1. Dans quel état l’architecte se trouvait-il après avoir reconnu son erreur ?
- ALa dépréciation
- BLa satisfaction
- CLa délectation
- DL’ostentation
- EAucun des choix précédents
اللغة الفرنسية · 30 questions · 120 minutes
— Hé ! là-bas, le vieux rigolo ! qu’est-ce que vous demandez ?
Le vieux rigolo ainsi interpellé ne répondit pas, mais comme en proie à une indicible stupeur, il regardait les bâtiments neufs à peine terminés, une petite maisonnette en brique, les hangars, les écuries, une immense bascule destinée à peser les voitures de betteraves.
— Tout de même, fit-il, faut être bougrement effronté !
— De quoi donc, mon brave ?
— Faut avei un rude toupet !
Fatigué sans doute de cette conversation, le contremaître demanda brusquement au paysan :
— Enfin, qui êtes-vous ? Que voulez-vous ?
— Qui que je sis ? Vous me demandez qui que je sis ? Je sis le nommé Fabrice, et je sis cheu mei, et vous n’êtes pas cheu vous !
— Comment, vous êtes chez vous ?
— Je sis cheu mei, et vous allez me faire le plaisir de f… le camp, avec vos gens et toutes vos saloperies de bâtisses, et pis je vous demanderai trois mille francs de dommages et intérêts !
Sur ces entrefaites, l’architecte arrivait au chantier. La dernière phrase du vieux campagnard le fit légèrement pâlir. Si c’était vrai, pourtant, qu’on eût bâti sur son champ !
Le plus comique, c’est que la chose était parfaitement exacte. Le pauvre architecte s’était trompé de terrain et il avait construit sur le champ du nommé Fabrice pour cinquante mille francs de bâtiments au compte d’une grande sucrerie voisine. On allait en faire, une tête, à l’administration, quand on apprendrait ça ! L’architecte esquissa le geste habituel des architectes qui n’en mènent pas large : il se gratta la tête et le nez alternativement. L’indignation du campagnard allait croissant :
— Je sis le nommé Fabrice, et personne n’a le droit de construire sur mon bien, personne !
— Effectivement, balbutiait l’architecte, il y a erreur, mais elle est facilement réparable… Nous allons vous donner l’autre champ, le nôtre. Il est d’égale surface, et…
— J’n’en veux point de votre champ. C’est le mien qu’il me faut. Vous n’avez pas le droit de bâtir sur mon bien, ni vous, ni personne. J’vous donne huit jours pour démolir tout ça et remettre mon champ en état, et pis je demande trois mille francs de dommages et intérêts !
La discussion continua sur ce ton. Le pauvre architecte, qui en menait de moins en moins large, s’efforçait de convaincre le nommé Fabrice. Le vieux paysan ne voulait rien savoir. Il lui fallait son champ débarrassé des saloperies de bâtisses, et, en plus, trois mille francs d’indemnité.
Le propriétaire de la sucrerie, informé de cet étrange malentendu, arriva vite et voulut transiger. Le nommé Fabrice était buté. On marchanda : cinq mille francs d’indemnité !
— Non, ma terre !
— Dix mille !
— Non, ma terre !
— Vingt mille !
— Non, ma terre !
— Ah zut ! nous plaiderons, alors !
Malgré la bonne volonté des juges, on ne put découvrir dans le Code le plus mince article de loi autorisant un sucrier à bâtir sur le champ d’autrui, même en l’indemnisant après.
Le sucrier fut condamné à remettre le bien du nommé Fabrice dans l’état où il l’avait pris.
Les considérants du jugement blâmaient la légèreté de l’architecte, et surtout la mauvaise foi évidente et la rapacité du nommé Fabrice.
Le nommé Fabrice riait sous cape. Il alla trouver le sucrier.
— Écoutez, fit-il, je ne sis pas un méchant homme. Donnez-moi votre champ et quarante mille francs… et j’vous fous la paix.
Plus tard, le caissier raconta que le nommé Fabrice, en signant son reçu de quarante mille francs, avait murmuré :
— C’est égal, faut avei un rude toupet tout de même !
On ne sut jamais si c’était de lui qu’il voulait parler ou d’un autre.
Alphonse ALLAIS, « Le nommé Fabrice », dans À l’œil, Flammarion, 1921 (p. 176-179).
1. Dans quel état l’architecte se trouvait-il après avoir reconnu son erreur ?
2. Avant la comparution en justice, pourquoi la transaction entre le propriétaire de la sucrerie et le nommé Fabrice a-t-elle échoué ?
3. À quel niveau de langue les propos du nommé Fabrice correspondent-ils ?
4. Pourquoi le sucrier fut-il condamné à remettre le bien du nommé Fabrice dans l’état où il l’avait pris ?
5. Par quel adjectif peut-on qualifier le nommé Fabrice, après le règlement de son affaire avec le sucrier ?
6. Par quel mot peut-on remplacer l’expression soulignée dans la phrase suivante ? « On allait en faire, une tête, à l’administration, … »
7. Que signifie le groupe de mots soulignés dans la phrase suivante ? « Les considérants du jugement blâmaient la légèreté de l’architecte, et surtout la mauvaise foi évidente et la rapacité du nommé Fabrice. »
8. Que signifie l’expression soulignée dans la phrase suivante ? « Le nommé Fabrice riait sous cape. »
9. Quel est l’équivalent de l’expression soulignée dans la phrase suivante ? « C’est égal, faut avoir un rude toupet tout de même ! »
10. De quelle figure de style s’agit-il dans la phrase suivante ? « Il regardait les bâtiments neufs à peine terminés, une petite maisonnette en brique, les hangars, les écuries, une immense bascule destinée à peser les voitures de betteraves. »
11. Quelle est la fonction grammaticale du mot souligné dans la phrase suivante ? « J’ai acheté le livre dont tu m’as parlé ; je l’ai trouvé intéressant. »
12. Qu’exprime-t-on dans la phrase suivante ? « Malgré la bonne volonté des juges, on ne put découvrir dans le Code le plus mince article de loi autorisant un sucrier à bâtir sur le champ d’autrui, même en l’indemnisant après. »
13. Quelle est la forme verbale qui convient pour compléter la phrase suivante ? « Le propriétaire de la sucrerie indemnisera le nommé Fabrice de son bien après que ce dernier … le contrat. »
14. Quelle est la transformation correcte de la phrase suivante au discours indirect ? « Ma mère m’avait téléphoné et m’avait dit : “J’irai à Dakhla après-demain, mais je serai de retour dans huit jours.” »
15. Laquelle des phrases ci-dessous contient une proposition subordonnée circonstancielle ?
16. Quel est le choix de réponse où les compléments, dans la phrase suivante, sont pronominalisés correctement ? « Nous n’avons pas trouvé d’autocar à la gare routière. »
17. Dans quelle phrase le participe passé est-il orthographié correctement ?
18. À quel mode et à quel temps le verbe souligné dans la phrase suivante est-il conjugué ? « Vous acquériez encore la certitude que l’intelligence de votre compagne était digne en tout point de votre génie. »
19. Dans quelle série les mots sont-ils tous synonymes de celui mis en gras ?
20. Dans quelle phrase le mot mis en gras est-il employé incorrectement ?
21. Quel est le mot qui convient pour compléter la phrase suivante ? « À son arrivée, le propriétaire de la sucrerie salua le groupe d’une légère … de la tête. »
22. Dans quel groupe nominal la liaison est-elle obligatoire ?
23. Dans quel choix de réponse la lettre « x » se prononce-t-elle [ks] ?
24. Quelle est la transcription phonétique correcte de la phrase suivante ? « La discussion continua sur ce ton. »
25. Quel est le découpage syllabique correct du vers souligné ci-dessous ? « Et quelle paix semble se concevoir ! »
26. Dans quelle liste les mots sont-ils classés dans l’ordre qui convient pour compléter le texte à trous sur la « rigueur » ?

27. Dans quelle liste les adjectifs sont-ils classés dans l’ordre qui convient pour compléter le portrait d’Albert ?

28. Les parties d’un texte sont données en désordre et numérotées de 1 à 6. Dans quel choix les numéros indiqués correspondent-ils au début (D) et à la fin (F) du texte ?

29. Dans quel choix de réponse les éléments sont-ils classés dans l’ordre qui convient pour compléter les vers des deux tercets ?

30. Quel est l’ordre qui convient pour reconstituer le dialogue entre les personnages F. et R. ?
