Module 20 · 10 chapitres

Savoirs en informatique — concours d’inspection (qualifiant, session 2023)

Unité en français pour l’épreuve « connaissances liées à la matière Informatique » (coefficient 3, 3 heures) du concours d’accès à la formation des inspecteurs, secondaire qualifiant, session de juin 2023. Elle couvre ce que le domaine IV ajoute et que l’unité arabe de base ne traite pas : développement mobile, Cloud, Big Data, intelligence artificielle (deux chapitres), Internet des objets, multimédia avec calculs de taille, API REST et JSON, avec un mémento de formules et une méthode. Dix chapitres et un quiz au format de l’épreuve. Limites : la fiche ne cite aucune référence, aucun sujet antérieur n’a été consulté, l’unité est une synthèse rédigée à partir de connaissances générales et renvoie à l’unité arabe pour les trois premiers domaines.

10 chapitres 10 questions ~8.0 heures

Objectifs du module

  • Connaître la fiche 2023, ses quatre domaines et leurs poids.
  • Maîtriser mobile, Cloud, Big Data, IA, IoT, multimédia et API REST.
  • Savoir appliquer les formules : tailles de fichiers, précision, rappel, F1.
  • Adopter une méthode pour les questions fermées et ouvertes.
L’épreuve

Cette unité prépare l’épreuve de « connaissances liées à la matière Informatique » du concours d’accès à la formation des inspecteurs pédagogiques du secondaire qualifiant (CFIE de Rabat, session de juin 2023, épreuve écrite du samedi 24 juin). Le descriptif officiel est en français et ne cite aucune bibliographie : il renvoie seulement à « des documents officiels et tout autre document académique ayant trait aux sujets indiqués ». L’unité est donc une synthèse rédigée à partir de connaissances générales, avec des définitions précises, des formules à connaître et des pièges classiques. Elle complète les unités déjà publiées sur la plateforme (voir 1.3) pour couvrir tous les sous-domaines de la fiche. Ce premier chapitre présente la fiche, la carte des domaines et les limites de nos sources.

1.1 La fiche officielle (CNEE, 2023)

ÉlémentCe que dit la fiche
ConcoursAccès à la formation des inspecteurs pédagogiques de l’enseignement secondaire qualifiant (1er grade), session de juin 2023
SpécialitéInformatique
ÉpreuveConnaissances liées à la matière Informatique : coefficient 3, durée 3 heures
Seconde épreuve de la spécialitéPédagogie de la spécialité (coefficient 2, 2 heures) : planification, gestion, évaluation et remédiation ; elle n’est pas traitée ici
Documents d’appui« Documents officiels et tout autre document académique ayant trait aux sujets sus indiqués » (aucune référence nommée)

1.2 Les quatre domaines et leurs sous-domaines

DomaineSous-domainesPoidsChapitre
I. Développement informatiqueAlgorithmique et structures de données ; langages de programmation ; développement Web et mobile30 %2, 9 et unité de base
II. Réseaux et systèmes informatiquesArchitecture et fonctionnement des ordinateurs ; systèmes d’exploitation ; réseaux informatiques30 %unité de base
III. Systèmes d’information et bases de donnéesSystèmes d’information ; bases de données20 %4 (NoSQL) et unité de base
IV. Logiciels et technologiesBureautique et multimédia ; Cloud, Big Data, IA, IoT20 %3 à 8

Les poids sont ceux imprimés sur la fiche : 30 + 30 + 20 + 20 = 100 %. Il n’y a pas de pondération entre les sous-domaines d’un même domaine.

1.3 Comment se répartissent les unités de la plateforme

Sous-domaine de la ficheOù le réviser
Algorithmique, structures de données, langages (C, Java/C++), Web, bases de données et SQL, systèmes d’information et UML, systèmes d’exploitation, réseaux, architecture, bureautique avancéeUnité المعارف المعلوماتية — الثانوي التأهيلي (en arabe, 18 chapitres), bâtie sur la fiche du concours d’accès aux CRMEF de novembre 2025 et sur les instructions officielles de 2005 pour les troncs communs. Les savoirs sont de même nature ; seuls les poids et les intitulés diffèrent de la fiche CFIE 2023.
Développement mobile, Cloud, Big Data, intelligence artificielle, Internet des objets, multimédia (calculs de taille), API RESTChapitres 2 à 9 de cette unité (en français)
Épreuve de pédagogie de la spécialitéUnités Didactique de l’informatique — examen d’aptitude professionnelle et ديداكتيك المعلوميات — الثانوي التأهيلي
Piège d’examen : les trois cinquièmes de la fiche sont « classiques » Les domaines I, II et III pèsent 80 % de l’épreuve ; le domaine IV, dont les sujets à la mode (Cloud, Big Data, IA, IoT) occupent la moitié, pèse 20 % seulement, soit 10 % pour ces quatre technologies. Un candidat qui ne révise que l’IA et le Cloud néglige l’essentiel : algorithmique, SQL, réseaux et systèmes. Équilibrez votre préparation selon les poids.

1.4 Limites de l’unité

  • Aucune bibliographie officielle. La fiche n’en donne pas ; nous n’avons donc pas de référence à citer comme « source de la fiche ». Les définitions et formules ci-dessous sont des connaissances usuelles de l’informatique (normes, manuels classiques) que nous avons rédigées nous-mêmes.
  • Pas de sujet antérieur. Nous n’avons pas consulté de sujet des sessions précédentes pour l’informatique ; nos questions d’entraînement (QCM) sont de notre fabrication et ne préjugent pas de la forme exacte de l’épreuve (la fiche annonce des questions fermées et/ou ouvertes).
  • Technologies qui évoluent vite. Les versions, noms de produits et usages (frameworks, plateformes) changent : retenez les concepts et les ordres de grandeur, pas les numéros de version.
  • Langage de l’épreuve. La fiche est en français ; la langue exacte de l’épreuve n’est pas précisée. Les termes anglais usuels (Cloud, Big Data, IoT) figurent à côté de leur équivalent français.

1.5 Comment utiliser l’unité

Lisez dans l’ordre pour la logique (mobile → Cloud → Big Data → IA → IoT → multimédia → API), puis faites le quiz à la fin. Chaque chapitre comporte un tableau de concepts, au moins une formule ou un ordre de grandeur à retenir et un encadré « Piège d’examen ». Pour les domaines I à III, consultez l’unité arabe de base indiquée en 1.3.

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Domaine I — Développement mobile

La fiche 2023 place « développement Web et mobile » dans le domaine I (30 %). Le Web est traité dans l’unité arabe de base (HTML, CSS, JavaScript, PHP/MySQL) ; ce chapitre couvre le développement mobile : les trois grandes familles d’applications, la plateforme Android et son cycle de vie, les outils multiplateformes, l’architecture d’une application et ses contraintes. Un chapitre ultérieur (9) relie le mobile et le Web par les API REST.

2.1 Trois familles d’applications mobiles

FamillePrincipeAvantagesLimites
NativeÉcrite pour un système (Android ou iOS) avec ses outils et langages officiels, compilée pour ce systèmePerformances, accès complet aux capteurs et aux API du système, expérience conforme à la plateformeDeux bases de code pour deux systèmes, coût de maintenance
Multiplateforme (hybride)Une seule base de code déployée sur Android et iOS (Flutter, React Native, .NET MAUI)Un seul développement, coûts réduitsPerformances parfois moindres, dépendance au framework, accès aux fonctions récentes parfois différé
Web mobile / PWASite Web adapté aux écrans mobiles ; une PWA (Progressive Web App) peut s’installer, fonctionner hors ligne grâce à un service worker et un fichier manifesteAucun passage par une boutique, mise à jour immédiateAccès limité à certaines fonctions matérielles, visibilité réduite dans les boutiques

2.2 La plateforme Android

  • Système : bâti sur un noyau Linux, développé par Google ; applications distribuées en APK ou en AAB (Android App Bundle) via Google Play ou d’autres canaux.
  • Langages : Kotlin (langage officiellement recommandé par Google depuis 2019) et Java ; côté interface, fichiers XML de mise en page (layouts) ou Jetpack Compose (interface déclarative).
  • Composants : Activity (un écran), Fragment (portion d’écran réutilisable), Service (tâche en arrière-plan), BroadcastReceiver (réaction à des événements du système), ContentProvider (partage de données entre applications), Intent (message qui demande une action ou lance un composant).
  • Fichier manifeste (AndroidManifest.xml) : déclare les composants, les permissions et les fonctionnalités nécessaires.
  • Permissions : certaines sont accordées à l’installation, les plus sensibles (caméra, localisation, contacts…) sont demandées à l’exécution depuis Android 6.

2.3 Cycle de vie d’une Activity

MéthodeQuand elle est appelée
onCreate()Création de l’activité : initialisation de l’interface et des variables
onStart()L’activité devient visible
onResume()Elle passe au premier plan et reçoit les interactions de l’utilisateur
onPause()Une autre activité passe devant (l’activité reste partiellement visible) : sauvegarde rapide, arrêt des animations
onStop()Elle n’est plus visible : libérer les ressources lourdes
onRestart()Retour après onStop(), suivi de onStart()
onDestroy()Destruction (fin demandée ou système qui libère de la mémoire)

Retenez l’ordre normal d’un lancement : onCreate → onStart → onResume ; et celui d’une mise en arrière-plan : onPause → onStop. La rotation de l’écran détruit et recrée l’activité par défaut, d’où l’importance de sauvegarder l’état (onSaveInstanceState, ou un ViewModel).

2.4 iOS et outils multiplateformes

  • iOS : applications écrites en Swift (ou Objective-C) avec Xcode, distribuées par l’App Store ; développement sur macOS.
  • Flutter : kit de Google, langage Dart, dessine lui-même ses composants d’interface ; une base de code pour mobile, Web et bureau.
  • React Native : framework de Meta, JavaScript/TypeScript, utilise des composants natifs ; les développeurs Web s’y retrouvent.

2.5 Architecture et contraintes

  • Séparer les responsabilités : modèle (données), vue (interface) et logique de présentation : motifs MVC ou MVVM (modèle–vue–vue-modèle, recommandé sur Android avec ViewModel et LiveData/Flow).
  • Données : stockage local (SQLite, préférences), stockage distant par appels d’API REST au format JSON (chapitre 9), notifications push (par exemple Firebase Cloud Messaging).
  • Contraintes propres au mobile : écrans de tailles variées, batterie limitée, réseau intermittent, mémoire contrainte, sécurité des données, cycle de vie capricieux. Une bonne application mobile gère le mode hors ligne et ne bloque jamais le fil principal (opérations réseau en arrière-plan).
Piège d’examen : « applications hybrides » ≠ « applications Web » Une application hybride ou multiplateforme est installée comme une application native (APK, App Store) ; une application Web ou une PWA s’exécute dans le navigateur, même si elle peut être « installée » sur l’écran d’accueil. De même, onPause() n’est pas onStop() : après onPause() l’activité reste visible en partie, après onStop() elle ne l’est plus.

2.6 Exercice d’entraînement

QuestionÉléments de réponse
Dans quel ordre sont appelées les méthodes lorsqu’on lance une application, puis qu’on la met en arrière-plan ?onCreate, onStart, onResume ; puis onPause, onStop.
Citez deux avantages et deux limites d’une application multiplateforme.Avantages : base de code unique, coûts réduits ; limites : performances parfois moindres, dépendance au framework.
À quoi sert le fichier manifeste d’une application Android ?À déclarer ses composants, ses permissions et ses besoins matériels.
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Domaine IV — Cloud

Le Cloud computing (informatique en nuage) est le premier des quatre thèmes technologiques du domaine IV. L’épreuve attend des définitions précises (celles du NIST sont la référence), les modèles de service et de déploiement, la différence entre virtualisation et conteneurs, et une lecture critique : avantages, risques, souveraineté des données. Ce chapitre suit cette progression.

3.1 Définition et caractéristiques essentielles

Le National Institute of Standards and Technology (NIST, États-Unis) définit le Cloud (publication SP 800-145, 2011) comme un modèle d’accès par le réseau, à la demande, à un ensemble partagé de ressources informatiques configurables (réseaux, serveurs, stockage, applications, services) qui peuvent être provisionnées et libérées rapidement avec un effort de gestion minimal. Cinq caractéristiques essentielles :

CaractéristiqueSignification
Libre-service à la demande (on-demand self-service)L’utilisateur obtient des ressources sans intervention humaine du fournisseur
Accès large par le réseau (broad network access)Les services sont accessibles par des mécanismes standards depuis divers terminaux
Mutualisation des ressources (resource pooling)Les ressources du fournisseur servent plusieurs clients (modèle multi-locataire)
Élasticité rapide (rapid elasticity)Les ressources augmentent ou diminuent vite selon la demande
Service mesuré (measured service)L’usage est mesuré et facturé à la consommation (pay-as-you-go)

3.2 Les trois modèles de service

ModèleCe que le client gèreCe que le fournisseur gère — exemples
IaaS (infrastructure)Système d’exploitation, middleware, applications, donnéesServeurs, stockage, réseau, virtualisation. Exemple : machines virtuelles chez un grand fournisseur public
PaaS (plateforme)Applications et donnéesTout le reste : système, exécution, bases de données gérées. Exemple : plateformes de déploiement d’applications
SaaS (logiciel)Presque rien : l’utilisation du logicielTout, y compris l’application. Exemples : messagerie, suites bureautiques en ligne, ENT

Règle mnémotechnique : plus on monte de l’IaaS vers le SaaS, plus le fournisseur gère de couches et moins le client gère ; en contrepartie, le client perd en flexibilité.

3.3 Les modèles de déploiement

  • Cloud public : infrastructure possédée par un fournisseur et partagée entre de nombreux clients.
  • Cloud privé : infrastructure dédiée à une seule organisation (sur site ou hébergée).
  • Cloud hybride : combinaison de public et de privé reliés, par exemple données sensibles en privé et pics de charge en public.
  • Cloud communautaire : infrastructure partagée par des organisations ayant des besoins communs (administrations, hôpitaux…).

3.4 Virtualisation et conteneurs

TechniquePrincipeCaractéristiques
Machine virtuelle (VM)Un hyperviseur (type 1 « bare-metal » installé sur le matériel ; type 2 « hébergé » installé sur un système) crée des machines complètes avec leur propre systèmeIsolation forte, démarrage plus lent, plus de ressources consommées
Conteneur (Docker)Isole des processus qui partagent le noyau du système hôte ; l’image contient l’application et ses dépendancesLéger, démarrage rapide, portable ; isolation moins forte qu’une VM
Orchestrateur (Kubernetes)Déploie, met à l’échelle et surveille des conteneurs sur un parc de machinesAutomatise la haute disponibilité

3.5 Avantages, risques et cadre réglementaire

AvantagesRisques et limites
Réduction des investissements initiaux (CAPEX remplacé par OPEX), mise à l’échelle rapide, accès depuis partout, sauvegardes et continuité de service mutualiséesDépendance au fournisseur (vendor lock-in), dépendance à la connexion Internet, risques de confidentialité et de fuite, localisation des données hors du pays, coûts qui dérapent si l’usage est mal maîtrisé

Au Maroc, le traitement des données personnelles relève de la loi 09-08 (2009) et de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) ; la sécurité des systèmes d’information est encadrée par la loi 05-20 sur la cybersécurité (2020). Ces textes sont cités pour contexte ; la fiche n’en fait pas une obligation de connaissance détaillée.

Piège d’examen : virtualisation ≠ Cloud La virtualisation est une technique (elle permet le Cloud, mais on peut virtualiser sans Cloud, dans une salle serveur). Le Cloud est un modèle de service (self-service, élasticité, facturation à l’usage). De même, un conteneur n’est pas une machine virtuelle : il partage le noyau de l’hôte. Enfin, ne confondez pas IaaS (machines et réseaux à louer) et SaaS (logiciel prêt à l’emploi).

3.6 Exercice d’entraînement

QuestionÉléments de réponse
Un établissement loue des machines virtuelles et installe lui-même son système et son application. De quel modèle de service s’agit-il ?IaaS.
Citez les cinq caractéristiques essentielles du NIST.Libre-service à la demande, accès réseau large, mutualisation, élasticité rapide, service mesuré.
Quelle différence entre VM et conteneur ?Une VM embarque un système complet ; un conteneur partage le noyau de l’hôte (plus léger, isolation moindre).
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Domaine IV — Big Data (et domaine III)

Le Big Data (mégadonnées) désigne des ensembles de données si volumineux, rapides ou variés que les outils classiques (une base relationnelle sur un seul serveur) ne suffisent plus à les stocker et à les traiter. L’épreuve attend les caractéristiques (les « V »), les familles de bases NoSQL, les modèles de traitement (batch et flux), la différence entre entrepôt et lac de données, et quelques enjeux (qualité, vie privée). Ce chapitre rattache le sujet au domaine III (bases de données) : le Big Data en est un prolongement.

4.1 Les « V » du Big Data

CaractéristiqueSensExemple
VolumeQuantité de données (téraoctets, pétaoctets…)Journaux de connexion d’un grand site
VélocitéVitesse de production et de traitementFlux de capteurs, transactions bancaires en temps réel
VariétéFormats : structurés (tables), semi-structurés (JSON, XML), non structurés (texte, image, vidéo)Publications, photos, mesures
VéracitéQualité et fiabilité des donnéesDoublons, valeurs manquantes, bruits
ValeurUtilité tirée de l’analysePrédiction de pannes, recommandation

Les trois premiers (Volume, Vélocité, Variété) sont les « 3 V » historiques (formulés par l’analyste Doug Laney en 2001) ; Véracité et Valeur s’y ajoutent dans les présentations à « 5 V ».

4.2 Stockage : au-delà du relationnel

Une base relationnelle (SQL) impose un schéma strict, des transactions ACID (atomicité, cohérence, isolation, durabilité) et des jointures ; elle s’adapte mal à la répartition sur de nombreux serveurs. Les systèmes NoSQL (« not only SQL ») relâchent certaines contraintes pour gagner en passage à l’échelle horizontal :

FamilleModèle de donnéesExemples de produits
Clé-valeurUne clé donne accès à une valeur opaque ; très rapideRedis
DocumentDocuments semi-structurés (JSON/BSON) regroupés en collectionsMongoDB
Colonnes largesFamilles de colonnes réparties sur un clusterCassandra, HBase
GrapheNœuds et relations ; requêtes sur les liensNeo4j

Le théorème CAP (proposé par Eric Brewer en 2000, démontré en 2002) énonce qu’un système de données réparti ne peut garantir à la fois la cohérence (C), la disponibilité (A) et la tolérance au partitionnement du réseau (P) ; en cas de partition, il faut choisir entre C et A. Beaucoup de systèmes NoSQL privilégient la disponibilité avec une cohérence « à terme » (eventual consistency).

4.3 Traitement : Hadoop, Spark, flux

  • Hadoop (écosystème libre inspiré de publications de Google des années 2003–2004) : HDFS (système de fichiers distribué, les fichiers sont découpés en blocs répliqués sur plusieurs nœuds), MapReduce (modèle de calcul en deux phases : map traite les blocs en parallèle, reduce agrège les résultats) et YARN (gestion des ressources).
  • Apache Spark : moteur de calcul distribué qui travaille en mémoire, donc beaucoup plus rapide que MapReduce pour les algorithmes itératifs ; il gère traitement par lots, requêtes SQL, apprentissage automatique et flux.
  • Traitement par lots (batch) et par flux (streaming) : le premier traite de grands volumes accumulés (calcul de fin de journée) ; le second traite les données au fil de l’eau, avec une faible latence (outils comme Kafka pour transporter les flux, Spark Streaming ou Flink pour les traiter).

4.4 Entrepôt de données et lac de données

CritèreEntrepôt (data warehouse)Lac (data lake)
DonnéesStructurées, nettoyées, organisées par sujetsBrutes, de tous formats
SchémaDéfini avant le chargement (schema-on-write)Défini à la lecture (schema-on-read)
UsageDécisionnel, rapports (OLAP)Exploration, science des données, apprentissage automatique
AlimentationETL (extraction, transformation, chargement)ELT (chargement d’abord, transformation ensuite)

4.5 Cycle d’exploitation, usages et enjeux

  • Chaîne de valeur : collecte → stockage → nettoyage et préparation → analyse (statistique, apprentissage automatique) → visualisation (tableaux de bord) → décision.
  • Usages : recommandation de produits, détection de fraude, maintenance prédictive, météo et agriculture de précision, santé, analyse de réseaux sociaux, et en éducation l’analyse des apprentissages (learning analytics).
  • Enjeux : qualité des données (« garbage in, garbage out »), protection de la vie privée (loi 09-08), biais des données, sécurité, coût énergétique du stockage et du calcul.
Piège d’examen : NoSQL ne veut pas dire « sans SQL » ni « sans structure » NoSQL signifie « not only SQL » : certaines bases proposent un langage de requête proche du SQL, et les bases de documents ont bien une organisation (champs) ; seul le schéma est plus souple. De même, le théorème CAP n’interdit pas la cohérence : il dit qu’en cas de partition réseau il faut arbitrer entre cohérence et disponibilité. Enfin, ne confondez pas les 3 V (Volume, Vélocité, Variété) avec Véracité et Valeur.

4.6 Exercice d’entraînement

QuestionÉléments de réponse
Quel type de base NoSQL convient le mieux pour modéliser des relations entre personnes sur un réseau social ?Une base de graphe (nœuds = personnes, arêtes = relations).
Quelle différence entre un entrepôt et un lac de données ?L’entrepôt stocke des données structurées avec schéma préalable ; le lac stocke des données brutes avec schéma à la lecture.
Que fait la phase map de MapReduce ?Elle traite en parallèle les blocs de données et produit des paires clé-valeur intermédiaires, que la phase reduce agrège.
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Domaine IV — Intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) est le deuxième grand thème du domaine IV. On attend du candidat une terminologie rigoureuse (IA, apprentissage automatique, apprentissage profond), la distinction des grands types d’apprentissage, la démarche d’un projet d’apprentissage supervisé, quelques algorithmes classiques et surtout les mesures de performance, dont les formules sont fréquemment demandées. Le chapitre 6 prolonge avec les réseaux de neurones, l’IA générative et l’éthique.

5.1 Terminologie : trois cercles emboîtés

TermeDéfinition et repères
Intelligence artificielleEnsemble de techniques qui permettent à des machines d’accomplir des tâches associées à l’intelligence humaine (raisonner, percevoir, apprendre, décider). Le terme est proposé par John McCarthy pour l’atelier de Dartmouth (1956) ; l’article d’Alan Turing de 1950 pose la question « une machine peut-elle penser ? » (test de Turing)
Apprentissage automatique (machine learning)Branche de l’IA où le système apprend à partir de données plutôt que d’être programmé par des règles explicites
Apprentissage profond (deep learning)Branche de l’apprentissage automatique fondée sur des réseaux de neurones à nombreuses couches

Une IA « symbolique » (systèmes experts, règles si… alors) n’apprend pas ; une IA par apprentissage ajuste ses paramètres à partir d’exemples.

5.2 Les trois grands types d’apprentissage

TypePrincipeExemples de tâches
SuperviséLes données d’entraînement sont étiquetées (entrée + réponse attendue) ; le modèle apprend à prédire l’étiquetteClassification (spam / non-spam), régression (prix d’un logement)
Non superviséPas d’étiquettes ; le modèle découvre une structure dans les donnéesRegroupement (clustering, k-means), réduction de dimension
Par renforcementUn agent agit dans un environnement et reçoit des récompenses ou pénalités ; il apprend une politique qui maximise le gain cumuléJeux, robotique, conduite autonome

5.3 Démarche d’un projet d’apprentissage supervisé

  1. Définir le problème (classification ou régression) et l’objectif mesurable.
  2. Collecter et préparer les données : nettoyage, valeurs manquantes, encodage des variables, normalisation.
  3. Séparer les données en ensembles d’apprentissage (entraînement), de validation (réglage) et de test (évaluation finale, jamais utilisée pour apprendre).
  4. Choisir et entraîner un modèle.
  5. Évaluer avec des métriques adaptées, puis déployer et surveiller.

Surapprentissage (overfitting) : le modèle colle trop aux données d’entraînement (excellent score à l’entraînement, mauvais sur de nouvelles données). Sous-apprentissage (underfitting) : le modèle est trop simple et échoue même à l’entraînement. Remèdes au surapprentissage : plus de données, modèle plus simple, régularisation, validation croisée.

5.4 Quelques algorithmes classiques

AlgorithmeIdée
Régression linéaireAjuste une droite (ou un hyperplan) pour prédire une valeur numérique ; minimise l’erreur quadratique
k plus proches voisins (k-NN)Classe un exemple selon la majorité parmi ses k voisins les plus proches (selon une distance)
Arbre de décisionSuite de questions sur les attributs menant à une classe ; lisible par un humain
k-moyennes (k-means)Non supervisé : regroupe les données en k groupes autour de centres recalculés jusqu’à stabilisation

5.5 Mesurer la performance d’un classifieur

On construit la matrice de confusion d’un classifieur binaire avec : VP (vrais positifs), VN (vrais négatifs), FP (faux positifs), FN (faux négatifs).

MétriqueFormuleLecture
Exactitude (accuracy)(VP + VN) / (VP + VN + FP + FN)Proportion de bonnes prédictions ; trompeuse si les classes sont déséquilibrées
PrécisionVP / (VP + FP)Parmi les exemples prédits positifs, combien le sont vraiment
Rappel (recall)VP / (VP + FN)Parmi les vrais positifs, combien sont retrouvés
Score F12 × précision × rappel / (précision + rappel)Moyenne harmonique de la précision et du rappel

Exemple chiffré. Un détecteur de spam traite 100 courriels : VP = 30, FP = 10, FN = 20, VN = 40. Exactitude = (30 + 40)/100 = 70 % ; précision = 30/40 = 75 % ; rappel = 30/50 = 60 %.

Piège d’examen : exactitude élevée ≠ bon modèle Si 99 % des courriels sont légitimes, un modèle qui répond toujours « légitime » a 99 % d’exactitude mais un rappel nul sur le spam. Retenez : la précision répond à « quand je dis positif, ai-je raison ? » et le rappel à « combien de positifs ai-je trouvés ? ». Ne confondez pas non plus apprentissage supervisé (étiquettes connues) et non supervisé (pas d’étiquettes).

5.6 Exercice d’entraînement

QuestionÉléments de réponse
Regrouper des élèves selon leurs résultats sans catégories prédéfinies : quel type d’apprentissage ?Non supervisé (clustering, par exemple k-means).
Calculez la précision avec VP = 45 et FP = 5.45 / (45 + 5) = 90 %.
À quoi sert l’ensemble de test ?À évaluer le modèle final sur des données jamais vues pendant l’apprentissage.
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Ce chapitre prolonge le précédent avec ce que la fiche regroupe sous « IA » : les réseaux de neurones et l’apprentissage profond, leurs grands domaines d’application (vision, langage), l’IA générative qui a transformé les usages depuis 2022, puis les limites, les biais et l’éthique, y compris dans l’éducation. L’épreuve attend surtout des définitions nettes et une lecture critique.

6.1 Du neurone artificiel au réseau profond

  • Neurone artificiel : calcule une somme pondérée de ses entrées (poids w, biais b), puis applique une fonction d’activation (ReLU, sigmoïde…) : sortie = f(Σ wᵢxᵢ + b). Le perceptron (Frank Rosenblatt, 1957) en est la forme historique.
  • Réseau : des couches de neurones : une couche d’entrée, une ou plusieurs couches cachées, une couche de sortie. Un réseau est « profond » lorsqu’il a de nombreuses couches cachées.
  • Apprentissage : on mesure l’erreur par une fonction de coût, puis on ajuste les poids par descente de gradient, le gradient étant calculé couche après couche par la rétropropagation (popularisée par Rumelhart, Hinton et Williams en 1986).
  • Pourquoi le profond a explosé : grandes bases de données, puissance de calcul des processeurs graphiques (GPU), et progrès algorithmiques.

6.2 Familles de réseaux et domaines d’usage

ArchitectureUsage principal
Réseaux convolutifs (CNN)Images : reconnaissance d’objets, de visages, imagerie médicale (filtres qui détectent bords, formes, motifs)
Réseaux récurrents (RNN, LSTM)Séquences : texte, parole, séries temporelles (ancienne génération)
Transformers (Vaswani et al., 2017, « Attention Is All You Need »)Langage : traduction, résumé, agents conversationnels ; mécanisme d’attention qui pondère l’importance de chaque mot par rapport aux autres
Réseaux génératifs (GAN, modèles de diffusion)Génération d’images, de sons, de vidéos

Domaines d’application : vision par ordinateur, traitement automatique du langage naturel (TALN/NLP), reconnaissance vocale, recommandation, conduite autonome, diagnostic assisté.

6.3 L’IA générative et les grands modèles de langage

Un grand modèle de langage (LLM) est un réseau de type transformer entraîné sur de très grands corpus de textes pour prédire le mot (ou le segment) suivant. Il génère ainsi du texte plausible. Les usages vont de la rédaction à l’aide à la programmation. Les limites principales sont :

  • les hallucinations : réponses plausibles mais fausses, car le modèle optimise la vraisemblance, non la vérité ;
  • la dépendance aux données d’entraînement (connaissances arrêtées à une date, biais, contenus protégés) ;
  • l’opacité (difficulté d’expliquer une décision) et le coût énergétique ;
  • les risques de confidentialité si l’on saisit des données personnelles dans un service externe.

6.4 Biais, éthique et régulation

EnjeuExplication
Biais algorithmiqueUn modèle reproduit, voire amplifie, les déséquilibres de ses données (par exemple un système de présélection entraîné sur des données historiques inégalitaires)
Transparence et explicabilitéPouvoir expliquer pourquoi une décision a été prise, surtout lorsqu’elle affecte des personnes
Vie privéeProtection des données personnelles (loi marocaine 09-08)
Responsabilité et supervision humaineL’humain reste responsable des décisions importantes ; l’IA est un outil d’aide
Cadres existantsRecommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’IA (adoptée en 2021) ; règlement européen sur l’IA (adopté en 2024), qui classe les usages selon le niveau de risque

6.5 L’IA dans l’éducation

  • Opportunités : parcours personnalisés, aide à la correction, génération de ressources et d’exercices, assistants de révision, accessibilité (reconnaissance vocale, traduction).
  • Risques : triche et dépendance, erreurs présentées avec assurance, uniformisation des productions, atteinte à la vie privée des élèves, creusement des inégalités d’accès.
  • Posture de l’inspecteur : apprendre aux élèves à vérifier les sources, à citer l’usage de l’outil, à garder la maîtrise du raisonnement ; définir des règles claires d’usage dans l’établissement.
Piège d’examen : « l’IA comprend » et « l’IA ne se trompe pas » Un modèle de langage ne « sait » pas : il calcule des probabilités sur des séquences, ce qui explique les hallucinations. Ne confondez pas non plus IA, apprentissage automatique et apprentissage profond (trois cercles emboîtés), ni intelligence artificielle générale (hypothétique) et intelligence artificielle étroite (spécialisée sur une tâche), seule forme aujourd’hui réalisée.

6.6 Exercice d’entraînement

QuestionÉléments de réponse
Quelle architecture est à la base des grands modèles de langage ?Le transformer, fondé sur le mécanisme d’attention.
Pourquoi un LLM peut-il « halluciner » ?Il génère la suite la plus probable selon ses données, sans vérifier la véracité des faits.
Quel algorithme ajuste les poids d’un réseau pendant l’entraînement ?La descente de gradient, avec calcul des gradients par rétropropagation.
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Domaine IV — Internet des objets

L’Internet des objets (IoT, Internet of Things) désigne des objets physiques équipés de capteurs, d’un processeur et d’une connexion, qui collectent et échangent des données avec d’autres systèmes. C’est le quatrième thème du domaine IV. L’épreuve attend l’architecture en couches, la différence entre capteurs et actionneurs, les matériels courants (microcontrôleurs, ordinateurs monocartes), les protocoles de communication (MQTT surtout), les notions d’edge computing et les enjeux de sécurité.

7.1 Architecture d’un système IoT

CoucheRôleExemples
PerceptionMesurer le monde physique (capteurs) et agir sur lui (actionneurs)Température, humidité, mouvement, GPS ; relais, moteurs, électrovannes
Réseau (transport)Acheminer les données (passerelles, protocoles)Wi-Fi, Bluetooth Low Energy, Zigbee, LoRaWAN, réseau mobile
Traitement (plateforme)Stocker, traiter et analyser (serveur, Cloud, edge)Base de séries temporelles, tableau de bord, règles d’alerte
ApplicationService rendu à l’utilisateurApplication mobile, ville intelligente, agriculture de précision

Le schéma est parfois présenté en trois couches (perception, réseau, application) : les noms varient, la logique reste la même.

7.2 Capteurs, actionneurs et matériel

  • Capteur : convertit une grandeur physique en signal électrique (analogique ou numérique). Actionneur : convertit un signal électrique en action physique.
  • Microcontrôleur (Arduino à base d’AVR, ESP32 avec Wi-Fi et Bluetooth intégrés) : petit circuit intégré qui exécute un programme sans système d’exploitation complet, consomme peu et coûte peu.
  • Ordinateur monocarte (Raspberry Pi) : exécute un système d’exploitation complet (Linux), plus puissant, plus gourmand en énergie.
  • Entrées/sorties : broches numériques (0 ou 1), entrées analogiques converties par un CAN (convertisseur analogique-numérique), sorties à modulation de largeur d’impulsion (MLI/PWM).

7.3 Protocoles de communication

ProtocolePrincipeParticularités
MQTTModèle publication/abonnement via un broker : les objets publient des messages sur des topics, les clients abonnés les reçoiventLéger, au-dessus de TCP ; trois niveaux de qualité de service (QoS 0, 1, 2)
CoAPModèle requête/réponse proche de REST, pour appareils très contraintsAu-dessus d’UDP
HTTP/RESTRequête/réponse classiquePlus lourd, mais universel
Bluetooth Low EnergyLiaison courte portée à faible consommationObjets connectés portés, balises
ZigbeeRéseau maillé à faible consommation, domotiqueCourte portée
LoRaWANRéseau étendu basse consommation (LPWAN)Longue portée (plusieurs km), faible débit : capteurs agricoles, compteurs

Le choix dépend de la portée, du débit, de la consommation et du coût : un capteur de sol alimenté par pile pendant des années choisit LoRaWAN ; une caméra qui diffuse de la vidéo choisit le Wi-Fi.

7.4 Cloud, edge et fog

  • Cloud : traitement centralisé, très puissant mais avec latence et dépendance au réseau.
  • Edge computing (informatique en périphérie) : traitement près de la source (sur l’objet ou la passerelle) pour réduire la latence, économiser la bande passante et rester utile hors ligne.
  • Fog computing : niveau intermédiaire entre l’edge et le Cloud.

7.5 Applications et enjeux

  • Applications : agriculture de précision (irrigation selon l’humidité du sol), villes intelligentes (éclairage, trafic, déchets), santé connectée, industrie 4.0 (maintenance prédictive), maison intelligente, suivi logistique.
  • Sécurité : mots de passe par défaut, absence de mises à jour du micrologiciel (firmware), communications non chiffrées. Le botnet Mirai (2016) a exploité des caméras et routeurs mal protégés pour lancer de grandes attaques par déni de service.
  • Vie privée et énergie : collecte massive de données personnelles, empreinte énergétique et déchets électroniques.
Piège d’examen : MQTT n’est pas HTTP MQTT fonctionne en publication/abonnement avec un intermédiaire (le broker) : l’émetteur ne connaît pas les destinataires ; HTTP fonctionne en requête/réponse entre un client et un serveur. De même, un capteur mesure, un actionneur agit ; Arduino est un microcontrôleur (pas de système d’exploitation complet) alors que Raspberry Pi est un ordinateur monocarte.

7.6 Exercice d’entraînement

QuestionÉléments de réponse
Une ferme isolée veut surveiller l’humidité du sol sur plusieurs kilomètres avec des capteurs sur pile : quelle technologie réseau choisir ?LoRaWAN : longue portée et faible consommation, débit faible suffisant.
Quel est le rôle du broker dans MQTT ?Recevoir les messages publiés sur des topics et les transmettre aux clients abonnés.
Pourquoi traiter des données en périphérie (edge) ?Pour réduire la latence et la bande passante, et fonctionner même sans connexion au Cloud.
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Domaine IV — Bureautique et multimédia

Le sous-domaine « bureautique et multimédia » du domaine IV est le plus calculatoire : on y demande des tailles de fichiers, des formats, des références de cellules ou le choix entre une compression avec ou sans perte. Les unités arabes de la plateforme traitent la bureautique avancée ; ce chapitre rassemble ce qu’il faut savoir pour les questions de calcul et de choix de format, avec des exemples chiffrés et des tableaux de formules.

8.1 Images : numérique et formats

  • Image matricielle (bitmap) : grille de pixels ; qualité fixée par la résolution (nombre de pixels, ou densité en ppp/dpi) et la profondeur de couleur (bits par pixel). Image vectorielle : décrite par des formes mathématiques (points, courbes) ; elle s’agrandit sans perte (logos, schémas ; format SVG).
  • Couleurs : RGB (rouge, vert, bleu) : synthèse additive des écrans ; à 8 bits par canal (24 bits au total), on obtient 224 = 16 777 216 couleurs, écrites en hexadécimal #RRGGBB. CMYK (cyan, magenta, jaune, noir) : synthèse soustractive de l’impression.

Taille d’une image non compressée : largeur × hauteur × profondeur (en bits) ÷ 8 = nombre d’octets.

Exemple : une image 1920 × 1080 en 24 bits : 1920 × 1080 = 2 073 600 pixels ; 2 073 600 × 24 / 8 = 6 220 800 octets, soit environ 5,9 Mio (6,2 Mo).

FormatCompressionUsage
BMPAucuneImage brute, fichier volumineux
JPEGAvec pertePhotographies (taux de compression réglable)
PNGSans perteGraphiques, captures d’écran, transparence
GIFSans perte, 256 couleurs maximumPetites animations, images à palette
SVGVectoriel (texte XML)Logos, icônes, schémas

8.2 Son numérique

Numériser un son, c’est l’échantillonner (mesurer l’amplitude à intervalles réguliers) puis le quantifier (coder chaque mesure sur un nombre de bits). Trois paramètres : la fréquence d’échantillonnage fₑ, la profondeur (bits par échantillon) et le nombre de canaux (mono = 1, stéréo = 2). Le théorème de Nyquist–Shannon impose fₑ ≥ 2 × fmax du signal pour le reconstituer sans perte : l’oreille entend jusqu’à environ 20 kHz, d’où 44,1 kHz pour le CD.

Taille non compressée : fréquence × profondeur × canaux × durée (en s) ÷ 8 = octets.

Exemple : une minute en qualité CD (44 100 Hz, 16 bits, stéréo) : 44 100 × 16 × 2 × 60 = 84 672 000 bits ; divisé par 8, 10 584 000 octets, soit environ 10,1 Mio ; le débit est de 1 411 200 bits par seconde.

FormatCompressionRemarque
WAVAucune (PCM)Qualité brute, gros fichiers
MP3, AACAvec perteSupprime les sons peu audibles (modèle psychoacoustique) ; petits fichiers
FLACSans perteRéduit la taille d’environ la moitié sans rien perdre

8.3 Vidéo

  • Une vidéo est une suite d’images (fréquence d’images en i/s ou fps : 24, 25, 30…) accompagnée de son. Taille brute = taille d’une image × fréquence × durée (+ audio) ; elle est énorme, d’où la compression.
  • Codec (H.264/AVC, H.265/HEVC, VP9, AV1) : algorithme qui compresse et décompresse. Conteneur (MP4, MKV, AVI) : fichier qui regroupe les flux vidéo, audio et sous-titres. Ce sont deux notions différentes : un fichier MP4 peut contenir de la vidéo H.264 ou H.265.
  • Résolution : HD = 1280 × 720, Full HD = 1920 × 1080, 4K (UHD) = 3840 × 2160.

8.4 Compression : avec et sans perte

TypePrincipe et exemples
Sans perteLe fichier d’origine est restitué à l’identique. Techniques : codage par plages (RLE), codage de Huffman (symboles fréquents codés plus court), LZ77/LZW. Formats : ZIP, PNG, FLAC
Avec perteOn supprime des informations jugées peu perceptibles pour gagner beaucoup de place ; irréversible. Formats : JPEG (transformée en cosinus discrète), MP3, vidéo H.264

Le taux de compression se calcule : taille d’origine ÷ taille compressée (par exemple 6 Mo ramenés à 1,5 Mo : taux 4). On ne compresse jamais « avec perte » un texte, un programme ou une archive de données : un seul octet modifié suffit à les rendre inutilisables.

8.5 Bureautique : tableur, traitement de texte, présentation

NotionÀ retenir
Références de cellulesRelative (A1) : s’adapte à la copie ; absolue ($A$1) : fixe ; mixte ($A1 ou A$1). Exemple : =B2*$F$1 copiée vers le bas devient =B3*$F$1.
Fonctions courantesSOMME, MOYENNE, MIN, MAX, NB, NB.SI, SI (test logique), RECHERCHEV (recherche d’une valeur dans la première colonne d’un tableau)
Tableau croisé dynamiqueSynthétise de grandes tables par regroupement et agrégation (somme, moyenne, comptage)
Traitement de texteStyles, table des matières automatique, en-têtes et pieds de page, publipostage (fusion d’un modèle avec une source de données)
PrésentationMasque des diapositives, transitions, animations, plan ; une diapositive transmet une idée
Piège d’examen : octets, bits et préfixes Les formules donnent des bits ; il faut diviser par 8 pour obtenir des octets. Un kilo-octet vaut 1 000 octets (Ko) ; un kibioctet vaut 1 024 octets (Kio) : attention aux réponses qui mélangent les deux. Ne confondez pas non plus un codec (algorithme) et un conteneur (format de fichier), ni la fréquence d’échantillonnage (Hz) et le débit (bits par seconde).

8.6 Exercice d’entraînement

QuestionÉléments de réponse
Calculez la taille d’une image 800 × 600 en 8 bits (256 niveaux de gris), sans compression.800 × 600 × 8 / 8 = 480 000 octets (480 Ko).
Un son mono à 8 000 Hz, 8 bits, dure 10 s : quelle taille ?8 000 × 8 × 1 × 10 / 8 = 80 000 octets.
Quel format privilégier pour un logo à agrandir sans perte ?Un format vectoriel comme SVG.
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Domaines I et II — Web, mobile et réseaux

Une application mobile, un site Web, un objet connecté ou un service Cloud échangent presque toujours leurs données par des API Web. Ce chapitre fait le lien entre les sous-domaines « développement Web et mobile », « réseaux » et « Cloud/IoT » : le modèle client–serveur, le protocole HTTP, le style REST, le format JSON, l’authentification et la sécurité de base. Ce sont des notions transversales fréquemment testées par des questions courtes (méthode HTTP, code d’état, syntaxe JSON).

9.1 Client–serveur et HTTP

  • Client–serveur : le client (navigateur, application mobile) envoie une requête, le serveur renvoie une réponse. Le protocole HTTP est sans état (stateless) : chaque requête est indépendante ; pour « se souvenir » d’un utilisateur, on utilise des cookies, des sessions ou des jetons.
  • Requête HTTP : ligne de requête (GET /eleves/12 HTTP/1.1), en-têtes (Host, Accept, Authorization…), corps éventuel. Réponse : ligne d’état (HTTP/1.1 200 OK), en-têtes (Content-Type: application/json), corps.
  • HTTPS = HTTP au-dessus de TLS : chiffrement et authentification du serveur ; indispensable dès qu’il y a des données personnelles ou des mots de passe.

9.2 Méthodes et codes d’état

MéthodeUsage (opération CRUD)
GETLire une ressource (aucun effet sur les données) — Read
POSTCréer une ressource — Create
PUTRemplacer entièrement une ressource — Update
PATCHModifier partiellement une ressource
DELETESupprimer une ressource — Delete
CodeSignification
200 OKSuccès
201 CreatedRessource créée (réponse typique à un POST)
204 No ContentSuccès sans corps (fréquent après un DELETE)
301 / 302Redirection permanente / temporaire
400 Bad RequestRequête mal formée
401 UnauthorizedAuthentification absente ou invalide
403 ForbiddenAuthentifié mais non autorisé
404 Not FoundRessource introuvable
500 Internal Server ErrorErreur côté serveur

Familles : 1xx information, 2xx succès, 3xx redirection, 4xx erreur du client, 5xx erreur du serveur.

9.3 Le style REST

REST (Representational State Transfer, thèse de Roy Fielding, 2000) est un style d’architecture, pas un protocole. Ses contraintes principales : client–serveur, sans état, possibilité de mise en cache, interface uniforme (ressources identifiées par des URL, manipulées par les méthodes HTTP, représentées en JSON ou XML) et architecture en couches.

RequêteEffet
GET /api/elevesListe des élèves
GET /api/eleves/12Détail de l’élève 12
POST /api/eleves (corps JSON)Création d’un élève (réponse 201)
PUT /api/eleves/12Remplacement de l’élève 12
DELETE /api/eleves/12Suppression de l’élève 12

Bonnes pratiques : des noms de ressources au pluriel dans l’URL (pas de verbes : /eleves, pas /getEleves), des codes d’état justes, un versionnage (/api/v1/…), des erreurs documentées.

9.4 JSON

JSON (JavaScript Object Notation) est un format texte de données : objets { } de paires clé–valeur, tableaux [ ], valeurs : chaînes (entre guillemets doubles), nombres, booléens (true, false), null. Pas de commentaires, pas de virgule après le dernier élément.

{
  "id": 12,
  "nom": "Amine",
  "classe": "TCS-2",
  "notes": [14.5, 16, 12],
  "actif": true,
  "adresse": null
}

Comparé à XML, JSON est plus compact et plus facile à manipuler en JavaScript et dans les applications mobiles ; XML reste utilisé quand on a besoin de schémas et d’espaces de noms (SOAP, flux de documents).

9.5 Authentification, autorisation et sécurité de base

  • Authentification : prouver qui l’on est (mot de passe, jeton, certificat). Autorisation : déterminer ce que l’on peut faire (rôles, permissions). Ne pas les confondre (401 contre 403).
  • Clé d’API (simple, peu sûre si exposée), jeton porté dans l’en-tête Authorization: Bearer … (par exemple JWT, JSON Web Token, signé et à durée limitée), OAuth 2.0 (délégation d’accès : « se connecter avec un compte tiers »).
  • CORS (partage de ressources entre origines) : mécanisme du navigateur qui autorise ou interdit à une page d’appeler une API d’un autre domaine.
  • Vérifier toutes les entrées côté serveur (injection SQL, XSS), ne jamais stocker les mots de passe en clair (hachage salé), utiliser HTTPS.
Piège d’examen : PUT ou POST, 401 ou 403 ? POST crée (le serveur attribue souvent l’identifiant) ; PUT remplace une ressource dont l’URL est connue. GET ne doit jamais modifier les données. 401 signifie « je ne sais pas qui vous êtes » ; 403 signifie « je sais qui vous êtes, mais vous n’avez pas le droit ». Enfin, REST n’est pas un protocole : c’est un style qui s’appuie sur HTTP.

9.6 Exercice d’entraînement

QuestionÉléments de réponse
Quelle requête REST supprime l’élève 7 et que renvoie-t-on en cas de succès ?DELETE /api/eleves/7 ; en général 204 No Content (ou 200).
Pourquoi dit-on que HTTP est « sans état » ?Chaque requête est indépendante ; le serveur ne garde pas la mémoire des précédentes sans cookie, session ou jeton.
Le JSON { "a": 'x' } est-il valide ?Non : les chaînes doivent être entre guillemets doubles.
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Révision et références

Dernier chapitre : une fiche de formules et d’ordres de grandeur à relire la veille de l’épreuve, des conseils de méthode pour les questions fermées et ouvertes, un tableau de correspondance entre les sous-domaines de la fiche et les chapitres, puis les références et limites de l’unité.

10.1 Mémento de formules

SujetFormule ou règle
Taille d’une image non compresséelargeur × hauteur × profondeur (bits) ÷ 8 = octets
Taille d’un son non compresséfréquence d’échantillonnage × profondeur × canaux × durée (s) ÷ 8 = octets
Échantillonnage (Nyquist–Shannon)fₑ ≥ 2 × fmax
Nombre de couleurs sur n bits2n (24 bits : 16 777 216)
Exactitude, précision, rappel, F1(VP+VN)/total ; VP/(VP+FP) ; VP/(VP+FN) ; 2PR/(P+R)
Taux de compressiontaille d’origine ÷ taille compressée
Cycle de vie AndroidonCreate → onStart → onResume ; onPause → onStop → onDestroy
Modèles de service CloudIaaS ⊂ PaaS ⊂ SaaS (de moins à plus de couches gérées par le fournisseur)
Codes HTTP2xx succès, 3xx redirection, 4xx erreur client, 5xx erreur serveur

10.2 Méthode pour les questions fermées (QCM et réponses courtes)

  • Lisez toutes les propositions avant de choisir : plusieurs peuvent sembler justes, une seule est la plus complète ou la plus précise.
  • Repérez les mots absolus (« toujours », « jamais », « uniquement ») : ils rendent souvent une proposition fausse.
  • Distinguez les paires piégeuses : virtualisation / Cloud ; VM / conteneur ; HTTP / MQTT ; PUT / POST ; 401 / 403 ; supervisé / non supervisé ; précision / rappel ; codec / conteneur ; schéma à l’écriture / à la lecture.
  • Pour un calcul, écrivez la formule, remplacez, convertissez les unités (bits → octets) et vérifiez l’ordre de grandeur.

10.3 Méthode pour les questions ouvertes

  1. Définir le terme en une phrase précise.
  2. Décrire les éléments ou étapes (liste ou schéma).
  3. Illustrer par un exemple concret du contexte marocain ou scolaire.
  4. Conclure par une limite ou un point critique (risque, coût, éthique) : c’est ce qui distingue un candidat inspecteur d’un simple technicien.

10.4 Correspondance fiche — chapitres

Sous-domaine de la fiche 2023Où le traiter
Algorithmique et structures de données ; langages de programmationUnité arabe de base (chapitres 2 à 6)
Développement Web et mobileUnité arabe de base (chapitre 7, Web) ; chapitres 2 et 9 de cette unité (mobile, API)
Architecture et fonctionnement des ordinateurs ; systèmes d’exploitation ; réseaux informatiquesUnité arabe de base (chapitres 10 à 12)
Systèmes d’information ; bases de donnéesUnité arabe de base (chapitres 8 et 9) ; chapitre 4 (NoSQL, Big Data)
Bureautique et multimédiaUnité arabe de base (chapitres 13 et 14) ; chapitre 8
Cloud, Big Data, IA, IoTChapitres 3 à 7

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Évaluation du module

Vérifiez votre compréhension

Un test court de 10 questions, des notions essentielles à leur mise en application, avec correction expliquée.

10 questions 7 minutes environ

Références de l’unité

Le premier tableau donne le document officiel qui fonde l’unité ; le second les ouvrages et textes auxquels renvoient les définitions, avec le chapitre concerné.

Référence officielleChapitres
Centre national de l’évaluation et des examens, « Descriptif des domaines de contenu des épreuves écrites des concours d’accès au Centre de formation des inspecteurs de l’enseignement — 2023 » : fiches « Informatique — connaissances » et « Informatique — pédagogie de la spécialité », secondaire qualifiant (1er grade) ; communiqué du ministère du 9 juin 2023Chapitre 1 (tous les poids)
Référence scientifique ou réglementaireChapitres
Brewer E., « Towards robust distributed systems », PODC (keynote), 2000 ; Gilbert S. et Lynch N., « Brewer’s conjecture and the feasibility of consistent, available, partition-tolerant web services », ACM SIGACT News, 33(2), 2002Chapitre 4
Dean J. et Ghemawat S., « MapReduce: Simplified Data Processing on Large Clusters », OSDI, 2004Chapitre 4
Fielding R. T., Architectural Styles and the Design of Network-based Software Architectures, thèse, Université de Californie à Irvine, 2000Chapitre 9
Laney D., « 3D Data Management: Controlling Data Volume, Velocity and Variety », META Group, 2001Chapitre 4
Mell P. et Grance T., The NIST Definition of Cloud Computing, NIST Special Publication 800-145, 2011Chapitre 3
Rosenblatt F., « The perceptron: a probabilistic model for information storage and organization in the brain », Psychological Review, 65(6), 1958Chapitre 6
Rumelhart D., Hinton G. et Williams R., « Learning representations by back-propagating errors », Nature, 323, 1986Chapitre 6
Turing A., « Computing machinery and intelligence », Mind, 59(236), 1950Chapitre 5
Vaswani A. et al., « Attention Is All You Need », NeurIPS, 2017Chapitre 6
UNESCO, Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle, 2021 ; Règlement (UE) 2024/1689 établissant des règles harmonisées concernant l’intelligence artificielleChapitre 6
Royaume du Maroc : loi n° 09-08 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel (2009) ; loi n° 05-20 relative à la cybersécurité (2020)Chapitres 3, 4 et 6

Ce que nous n’avons pas fait : la fiche ne cite aucune bibliographie, nous n’avons consulté aucun sujet antérieur d’informatique et nous n’avons pas ouvert les textes réglementaires cités au-delà de leur numéro. Les références scientifiques ont été écrites de mémoire (auteurs, titres, années) et ne sont pas vérifiées dans des catalogues de bibliothèques ni dans les revues : vérifiez-les avant de les citer. Les noms de produits, de versions et de plateformes évoluent ; nous n’avons retenu que ce qui est stable.

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