Correction complète — Épreuve de spécialité — Français — enseignement secondaire collégial et qualifiant — session février 2024

98 questions avec réponses, explications et références.

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اللغة الفرنسية

Question 1 — À quel mouvement littéraire appartient ce texte ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Le Romantisme.
  2. B. Le Classicisme.
  3. C. Le Réalisme.
  4. D. Le Symbolisme.
⚠️ Question discutable. Le passage est fortement romantique, mais l'œuvre est aussi souvent rattachée au réalisme naissant.

Réponse retenue : A — Le Romantisme..

Le passage met en scène un héros solitaire, exalté par la nature, l'élévation et le modèle napoléonien : ces traits sont nettement romantiques, même si le roman possède aussi une forte dimension réaliste.
Question 2 — Le Rouge et le Noir de Stendhal appartient au genre romanesque suivant :

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. le roman historique.
  2. B. le roman social.
  3. C. le roman de mœurs.
  4. D. le roman d'apprentissage.
Réponse retenue : D — le roman d'apprentissage..

Le parcours de Julien Sorel est celui d'une formation sociale, intellectuelle et morale : le roman peut donc être lu comme un roman d'apprentissage.
Question 3 — Quel événement pousse Julien à quitter la maison de M. de Rénal dans ce passage ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Une proposition avantageuse de M. Valenod.
  2. B. Un différend avec les domestiques.
  3. C. La colère de Julien contre les femmes du château.
  4. D. Une dispute avec M. de Rénal sur l'éducation des enfants.
Réponse retenue : D — Une dispute avec M. de Rénal sur l'éducation des enfants..

La scène part du reproche adressé à Julien au sujet des enfants et dégénère en affrontement avec M. de Rénal.
Question 4 — Comment se caractérise le ton de l'échange entre Julien et M. de Rénal ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Calme et apaisant.
  2. B. Tendu et agressif.
  3. C. Ironique et sarcastique.
  4. D. Amical et compréhensif.
Réponse retenue : B — Tendu et agressif..

La colère de Julien, les reproches, les menaces de départ et le balbutiement de M. de Rénal installent une forte tension.
Question 5 — Quel sentiment prédomine chez M. de Rénal lorsqu'il accepte les demandes de Julien ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Joie.
  2. B. Colère.
  3. C. Soulagement.
  4. D. Indifférence.
⚠️ Question discutable. Le texte évoque surtout une concession pénible ; « soulagement » est le choix le plus proche sans être parfaitement explicite.

Réponse retenue : C — Soulagement..

Après la confrontation, M. de Rénal cède. Le soupir peut suggérer un relâchement de la tension, même si le texte insiste aussi sur le caractère pénible de sa concession.
Question 6 — Où se rend Julien après avoir quitté la maison de M. de Rénal ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Chez M. Valenod.
  2. B. Dans les grands bois.
  3. C. Chez M. Chélan.
  4. D. À Vergy.
Réponse retenue : B — Dans les grands bois..

Le texte dit explicitement que Julien « monta dans les grands bois ».
Question 7 — Quelle est la réaction de Julien lorsqu'il réalise qu'il a gagné la confrontation ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Il se met à pleurer.
  2. B. Il est apaisé.
  3. C. Il se sent coupable.
  4. D. Il regrette ses paroles.
Réponse retenue : B — Il est apaisé..

Après s'être dit qu'il a « gagné une bataille », son âme retrouve « quelque tranquillité ».
Question 8 — Quel élément naturel symbolise la posture romantique de Julien ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Un sentier étroit.
  2. B. Un roc immense.
  3. C. Un arbre centenaire.
  4. D. Un oiseau de proie.
Réponse retenue : B — Un roc immense..

Le roc élevé et isolé met en scène le héros solitaire dominant le paysage, posture caractéristique de l'imaginaire romantique.
Question 9 — Que représente l'épervier dans l'imaginaire de Julien ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. La force et la retraite du monde.
  2. B. La faiblesse et la dépendance.
  3. C. La sagesse et la prudence.
  4. D. La colère et l'agitation.
Réponse retenue : A — La force et la retraite du monde..

Le texte précise que Julien envie à l'épervier « cette force » et « cet isolement ».
Question 10 — Quel sentiment envahit Julien en contemplant l'oiseau de proie ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. La joie de vivre.
  2. B. Le désir de réussir.
  3. C. La peur de déchoir.
  4. D. L'envie de voler.
Réponse retenue : B — Le désir de réussir..

L'oiseau nourrit son ambition : Julien se projette vers une réussite comparable à celle de Napoléon.
Question 11 — Quelle question cruciale se pose Julien en contemplant le ciel ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Où aller ensuite ?
  2. B. Que sera ma destinée ?
  3. C. Comment reconquérir la confiance de M. de Rénal ?
  4. D. Pourquoi suis-je ici ?
Réponse retenue : B — Que sera ma destinée ?.

La dernière phrase formule directement l'interrogation de Julien sur sa destinée.
Question 12 — Quelle destinée Julien envie-t-il en contemplant l'oiseau de proie ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Celle d'un écrivain notoire.
  2. B. Celle d'un homme politique.
  3. C. Celle d'un empereur célèbre.
  4. D. Celle d'un vieil ermite.
Réponse retenue : C — Celle d'un empereur célèbre..

La référence explicite à Napoléon renvoie à la destinée d'un empereur.
Question 13 — Quel détail réaliste rend la confrontation des personnages plus tendue ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Les domestiques occupés à arranger les lits.
  2. B. Les cigales chantant dans le champ.
  3. C. L'annonce de la diminution de salaire.
  4. D. L'arrivée soudaine de M. Valenod.
Réponse retenue : A — Les domestiques occupés à arranger les lits..

La présence des domestiques, témoins proches de l'affrontement, accroît l'humiliation ressentie par Julien.
Question 14 — Quel symbole naturel est utilisé pour représenter la gloire future de Julien ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Le grand rocher.
  2. B. Le ciel embrasé par le soleil.
  3. C. Les cigales chantant dans le champ.
  4. D. L'épervier décrivant des cercles immenses.
Réponse retenue : D — L'épervier décrivant des cercles immenses..

L'épervier qui décrit de grands cercles au-dessus de Julien devient l'image de la puissance et de l'élévation qu'il convoite.
Question 15 — Le grand rocher sur lequel se tient Julien est un symbole de :

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. sa colère inextinguible.
  2. B. son idéal contemplatif.
  3. C. sa témérité juvénile.
  4. D. sa position sociale.
Réponse retenue : D — sa position sociale..

Le texte établit explicitement un parallèle entre la position physique de Julien sur le rocher et « la position qu'il brûlait d'atteindre au moral » : il s'agit donc surtout de son ambition d'élévation sociale.
Question 16 — Quelle est la valeur de l'imparfait dans : « M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château » ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Itératif.
  2. B. Duratif.
  3. C. Descriptif.
  4. D. Historique.
⚠️ Question discutable. On peut aussi parler d'imparfait descriptif/de second plan selon la terminologie scolaire.

Réponse retenue : B — Duratif..

L'imparfait « suivait » présente une action en cours, simultanée et non bornée par rapport à « revint » ; la valeur durative est la plus précise parmi les choix.
Question 17 — Que symbolise la montée de Julien par « un étroit sentier » ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Julien n'aime pas les hauteurs accessibles à tous.
  2. B. Julien doit passer par des chemins sinueux s'il veut réussir.
  3. C. Julien ne doit pas faire de compromis pour réussir.
  4. D. Julien, pour réussir, doit s'éloigner des hommes.
Réponse retenue : B — Julien doit passer par des chemins sinueux s'il veut réussir..

La montée difficile par un sentier étroit figure symboliquement la difficulté du chemin vers l'élévation sociale.
Question 18 — Quel registre littéraire met en relief l'intensité de la colère de Julien ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Le registre satirique.
  2. B. Le registre oratoire.
  3. C. Le registre polémique.
  4. D. Le registre épique.
Réponse retenue : C — Le registre polémique..

L'affrontement verbal, les reproches et l'agressivité relèvent principalement du registre polémique.
Question 19 — « Il a besoin d'y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l'agitaient. » Dans l'énoncé souligné, Stendhal a recours à deux figures de rhétorique :

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. une personnification et une hyperbole.
  2. B. une périphrase et une comparaison.
  3. C. une litote et une métaphore.
  4. D. une personnification et une prosopopée.
⚠️ Question discutable. La personnification est nette ; l'étiquette « hyperbole » pour « foule » peut être discutée.

Réponse retenue : A — une personnification et une hyperbole..

« Donner audience » traite les sentiments comme des personnes, tandis que « la foule de sentiments » amplifie leur nombre.
Question 20 — « L'entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d'eau qui fait déborder le vase. » L'énoncé ci-dessus comporte une figure d'analogie :

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. une hyperbole.
  2. B. une parabole.
  3. C. une réification.
  4. D. une métaphore.
Réponse retenue : D — une métaphore..

« La goutte d'eau qui fait déborder le vase » transpose une situation abstraite sous la forme d'une image : c'est une métaphore lexicalisée.
Question 21 — « Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu'avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu'avec moi ? » Dans cet énoncé, Julien a recours à une figure d'atténuation. Il s'agit :

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. d'une litote.
  2. B. d'un euphémisme.
  3. C. d'une question rhétorique.
  4. D. d'une antiphrase.
⚠️ Question discutable. La phrase est aussi, formellement, une question rhétorique.

Réponse retenue : A — d'une litote..

La question sous-entend, sans l'énoncer directement, que Julien obtient de meilleurs résultats que tout autre précepteur ; cette atténuation peut être analysée comme une litote, même si la forme est aussi rhétorique.
Question 22 — L'expression (l'oiseau de proie) contient un procédé de substitution. Il s'agit d'une :

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. paraphrase.
  2. B. périphrase.
  3. C. synecdoque.
  4. D. métonymie.
⚠️ Question discutable. La qualification en périphrase dépend de la façon dont on traite l'hyperonyme « oiseau de proie ».

Réponse retenue : B — périphrase..

« L'oiseau de proie » désigne l'épervier par une expression descriptive : c'est une périphrase.
Question 23 — (Loin de désirer s'astreindre à une nouvelle scène d'hypocrisie) L'énoncé comporte :

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. une antithèse.
  2. B. une antiphrase.
  3. C. une litote.
  4. D. une anacoluthe.
⚠️ Question discutable. Aucune option ne décrit parfaitement la tournure ; « litote » est seulement la plus proche.

Réponse retenue : C — une litote..

Parmi les choix proposés, la litote est la plus proche : « loin de désirer » exprime le refus par une formulation négative. L'analyse reste discutable.
Question 24 — (Plus pâle, plus sombre qu'à l'ordinaire, il s'élança vers lui) Dans l'énoncé suivant, qui voit :

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. un observateur extérieur.
  2. B. le personnage de Julien.
  3. C. les domestiques.
  4. D. le narrateur omniscient.
⚠️ Question discutable. La phrase isolée peut être lue comme une simple observation externe, mais le narrateur du passage est globalement omniscient.

Réponse retenue : D — le narrateur omniscient..

Le narrateur prend en charge la description et, dans l'ensemble du passage, accède également aux états intérieurs des personnages ; il relève donc d'une narration omnisciente.
Question 25 — Quel type de focalisation domine dans le dernier paragraphe ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Un point de vue auctorial.
  2. B. Une focalisation degré 0.
  3. C. Une focalisation interne.
  4. D. Une focalisation externe.
Réponse retenue : C — Une focalisation interne..

Le dernier paragraphe donne accès à ce que Julien perçoit, ressent et envie : la focalisation est interne.
Question 26 — Quelle est la principale caractéristique du discours de Julien lors de la confrontation avec M. de Rénal ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. discours direct et formel.
  2. B. discours indirect et hésitant.
  3. C. discours indirect libre et sarcastique.
  4. D. un discours incohérent.
Réponse retenue : A — discours direct et formel..

Les paroles de Julien sont rapportées entre tirets, à la première personne, et il s'adresse formellement à M. de Rénal par « Monsieur » : il s'agit de discours direct.
Question 27 — Quel champ lexical permet de déployer le thème de la confrontation dans le texte ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. guerre, trêve, alliance.
  2. B. paix, compréhension, conciliation.
  3. C. hostilité, reproches, colère.
  4. D. Harmonie, collaboration, coopération.
Réponse retenue : C — hostilité, reproches, colère..

Les termes liés à l'affrontement, aux reproches et à la colère structurent la première partie de la scène.
Question 28 — Quel champ lexical développe le thème de la méditation vers la fin du texte ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. action, agitation, mouvement.
  2. B. tranquillité, contemplation, réflexion.
  3. C. bruit, tumulte, agitation.
  4. D. colère, confrontation, hostilité.
Réponse retenue : B — tranquillité, contemplation, réflexion..

La fin du passage repose sur le silence, la contemplation et l'examen intérieur.
Question 29 — Que permet au lecteur la scène de la contemplation de Julien dans les grands bois ?

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Il perd la perspective de Julien.
  2. B. Il accède à ses pensées profondes.
  3. C. Il se concentre sur le paysage environnant.
  4. D. Il se détache émotionnellement de Julien.
Réponse retenue : B — Il accède à ses pensées profondes..

Le narrateur donne accès aux pensées, aux sensations et aux ambitions de Julien.
Question 30 — Ce passage préfigure la destinée de Julien parce que :

M. de Rénal qui suivait toutes les chambres du château, revint dans celle des enfants avec les domestiques qui rapportaient les paillasses. L’entrée soudaine de cet homme fut pour Julien la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Plus pâle, plus sombre qu’à l’ordinaire, il s’élança vers lui. M. de Rénal s’arrêta et regarda ses domestiques.

— Monsieur, lui dit Julien, croyez-vous qu’avec tout autre précepteur, vos enfants, eussent fait les mêmes progrès qu’avec moi ? Si vous répondez que non, continua Julien, sans laisser à M. de Rénal le temps de parler, comment osez-vous m’adresser le reproche que je les néglige ?

M. de Rénal, à peine remis de sa peur, conclut du ton étrange qu’il voyait prendre à ce petit paysan, qu’il avait en poche quelque proposition avantageuse, et qu’il allait le quitter. La colère de Julien s’augmentant à mesure qu’il parlait :

— Je puis vivre sans vous, monsieur, ajouta-t-il.

— Je suis vraiment fâché de vous voir si agité, répondit M. de Rénal, en balbutiant un peu. Les domestiques étaient à dix pas occupés à arranger les lits.

— Ce n’est pas ce qu’il me faut, monsieur, reprit Julien hors de lui ; songez à l’infamie des paroles que vous m’avez adressées, et devant des femmes encore !

M. de Rénal ne comprenait que trop ce que demandait Julien, et un pénible combat déchirait son âme. Il arriva que Julien effectivement fou de colère, s’écria :

— Je sais où aller, monsieur, en sortant de chez vous.

À ce mot, M. de Rénal vit Julien installé chez M. Valenod.

— Eh bien ! monsieur, lui dit-il enfin avec un soupir et de l’air dont il eût appelé le chirurgien pour l’opération la plus douloureuse, j’accède à votre demande. À compter d’après-demain, qui est le premier du mois, je vous donne cinquante francs par mois. […]

Julien s’échappa rapidement et monta dans les grands bois par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières. Il ne voulait point arriver si tôt chez M. Chélan. Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie, il avait besoin d’y voir clair dans son âme, et de donner audience à la foule de sentiments qui l’agitaient.

J’ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes, j’ai donc gagné une bataille !

Ce mot lui peignait en beau toute sa position et rendit à son âme quelque tranquillité.

Me voilà avec cinquante francs d’appointements par mois, il faut que M. de Rénal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? […]

Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. […]

Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ?

  1. A. Julien est condamné à l'échec, car il ne possède aucun sens des réalités.
  2. B. Julien va réussir, car il a remporté la bataille contre M. de Rénal.
  3. C. Julien connaîtra la réussite, car c'est un jeune homme brillant et instruit.
  4. D. Julien échouera, car il appartient à une famille paysanne pauvre.
⚠️ Question discutable. Aucune option ne rend correctement toute la destinée de Julien ; B est la plus directement reliée au motif de la « bataille » dans l'extrait.

Réponse retenue : B — Julien va réussir, car il a remporté la bataille contre M. de Rénal..

L'image de la « bataille » gagnée annonce surtout l'ambition de Julien et ses succès dans la lutte sociale. La formulation de la réponse reste simplificatrice au regard de la fin du roman.
Question 31 — Mon père nous quitta le surlendemain à l'aube...

Mon père nous quitta le surlendemain à l’aube. Il partit, avec pour tout bagage, une sacoche de berger, en palmier nain, dont il avait fait l’acquisition la veille, une faucille neuve et un sac en toile, avec une fermeture à coulisse. Ma mère l’avait confectionné dans un morceau de haïk de coton et l’avait bourré de provisions : olives noires, figues sèches, farine grillée et sucrée, deux pains parfumés à l’anis et dix qarchalas. Nous appelons ainsi des petits pains ronds sucrés, parfumés à l’anis et à la fleur d’oranger et décorés de grains de sésame.

  1. A. La passé simple de Driss Chraïbi.
  2. B. La boite à merveilles d'Ahmed Sefrioui.
  3. C. L'enfant du sable de Tahar Benjelloun.
  4. D. Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun.
Réponse retenue : B — La boite à merveilles d'Ahmed Sefrioui..

Les qarchalas, le cadre familial et le départ du père correspondent à La Boîte à merveilles d'Ahmed Sefrioui.
Question 32 — Le père Ramdane réussissait avec beaucoup de vigilance...

Le père Ramdane réussissait avec beaucoup de vigilance à assurer à la maisonnée le maigre couscous quotidien. Lorsque les travaux était momentanément arrêtés, il se faisait manœuvre et aidait comme journalier deux maçons qui construisaient pour les riches. Quand on a bâti au village le premier moulin à presse hydraulique, puits et pompe, mon père y a travaillé vingt-deux jours. Ces journées m’ont laissé aussi leur souvenir. Les travaux avaient débuté au mois de juin, je crois. Nous étions encore à l’école. Le chantier se trouvait juste en face de chez nous, à une centaine de mètres. Il y avait là, en même temps que mon père, notre cousin Kaci le père de Saïd et Arab, le père d’Achour, un camarade d’école !

  1. A. Portrait d'un décolonisé d'Albert Memmi.
  2. B. Nedjma de Kateb Yacine.
  3. C. L'enfant du sable de Tahar Benjelloun.
  4. D. Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun.
Réponse retenue : D — Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun..

Le père Ramdane et le cadre villageois renvoient au Fils du pauvre de Mouloud Feraoun.
Question 33 — Étoffe et chair fraîchement lavées...

Étoffe et chair fraîchement lavées, Nedjma est nue dans sa robe ; elle secoue son écrasante chevelure fauve, ouvre, et referme la fenêtre ; on dirait qu’elle cherche, inlassablement, à chasser l’atmosphère, ou tout au moins à la faire circuler par ses mouvements ; sur l’espace frais et transparent de la vitre, les mouches blotties se laissent assommer, ou feignent la mort à chaque déplacement d’air ; Nedjma s’en prend ensuite à un moustique, avec un mouchoir dont elle s’évente en même temps ; épuisée, elle s’assoit à même le carrelage ; son regard plonge dans l’ombre ; elle entend remuer la broussaille ; « ce n’est pas le vent »...

  1. A. Nedjma de Kateb Yacine.
  2. B. L'inspecteur Ali de Driss Chraïbi.
  3. C. Le pain nu de Mohammed Choukri.
  4. D. La marche de l'incertitude de Yamen Manai.
Réponse retenue : A — Nedjma de Kateb Yacine..

Le personnage de Nedjma est nommé dès le début de l'extrait : il s'agit du roman Nedjma de Kateb Yacine.
Question 34 — Devant l'impossible union des deux parties de moi-même...

Devant l’impossible union des deux parties de moi-même, je décidai de choisir. Entre l’Orient et l’Occident, entre les croyances africaines et la philosophie, entre le patois et le français, il me fallait choisir ; je choisissais Poinsot, ardemment, vigoureusement. Un jour, entrant dans un café, je me suis vu en face de moi-même ; j’eus une peur atroce. J’étais moi et je m’étais étranger. C’était un miroir qui couvrait tout un mur, si net qu’on ne le devinait pas. Je me devenais étranger tous les jours davantage.

  1. A. Les étoiles de Sidi Moumen de Mahi Binebine.
  2. B. La boîte à merveilles d’A. Sefrioui.
  3. C. La statue de sel d'Albert Memmi.
  4. D. Le Harem et l'Occident de Fatima Mernissi.
Réponse retenue : C — La statue de sel d'Albert Memmi..

Le déchirement entre Orient et Occident et la crise identitaire correspondent à La Statue de sel d'Albert Memmi.
Question 35 — Nagib a remis la porte d'entrée sur ses gonds...

Nagib a remis la porte d’entrée sur ses gonds, a fait craquer ses doigts et nous a dit : — Venez voir, mes agneaux, la splendeur des splendeurs. Nous sommes montés et nous avons vu. Par terre, dans le salon, il y avait des planches, deux ou trois encore entières, les autres en éclats. Des morceaux de fil de fer, des clous tordus. Et au milieu de tout cela, quelque chose de noir, pesant, oblong, qui tenait du coffre et de l’armoire. Avec un cadran, deux boutons et une plaque de métal où était gravé en relief un mot que je ne comprenais pas : BLAUPUNKT. Ma mère a considéré Nagib et a levé les bras au ciel. Puis elle a considéré le meuble, longuement ; a tourné tout autour, les mains dans le dos ; a tapoté le cadran, tourné les boutons. Et comme le meuble ne réagissait pas, elle s’est arrêtée et m’a dit : — Qu’est-ce que c’est, cette chose ?

  1. A. L'heure du cru d'Azza Filali.
  2. B. La Civilisation ma Mère ! ... de Driss Chraïbi.
  3. C. La mère du printemps de Driss Chraïbi.
  4. D. Une année chez les Français de Fouad Laroui.
Réponse retenue : B — La Civilisation ma Mère ! ... de Driss Chraïbi..

L'épisode de l'objet moderne « BLAUPUNKT » découvert par la mère appartient à La Civilisation, ma Mère ! de Driss Chraïbi.
Question 36 — Quelle est la principale thématique commune aux auteurs magrébins d'expression française ?
  1. A. La littérature jeunesse.
  2. B. La condition féminine.
  3. C. L'identité et l'altérité.
  4. D. La condition ouvrière.
Réponse retenue : C — L'identité et l'altérité..

L'identité, le rapport à l'autre, la colonisation, le bilinguisme et les tensions culturelles constituent une problématique majeure de la littérature maghrébine d'expression française.
Question 37 — Les fables sont toujours affiliées au genre :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. du fabliau.
  2. B. du conte.
  3. C. de l'apologue.
  4. D. de la poésie.
Réponse retenue : C — de l'apologue..

La fable est une forme d'apologue : un récit bref qui transmet une leçon ou une réflexion morale.
Question 38 — Le texte ci-dessus est une fable parce qu'il constitue :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. un récit merveilleux destiné exclusivement aux enfants.
  2. B. un récit allégorique à visée didactique.
  3. C. un récit mythologique au service d'une morale.
  4. D. une affabulation destinée à divertir le grand public.
Réponse retenue : B — un récit allégorique à visée didactique..

La fable fait agir des figures allégoriques afin de transmettre un enseignement : elle possède une visée didactique.
Question 39 — Quel est le thème principal de la fable "Le Loup et le Chien" ?

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. La prédation.
  2. B. La liberté.
  3. C. La sauvagerie.
  4. D. La misère.
Réponse retenue : B — La liberté..

Le choix final du Loup oppose clairement la liberté au confort obtenu au prix de la dépendance.
Question 40 — La fable ci-dessus livre le portrait d'un loup :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. fameux.
  2. B. famélique.
  3. C. malfamé.
  4. D. maléfique.
Réponse retenue : B — famélique..

« N'avait que les os et la peau » décrit un loup extrêmement maigre, donc famélique.
Question 41 — Que signifie le terme « Mâtin » dans le vers 8 ?

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. Chien malicieux.
  2. B. Grand chien de garde.
  3. C. Gros chien.
  4. D. Chien berger.
⚠️ Question discutable. « Mâtin » peut aussi se glossser simplement par « gros chien » ; « grand chien de garde » est plus précis.

Réponse retenue : B — Grand chien de garde..

Un mâtin désigne un gros chien, notamment un grand chien de garde.
Question 42 — La majuscule au début des mots Loup et Chien indique :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. une allégorie.
  2. B. une antonomase.
  3. C. une personnification.
  4. D. une hypotypose.
⚠️ Question discutable. La majuscule accompagne la personnification mais, à elle seule, ne constitue pas une figure autonome.

Réponse retenue : C — une personnification..

Les majuscules transforment les animaux en personnages individualisés et humanisés ; elles participent à la personnification.
Question 43 — Les personnages du Loup et du Chien ont été spécifiquement choisis pour cette fable parce qu'ils sont :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. des animaux carnivores de la famille des canidés.
  2. B. des animaux dotés de parole et de sagesse humaine.
  3. C. des archétypes animaux symboliques de par leur condition et leur caractère.
  4. D. des animaux facilement anthropomorphisés en raison de leur proximité des hommes.
Réponse retenue : C — des archétypes animaux symboliques de par leur condition et leur caractère..

Le Loup et le Chien incarnent deux conditions opposées : liberté précaire et confort servile.
Question 44 — La confrontation des portraits du Loup et du Chien dans cette fable met en évidence :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. des protagonistes aux divergences purement physiques.
  2. B. leurs points communs physiques et leurs divergences de tempérament.
  3. C. leurs conditions totalement différentes, voire antithétiques.
  4. D. Des convergences annonciatrices de leur complicité future.
Réponse retenue : C — leurs conditions totalement différentes, voire antithétiques..

Le Loup est libre mais affamé ; le Chien est bien nourri mais attaché : leurs conditions sont antithétiques.
Question 45 — Le Loup renonce à attaquer le Chien car :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. le Loup est un animal affable.
  2. B. le Loup renonce face à la politesse du Chien.
  3. C. le Loup n'est pas de nature cruelle.
  4. D. le Loup n'est pas de taille face à la force apparente du Chien.
Réponse retenue : D — le Loup n'est pas de taille face à la force apparente du Chien..

Le texte précise que le Mâtin « était de taille à se défendre hardiment » : le Loup renonce à l'attaque à cause du rapport de force.
Question 46 — Quelle construction syntaxique permet de mettre en évidence l'état du Loup dans le premier vers :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. la négation totale.
  2. B. la négation restrictive.
  3. C. la négation partielle.
  4. D. la négation lexicale.
Réponse retenue : B — la négation restrictive..

« Ne... que » est une tournure restrictive : le Loup n'a rien d'autre que « les os et la peau ».
Question 47 — La stratégie argumentative du Loup au début de la fable repose sur :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. la polémique.
  2. B. l'attaque déguisée.
  3. C. la flatterie.
  4. D. la supplique.
Réponse retenue : C — la flatterie..

Le Loup « l'aborde humblement » et lui fait « compliment » : il adopte une stratégie de flatterie.
Question 48 — Les propos du Chien laissent transparaître une posture :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. de modestie et d'humilité.
  2. B. d'empathie et de bienveillance.
  3. C. de vantardise et de fatuité.
  4. D. de compassion et de générosité.
Réponse retenue : C — de vantardise et de fatuité..

Le Chien présente sa condition comme supérieure et dévalorise fortement celle des animaux libres : cela traduit une forme de suffisance.
Question 49 — Comment le Loup réagit-il, tout d'abord, au discours du Chien qui lui fait miroiter une vie meilleure ?

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. Il est méfiant vis-à-vis de ce discours.
  2. B. Il est séduit par ce tableau de bonheur.
  3. C. Il reste dubitatif et méfiant.
  4. D. Il n'est pas du tout convaincu.
Réponse retenue : B — Il est séduit par ce tableau de bonheur..

Le texte dit que le Loup « se forge une félicité » qui le fait « pleurer de tendresse » : il est d'abord séduit.
Question 50 — Qu'est-ce qui justifie la décision finale du Loup ?

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. La proposition du Chien n'est pas suffisamment séduisante.
  2. B. Le Loup n'est pas intéressé par un régime à base d'os de poulets et de pigeons.
  3. C. Le Loup est choqué par la découverte du col pelé du Chien.
  4. D. Le Loup n'est pas fait pour une vie de paresse et d'oisiveté.
Réponse retenue : C — Le Loup est choqué par la découverte du col pelé du Chien..

La découverte du col pelé révèle l'existence du collier, donc la perte de liberté ; c'est ce qui déclenche son refus final.
Question 51 — Au vers 6, le verbe « faire » est conjugué au :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. plus que parfait du subjonctif.
  2. B. passé antérieur.
  3. C. futur antérieur.
  4. D. conditionnel passé 2e forme.
⚠️ Question discutable. « Eût fait » est formellement identique au plus-que-parfait du subjonctif et au conditionnel passé 2e forme ; la valeur contextuelle est conditionnelle.

Réponse retenue : D — conditionnel passé 2e forme..

« L'eût fait » exprime ici un irréel du passé : il équivaut à « l'aurait fait », soit le conditionnel passé deuxième forme. La forme est morphologiquement identique au plus-que-parfait du subjonctif.
Question 52 — Quelle figure de style est employée dans le vers 40 ? « Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. Une métaphore.
  2. B. Une hyperbole.
  3. C. Une antithèse.
  4. D. Une antiphrase.
Réponse retenue : B — Une hyperbole..

Le « trésor » maximalise la valeur du confort refusé : le Loup affirme qu'aucune richesse ne compenserait la perte de liberté. Il s'agit d'une hyperbole.
Question 53 — Le collier du Chien est un symbole :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. de servitude.
  2. B. d'attachement.
  3. C. de protection.
  4. D. d'engagement.
Réponse retenue : A — de servitude..

Le collier matérialise l'attache au maître et symbolise donc la servitude.
Question 54 — Le verbe « s'enfuir » dans le dernier vers est conjugué au présent de l'indicatif. Il s'agit d'un :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. présent d'énonciation.
  2. B. présent d'injonction.
  3. C. présent de narration.
  4. D. présent de vérité générale.
⚠️ Question discutable. « S'enfuit » est homographe au présent et au passé simple ; le contexte littéraire autorise fortement l'analyse au passé simple.

Réponse retenue : C — présent de narration..

Si l'on analyse « s'enfuit » comme un présent, sa valeur est narrative. La forme est toutefois homographe du passé simple et le contexte permet aussi cette lecture, ce qui rend la question contestable.
Question 55 — Le verbe « courir » dans le dernier vers est conjugué au présent de l'indicatif. Il s'agit d'un :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. présent d'énonciation.
  2. B. présent de vérité générale.
  3. C. présent de narration.
  4. D. présent de description.
Réponse retenue : A — présent d'énonciation..

« Court encor » rapproche l'action du moment où le fabuliste parle : le Loup court encore au moment de l'énonciation, effet volontairement humoristique.
Question 56 — Le dynamisme de cette fable est assuré par la tonalité ou le registre :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. didactique.
  2. B. dramatique.
  3. C. comique.
  4. D. polémique.
⚠️ Question discutable. Le registre comique est défendable, mais « dynamisme » relève aussi du rythme, du dialogue et de l'hétérométrie.

Réponse retenue : C — comique..

La vivacité des dialogues, les retournements et la chute donnent à la fable une dimension comique.
Question 57 — Faites le décompte syllabique du vers 1. « Un Loup n'avait que les os et la peau » il s'agit d'un :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. décasyllabe.
  2. B. alexandrin.
  3. C. endécasyllabe.
  4. D. ennéasyllabe.
Réponse retenue : A — décasyllabe..

Le vers compte dix syllabes selon les règles de la versification française : c'est un décasyllabe.
Question 58 — Faites le décompte syllabique du vers 5 : « L'attaquer, le mettre en quartiers. » Il s'agit d'un :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. heptasyllabe.
  2. B. octosyllabe.
  3. C. hexasyllabe.
  4. D. pentasyllabe.
Réponse retenue : B — octosyllabe..

« L'attaquer, le mettre en quartiers » compte huit syllabes dans la diction métrique : c'est un octosyllabe.
Question 59 — Le vers 9 « À se défendre hardiment » comporte :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. un rejet.
  2. B. une synérèse.
  3. C. un enjambement.
  4. D. une diérèse.
⚠️ Question discutable. Le rejet est un cas particulier d'enjambement ; les deux notions se recoupent ici selon les définitions scolaires.

Réponse retenue : A — un rejet..

Le groupe « À se défendre hardiment » est rejeté au vers suivant et complète « était de taille » ; l'analyse en rejet est couramment retenue, même si elle relève plus largement de l'enjambement.
Question 60 — Le vers 17 « Cancres hères, et pauvres diables » est un octosyllabe car il comporte :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. une diérèse.
  2. B. une synérèse.
  3. C. un « c » muet élidable.
  4. D. des « c » muets non élidables.
⚠️ Question discutable. Le décompte dépend de la diction métrique retenue ; la diérèse sur « diables » permet l'octosyllabe.

Réponse retenue : A — une diérèse..

Pour obtenir l'octosyllabe, « diables » doit être réalisé en deux syllabes dans la diction métrique : il y a diérèse.
Question 61 — Le vers 3 est un alexandrin rythmé comme suit :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. Ce Loup/ rencon/tre un Dogue //aussi puissant/ que beau (2/2/2//4/2)
  2. B. Ce Loup / rencontre un Do//gue aussi puissant /que beau (2/4//4/2)
  3. C. Ce Loup rencon/tre un Dogue// aussi puissant que beau (4/2//6)
  4. D. Ce Loup/ rencontre/ un Do//gue aussi puissant/ que beau (2/3/1//4/2)
⚠️ Question discutable. La mise en page des groupes rythmiques dans les options est maladroite ; A correspond le mieux à la césure 6//6 attendue.

Réponse retenue : A — Ce Loup/ rencon/tre un Dogue //aussi puissant/ que beau (2/2/2//4/2).

L'alexandrin se construit autour d'une césure après « Dogue » : « Ce Loup / rencontre / un Dogue // aussi puissant / que beau », soit des groupes correspondant à l'option A.
Question 62 — Les rimes des vers 5 à 8 sont du point de vue de leur disposition :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. embrassées.
  2. B. suivies.
  3. C. croisées.
  4. D. alternées.
Réponse retenue : B — suivies..

Les finales « quartiers / volontiers » puis « bataille / taille » donnent le schéma AABB : ce sont des rimes suivies (plates).
Question 63 — Les rimes suivantes « garde I mégarde ; misérables/diables » sont du point de vue de leur qualité :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. riches.
  2. B. suffisantes.
  3. C. orphelines.
  4. D. pauvres.
Réponse retenue : A — riches..

Les couples proposés comportent au moins trois phonèmes communs dans leur finale sonore : ce sont des rimes riches.
Question 64 — Une fable où le fabuliste varie les mètres est dite :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. isométrique.
  2. B. tonométrique.
  3. C. hétérométrique.
  4. D. trimétrique.
Réponse retenue : C — hétérométrique..

Un poème qui fait alterner plusieurs mètres est hétérométrique.
Question 65 — Quel type de discours rapporté est employé dans les vers 11 et 12 ? « ....et lui fait compliment sur son embonpoint, qu'il admire,»

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. Un discours indirect.
  2. B. Un discours indirect libre.
  3. C. Un discours narrativisé.
  4. D. Un discours polyphonique.
⚠️ Question discutable. On peut hésiter entre discours narrativisé et discours indirect selon les classifications scolaires.

Réponse retenue : C — Un discours narrativisé..

Le narrateur résume l'acte de parole du Loup (« lui fait compliment ») au lieu de reproduire ses paroles : c'est un discours narrativisé.
Question 66 — Quel type de discours rapporté est employé dans les vers 13 à 21 ?

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. Un discours direct.
  2. B. Un discours indirect libre.
  3. C. Un discours indirect.
  4. D. Un discours intégré au récit.
Réponse retenue : A — Un discours direct..

À partir de « Il ne tiendra qu'à vous, beau sire », les paroles du Chien sont reproduites directement.
Question 67 — Le discours rapporté dans les vers 13 à 21 fonctionne comme :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. un dialogue.
  2. B. une tirade.
  3. C. un monologue.
  4. D. un aparté.
Réponse retenue : B — une tirade..

Dans les vers 13 à 21, le Chien parle longuement sans être interrompu : cette prise de parole constitue une tirade.
Question 68 — Le discours rapporté dans les vers 13 à 21 a une visée :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. narrative.
  2. B. descriptive.
  3. C. dissuasive.
  4. D. argumentative.
Réponse retenue : D — argumentative..

Le Chien cherche à convaincre le Loup de changer de mode de vie : la visée est argumentative.
Question 69 — La morale de cette fable peut se résumer comme suit :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. mieux vaut mourir de faim que de renoncer à sa liberté et à son indépendance.
  2. B. il ne faut pas renoncer à la vie sauvage pour des os de poulets.
  3. C. les chiens sont faits pour être domestiqués contrairement aux loups.
  4. D. il faut accepter son sort car chercher à améliorer sa situation peut l'envenimer.
Réponse retenue : A — mieux vaut mourir de faim que de renoncer à sa liberté et à son indépendance..

La chute affirme que la liberté vaut davantage que la sécurité matérielle obtenue au prix de la dépendance.
Question 70 — On accède aux pensées du Loup par le discours indirect libre dans le vers 5. Au théâtre on aurait :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. un aparté.
  2. B. un dialogue.
  3. C. une stichomythie.
  4. D. une didascalie.
⚠️ Question discutable. L'équivalent théâtral d'une pensée intérieure peut aussi être un monologue selon la mise en scène, mais cette option n'est pas proposée.

Réponse retenue : A — un aparté..

Un discours intérieur rendu audible au théâtre, sans être entendu des autres personnages, correspond le mieux à un aparté parmi les choix proposés.
Question 71 — La véritable cible de dénonciation dans cette fable est :

1. Un Loup n’avait que les os et la peau ;
2. Tant les Chiens faisaient bonne garde.
3. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
4. Gras, poli qui s’était fourvoyé par mégarde.
5. L’attaquer, le mettre en quartiers,
6. Sire Loup l’eût fait volontiers.
7. Mais il fallait livrer bataille
8. Et le Mâtin était de taille
9. À se défendre hardiment.
10. Le Loup donc l’aborde humblement,
11. Entre en propos, et lui fait compliment
12. Sur son embonpoint, qu’il admire.
13. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
14. D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
15. Quittez les bois, vous ferez bien :
16. Vos pareils y sont misérables,
17. Cancres hères, et pauvres diables,
18. Dont la condition est de mourir de faim.
19. Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée
20. Tout à la pointe de l’épée.
21. Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
22. Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
23. Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
24. Portants bâtons, et mendiants ;
25. Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
26. Moyennant quoi votre salaire
27. Sera force reliefs de toutes les façons :
28. Os de poulets, os de pigeons,
29. Sans parler de mainte caresse.
30. Le Loup déjà se forge une félicité
31. Qui le fait pleurer de tendresse.
32. Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
33. Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
34. Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
35. De ce que vous voyez est peut-être la cause.
36. Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
37. Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
38. Il importe si bien, que de tous vos repas
39. Je ne veux en aucune sorte,
40. Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
41. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

  1. A. l'esclavage et la servitude.
  2. B. le mauvais traitement des bêtes.
  3. C. la vie des courtisans.
  4. D. le système de mécénat assorti d'une censure.
⚠️ Question discutable. La critique des courtisans est une lecture historique ; le thème explicite du texte reste l'opposition liberté/servitude.

Réponse retenue : C — la vie des courtisans..

Au-delà du thème général liberté/servitude, le vocabulaire de la flatterie et du maître permet de lire la fable comme une critique de la condition des courtisans dépendants de puissants protecteurs.
Question 72 — Le thème principal de cette scène est :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. l'esclavage.
  2. B. l'exploitation des ouvriers.
  3. C. la révolution industrielle.
  4. D. les droits des femmes.
Réponse retenue : B — l'exploitation des ouvriers..

La délégation ouvrière proteste contre la baisse des salaires et le licenciement d'un travailleur blessé : la scène dénonce l'exploitation ouvrière.
Question 73 — Le personnage principal dans cet extrait est :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. le quaker.
  2. B. John Bell.
  3. C. Tobie.
  4. D. les ouvriers.
Réponse retenue : B — John Bell..

John Bell domine la scène, concentre le conflit et prononce la longue réplique centrale : c'est le personnage principal de l'extrait.
Question 74 — Dans cette scène, le dramaturge :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. dénonce la tyrannie des patrons.
  2. B. défend les droits des femmes.
  3. C. décrit le monde des mines.
  4. D. raconte la vie de John Bell.
Réponse retenue : A — dénonce la tyrannie des patrons..

Le contraste entre le patron et ses ouvriers, ainsi que les menaces de licenciement et de privation, dénoncent la tyrannie patronale.
Question 75 — La dernière réplique de John Bell est :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. un monologue.
  2. B. une soliloque.
  3. C. une tirade.
  4. D. un dialogue.
Réponse retenue : C — une tirade..

John Bell adresse une longue prise de parole aux autres personnages sans interruption : c'est une tirade.
Question 76 — (regardant arriver John Bell) est :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. une mise en scène.
  2. B. un soliloque.
  3. C. une didascalie.
  4. D. un aparté.
Réponse retenue : C — une didascalie..

« Regardant arriver John Bell » est une indication scénique destinée au jeu : une didascalie.
Question 77 — Quel est le sens de l'expression « homme sans foi » dans la dernière réplique ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. L'homme, sceptique, qui n'a pas confiance en l'avenir.
  2. B. L'homme, vulnérable, qui n'a pas confiance en lui-même.
  3. C. L'homme, sans scrupules, sans foi ni loi.
  4. D. L'homme, pragmatique, qui ne croit qu'en ce qu'il voit.
Réponse retenue : C — L'homme, sans scrupules, sans foi ni loi..

Dans le contexte polémique, « homme sans foi » signifie un homme sans loyauté ni scrupules.
Question 78 — Que signifie le terme « Shillings » ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. Un outil pour creuser.
  2. B. Une machine moderne.
  3. C. Une unité monétaire anglaise.
  4. D. Des ouvrages anciens.
Réponse retenue : C — Une unité monétaire anglaise..

Le shilling est une ancienne unité monétaire britannique.
Question 79 — Quel est le synonyme de « prodigue » ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. Prodige.
  2. B. Dépensier.
  3. C. Prodigieux.
  4. D. Miraculeux.
Réponse retenue : B — Dépensier..

Une personne prodigue dépense avec excès : « dépensier » est le synonyme pertinent.
Question 80 — Dans la 2e et 3e répliques, le dramaturge a recours à :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. un coup de théâtre.
  2. B. un quiproquo.
  3. C. un dialogue de sourds.
  4. D. une stichomythie.
Réponse retenue : D — une stichomythie..

Les deux répliques brèves et symétriques — « vous travaillerez davantage » / « vous gagnerez moins » — produisent une stichomythie.
Question 81 — Sur quel ton est prononcée l'expression « Ai-je acheté tout d'un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? » ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. La mélancolie.
  2. B. L'indignation.
  3. C. Le sarcasme.
  4. D. La joie.
⚠️ Question discutable. Le sarcasme est perceptible dans la tirade, mais la question exprime surtout l'indignation défensive.

Réponse retenue : B — L'indignation..

La question rhétorique défend avec véhémence le parcours de John Bell : le ton dominant est l'indignation.
Question 82 — Quel est le temps utilisé dans « Que chacun agisse ainsi » ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. L'impératif présent.
  2. B. L'imparfait de l'indicatif.
  3. C. Le subjonctif présent.
  4. D. Le conditionnel présent.
Réponse retenue : C — Le subjonctif présent..

Dans « Que chacun agisse ainsi », « agisse » est au subjonctif présent employé avec une valeur injonctive.
Question 83 — Quelle est la visée énonciative de cette expression « Que chacun agisse ainsi » ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. Une orientation.
  2. B. Une consigne.
  3. C. Une recommandation.
  4. D. Une exhortation.
Réponse retenue : D — Une exhortation..

La formule pousse chacun à imiter le comportement de John Bell : il s'agit d'une exhortation.
Question 84 — Dans l'expression « N'est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j'ai nourri mon année ? », John Bell :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. raconte sa vie.
  2. B. justifie son parcours.
  3. C. justifie son autorité.
  4. D. se plaint de sa condition.
Réponse retenue : B — justifie son parcours..

John Bell évoque son travail, son économie et son enrichissement progressif afin de légitimer son parcours.
Question 85 — Dans l'expression « Si j'en suis le seul maître à présent », que remplace « en » ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. Du quaker.
  2. B. De sa propre vie.
  3. C. Des ouvriers.
  4. D. De la fabrique et des maisons de Norton.
Réponse retenue : D — De la fabrique et des maisons de Norton..

Le pronom « en » reprend le groupe précédemment mentionné : les maisons de Norton et la fabrique.
Question 86 — À quel domaine renvoie le verbe « placer » ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. L'industrie.
  2. B. La finance.
  3. C. La science.
  4. D. La mécanique.
Réponse retenue : B — La finance..

« Placer les produits de ma journée » signifie investir ou faire fructifier ses gains : le verbe appartient ici au domaine financier.
Question 87 — Dans l'expression « mais j'ai acheté les mécaniques avec l'argent que mes bras ont gagné », quelle est la nature de ce qui est souligné ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. Une proposition subordonnée circonstancielle.
  2. B. Une proposition subordonnée complétive.
  3. C. Une proposition subordonnée conditionnelle.
  4. D. Une proposition subordonnée relative.
Réponse retenue : D — Une proposition subordonnée relative..

« Que mes bras ont gagné » complète le nom « argent » et est introduit par le pronom relatif « que » : proposition subordonnée relative.
Question 88 — Quel est le champ lexical dominant dans le texte ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. La spéculation.
  2. B. Le pouvoir.
  3. C. Le travail.
  4. D. La cruauté.
Réponse retenue : C — Le travail..

Travail, salaire, machines, production, fabrique, bras, laborieux : le champ lexical dominant est celui du travail.
Question 89 — Dans la phrase « Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production vous appartînt », à quel temps est conjugué le verbe souligné ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. Le passé composé.
  2. B. Le plus-que-parfait.
  3. C. L'imparfait du subjonctif.
  4. D. Le passé antérieur.
Réponse retenue : C — L'imparfait du subjonctif..

« Appartînt » est la troisième personne du singulier de l'imparfait du subjonctif.
Question 90 — « Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production vous appartînt ». Transformez la phrase en commençant comme suit : « Si les machines vous avaient appartenu,... »

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. je trouverais très bon que leur production vous appartienne.
  2. B. j'aurais trouvé très bon que leur production vous appartînt.
  3. C. je trouve très bon que leur production vous appartienne.
  4. D. j'ai trouvé très bon que leur production vous ait appartenu.
⚠️ Question discutable. Le français littéraire peut appeler une concordance plus fine dans la subordonnée ; B reste la seule réponse structurellement acceptable.

Réponse retenue : B — j'aurais trouvé très bon que leur production vous appartînt..

Avec « si + plus-que-parfait », la principale attend un conditionnel passé : « j'aurais trouvé ». Parmi les choix, B respecte cette concordance.
Question 91 — Dans l'expression « ..., et n'aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. », quelle est la nature grammaticale de « ni » ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. Un article.
  2. B. Un pronom.
  3. C. Un adverbe.
  4. D. Une conjonction.
Réponse retenue : D — Une conjonction..

« Ni » coordonne plusieurs termes dans une construction négative : c'est une conjonction de coordination.
Question 92 — Comment expliquer l'expression prononcée par le quaker « le juste selon la loi » ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. John Bell est un homme juste.
  2. B. John Bell est moralement injuste.
  3. C. John Bell est un homme bon.
  4. D. John Bell est un justicier.
Réponse retenue : B — John Bell est moralement injuste..

Le Quaker oppose implicitement la légalité à la morale : John Bell peut être « juste selon la loi » tout en étant moralement injuste.
Question 93 — À quelle classe sociale appartient John Bell ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. La noblesse.
  2. B. Le prolétariat.
  3. C. La bourgeoisie.
  4. D. Les mondains.
Réponse retenue : C — La bourgeoisie..

John Bell est propriétaire de la fabrique et des maisons ; il appartient à la bourgeoisie possédante.
Question 94 — Quels indices permettent d'affirmer que le texte appartient au genre dramatique ?

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. Les temps utilisés.
  2. B. La présence de didascalies.
  3. C. Les relations entre les personnages.
  4. D. Le champ lexical dominant.
Réponse retenue : B — La présence de didascalies..

Les didascalies constituent un indice formel caractéristique du texte dramatique.
Question 95 — D'après le nom du dramaturge, la pièce dont cette scène est extraite est :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. une tragédie moderne.
  2. B. un drame bourgeois.
  3. C. un drame romantique.
  4. D. une comédie classique.
Réponse retenue : C — un drame romantique..

Chatterton d'Alfred de Vigny est une œuvre emblématique du drame romantique.
Question 96 — La force argumentative du discours de John Bell dans sa dernière réplique repose sur :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. son pouvoir pécuniaire.
  2. B. ses déclarations fallacieuses.
  3. C. ses raisonnements concessifs.
  4. D. ses capacités oratoires.
⚠️ Question discutable. La puissance sociale de John Bell renforce son discours, mais sa construction rhétorique est ce qui fait sa force argumentative proprement dite.

Réponse retenue : D — ses capacités oratoires..

John Bell multiplie questions rhétoriques, exemple personnel, maxime et injonctions : l'efficacité argumentative de sa tirade tient d'abord à ses capacités oratoires, même si elle s'appuie aussi sur son pouvoir social.
Question 97 — « Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, ... » Le recours à la 1re personne du pluriel dans ce passage est au service d'une stratégie :

Cette scène se situe dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (1770) mais reflète, en réalité, un état de choses constaté en France sous la monarchie de juillet. John Bell, patron autoritaire, reçoit une délégation d’ouvriers venus lui demander de reprendre un des leurs blessé par une machine et qu’il vient de congédier.

LE QUAKER (regardant arriver John Bell) : Le voilà en fureur ... Voilà l’homme riche, le spéculateur heureux ; voilà l’égoïste par excellence, le juste selon la loi.

JOHN BELL (Vingt ouvriers le suivent en silence, et s’arrêtent contre la porte. Aux ouvriers avec colère) : Non, non, non, non ! Vous travaillerez davantage, voilà tout.

UN OUVRIER (à ses camarades) : Et vous gagnerez moins, voilà tout.

JOHN BELL : Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur le champ comme l’autre.

LE QUAKER : Bien dit John Bell ! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.

JOHN BELL : Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous ; mais, si je savais lequel de ceux-là vient de parler ! Ah ! ... l’homme sans foi que celui qui a dit cette parole ! Ne m’avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous ? Comment suis-je arrivé au bien-être que l’on me voit ? ai-je acheté tout d’un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique ? Si j’en suis le seul maître à présent, n’ai-je pas donné l’exemple du travail et de l’économie ? N’est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j’ai nourri mon année ? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite ? Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien ; j’en suis très fâché pour vous, mais très content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très bon que leur production leur appartînt ; mais j’ai acheté les mécaniques avec l’argent que mes bras ont gagné : faites de même, soyez laborieux et surtout économes. Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères : Gardons bien les sous, les shellings se gardent eux-mêmes. Et à présent qu’on ne me parle plus de Tobie ; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme, lui, de la fabrique, et n’aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village. (Ils sortent.)

  1. A. de conviction et de distanciation.
  2. B. de délibération et de concertation.
  3. C. de proximité et de persuasion.
  4. D. de dissuasion et d'intimidation.
Réponse retenue : C — de proximité et de persuasion..

Le « nous » inclusif (« nos pères », « gardons ») rapproche l'orateur de ses destinataires et sert une stratégie de persuasion.
Question 98 — Retrouvez l'ordre chronologique initial du texte ci-dessous, sur l'évolution des sciences du langage.

1. Avec l’avènement de l’informatique, la linguistique computationnelle a émergé, explorant les moyens d’utiliser les ordinateurs pour modéliser et comprendre le langage naturel. Cela a conduit au développement des technologies de traitement automatique du langage naturel (TALN) et des systèmes de traduction automatique.

2. Les sciences du langage trouvent leurs racines dans la fascination millénaire de l’humanité pour le langage et la communication. Les premières réflexions remontent à l’Antiquité, où des philosophes tels que Platon et Aristote ont abordé des questions linguistiques dans leurs œuvres. Cependant, le véritable essor de la linguistique en tant que discipline académique distincte a eu lieu au 19e siècle.

3. Ainsi, de Platon à Chomsky, l’histoire des sciences du langage est une saga fascinante qui témoigne de l’incessante quête humaine pour comprendre le fondement même de la communication.

4. Au cours du 20e siècle, la linguistique a connu une diversification considérable avec l’émergence de différentes écoles de pensée. Noam Chomsky, avec sa théorie de la grammaire générative, a apporté une contribution majeure en montrant que la capacité linguistique est innée chez les êtres humains. La linguistique structurale, qui avait dominé le paysage pendant un certain temps, a été progressivement remplacée par des approches plus dynamiques et contextuelles.

5. De nos jours, les sciences du langage continuent d’évoluer rapidement, avec des avancées dans des domaines tels que la psycholinguistique, la neurolinguistique, la linguistique cognitive, et d’autres disciplines interconnectées. Les chercheurs explorent également les aspects sociolinguistiques, culturels et pragmatiques du langage, reflétant la compréhension croissante de la complexité du phénomène linguistique dans son contexte global.

6. Au 19e siècle, avec le développement de la philologie, la linguistique a commencé à s’éloigner de l’étude purement littéraire du langage pour devenir une science autonome. Ferdinand de Saussure, un linguiste suisse, a joué un rôle essentiel dans cette transition. Saussure est souvent considéré comme le père de la linguistique moderne et a introduit des concepts fondamentaux tels que la langue et la parole, ainsi que la distinction entre la synchronie et la diachronie.

  1. A. 2-5-4-1-6-3
  2. B. 2-3-5-6-1-4
  3. C. 2-6-4-1-5-3
  4. D. 2-4-1-3-6-5
Réponse retenue : C — 2-6-4-1-5-3.

L'ordre logique est : origines antiques et essor au XIXe siècle (2), autonomisation et Saussure (6), diversification au XXe siècle (4), informatique et TALN (1), recherches actuelles (5), conclusion récapitulative (3).