui voit et qui sait ?

  4. Temporaliser

    Ordre, rythme, fréquence.

  5. Interpréter

    Espace, motifs, registre.

  6. Justifier

    Citer l’indice décisif.

Fiche express

Les repères du récit

HomodiégétiqueNarrateur personnage
HétérodiégétiqueNarrateur absent de l’histoire
Focalisation interneSavoir limité à une conscience
AnalepseRetour en arrière
ProlepseAnticipation
SommaireAccélération
EllipseDurée passée sous silence
ItératifUne fois pour plusieurs occurrences
Sources de ce chapitre
  • Éduscol — instances narratologiques
  • Éduscol — focalisation, temporalité et espace
  • Programme — roman et récit
Les registres de langue

sont définis dans le module 3 — La stylistique ; ce chapitre ne retient que leur effet sur le récit.

8. Le théâtre · 10 %

Lire une pièce comme une parole destinée à être jouée devant un public.

Cours 8.1 · Objectif : texte + scène + effet

Une écriture à double destination

Au théâtre, les personnages se parlent dans la fiction, mais leurs paroles s’adressent aussi au public. Cette double énonciation explique les apartés, les informations données au spectateur et certains effets comiques ou tragiques.

Réplique Parole d’un personnage

De longueur variable, inscrite dans un échange.

Tirade Longue prise de parole

Expose un récit, un raisonnement ou une émotion.

Monologue Personnage seul ou isolé

Rend audible une délibération ou une crise.

Didascalie Indication scénique

Geste, ton, décor, déplacement ou costume.

Aparté Entendu du public, pas des autres personnages

Crée complicité, ironie ou révélation.

Stichomythie Répliques brèves et alternées

Accélère un conflit ou une confrontation.

Crise, passion et issue grave

La tragédie

Personnages Rois, héros, familles illustres

Leur conflit privé engage souvent un ordre politique ou moral.

Action Faute, dilemme, fatalité

Une passion ou un devoir impossible conduit à la catastrophe.

Effet Terreur et pitié

La représentation des malheurs produit une forte émotion et une réflexion.

Règle classiquePrincipeBut
Unité d’actionUne intrigue principale.Cohérence.
Unité de tempsEnviron vingt-quatre heures.Vraisemblance.
Unité de lieuUn lieu unique ou proche.Concentration.
BienséanceÉviter certains actes choquants sur scène.Respect du public.

Faire rire et regarder la société

La comédie

Gestes

Chutes, mimiques, poursuites.

Mots

Jeux, répétitions, quiproquos.

Situation

Renversement, surprise, piège.

Caractère

Défaut dominant rendu ridicule.

Mœurs

Critique d’un milieu ou d’une époque.

Quiproquo

Un personnage comprend une parole ou une situation autrement qu’un autre personnage. Le public, mieux informé, mesure l’erreur et anticipe ses conséquences.

XVIIIe siècle

Le drame bourgeois

Défendu notamment par Diderot, il cherche un genre sérieux entre tragédie et comédie. Il met en scène des familles et des personnages de condition moyenne confrontés à des conflits moraux et domestiques.

Milieu Vie privée et famille

Le foyer devient un espace dramatique.

Personnages Condition moyenne

La dignité dramatique n’est plus réservée aux rois.

Ton Sérieux et pathétique

L’émotion doit toucher et instruire.

Scène Décor quotidien

Gestes, tableaux et naturel du jeu gagnent en importance.

XIXe siècle

Le drame romantique

Rupture Refus des frontières rigides

Mélange du sublime et du grotesque, du comique et du tragique ; liberté accrue du temps et des lieux.

Projet Montrer l’histoire en mouvement

Foules, pouvoir, passions, décors multiples et héros en conflit avec la société.

HernaniVictor Hugo Ruy BlasVictor Hugo LorenzaccioMusset
Le drame romantique ne supprime pas toute règle

Il conteste surtout le système classique lorsqu’il empêche de représenter la complexité historique, les contrastes et la liberté créatrice.

Lire la scène possible

Méthode d’analyse

  1. Situer

    Acte, scène, entrée, sortie.

  2. Nommer

    Genre et tonalité.

  3. Observer

    Répliques et didascalies.

  4. Suivre

    Rapport de force.

  5. Imaginer

    Voix, corps, espace.

  6. Conclure

    Effet sur le public.

Fiche express

Les distinctions théâtrales

DidascalieIndication scénique
ApartéComplicité avec le public
StichomythieÉchange rapide
TragédieCrise et issue grave
ComédieRire et critique
Drame bourgeoisFamille et condition moyenne
Drame romantiqueMélange et liberté
Double énonciationPersonnages et public
Sources de ce chapitre
  • BnF — diversités de la comédie
  • BnF — Phèdre et la tragédie
  • BnF — Beaumarchais et le drame bourgeois
La situation d'énonciation

est traitée dans le module 4 — Le discours et l'énonciation ; on n'en retient ici que la double énonciation propre au théâtre.

9. La poésie · 10 %

Mettre la versification au service du rythme, des images et du sens.

Cours 9.1 · Objectif : forme + mouvement + interprétation

Compter et organiser les vers

La versification décrit l’organisation métrique du poème. Elle n’est pas une fin : le nombre de syllabes, les coupes et les rimes prennent sens lorsqu’on les relie à la syntaxe, aux images et au mouvement du texte.

Alexandrin 12 syllabes

Souvent organisé autour d’une césure.

Décasyllabe 10 syllabes

Vers majeur de la tradition française.

Octosyllabe 8 syllabes

Souple, fréquent dans chansons et récits.

Vers libre Mètre non régulier

Le rythme dépend de la disposition et de la syntaxe.

RimesSchémaOrganisation
SuiviesAABBDeux couples successifs.
CroiséesABABAlternance.
EmbrasséesABBAUne paire encadre l’autre.
Le e muet

Il se compte devant consonne à l’intérieur du vers, ne se compte pas en fin de vers et s’élide devant voyelle. Le découpage exact dépend de la prononciation métrique.

Faire entendre le mouvement

Coupes, enjambements et sonorités

Enjambement La phrase dépasse le vers

La syntaxe se poursuit au vers suivant et crée continuité ou attente.

Rejet Élément bref reporté

Un groupe court placé au début du vers suivant reçoit un relief.

Contre-rejet Élément bref anticipé

Un groupe lié à la suite est placé à la fin du vers précédent.

Allitération

Répétition de consonnes.

Assonance

Répétition de voyelles.

Anaphore

Retour initial d’un mot ou groupe.

Parallélisme

Reprise d’une structure syntaxique.

Reconnaître une architecture

Les principales formes

Sonnet 14 vers

Deux quatrains et deux tercets ; progression et chute possibles.

Ode Poème de célébration

Ton élevé ou lyrique adressé à une personne, une idée ou un objet.

Ballade Forme fixe à refrain

Strophes régulières suivies traditionnellement d’un envoi.

Poème en prose Sans découpage versifié

Rythme, images et densité poétique dans la prose.

Calligramme

La disposition graphique dessine ou suggère l’objet du poème. Le sens naît de l’interaction entre mots, espace et image.

Transformer la perception

Images et réseaux

Comparaison Rapprochement explicite

Un outil relie comparé et comparant.

Métaphore Assimilation implicite

Elle recompose une réalité par une autre.

Personnification Traits humains

Un élément non humain agit ou parle comme une personne.

Symbole Sens au-delà de l’objet

Une image concrète condense une idée ou une valeur.

Mot concret Image Réseau dans le poème Interprétation

Pourquoi écrire un poème ?

Les fonctions de la poésie

Lyrique

Exprimer et transformer une expérience intime.

Célébrer

Louer un être, un lieu, une valeur ou le monde.

Engager

Dénoncer, résister ou défendre une cause.

Connaître

Révéler des rapports inattendus par l’image.

Jouer

Explorer sons, contraintes et possibilités du langage.

Une fonction n’exclut pas les autres

Un poème amoureux peut être lyrique, célébratif et réflexif ; un poème engagé peut aussi travailler fortement le rythme et les images.

Ne pas séparer forme et sens

Méthode d’analyse

  1. Lire

    Voix, situation, mouvement.

  2. Décrire

    Forme, strophes, mètres.

  3. Écouter

    Coupes, rimes, sons.

  4. Relier

    Images et champs lexicaux.

  5. Interpréter

    Fonction et effets.

  6. Nuancer

    Polysémie et tensions.

Fiche express

Les repères poétiques

Alexandrin12 syllabes
Octosyllabe8 syllabes
ABABRimes croisées
EnjambementSyntaxe au-delà du vers
Sonnet14 vers
Poème en prosePoésie sans vers
LyriqueExpérience intime
EngagéeIntervention collective
Sources de ce chapitre
  • Éduscol — expérience et langage poétiques
  • Éduscol — langue et écriture poétique
  • BnF — Baudelaire et la modernité poétique
Les figures de rhétorique

sont définies dans le module 3 — La stylistique ; ce chapitre porte sur leur rendement poétique.

⚠ Deux « anaphores »

l'anaphore grammaticale est une reprise de l'information (module 2 — Grammaire du texte) ; l'anaphore rhétorique est la répétition d'un mot en tête de vers ou de phrase. Le QCM joue sur cette homonymie.

10. Littérature maghrébine · 5 %

Lire une littérature plurielle sans la réduire à une identité unique ni à un simple document social.

Cours 10.1 · Objectif : contexte + forme + enjeu

Une littérature plurielle

La littérature maghrébine d’expression française regroupe des œuvres liées notamment au Maroc, à l’Algérie et à la Tunisie. Elle se développe dans une histoire coloniale et postcoloniale, mais chaque œuvre possède son esthétique propre. Il faut éviter d’en faire un ensemble uniforme.

Avant 1945 Précurseurs

Voix diverses et premiers débats d’appartenance culturelle.

1945–1962 Témoignage et contestation

Colonisation, dépossession, affirmation d’un point de vue maghrébin.

1962–1980 Indépendances et recherche formelle

Révolution des formes, interrogation des sociétés nouvelles.

Depuis 1980 Diversification

Mémoire, migration, femmes, violence, pluralité et nouvelles esthétiques.

« Francophone » ne signifie pas « français »

La langue d’écriture peut être le français tout en portant des imaginaires, rythmes, références et tensions issus d’un espace plurilingue.

Se construire dans la relation

Identité et altérité

Mémoire Histoire personnelle et collective

La colonisation, l’indépendance et les silences familiaux traversent les récits.

Appartenance Identités multiples

Nationale, linguistique, culturelle, sociale ou diasporique.

Altérité Regard sur l’autre

L’autre peut être colonisateur, étranger, proche, double ou part de soi.

Devenir Identité en mouvement

Elle se transforme par les langues, les déplacements et les relations.

Soi Langues Histoire Autrui

Écrire dans un espace plurilingue

Langues, voix et oralité

Français Langue héritée et transformée

Elle peut être outil, tension, distance ou espace de création.

Arabe Langues et références multiples

Arabe littéral, parlers régionaux et mémoire culturelle.

Amazighe Héritage et présence

Toponymes, récits, rythmes et affirmation culturelle.

Oralité Conte, proverbe, chant

La voix orale nourrit la structure et la texture de l’écrit.

Hybridation linguistique

L’écrivain peut déplacer la syntaxe française, insérer des mots non traduits, traduire littéralement une expression ou reproduire un rythme oral. Ce travail n’est pas une « faute » : il peut constituer un choix esthétique.

Inventer des formes

Quelques choix esthétiques

Fragmentation

Mémoire discontinue et chronologie brisée.

Polyphonie

Voix individuelles, collectives et contradictoires.

Intertextualité

Dialogue avec traditions arabes, amazighes, africaines et européennes.

Symbolisme

Corps, ville, désert, maison ou mer deviennent réseaux de sens.

Hybridation

Roman, autobiographie, histoire, poésie et oralité se mêlent.

Le contexte n’efface pas la forme

Une réponse solide relie toujours l’enjeu historique ou identitaire à un procédé : voix narrative, structure temporelle, image, langue ou composition.

Interroger les pouvoirs

La critique sociale

Colonisation Violence et dépossession

Reprendre la parole, témoigner et contester les représentations imposées.

Après l’indépendance Désillusion politique

Autoritarisme, bureaucratie, corruption et promesses inabouties.

Famille et genre Normes et émancipation

Patriarcat, place des femmes, filiation et conflit des générations.

Inégalités Marges et migrations

Pauvreté, ville, exil, frontières et exclusion sociale.

Repères sans catalogue excessif

Auteurs et œuvres

Algérie Mouloud Feraoun

Le Fils du pauvre — enfance, école, condition sociale.

Algérie Kateb Yacine

Nedjma — histoire, identité et forme fragmentée.

Algérie Assia Djebar

L’Amour, la fantasia — voix des femmes, mémoire et histoire.

Maroc Driss Chraïbi

Le Passé simple — révolte, famille et société.

Maroc Abdelkébir Khatibi

La Mémoire tatouée — pluralité, langue et identité.

Maroc Tahar Ben Jelloun

L’Enfant de sable — genre, récit et pouvoir de raconter.

Tunisie Albert Memmi

La Statue de sel — appartenances, colonisation et déchirement.

Algérie Rachid Boudjedra

La Répudiation — critique sociale et écriture de rupture.

Fiche express

Les axes à retenir

PluralitéPlusieurs pays et traditions
MémoireIndividuelle et collective
IdentitéRelation et devenir
AltéritéAutrui et part étrangère de soi
PlurilinguismeLangues en interaction
OralitéConte, chant, proverbe, voix
HybridationMélange des genres
Critique socialePouvoirs, normes, inégalités
Sources de ce chapitre
  • Presses de l’Université de Montréal — littérature du Maghreb
  • OpenEdition — panorama des littératures francophones
  • Insaniyat — langues et cultures au Maghreb

Base documentaire

Des sources choisies, pas empilées

Chaque notion sera confrontée à une référence reconnue avant d’être transformée en fiche, exemple ou QCM.

Source primaire Descriptif officiel

Le cadre et la pondération de l’épreuve

Institutionnel Éduscol

Terminologie grammaticale et exemples

Universitaire CNRTL & TLFi

Lexique, sens, étymologie et usages

Institutionnel BnF & Gallica

Textes, auteurs et histoire littéraire

Préparation au concours — Langue française

Programme construit à partir du descriptif officiel de novembre 2025.

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La versification

est traitée dans le module 9 — La poésie.