Module 16 · 21 chapitres

Approfondissement en langue française

Révision approfondie de la langue française pour les concours des cadres de l'éducation : bases linguistiques et littéraires (classes de mots, phrase complexe, focalisation, genres et registres, figures de style, temps et modes, voix) et compétences testées directement dans les items de vocabulaire et d'expression : connecteurs logiques et ordre des phrases, synonymes et antonymes de niveau concours, intrus et champs sémantiques, homophones, paronymes, locutions et pléonasmes, accords piégeux et formation des mots. Chaque chapitre propose une méthode de réponse, des tableaux comparatifs, des exemples résolus et des QCM aux distracteurs proches, expliqués un par un.

21 chapitres 10 questions ~22.0 heures

Objectifs du module

  • Identifier les classes de mots et leur fonctionnement.
  • Distinguer les principaux types de textes et leurs outils.
  • Analyser la focalisation, les champs lexicaux, les genres et les registres, ainsi que la structure du récit (narratologie).
  • Maîtriser la phrase simple, la phrase complexe et les subordonnées.
  • Transformer le discours direct en discours indirect et passer de la voix active à la voix passive.
  • Maîtriser le système verbal : temps, modes, morphologie, aspect et conjugaison des verbes difficiles.
  • Choisir le connecteur logique adapté et remettre des phrases dans l’ordre.
  • Gagner en précision lexicale : synonymes, antonymes, mots intrus, homophones, paronymes et locutions.
  • Appliquer les accords piégeux et analyser la formation des mots (préfixes, suffixes, familles).

La maîtrise de la langue française commence par l'identification correcte des classes de mots. Il faut distinguer la nature d'un mot, qui reste relativement stable, et sa fonction dans la phrase, qui dépend du contexte.

Classes variables

  • Nom: désigne un être, un objet, une idée ou un lieu: livre, poire, Bachir.
  • Pronom: remplace ou reprend un nom: je, tu, qui, celui-ci.
  • Adjectif: apporte une propriété ou une relation au nom: heureux, rouge, grand.
  • Déterminant: introduit le nom: le, mon, quel, cette.
  • Verbe: exprime une action, un état ou un procès: passer, réussir, voir.

Classes invariables

  • Adverbe: modifie un verbe, un adjectif ou une phrase: souvent, facilement.
  • Préposition: introduit un complément: à, de, par, pour.
  • Conjonction: relie des mots ou des propositions : coordination (et, or, mais, donc) ou subordination (quand, parce que, si).

Distinguer nature et fonction sur un exemple

Un même mot garde sa nature mais change de fonction selon la phrase. Le nom « candidat » peut être sujet (« Le candidat répond. »), complément d'objet direct (« Le jury reçoit le candidat. »), attribut du sujet (« Il est le candidat retenu. ») ou complément du nom (« le dossier du candidat »).

Repérer la fonction par une question

FonctionQuestion poséeExemple
SujetQui est-ce qui ? / Qu'est-ce qui ?Le jury délibère.
CODVerbe + qui ? / quoi ?Le jury reçoit le candidat.
COIVerbe + à/de qui ? / quoi ?Le jury pense au candidat.
Attribut du sujetSujet + être/verbe d'état + quoi ?Il est compétent.
Complément circonstancielQuand ? Où ? Comment ? Pourquoi ?Il révise chaque soir.

Une classe invariable souvent oubliée

L'interjection exprime une réaction ou interpelle sans fonction syntaxique dans la phrase: « Hélas, le délai est dépassé. » Elle reste isolée par une virgule ou un point d'exclamation et n'entre dans aucune relation de dépendance grammaticale avec le reste de la phrase.

Erreurs fréquentes

  • Confondre le pronom relatif et la conjonction de subordination quand les deux se nomment « que ».
  • Répondre par la seule nature d'un mot quand la consigne demande la fonction.
  • Oublier qu'un même mot peut occuper des fonctions différentes selon la phrase.

Pour la consolidation et la révision

  • La nature d'un mot reste stable; sa fonction dépend de la phrase.
  • Une question ciblée fournit un premier indice; confirmer la fonction par la construction du verbe et des manipulations syntaxiques.
  • L'interjection n'a pas de fonction syntaxique dans la phrase.
  • Vérifier systématiquement les deux niveaux, nature puis fonction, avant de répondre.

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4 · 1 avis

Un texte se reconnaît par son intention dominante, son organisation et ses outils linguistiques. Un même passage peut mêler plusieurs types, mais l'épreuve attend souvent l'identification du type dominant.

  • Narratif: raconter une suite d'événements. Outils: temps du récit, personnages, schéma narratif.
  • Descriptif: décrire un être, un lieu ou un objet. Outils: expansions du nom, adjectifs, verbes d'état, repères spatiaux.
  • Argumentatif: défendre une thèse. Outils: arguments, exemples, connecteurs logiques, modalisation.
  • Injonctif: donner des consignes. Outils: impératif, infinitif, obligation, étapes.
  • Informatif: transmettre des informations. Outils: données, neutralité, réponses à qui, quoi, où, quand.
  • Explicatif: faire comprendre un phénomène. Outils: définitions, causes, conséquences, reformulations.

Schéma narratif et schéma actanciel

Le schéma narratif suit généralement: situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement, situation finale. Le schéma actanciel organise les rôles: sujet, objet, adjuvant, opposant, destinateur, destinataire.

Identifier le type dominant dans un texte mixte

Un texte peut mêler plusieurs types tout en gardant une visée dominante: un récit peut contenir des passages descriptifs sans devenir un texte descriptif. Pour trancher, il faut repérer quelle intention organise l'ensemble du passage et à quoi servent les passages secondaires: préparer une action, illustrer un propos, ralentir le rythme.

Temps verbaux dominants selon le type

TypeTemps verbal typique
NarratifPassé simple / imparfait, ou présent de narration
DescriptifImparfait ou présent, verbes d'état
ArgumentatifPrésent de vérité générale
ExplicatifPrésent intemporel
InjonctifImpératif ou infinitif

Exemple d'analyse courte

« Le sol se réchauffe progressivement au printemps ; les graines germent alors plus vite. » Le présent intemporel, l'absence de personnage et le lien de cause à effet marqué par « alors » signalent un texte à dominante explicative, non narrative.

Erreurs fréquentes

  • Confondre l'injonctif et l'impératif de politesse présent dans un dialogue narratif.
  • Conclure au type argumentatif dès qu'une opinion apparaît, sans vérifier la présence d'arguments organisés.
  • Ignorer les passages descriptifs ou explicatifs qui restent secondaires dans un texte narratif dominant.

Pour la consolidation et la révision

  • Repérer l'intention dominante avant de classer un texte mixte.
  • Le temps verbal dominant est un indice parmi d’autres; il ne suffit pas à lui seul pour déterminer le type.
  • Une opinion isolée ne suffit pas à caractériser un texte argumentatif.
  • Distinguer le rôle principal et les rôles secondaires des passages d'un texte.

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5 · 1 avis

La focalisation

  • Interne: le récit épouse le point de vue d'un personnage; le lecteur sait ce que ce personnage perçoit ou ressent.
  • Externe: le narrateur observe de l'extérieur; il décrit les gestes sans accéder aux pensées.
  • Zéro ou omnisciente: le narrateur sait tout: passé, futur, sentiments et motivations.

Un même texte peut changer de focalisation d'un paragraphe à l'autre: un roman commencé en focalisation zéro pour planter le décor peut ensuite adopter la focalisation interne d'un personnage pour créer de l'empathie.

Le champ lexical

Un champ lexical est un ensemble de mots de natures différentes liés à un même thème: angoisse, crainte, menaçant, terrifié relèvent de la peur. Il se distingue de la famille de mots, qui regroupe des termes formés sur la même racine (peur, peureux, apeuré) indépendamment du sens.

Les niveaux de langue

On distingue généralement trois niveaux: soutenu, courant et familier. Le choix du niveau dépend de la situation de communication, du destinataire et de l'effet recherché.

  • Soutenu: Je vous prie de bien vouloir excuser mon retard.
  • Courant: Excusez-moi, je suis en retard.
  • Familier: Désolé, j'suis à la bourre.
Réflexe concours: un changement de niveau de langue non justifié dans un dialogue est souvent un indice à repérer: il signale un effet voulu par l'auteur (ironie, caractérisation d'un personnage) et non une négligence.

Pour aller plus loin : comprendre et reconnaître

La focalisation : qui voit, et non qui parle

La notion, proposée par Gérard Genette, répond à la question « qui perçoit ? » et non « qui raconte ? ». Un narrateur à la troisième personne peut très bien adopter le point de vue d'un seul personnage : c'est alors la focalisation qui est interne, pas la voix narrative. Pour identifier la focalisation, comparez ce que le narrateur dit avec ce que le personnage peut savoir.

FocalisationExempleIndice à repérer
ZéroIl ne savait pas encore que cette lettre changerait sa vie.Le narrateur en sait plus que le personnage (anticipation, accès à plusieurs consciences).
InterneKarim sentit son cœur battre ; il avait peur que la porte ne s'ouvre.Perceptions, sensations, pensées du personnage ; verbes de perception et de sentiment.
ExterneUn homme entra, posa son chapeau sur la table et s'assit sans un mot.Seulement des gestes et des paroles observables ; aucune pensée rapportée.
Test pratique : peut-on réécrire le passage sans que le narrateur « sache » plus que le personnage ? Si oui, la focalisation est interne. Si on ne peut décrire que ce qu'une caméra enregistrerait, elle est externe.

Champ lexical, champ sémantique, famille de mots

NotionDéfinitionExemple
Champ lexicalMots de natures variées qui évoquent un même thème dans un texte.angoisse, crainte, menaçant, trembler : la peur.
Champ sémantiqueEnsemble des sens d'un seul mot (polysémie).carte : carte à jouer, carte géographique, carte d'identité.
Famille de motsMots formés sur la même racine, quel que soit le sens.terre, terrain, terrasse, enterrer.

En analyse, le relevé d'un champ lexical n'a de valeur que s'il est interprété : un champ lexical dominant signale le thème, l'atmosphère ou l'intention du texte (ici, la peur installe une tension).

Niveaux de langue : les marqueurs à observer

NiveauVocabulaireSyntaxe et prononciation
Soutenuprier, s'enquérir, se désisterPhrases élaborées, négation complète, inversions.
Courantdemander, arriverPhrases correctes et simples.
Familierbouquin, bagnole, être à la bourreNégation sans ne (j'sais pas), élisions, tournures orales.

Ne confondez pas niveau de langue (degré de soin) et registre (tonalité d'un texte : comique, tragique, lyrique, polémique...), qui relève du chapitre 4.

Exercices de vérification

  1. « Marie savait que son frère mentait, mais elle se tut. » Quelle focalisation ? Interne : on accède à ce que Marie sait.
  2. « Il pleurait. Elle ne comprenait pas pourquoi. » Quelle focalisation ? Zéro si le narrateur explique ensuite ses raisons ; interne sur « elle » si seul son point de vue est rendu. Le contexte tranche.
  3. Classez pleurer, larmes, sanglot, chagrin : champ lexical de la tristesse (natures variées) ; ce n'est pas une famille de mots.
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Le genre renvoie à une famille de textes; le registre renvoie à l'effet produit sur le lecteur.

Genres fréquents

  • Roman: récit long et structuré.
  • Nouvelle: récit bref caractérisé par la concentration de l’action, des personnages et du cadre; la chute est possible, mais non obligatoire.
  • Conte: récit bref issu de traditions variées, souvent merveilleux, philosophique ou symbolique.
  • Fable: récit bref porteur d'une morale.
  • Poésie: genre en vers ou en prose qui travaille notamment le rythme, les sonorités, les images et la disposition du langage.
  • Théâtre: texte destiné à la représentation, organisé en actes, scènes et répliques.

Registres à reconnaître

Le registre réaliste crée un effet de réel; le comique provoque le rire; le tragique impose la fatalité; l'épique amplifie l'action; le fantastique installe le doute; le merveilleux accepte le surnaturel; le lyrique exprime les sentiments; le pathétique suscite la pitié; le didactique instruit.

Genre et registre : deux niveaux différents

Un même genre peut combiner plusieurs registres: une tragédie (genre théâtral) peut mêler le tragique et le pathétique; une fable (genre narratif bref) associe souvent le didactique et le comique. Le registre ne définit donc pas le genre, il qualifie l'effet produit dans une scène ou un passage donné, qui peut varier à l'intérieur d'une même œuvre.

Reconnaître un registre par ses indices

RegistreIndices lexicaux et stylistiques
TragiqueChamp lexical de la fatalité, du destin, de la mort
ComiqueQuiproquo, exagération, décalage de registre de langue
LyriquePremière personne, exclamations, champ lexical du sentiment
ÉpiqueAmplification, hyperboles, verbes d'action, grandeur
FantastiqueHésitation entre explication rationnelle et surnaturelle

Distinguer genre et type de texte

Le genre (roman, théâtre, poésie) renvoie à une catégorie d'œuvres reconnue par une tradition littéraire; le type de texte (narratif, descriptif, argumentatif) renvoie à un mode d'organisation qui peut apparaître dans plusieurs genres. Une pièce de théâtre peut ainsi contenir des passages argumentatifs sans changer de genre.

Erreurs fréquentes

  • Confondre genre et registre, par exemple qualifier un roman de « registre roman ».
  • Attribuer un seul registre à toute une œuvre alors qu'il varie selon les scènes ou les chapitres.
  • Confondre genre et type de texte, deux notions distinctes traitées séparément.

Pour la consolidation et la révision

  • Le genre est une catégorie d'œuvres; le registre est un effet produit, souvent variable dans une même œuvre.
  • Repérer un registre par son champ lexical et ses procédés dominants.
  • Ne pas confondre genre et type de texte.
  • Vérifier si plusieurs registres coexistent avant de n'en retenir qu'un seul.

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La phrase simple contient une seule proposition, c'est-à-dire un seul verbe conjugué (ou aucun, dans le cas d'une phrase non verbale). Elle peut être verbale ou non verbale, minimale ou étendue.

  • Phrase verbale: Les enseignants illuminent les cerveaux.
  • Phrase non verbale: Enlèvement à Marrakech.
  • Phrase minimale: La fille pleure. (sujet + verbe seulement)
  • Phrase étendue: la phrase minimale reçoit des expansions et des compléments: La petite fille pleure doucement dans la cour.

La phrase complexe

Elle contient plusieurs propositions, donc plusieurs verbes conjugués. Les propositions peuvent être liées par juxtaposition, coordination ou subordination.

  • Juxtaposition: les propositions sont séparées par une virgule, un point-virgule ou deux points: Il pleut, je reste à la maison.
  • Coordination: elles sont reliées par mais, ou, et, donc, or, ni, car ou par un adverbe de liaison: Il pleut, donc je reste à la maison.
  • Subordination: une proposition dépend grammaticalement d'une autre: Je reste à la maison parce qu'il pleut.
Piège fréquent: compter les verbes ne suffit toujours pas à identifier une phrase complexe si l'un des verbes est à l'infinitif dépendant du premier (Il veut partir reste une phrase simple à un seul verbe conjugué).

Méthode : identifier le type de phrase en trois étapes

  1. Soulignez les verbes conjugués (et eux seuls). Un infinitif ou un participe ne compte pas comme proposition à lui seul.
  2. Comptez les propositions : une proposition = un verbe conjugué avec son sujet, ou une phrase non verbale.
  3. Si plusieurs propositions, cherchez la nature du lien : ponctuation (juxtaposition), mot de liaison de même rang (coordination) ou mot qui rend l'une dépendante de l'autre (subordination).
PhraseVerbes conjuguésAnalyse
Il veut partir.1 (veut)Phrase simple ; partir est un infinitif complément.
Il pleut, je reste.2Phrase complexe ; deux propositions juxtaposées.
Il pleut mais je sors.2Deux propositions coordonnées (mais).
Je sors bien qu'il pleuve.2Principale + subordonnée circonstancielle (concession).
Quel bruit !0Phrase non verbale (exclamative).

Coordination ou subordination ? Deux tests

  • Mobilité : une subordonnée circonstancielle se déplace souvent (Parce qu'il pleut, je reste) ; une proposition coordonnée garde sa place après la première.
  • Mot de liaison : les conjonctions de coordination sont au nombre de sept (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ; tout autre mot de liaison (parce que, quand, si, que, qui...) introduit une subordonnée.
Pièges : donc et car coordonnent ; parce que subordonne même si le sens (la cause) est voisin. Une phrase peut être étendue sans être complexe : plusieurs compléments ne créent pas de proposition supplémentaire.

Proposition indépendante, principale, subordonnée

Une proposition indépendante ne dépend d'aucune autre ni ne régit aucune subordonnée. La principale est celle dont dépend une subordonnée. Dans Je pense que tu as raison, Je pense est la principale et que tu as raison la subordonnée.

Exercices avec réponses

  1. La classe, silencieuse, écoute le professeur qui explique la leçon. → 2 verbes conjugués (écoute, explique) : phrase complexe ; qui explique la leçon est une subordonnée relative.
  2. Après le cours, les élèves rangent leurs affaires dans leurs sacs. → un verbe : phrase simple étendue.
  3. Il est arrivé en retard, car le bus est tombé en panne. → deux propositions coordonnées par car.
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La subordonnée relative

Elle complète un nom ou un pronom. Elle peut être déterminative: Je n'aime pas les gens qui se plaignent toujours, appositive: Toubkal, qui s'élève à plus de 4000 m, ..., ou indéfinie: Qui ne dit mot consent.

La subordonnée complétive

Elle complète souvent un verbe: Je vous promets que je serai prudent. Elle peut être conjonctive ou interrogative indirecte (Je me demande s'il viendra). Avec un infinitif, on parle plutôt de complément infinitif : Je vous promets d'être prudent.

La subordonnée circonstancielle

Elle exprime une circonstance: temps, cause, conséquence, but, concession, opposition, condition ou comparaison.

  • Cause: Comme il fait froid, il faut porter des lainages.
  • Conséquence: Il a tant travaillé qu'il a réussi.
  • But: Nous formons des vœux pour que ce projet réussisse.
  • Concession/opposition: Bien qu'il soit fatigué, il continue.
  • Condition: Si j'ai le temps, je t'aiderai.
  • Comparaison: Il agit comme son père l'a toujours fait.
Distinction utile: ne pas confondre la subordonnée relative introduite par que (pronom relatif, complète un nom: le livre que je lis) et la subordonnée complétive introduite par que (conjonction, complète un verbe: je sais que tu lis) — le test consiste à chercher l'antécédent du pronom relatif.

Reconnaître chaque subordonnée : les tests

TypeMot introducteurTest d'identification
Relativepronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, lequelOn trouve un antécédent (nom ou pronom) que la proposition complète. le livre que je lis.
Complétiveconjonction que, si (interrogative indirecte), mots interrogatifsElle remplit la fonction d'un complément du verbe ou d'un sujet ; elle peut être remplacée par un nom ou un pronom (Je sais que tu lis → Je le sais).
Circonstancielleconjonction de subordination : quand, parce que, si, bien que, pour que...Elle est supprimable et déplaçable, et exprime une circonstance.

Relative déterminative ou appositive ?

  • Déterminative : indispensable à l'identification du nom, sans virgule ; la supprimer change le sens : Les élèves qui ont triché seront punis (seulement ceux-là).
  • Appositive : apporte une précision, entre virgules ; supprimable : Les élèves, qui ont triché, seront punis (tous ont triché).

Conjonctions courantes et mode du verbe

ValeurConjonctionsMode
Causeparce que, puisque, comme, étant donné queindicatif
Conséquencesi... que, tellement... que, de sorte queindicatif (subjonctif si la conséquence est envisagée)
Butpour que, afin quesubjonctif
Concessionbien que, quoique ; même si, alors quesubjonctif pour bien que, quoique ; indicatif pour même si, alors que
Conditionsi, à condition que, pourvu queindicatif après si ; subjonctif après à condition que, pourvu que
Tempsquand, lorsque, dès que, après que, avant queindicatif ; subjonctif après avant que
À retenir : après que se construit avec l'indicatif (Après qu'il est parti), alors que avant que exige le subjonctif (Avant qu'il parte). C'est un piège classique des concours.

Relative ou complétive en que ?

Le livre que je lis : que reprend le livre et fait fonction de complément d'objet : relative. Je sais que tu lis : que est une simple conjonction, sans antécédent : complétive.

Exercices avec réponses

  1. Je veux que tu viennes. → complétive (que sans antécédent), au subjonctif après un verbe de volonté.
  2. Il a perdu le stylo que je lui avais prêté. → relative déterminative (antécédent : le stylo).
  3. Elle réussira parce qu'elle travaille. → circonstancielle de cause ; verbe à l'indicatif.
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Une figure de style est un procédé expressif qui agit sur le sens, l'image, le rythme ou l'effet produit.

Principales familles

  • Analogie: comparaison, métaphore, allégorie, personnification.
  • Substitution: métonymie, périphrase, synecdoque.
  • Opposition: antithèse, antiphrase, oxymore, paradoxe, chiasme.
  • Rupture: anacoluthe, ellipse, zeugma.
  • Répétition: assonance, allitération, anaphore, épiphore, parallélisme.
  • Insistance ou atténuation: hyperbole, accumulation, gradation, litote, euphémisme.

Exemple d'analyse complète

« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille) associe deux termes contradictoires (obscure / clarté): c'est un oxymore. L'effet n'est pas seulement décoratif: il traduit une atmosphère trouble et inquiétante, cohérente avec la tension dramatique de la scène. Relever la figure sans expliquer ce lien avec le contexte reste une réponse incomplète.

Éviter le repérage mécanique

Une répétition n’est pas nécessairement une anaphore et toute association de termes opposés n’est pas automatiquement un oxymore : la construction syntaxique et le contexte doivent confirmer l’analyse.

Méthode: nommer la figure ne suffit pas; il faut expliquer l'effet: amplification, ironie, émotion, contraste, musicalité ou mise en valeur — et le relier au sens général du passage.

Distinguer les figures qui se ressemblent

FigureDéfinitionExemple
ComparaisonRapproche deux éléments avec un outil (comme, tel, semblable à).Elle est belle comme le jour.
MétaphoreRapproche sans outil de comparaison.Cet homme est un lion.
PersonnificationAttribue des traits humains à une chose ou un animal.La mer rugissait de colère.
AllégorieReprésente une idée abstraite par une image développée.La Justice, femme aux yeux bandés tenant une balance.
MétonymieDésigne une chose par un terme lié logiquement (contenant, lieu, auteur).Boire un verre ; lire du Hugo.
SynecdoqueDésigne le tout par la partie (ou l'inverse).Une voile à l'horizon (un bateau).
AntithèseOppose deux idées dans une phrase ou un passage.Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.
OxymoreAssocie deux termes contradictoires dans un même groupe syntaxique.Cette obscure clarté.
AntiphraseDit le contraire de ce qu'on pense (ironie).Belle journée ! sous la pluie.
LitoteDit moins pour suggérer plus.Ce n'est pas mauvais. (c'est bon)
EuphémismeAdoucit une réalité pénible.Il nous a quittés. (il est mort)
HyperboleExagère pour frapper.Mort de rire.
GradationEnchaîne des termes d'intensité croissante ou décroissante.C'est un roc ! c'est un pic ! c'est un cap !
AnaphoreRépète le même mot en début de phrases ou de vers.Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé !
Allitération / assonanceRépétition d'une consonne / d'une voyelle.Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
ZeugmaCoordonne deux compléments de nature différente.Il prit son chapeau et la fuite.

Les couples qui provoquent des erreurs

  • Comparaison / métaphore : la présence d'un outil de comparaison tranche.
  • Métonymie / synecdoque : la synecdoque est une relation de partie à tout ; la métonymie, un lien logique ou de proximité.
  • Antithèse / oxymore : l'oxymore soude les contraires dans un seul groupe de mots.
  • Litote / euphémisme : la litote atténue pour suggérer plus ; l'euphémisme atténue pour adoucir.
  • Hyperbole / gradation : l'hyperbole est une exagération ; la gradation, une progression ordonnée.

Méthode en trois temps : relever, nommer, expliquer

  1. Relever l'expression exacte (citation courte).
  2. Nommer la figure après avoir vérifié sa construction.
  3. Expliquer l'effet dans le contexte : Dans « La mer rugissait », la personnification suggère une violence menaçante qui prépare le naufrage.

Exercices avec réponses

  1. « Les sanglots longs / Des violons / De l'automne » (Verlaine) : assonance en [õ] ; elle crée une musicalité mélancolique.
  2. « Ce n'est pas un petit défi. » : litote pour dire que le défi est grand.
  3. « Le monde entier ne parle que de lui. » : hyperbole ; la figure souligne la notoriété.
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Le discours rapporté

Le discours peut être direct, indirect, indirect libre ou narrativisé. Le passage du direct à l'indirect entraîne des changements de personnes, de temps et d'indicateurs temporels.

  • Direct: Elle a dit: « Je voyagerai en France ».
  • Indirect: Elle a dit qu'elle voyagerait en France.
  • Interrogation totale: Est-ce que...? devient souvent si.
  • Impératif: il devient souvent de + infinitif: Il ordonne de réviser.

La voix active et la voix passive

À la voix active, le sujet fait l'action. À la voix passive, le sujet subit l'action: Laila met la lettre à la poste devient La lettre est mise à la poste par Laila. Le temps de l'auxiliaire être porte le temps de la transformation.

L'adjectif

L'adjectif qualificatif peut être épithète, apposé ou attribut. Il s'accorde généralement en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte; les adjectifs de couleur exigent une attention particulière.

Le discours indirect libre

Le discours indirect libre restitue les paroles ou pensées d'un personnage sans subordination ni guillemets, tout en gardant certains traits de l'oral: « Elle regarda le tableau. Comment allait-elle réussir cette épreuve ? » La question insérée dans le récit, sans verbe introducteur ni guillemets, appartient au personnage et non au narrateur.

Discours narrativisé

Le discours narrativisé résume une parole ou une pensée sans en restituer la formulation exacte: « Elle exprima son inquiétude au sujet de l'examen. » Contrairement au discours indirect, aucune proposition complétive ne rapporte le contenu mot pour mot.

Changements d'indicateurs au discours indirect

Discours directDiscours indirect
aujourd'huice jour-là
hierla veille
demainle lendemain
icilà

Exemple: « Je reviendrai demain », dit-elle devient Elle dit qu'elle reviendrait le lendemain.

La voix passive en discours rapporté

La formation de la voix passive et ses limites d'emploi (verbes intransitifs, tournures pronominales à sens passif) sont détaillées dans le chapitre consacré à l'aspect verbal et à la voix; on retiendra ici surtout son intérêt en discours rapporté, où elle permet de garder le focus sur l'événement plutôt que sur son auteur: « La décision a été annoncée hier », affirma le directeur devient Le directeur affirma que la décision avait été annoncée la veille.

La fonction de l'adjectif dans le récit rapporté

L'adjectif épithète qualifie directement le nom (« une réponse hésitante »), tandis que l'adjectif attribut, relié par un verbe d'état ou d'appréciation, qualifie le sujet ou le complément d'objet à distance (« Elle semblait hésitante »; « Ils jugent la réponse incomplète », attribut du COD). Dans un discours rapporté, l'accord de l'adjectif suit toujours le nom ou le pronom qu'il qualifie, indépendamment du temps du verbe introducteur.

Erreurs fréquentes

  • Confondre discours indirect libre et discours narrativisé, qui ne restituent pas la parole de la même manière.
  • Oublier de transformer les indicateurs temporels et spatiaux au discours indirect.
  • Accorder l'adjectif attribut avec le verbe introducteur plutôt qu'avec le nom ou le pronom qu'il qualifie.

Pour la consolidation et la révision

  • Discours direct, indirect, indirect libre et narrativisé se distinguent par la présence ou l'absence de subordination et de marques d'énonciation.
  • Le passage à l'indirect transforme personnes, temps et indicateurs.
  • La voix passive en discours rapporté déplace le focus vers l'événement, sans changer sa formation grammaticale.
  • L'adjectif épithète touche directement le nom; l'attribut passe par un verbe d'état ou d'appréciation.

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Le texte narratif est l'un des genres les plus répandus : il raconte une histoire, réelle ou fictive, organisée en étapes. Ce chapitre synthétise les outils de la narratologie (Genette, Propp, Greimas, Bremond) permettant d'analyser précisément un récit : structure, temps, voix, point de vue et personnages.

Récit, histoire, narration : trois notions à distinguer

Gérard Genette souligne l'ambiguïté du mot « récit » et distingue trois notions clés, à ne pas confondre dans une copie de concours :

📖 Le récit

L'énoncé narratif lui-même : le discours oral ou écrit qui assume la relation d'un événement ou d'une série d'événements. C'est le texte narratif en tant que tel.

🗺️ L'histoire

Le signifié, le contenu narratif : la succession d'événements réels ou fictifs qui font l'objet du discours. Un résumé en quelques mots (le « sommaire ») condense l'histoire sans être le récit.

✍️ La narration

L'acte narratif producteur : le fait même de raconter, et la situation, réelle ou fictive, dans laquelle cet acte prend place.

🔗 Le lien entre les trois

Pour Genette, l'histoire et la narration ne nous sont accessibles que par l'intermédiaire du récit : un discours narratif doit raconter une histoire (sinon il n'est pas narratif) et être proféré par quelqu'un (sinon ce n'est pas un discours).

Tout récit est traité selon trois catégories fondamentales : le temps, la voix et le mode — les trois axes d'analyse développés dans ce chapitre.

Le schéma narratif : cinq étapes

Le schéma narratif ne se contente pas de décrire une action : il raconte une action composée de plusieurs épisodes qui tendent vers une fin, organisés selon un ordre logique.

ÉtapeDéfinition
1. Situation initialeÉtat d'équilibre de départ ; renseigne sur le cadre (historique, géographique, culturel) et présente les personnages. C'est par rapport à elle que les événements auront un sens.
2. Élément perturbateurL'élément déclencheur qui modifie le déroulement (arrivée/disparition d'un personnage, événement extérieur, décision) — le « nœud déclencheur » (Jean-Michel Adam). Il rompt l'équilibre initial.
3. Actions / péripétiesProvoquées par l'élément perturbateur : moyens et tentatives des personnages pour retrouver l'équilibre et atteindre un but final.
4. DénouementRésolution du problème posé par l'élément perturbateur.
5. Situation finaleNouvel état d'équilibre, en écho (ou en contraste) avec la situation initiale.

Les fonctions de Propp et les rôles des personnages

1 Situation initiale 2 Élément perturbateur 3 Actions / péripéties 4 Dénouement 5 Situation finale
Le schéma narratif en cinq étapes : situation initiale, élément perturbateur, actions/péripéties, dénouement, situation finale

🧩 31 fonctions, 7 rôles

À partir d'un corpus de contes merveilleux russes, Vladimir Propp dégage jusqu'à 31 fonctions, définies par le rôle d'une action dans le déroulement de l'intrigue. Toutes ne figurent pas dans chaque conte, mais celles qui apparaissent suivent, dans son modèle, un ordre stable. Cette morphologie est donc un outil d'analyse adapté d'abord au conte merveilleux, et non une grille universelle à imposer à tout récit.

Les sept premières fonctions possibles sont : éloignement, interdiction, transgression, recherche d'information par l'agresseur, obtention de l'information, tromperie et complicité involontaire de la victime. Il faut analyser la fonction de l'action, et non chercher à faire correspondre mécaniquement chaque phrase du texte à une case.

🎭 Les 7 sphères d'action (rôles)

  • L'agresseur (le vilain), qui commet le méfait
  • Le donateur, qui confie l'auxiliaire magique
  • L'auxiliaire, qui aide le héros (universel ou spécifique)
  • La princesse (ou son père), objet de la quête
  • Le mandateur, qui mandate le héros
  • Le héros
  • Le faux héros, qui revendique faussement la victoire

Exemple appliqué : le Petit Chaperon Rouge

Selon la version étudiée, on peut notamment repérer l'éloignement, l'interdiction, la transgression, la recherche puis l'obtention d'une information par le loup, la tromperie et le méfait. Le dialogue final ne doit pas être qualifié automatiquement de « combat » au sens de Propp : l'identification d'une fonction dépend de l'action accomplie dans la version précise du conte.

Le schéma actantiel de Greimas

À partir des fonctions de Propp, Algirdas Greimas construit un modèle plus abstrait à 6 actants, organisés selon trois axes.

axe de la communication Destinateur Objet Destinataire Adjuvant Sujet Opposant axe du pouvoir axe du désir (quête)
Le Destinateur transmet l'Objet au Destinataire (communication) ; le Sujet désire l'Objet (quête) ; l'Adjuvant aide le Sujet tandis que l'Opposant lui fait obstacle (pouvoir).

La logique des possibles narratifs selon Bremond

Claude Bremond ne réduit pas le récit à trois parties fixes ni à une fin nécessairement heureuse. Il décrit des séquences élémentaires organisées autour d'une possibilité : une situation ouvre un processus qui peut être actualisé ou non ; s'il est engagé, il peut aboutir ou échouer.

Moment logiqueQuestion d'analyse
VirtualitéQuelle transformation devient possible : amélioration, dégradation, action à entreprendre ou danger à éviter ?
Actualisation ou non-actualisationLe processus est-il effectivement engagé, ou la possibilité reste-t-elle sans suite ?
Achèvement ou échecL'action atteint-elle son résultat, ou rencontre-t-elle un obstacle qui la fait échouer ?

Plusieurs séquences peuvent s'enchaîner, s'alterner ou s'emboîter : l'amélioration d'un personnage peut, par exemple, provoquer la dégradation de la situation d'un autre.

Conte, fable et nouvelle : des formes à distinguer

🦊 Le conte et la fable

Le conte relève d'une tradition narrative diverse : il peut être merveilleux, facétieux, étiologique ou réaliste, et ne formule pas nécessairement une morale. La fable, généralement brève, construit plus directement un récit exemplaire ; sa leçon peut être explicite ou laissée à l'interprétation.

📄 La nouvelle

La nouvelle se caractérise surtout par sa brièveté et sa concentration narrative. Elle peut suivre un schéma quinaire, mais ce n'est pas une obligation ; elle peut développer des descriptions, adopter une composition fragmentée et se terminer avec ou sans chute.

La voix : les niveaux narratifs

Chez Gérard Genette, le niveau qualifie la position de l'acte narratif par rapport au récit considéré. Il ne faut pas le confondre avec la participation du narrateur à l'histoire, décrite séparément par les termes hétérodiégétique et homodiégétique.

NiveauDéfinitionExemple générique
ExtradiégétiqueNiveau de l'acte narratif qui produit le récit premier ; « extra- » signifie ici extérieur à la diégèse racontée, non extérieur au texte matériel.Une voix narrative raconte l'histoire principale.
Intradiégétique (ou diégétique)Niveau des événements et des personnages du récit premier. Un personnage situé à ce niveau peut devenir narrateur d'un récit enchâssé.Dans l'histoire principale, un voyageur prend la parole pour raconter son passé.
MétadiégétiqueNiveau du récit au second degré, produit à l'intérieur du récit premier par un narrateur intradiégétique.Le passé raconté par le voyageur constitue le récit enchâssé.

L'étude temporelle du récit

Le temps est un élément constitutif du récit (Genette, Figures III). L'ordre d'apparition des événements dans le texte n'est presque jamais la succession chronologique de l'histoire.

⏪⏩ Les distorsions d'ordre : anachronies

  • Analepse : narration rétrospective d'un événement antérieur au moment de l'histoire où l'on se trouve (« retour en arrière »).
  • Prolepse : anticipation d'un élément postérieur au point où le récit s'est interrompu.
  • La distance entre l'anachronie et le « présent » du récit est sa portée. Les anachronies servent la logique du récit : mettre en relief un détail, annoncer un fait important, combler une lacune.

⏱️ La durée : vitesse du récit

  • Isochronie : coïncidence temporelle parfaite entre récit et histoire (très difficile à vérifier concrètement).
  • La pause : mouvement narratif « nul » — la durée du récit ne correspond à aucune durée de l'histoire (ex. une longue description).
  • L'ellipse : épisode passé sous silence — mouvement narratif infiniment rapide, la durée de l'histoire ne correspond à presque aucune durée du récit.

La focalisation (point de vue)

Genette distingue deux instances : « qui parle ? » (la voix) et « qui voit ? » (la focalisation). Il propose trois catégories dans Figures III :

Type de focalisationCaractéristique
Récit non focaliséNarrateur omniscient : sa connaissance dépasse celle des personnages, jusqu'à leurs pensées intimes.
Focalisation interne fixeLe narrateur adopte le point de vue d'un seul personnage tout au long du récit.
Focalisation interne variableLe point de vue passe successivement par plusieurs personnages.
Focalisation interne multipleUn même événement est raconté selon les points de vue de différents personnages.
Focalisation externePoint de vue strictement limité aux perceptions visuelles/auditives ; le narrateur est un témoin objectif et anonyme, « sans que nous soyons jamais admis à connaître ses pensées ou ses sentiments » (Todorov : le narrateur en dit moins que n'en sait le personnage).

🔍 Les marques linguistiques du point de vue (François Rabatel)

  • L'aspectualisation de la perception : une perception ne suffit pas si elle est simplement mentionnée par un verbe (voir, entendre...) ; elle doit être développée pour révéler un point de vue. « Elle vit son père » (narrateur seul) vs « elle vit son père qui partait aux champs, traînant ses outils... » (point de vue de « elle »).
  • La mise en relief : distinction entre progression de l'action (passé simple, premier plan) et description/commentaire (imparfait, arrière-plan). « Elle vit son père. Il faisait demi-tour » : le mouvement du père est perçu à travers le regard de la fille.
  • L'anaphore associative : un terme non explicitement repris mais associé par implication lexicale révèle un point de vue. « Paul entra dans le village. Les cheminées fumaient » : c'est Paul qui perçoit la fumée, par association implicite.

Le narrataire, le non narrable, le non narré, le dénarré

👤 Le narrataire

Tout récit présuppose au moins un narrateur, un focalisateur, et un narrataire — le destinataire du discours narratif à l'intérieur du texte (parfois interpellé : « lecteur », « cher lecteur »...). Au « degré zéro », il connaît la langue, la grammaire du récit, et dispose d'une mémoire stable, mais ignore ce que le narrateur ne lui a pas encore révélé.

🚫 Trois formes d'absence narrative

  • Le non narrable : ce qui ne peut/doit pas être narré (transgresse une loi sociale, ou dépasse le savoir du narrateur), ou ce qui est jugé sans intérêt narratif.
  • Le non narré : événements qui ont bien eu lieu dans l'histoire mais ne sont pas racontés (ellipses, explicites ou non) — réponse à un besoin de rythme, de suspense, de surprise.
  • Le dénarré (Gerald Prince) : événements qui n'ont pas eu lieu bien qu'ils auraient pu être racontés — possibilités non réalisées, attentes ou espoirs non concrétisés.

Les actants du récit et les personnages

📢 Émetteurs et récepteurs

  • Instances émettrices : l'auteur réel (qui signe le livre), l'auteur implicite (qui crée l'œuvre sans y être impliqué), le narrateur (à qui l'auteur implicite délègue le pouvoir de raconter), et éventuellement le personnage-narrateur.
  • Instances réceptrices : le lecteur réel, le lecteur implicite (l'attente idéale de l'œuvre), et le narrataire (le lecteur inscrit dans le texte).

🧑‍🤝‍🧑 Les personnages : un système

Les personnages d'un récit fictif forment un système organisé selon plusieurs critères : le comportement (actif/passif, positif/négatif), la situation sociale (aristocrate, bourgeois...), la situation dans le groupe (intégré/isolé), la classe d'âge, l'idéologie. Ces classifications sont souvent binaires et doivent être dégagées du texte lui-même.

Les marques temporelles du récit

🕰️ Passé simple, imparfait, plus-que-parfait

  • L'utilisation du passé est un bon indice de la nature narrative d'un texte.
  • Le passé simple raconte des événements achevés, entrepris et clos — c'est le temps de la progression de l'action (premier plan).
  • L'imparfait décrit et raconte les événements qui durent et se répètent (caractère itératif) — c'est le temps de l'arrière-plan.
  • Le plus-que-parfait permet d'évoquer un « passé dans le passé », un événement antérieur au moment que le narrateur est en train de raconter.

Erreur fréquente

Confondre focalisation (« qui voit ? ») et voix narrative (« qui parle ? ») : un même narrateur (voix) peut adopter des focalisations différentes selon les passages d'un même récit. De même, ne pas confondre le niveau narratif (intra/extra/métadiégétique) avec le type de focalisation : ce sont deux grilles d'analyse indépendantes, à combiner.

💡 Méthode pour le concours : face à un texte narratif, procéder dans l'ordre : 1) identifier le schéma narratif (les 5 étapes) ; 2) déterminer la voix et le(s) niveau(x) narratif(s) ; 3) déterminer la ou les focalisations dominantes et relever leurs marques linguistiques ; 4) analyser l'ordre et la durée (anachronies, ellipses, pauses) ; 5) situer les personnages dans le schéma actantiel de Greimas. Une réponse structurée cite toujours l'auteur/théoricien de référence (Genette, Propp, Greimas, Bremond) associé à chaque outil d'analyse.
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L'indicatif, mode du réel, est le plus riche des modes : chaque temps y exprime, au-delà de sa valeur temporelle de base, plusieurs nuances selon le contexte. Ce chapitre détaille ces valeurs, temps par temps, avant d'aborder le conditionnel (temps et mode).

Le présent de l'indicatif

Il exprime avant tout une action actuelle, en train de se produire au moment même où l'on parle (présent momentané) : « Tu me railles, tu as raison. » Selon le contexte, il exprime aussi :

  • Une action instantanée : La portière claque, la voiture roule.
  • Une action habituelle (valable pour le passé, le présent et l'avenir) : Mon service débute à 8 heures du soir.
  • Une action passée, même lointaine (présent historique ou de narration) : Sous le seul règne de Philippe II, l'Espagne brûle seize cents personnes.
  • Une vérité générale, hors du temps — proverbe ou maxime (présent gnomique) : À l'œuvre on connaît l'artisan.
  • Un passé récent : Tu le manques de peu. / Il sort à l'instant.
  • Un futur proche : Je reviens dans deux minutes.
  • Un futur en subordonnée conditionnelle, avec le verbe principal au futur : Si je réussis, qui m'en saura gré ?
  • Un futur lointain, présenté comme déjà réalisé (projet, prédiction) : Dans peu de temps, l'homme marche sur la lune et organise des voyages interplanétaires.

L'imparfait

C'est le plus subtil des temps du passé. Il exprime :

  • Une action inachevée, en train de s'accomplir au moment où une autre action passée se produit : Deux Coqs vivaient en paix : une Poule survint. (La Fontaine)
  • Une action qui dure sans limite précise — imparfait de durée : Les heures se traînaient horriblement identiques.
  • Une action habituelle, répétée dans le passé — imparfait d'habitude : J'allais au grenier l'après-midi, après la sieste.
  • Une action à un moment précis du passé — imparfait historique : 1815, Napoléon partait pour Sainte-Hélène ; il est mort en 1821.
  • Une action passée récente par rapport à une autre action passée : À peine étions-nous dans la plaine que l'orage éclata.
  • Une action future proche par rapport à une autre action passée : Je sortais quand tu es arrivé.
  • Un remplacement plus vivant du conditionnel passé : Sans tout son esprit de décision, cet enfant se noyait.
  • Une hypothèse possible ou irréelle, après « si » : Si j'avais un avion, je serais heureux.
  • Une supposition, une menace, un conseil, un souhait : Ah ! si tu écrivais clairement !
  • Une atténuation (imparfait de politesse ou de description) : Je venais vous demander un petit service.
  • On le rencontre aussi dans le discours indirect.

Le passé simple

  • Une action complètement achevée à un moment déterminé du passé, sans idée de durée — d'où son emploi fréquent dans le récit et la narration pour des faits multiples présentés successivement : Deux Rats cherchaient leur vie ; ils trouvèrent un Œuf. (La Fontaine, Livre IX) / Elle but, s'essuya la bouche et continua.
  • Une vérité générale souvent constatée dans le passé : Reprenez vos esprits et souvenez-vous bien qu'un dîner réchauffé ne valut jamais rien. (Boileau)

Remarque : le passé simple peut aussi exprimer, sans idée de continuité, un fait qui dure mais dont la durée est limitée précisément par un complément de temps : Il marcha trente jours. (V. Hugo)

Le passé composé

Plus familier et plus courant, il exprime :

  • Une action entièrement accomplie sans précision — passé indéfini : Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil. (V. Hugo)
  • Une action entièrement accomplie à un moment défini : Nous nous sommes rencontrés la semaine dernière.
  • Une action passée dont les effets durent encore : Ce peintre a terminé son chef-d'œuvre.
  • Une vérité générale souvent constatée : La discorde a toujours régné dans l'univers ; notre monde en fournit mille exemples divers. (La Fontaine, Fables, XII, 8)
  • Une action entièrement subordonnée par rapport à un présent : Quand il a fini son travail, il écoute de la musique.
  • Un futur proche présenté comme déjà accompli : Attends-moi deux minutes, j'ai bientôt fini ce travail.
  • Un futur antérieur après un « si » épenthétique : Si tu as terminé à temps, nous irons au cinéma.

Le passé antérieur

  • Une action passée antérieure immédiatement à une autre : Quand il eut soufflé la bougie, tout changea. (Gracq)
  • Une action passée rapidement terminée, précédée d'un adverbe de temps : Et le Drôle eut lapé le tout en un moment. (La Fontaine, Le Renard et la Cigogne, I, 18)

Le plus-que-parfait

  • Une action entièrement accomplie, antérieure à une autre action passée (généralement à l'imparfait) : Je me souvenais de l'école, l'écriture avait gravé les murs.

Le futur simple

  • Une action à venir, proche ou lointaine : Moi aussi je regarderai les étoiles. (Saint-Exupéry, Le Petit Prince)
  • Une affirmation atténuée d'un fait présent — futur de politesse : Je vous prierai de m'écouter attentivement.
  • Un ordre atténué, une prière, un souhait : Tu iras jusqu'au bout de la forêt. (Vildrac)
  • Une probabilité, une intention, une promesse : Il fera beau demain (probabilité) / Je vous rembourserai ce soir (promesse)
  • Une action passée, chez les historiens : La campagne de Russie sera fatale à Napoléon.
  • Une indignation devant un fait qui risque de durer : « Quoi ! ces gens se moqueront de moi ? » (La Fontaine, Le Renard et les Poulets d'Inde)
  • Une vérité générale, souvent suivie de toujours, souvent, jamais : Homme libre, toujours tu chériras la mer ! (Baudelaire, L'Homme et la mer)

Le futur antérieur

  • Une action future antérieure à une autre action future dont le verbe est au futur simple : Quand j'aurai terminé avec lui, je serai à vos ordres. (Mérimée)
  • Un fait futur considéré déjà comme accompli (en indépendante ou en principale) : J'aurai fini dans un petit quart d'heure. (J. Romains)
  • Un fait passé avec diverses nuances affectives : probabilité (Tu auras encore égaré ton stylo ?), souhait (J'espère qu'il n'aura pas eu d'accident.), regret ou indignation (J'aurai donc travaillé pour rien !), politesse ou ironie (Vous m'aurez sans doute mal compris.)

Le conditionnel : temps ou mode ?

Le conditionnel-temps

Il a une valeur de futur ou de futur antérieur de l'indicatif, employé après un verbe principal au passé : Je pensais qu'il viendrait, qu'il serait venu (correspond à je pense qu'il viendra, qu'il sera venu).

Le conditionnel-mode : dans une principale conditionnée

Trois cas selon la réalisation de l'hypothèse :

  • Le potentiel (chose possible, avenir) : Si j'avais un avion un jour, je serais heureux.
  • L'irréel du présent : Si j'avais un avion maintenant, je serais heureux.
  • L'irréel du passé : Si j'avais eu un avion autrefois, j'aurais été heureux.

Le conditionnel-mode : dans une indépendante

  • Désir, souhait, rêve, conseil : J'aimerais voyager, cela serait charmant / J'aurais aimé voyager (regret) / Tu devrais te soigner (conseil)
  • Atténuation, politesse : Pourriez-vous avancer ?
  • Impression ou affirmation atténuée par prudence (information non contrôlée) : On dirait un bruit de chaîne. / Le train aurait déraillé, il y aurait des victimes !
  • Supposition, fait imaginé : Vous seriez les gendarmes, nous serions les voleurs.
  • Indignation : Moi, je trahirais un ami ? Il n'aurait pas dû dire cela !

Exercice d'application

Conjuguer au passé antérieur ou au plus-que-parfait, selon la valeur exprimée :

#Phrase corrigéeValeur exprimée
1Quand l'auteur eut obtenu le silence, il commença.Action entièrement achevée juste avant que l'auteur ne commence à parler
2Quand ils eurent fini de clore et de murer, on mit l'aïeul au centre en une tour de pierre.Fait entièrement achevé juste avant l'action suivante
3Bonjour Monsieur, je suis entré pour vous apporter ma facture.Valeur de passé composé, fait rejeté dans le passé
4Si l'on avait dit à nos arrière-grands-pères qu'on atterrirait sur la Lune, ils ne l'auraient pas cru.Fait situé dans le passé, après « si »
5Ah ! Si vous m'aviez averti, j'aurais pris mes précautions.Fait situé dans le passé, après « si »
6J'avais donc mon petit coin de jardin à cultiver ; en une demi-heure j'eus bêché mon terrain.Action passée accomplie rapidement
7Quand il avait fini son tour d'horizon, chaque fois il haussait les épaules…Fait habituel dans le passé
💡 Pour le concours : ne vous limitez jamais à nommer un temps — précisez toujours sa valeur dans le contexte (répétition, antériorité, atténuation, vérité générale…), et distinguez bien le conditionnel-temps (valeur temporelle pure) du conditionnel-mode (potentiel, irréel du présent/passé, nuances affectives).
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La forme verbale varie selon la personne, le nombre, le mode, le temps, l'aspect et la voix. Ce chapitre traite du classement des verbes en groupes, des modes personnels et impersonnels, et des semi-auxiliaires.

Les critères traditionnels du classement du verbe

Le classement traditionnel repose sur l'analyse graphique des formes verbales, en particulier des désinences (terminaisons). Il aboutit à trois groupes de conjugaison :

GroupeCritère de classement
1ᵉʳ groupeLa répartition prend pour premier critère la forme de l'infinitif.
2ᵉ groupeLa conjugaison repose sur la régularité des désinences temporelles, considérées comme marques essentielles du verbe, en minimisant les oppositions singulier/pluriel ou de personne.
3ᵉ groupeSeules les formes graphiques sont prises en considération ; toute variation graphique — qu'elle corresponde ou non à une différence de prononciation — peut déterminer un sous-groupe.

Les modes du verbe

Le mode exprime l'attitude du sujet parlant à l'égard de son énoncé. On oppose les modes personnels (qui distinguent les personnes par des désinences spécifiques) aux modes impersonnels (qui n'en possèdent pas).

Les 4 modes personnels

  • L'indicatif : mode du réel, exprime un fait certain ou donné comme tel ; mode par excellence de l'indépendante ou de la principale. « Ils demandent le chef, je me nomme, ils se rendent. » (Corneille, Le Cid, IV, 3)
  • Le conditionnel : exprime l'éventuel, la politesse, l'hypothèse. « Si j'étais votre égal, vous verriez. »
  • L'impératif : exprime un ordre, un conseil, une consigne ou une interdiction. « Venez avec moi, dit-elle, et ne dites mot. » (Voltaire)
  • Le subjonctif : mode du doute et de la pensée, surtout mode de la subordination. « Il n'a jamais admis qu'on puisse rire de lui. »

Les modes impersonnels

  • L'infinitif : forme nominale du verbe, exprime l'action sous sa forme la plus générale. « Changer de conversation n'était pas possible. »
  • Le participe : forme adjective du verbe. « Ils descendaient vers la Seine, désespérés, grelottants. » (Maupassant, La Parure, 1884)
  • Le gérondif : forme adverbiale, toujours invariable, exprime une valeur circonstancielle. « Je regarde la télévision en mangeant. »

Les semi-auxiliaires

Un semi-auxiliaire, suivi d'un infinitif ou d'un participe, nuance l'aspect ou le temps du verbe principal :

Semi-auxiliaireValeur exprimée
Aller + infinitifFutur proche
DevoirFutur probable ou obligatoire
FaireAspect causatif
Ne pas laisser de / être en train deAspect duratif
Commencer à, se mettre à, se prendre àAspect inchoatif
Venir suivi de àSens fortuit
Faillir, manquer deAspect occasionnel
Être sur le point de, être en passe de, être près deFutur très proche
Venir dePassé récent
PouvoirProbabilité, proximité
Avoir àObligation
Aller + participe présentContinuité

Le subjonctif : un mode en recul

Si le conditionnel est en progrès depuis sa création, le subjonctif, lui, est en recul : le français moderne, surtout à l'oral, tend à abandonner deux de ses quatre temps (l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif, cantonnés à l'écrit soutenu). Le subjonctif reste le mode affectif par excellence.

💡 Pour le concours, sachez toujours justifier le choix d'un mode par la fonction de la proposition (indépendante/principale vs subordonnée) et par le degré de certitude exprimé (réel, éventuel, souhaité, ordonné).
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Toute forme verbale se compose de deux constituants : le radical (base), qui porte le sens lexical stable du verbe, et la désinence (terminaison), qui apporte les informations grammaticales (mode, personne, nombre, temps). Ce chapitre détaille leur formation par série de temps, puis classe les verbes selon leur nombre de bases (radicaux différents).

Formation des temps simples, par série

Série I — Présent (indicatif, subjonctif, impératif) et imparfait

  • Indicatif présent : temps à la formation la plus variée. De nombreux verbes ont une seule base (il chante), d'autres deux (il écrit / ils écrivent, il finit / ils finissent). À l'écrit, deux séries de désinences au singulier : (e+s) pour les verbes en -er, ou (s/t) pour les autres.
  • Imparfait de l'indicatif : radical unique, correspondant à la base de la 1ʳᵉ personne du pluriel du présent (connaissons → connaissais), sauf pour être. Désinences écrites : (ai+s/s/t/ent) au singulier et 3ᵉ pl., (i+ons/ez) aux 1ʳᵉ/2ᵉ du pluriel.
  • Subjonctif présent : radical souvent commun à l'indicatif présent, ou basé sur le pluriel de l'indicatif (qu'il finisse). Désinences (sauf être/avoir) : e, es, e, ions, iez, ient.
  • Impératif présent : trois personnes seulement, identiques au présent de l'indicatif (avec chute du -s de la 2ᵉ personne pour les verbes en -er).

Séries II à IV

  • Futur simple (Série II) : base souvent prévisible depuis l'infinitif, suivie de la marque /r/ puis des désinences (ai, as, a, ons, ez, ont).
  • Conditionnel présent : formé sur la base du futur simple (marque /r/) suivie des désinences de l'imparfait.
  • Passé simple (Série III, forme littéraire) : voyelle spécifique selon le type de verbe — (a/è) pour les verbes en -er, (i) pour finir/agir/saisir, (u) pour conclure/avoir/courir/lire. Désinences 1ʳᵉ/2ᵉ pl. : -mes/-tes avec accent circonflexe.
  • Imparfait du subjonctif : mêmes voyelles que le passé simple + terminaisons (sse, sses, t, ssions, ssiez, ssent).
  • Infinitif et participe (Série IV) : quatre désinences à l'écrit (er, ir, oir, re) ; participe présent/gérondif en -ant (exceptions : étant, ayant, sachant) ; participe passé en (é), (i), (u) ou consonne finale selon les verbes.

Particularités orthographiques (verbes à 2 bases, variation vocalique)

Type de verbeParticularitéExemples
Verbes en -cerLe « c » prend une cédille devant a/o : nous plaçons, je plaçais, je plaçaiplacer, commencer, annoncer…
Verbes en -gerUn « e » s'ajoute après le g devant a/o : nous rangeons, je rangeaisranger, manger, voyager…
Type semer« e » caduc devient « è » ouvert devant syllabe à e caduc (accent grave)semer, achever, lever, mener, peser
Type céder« e » fermé devient « e » ouvert devant syllabe à e caduccéder, compléter, considérer, pénétrer, régler, répéter, révéler, sécher
Type jeter/appelerRedoublement de la consonne (t/l) devant e caducjeter, appeler, rappeler, renouveler, ruisseler
Type geler/acheterAccent grave sur le « e » au lieu du redoublementgeler, acheter, décider, dégeler, écarteler, marteler, modeler, peler
Verbes en -oyer/-uyerLe « y » devient « i » devant voyelle autre que e caducnettoyer, ennuyer, broyer, déployer, noyer, appuyer (exception : envoyer/renvoyer ont un futur en -verr)
Verbes en -ayerLe « y » peut être conservé ou remplacé par « i » devant e caducpayer

Classement des verbes selon leur nombre de bases

Certains verbes possèdent un radical unique ; d'autres varient selon le temps ou la personne, jusqu'à six bases différentes pour les plus irréguliers.

BasesVerbe(s) typeBases identifiées
1 basecourir (et dérivés : accourir, discourir, parcourir, secourir), cueillir (et dérivés), conclure/inclure/reclure, rire/sourireradical unique à tous les temps
2 basesfinir (fini / finiss) · fuir/s'enfuir (fui / fuy) · battre/mettre (bat/met court, batt/mett long) · rendre/prendre (rend ; prendre : pren/prenn/pri) · coudre (coud/cous) · moudre (moud/moul) · suivre (sui/suiv) · dire (di/dis) · lire (li/lis +lu) · cuire et famille (cui/cuis) · plaire (plai/plais +plu)radical court et radical long selon le temps
3 basesoffrir/ouvrir/couvrir/souffrir (offr, offri, offert) · haïr (haï, hai, haïsse) · vivre (vi, viv, +véc) · croire (croi, croy, cr) · traire/extraire (trai, tray — 2 bases) · écrire (écri, écriv) · absoudre/résoudre (absolv, absoud, absou) · craindre/plaindre/contraindre (crain, craign, craind) · peindre/joindre (pein, peign, peind)base courte, longue, et parfois base réservée au participe passé
4 basesdevoir (doi, dev, doiv, du) · paraître/connaître/naître/croître (parai, paraiss, paraît, par(u) — naître : n(é)/naqu au passé simple)—
5 basesvenir/se souvenir/parvenir (ven, vien, vienn, vin, viend) · voir/entrevoir/prévoir/revoir (voi, voy, ve, vi, vu) · savoir (sai, sav, sau, sach, s(u)) · valoir (vau, val, vaud, vaill +val(u)) · s'asseoir (assied, assié, assey, ass, assoi) · acquérir (acquier/acquièr, acquér/acquer, acqu — bases orales)—
6 basesaller (six bases) · vouloir (veu, voul, veul, voud, veuill) · pouvoir (peu, pouv, peuv, pou, puiss + variante « puis-je ») · avoir (ai, a, ont, av, au, ay, eu) · faire (fai, font, fais, fe, fass, fi) · être (le plus grand nombre : suis, es(t), sommes, sont, ét, se, soi(t), soy, fu)verbes les plus irréguliers du français

Cas particuliers à retenir

  • Mourir suit le modèle de courir, sauf au participe passé (mort) et au présent (base meur).
  • Partir, dormir, sentir, mentir, servir, sortir : trois bases (courte, allongée d'une consonne, allongée d'un « i »). Exception : vêtir garde le « t » dans sa base courte.
  • Recevoir et sa famille : le « c » prend une cédille devant o/u (reçoit, reçu).
  • Dire et faire : 2ᵉ personne du pluriel irrégulière (vous dites, vous faites) ; seul redire suit totalement ce modèle parmi les dérivés de dire.
💡 Face à un verbe rare au concours, identifiez d'abord son nombre de bases puis reliez chaque base à la série de temps correspondante (Série I : présent/imparfait ; Série II : futur/conditionnel ; Série III : passé simple/imparfait du subjonctif) — cela structure immédiatement toute la conjugaison.
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Au-delà du temps chronologique, le verbe porte une valeur d'aspect (le déroulement interne du procès), peut se construire à la voix active ou passive, et peut prendre une forme pronominale. Ce chapitre synthétise ces trois dimensions.

L'aspect verbal

Le procès exprimé par le verbe peut être envisagé de deux manières : le temps chronologique (passé/présent/futur, point de vue externe) et l'aspect (déroulement interne du procès, indépendamment de la chronologie).

Accompli / inaccompli

  • Aspect accompli : le procès est envisagé au-delà de son terme, comme réalisé. Formes composées : « Je crois avoir compris cette explication. » « Il avait chanté. »
  • Aspect inaccompli : le procès est saisi en cours de déroulement. Formes simples : « Je crois comprendre cette explication. » « Il chante. »
  • Cette opposition passe, à tous les modes, par l'opposition entre formes simples et formes composées.

Inchoatif / terminatif / progressif

  • Inchoatif : saisit le procès à son tout début — se mettre à, commencer à.
  • Terminatif : saisit le procès à sa limite finale — finir de, cesser de, terminer de.
  • Progressif : souligne le développement continu et graduel de l'action — être en train de ; « Le mal va croissant. »

Une échelle typique de l'aspect

Il vient de parler (passé récent) → il finit de parler (terminatif) → il est en train de parler (progressif/duratif) → il commence à parler (inchoatif) → il va parler (futur proche). Une même action peut ainsi être saisie à différents points de son déroulement interne.

Voix active et voix passive

Passé récent vient de parler Terminatif finit de parler Progressif est en train de parler Inchoatif commence à parler Futur proche va parler
Une échelle du déroulement interne du procès : du passé récent (vient de parler) au futur proche (va parler), en passant par le terminatif, le progressif et l'inchoatif

En français, le passif se construit avec l'auxiliaire être suivi du participe passé — c'est être qui porte les marques de mode, temps, personne et nombre.

Voix activeVoix passive
Le professeur (N1) explique (V) la leçon (N2).La leçon (N2) est expliquée par le professeur (N1).
Nos amis construisent cette maison.Cette maison est construite par nos amis.
On a fracturé la porte.La porte a été fracturée.
On a bâti la mairie.La mairie a été bâtie en 1932.

Cas où la transformation passive est impossible ou trompeuse

  • Ce livre se vend bien — forme nominale à sens passif, pas un vrai passif.
  • Les enfants jouent dans la cour — jouer est intransitif : pas de passif possible.
  • Jean pensait à son match / Ma voisine est une brave femme — transformation passive impossible (verbe non transitif direct, ou attribut).

Verbes pronominaux et constructions pronominales

On qualifie de pronominale toute forme verbale construite avec un pronom personnel conjoint (« se » à la 3ᵉ personne), et formant ses temps composés avec l'auxiliaire être.

Interprétation réfléchie / réciproque

  • Réfléchie : le sujet (singulier, ou chacun des éléments d'un ensemble collectif) agit sur lui-même. « Jean s'était vêtu d'un kimono. »
  • Réciproque : multiplicité de relations croisées entre les éléments d'un ensemble. « Les élèves d'une classe se sont battus comme des chiffonniers. »

Verbes essentiellement pronominaux

Le pronom réfléchi fait partie intégrante de la forme lexicale (pas de forme simple correspondante) :

  • Intransitifs : s'évanouir, s'écrouler, se diminuer
  • Transitifs directs : s'arranger (un doigt)
  • Transitifs indirects : se souvenir de, se méfier de, se méprendre de, s'enquérir de

Construction pronominale (sans lecture réfléchie ni réciproque) : « Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. »

💡 Méthode : face à une forme pronominale, vérifiez d'abord si une lecture réfléchie ou réciproque est possible ; sinon, il s'agit d'une construction pronominale (souvent proche du sens passif) ou d'un verbe essentiellement pronominal (sans forme simple).
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La conjugaison française concentre l'essentiel des irrégularités morphologiques héritées du latin. Ce chapitre réunit une sélection de verbes difficiles — parmi les plus fréquemment mal orthographiés aux concours — avec leurs formes-pièges et les remarques indispensables.

Tableau des verbes difficiles

Pour chaque verbe : présent (je / nous), passé simple, futur et participe passé. La colonne « Piège » signale l'erreur la plus courante.

VerbePrésent (je / nous)Passé simpleFuturPart. passéPiège fréquent
haïrje hais / nous haïssonsje haïs, nous haïmesje haïraihaï, haïetréma partout sauf aux 3 pers. du sing. du présent : je hais
acquérirj'acquiers / nous acquéronsj'acquisj'acquerraiacquis, isedeux « r » au futur (acquerrai)
mourirje meurs / nous mouronsje mourusje mourraimort, mortedeux « r » au futur ; auxiliaire être
asseoirj'assieds / nous asseyons (ou j'assois)j'assisj'assiérai ou j'assoiraiassis, isedeux séries de formes ; surseoir garde le « e » : je surseoirai
mouvoirje meus / nous mouvonsje musje mouvraimû, muecirconflexe au masc. sing. (mû) ; mais ému, promu
devoirje dois / nous devonsje dusje devraidû, due, duscirconflexe au seul masc. sing. : dû (≠ du)
vaincreje vaincs / nous vainquonsje vainquisje vaincraivaincu, ue3ᵉ pers. du sing. sans « t » : il vainc
coudreje couds / nous cousonsje cousisje coudraicousu, ueradical « cous- » au pluriel et au passé simple
naîtreje nais / nous naissonsje naquisje naîtrainé, néecirconflexe : il naît ; auxiliaire être
résoudreje résous / nous résolvonsje résolusje résoudrairésolu, ue≠ absoudre (absous, sans passé simple usuel)

Quatre pièges à retenir absolument

Le « t » qui disparaît

Les verbes en -cre comme vaincre et convaincre ne prennent pas de « t » à la 3ᵉ personne : il vainc, il convainc.

L'accent circonflexe distinctif

dû, mû, crû (croître) portent l'accent au seul masculin singulier, pour les distinguer de du, mu, cru.

Le double « r » du futur

mourir → je mourrai, courir → je courrai, acquérir → j'acquerrai : le « r » du radical s'ajoute à celui de la terminaison.

Les verbes à double forme

asseoir : j'assieds / j'assois. payer : je paie / je paye. Les deux séries sont admises.

💡 Les fautes les plus pénalisées aux concours : il vainc (sans t), il naît / il paraît (circonflexe), je mourrai (deux r) et les participes mû / dû (accent au masculin singulier seulement).
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Les items « mot de liaison » et « ordre des phrases » mesurent la cohérence textuelle : savoir quelle relation logique unit deux idées, quel connecteur l'exprime avec exactement la bonne nuance, et dans quel ordre s'enchaînent des phrases mélangées. Les pièges sont toujours les mêmes : une relation voisine (cause/but, opposition/concession), un mode erroné après le connecteur, une classe grammaticale qui ne convient pas (conjonction ou adverbe ?). Ce chapitre donne l'inventaire complet et la méthode pour ne plus hésiter.

1. Connecteur, conjonction, adverbe, préposition : de quoi parle-t-on ?

ClasseRôleExemples
Conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car)Relie deux mots ou deux propositions de même fonction ; invariableIl est fatigué mais il continue.
Conjonction de subordination (que, quand, parce que, bien que, si, comme, afin que…)Introduit une proposition subordonnée dont le verbe a un mode précisIl continue bien qu'il soit fatigué.
Adverbe connecteur (pourtant, cependant, ensuite, donc, ainsi, toutefois…)Relie deux phrases ou propositions mais peut se déplacer dans la phraseIl est fatigué ; il continue pourtant.
Préposition / locution prépositive (malgré, grâce à, à cause de, afin de…)Introduit un groupe nominal ou un infinitif, jamais une proposition conjuguéeMalgré sa fatigue, il continue.
💡 Test décisif : un adverbe connecteur se déplace (« Il continue pourtant », « Pourtant, il continue »), une conjonction non. Après bien que il y a un verbe conjugué ; après malgré il y a un nom (malgré la pluie) : dire « malgré qu'il pleuve » est à éviter.

2. Les douze relations logiques et leurs connecteurs

RelationConnecteurs et constructionExemple
Additionet, de plus, en outre, par ailleurs, également, de surcroît, non seulement… mais encoreIl est compétent ; de plus, il est ponctuel.
Causecar, parce que, puisque (cause connue), comme (en tête de phrase), étant donné que, vu que, dans la mesure où, en raison de, à cause de, grâce à, faute deComme il pleuvait, nous sommes restés.
Conséquencedonc, ainsi, par conséquent, c'est pourquoi, aussi (+ inversion), si bien que, de sorte que, au point que, tellement… que, tant… queIl était si fatigué qu'il s'est endormi.
Butpour, afin de, de peur de, en vue de (+ infinitif) ; pour que, afin que, de crainte que (+ subjonctif)Il étudie afin d'avoir son concours.
Oppositionmais, cependant, pourtant, toutefois, en revanche, au contraire, alors que, tandis que, orPaul est bavard alors que son frère est silencieux.
Concessionbien que, quoique, encore que (+ subjonctif) ; même si (+ indicatif) ; malgré, en dépit de ; certes… mais ; quand mêmeMême s'il est fatigué, il continue.
Condition / hypothèsesi (+ indicatif), à condition que, pourvu que, à moins que (+ subjonctif), au cas où, dans l'hypothèse où (+ conditionnel), sinon, faute de quoiÀ moins qu'il ne pleuve, nous sortirons.
Tempsquand, lorsque, dès que, aussitôt que, après que (+ indicatif), avant que, en attendant que, jusqu'à ce que (+ subjonctif), pendant que, tandis queDès qu'il est arrivé, il a appelé.
Comparaisoncomme, de même que, ainsi que, tel, aussi… que, plus… que, comme si (+ imparfait)Il parle comme si il savait tout.
Illustration / explicationpar exemple, notamment, en particulier, c'est-à-dire, en effet, ainsiPlusieurs langues, notamment l'arabe, y sont enseignées.
Alternative / restrictionou, soit… soit, ou bien, sinon, seulement, excepté, sauf, hormisPrends le train ou le bus.
Conclusion / reformulationen somme, bref, en conclusion, finalement, en définitive, autrement dit, en d'autres termesBref, le projet est réalisable.

3. Les quatre confusions qui coûtent des points

PiègeRègleExemple
Cause ou but ?La cause répond à « pourquoi ? » (ce qui s'est passé avant) ; le but répond à « pour quoi faire ? » (ce qu'on vise). Le but impose le subjonctif ou l'infinitif ; la cause l'indicatif.Il court parce qu'il est en retard (cause). Il court pour être à l'heure (but).
Opposition ou concession ?L'opposition met deux faits en contraste, sans lien attendu ; la concession pose un obstacle qui n'empêche pas le résultat.Il pleut alors que hier il faisait beau (opposition). Il sort bien qu'il pleuve (concession).
Conséquence ou conclusion ?La conséquence est un fait qui découle d'un autre ; la conclusion résume tout un raisonnement.Il a révisé, donc il a réussi. / En somme, il a réussi grâce au travail.
Car, parce que, puisqueCar : coordination, jamais en tête de phrase, explication ajoutée. Parce que : cause nouvelle, répond à « pourquoi ? ». Puisque : cause déjà connue ou évidente.Puisque tu es là, aide-moi.

4. Les modes après les connecteurs

Mode imposéConnecteurs
Subjonctifbien que, quoique, pour que, afin que, avant que, jusqu'à ce que, à condition que, pourvu que, à moins que, sans que, de peur que, en attendant que
Indicatifparce que, puisque, comme, tandis que, alors que, pendant que, après que, dès que, aussitôt que, si bien que, de sorte que (conséquence réelle), même si
Conditionnelau cas où, dans l'hypothèse où, quand bien même
Infinitifafin de, pour, avant de, sans, de peur de, en vue de

Remarque : de sorte que et si bien que prennent l'indicatif pour exprimer une conséquence réelle (« Il a plu, de sorte que la fête a été annulée ») et le subjonctif pour un but (« Parle de sorte que tout le monde t'entende »).

5. Méthode pour choisir le mot de liaison

1
Dégagez la relation. La seconde idée explique-t-elle la première (cause) ? en découle-t-elle (conséquence) ? s'y oppose-t-elle (opposition) ? la contredit-elle sans l'annuler (concession) ?
2
Éliminez les relations voisines : cause/but, opposition/concession.
3
Vérifiez la classe grammaticale : conjonction + verbe conjugué, préposition + nom, adverbe mobile.
4
Vérifiez le mode du verbe qui suit (subjonctif, indicatif, conditionnel, infinitif).
5
Relisez la phrase complète : le sens et la ponctuation doivent rester naturels.

6. Remettre des phrases dans l'ordre

1
Trouvez la phrase d'ouverture. Elle présente le sujet avec un article indéfini (un, une), un lieu, une date, un cadre ; elle ne contient ni connecteur de reprise (mais, donc, en effet), ni pronom sans antécédent (il, elle, celui-ci).
2
Suivez les reprises nominales. Un nom introduit par « un » est repris par « le » puis par un pronom : un homme… l'homme… il.
3
Suivez la chronologie. D'abord, puis, ensuite, alors, un jour, soudain, enfin ; la cause précède la conséquence.
4
Repérez les connecteurs qui supposent une phrase antérieure : mais (oppose), donc (conclut), en effet (explique), c'est pourquoi (conséquence), pourtant (concède).
5
Placez la conclusion ou la chute en dernier (enfin, bref, heureusement, depuis ce jour), puis relisez l'ensemble.

7. Cas particuliers : lettre, dialogue, texte argumentatif

  • Lettre administrative : lieu et date → expéditeur → destinataire → objet → formule d'appel (« Monsieur le Directeur ») → corps (présentation, demande, transition « Pour une meilleure appréciation de ma candidature, je joins… ») → formule finale (« Dans l'attente de votre réponse, veuillez agréer… ») → signature.
  • Texte argumentatif : thèse → arguments (d'abord, ensuite, enfin) → exemple → objection (certes… mais) → conclusion (en somme).
  • Récit : situation initiale → élément perturbateur (un jour, soudain) → péripéties → dénouement → situation finale (depuis ce jour).

Exemples résolus

Exemple 1. A. Il décida donc de rentrer à pied. — B. Un matin, Karim attendait le bus devant le lycée. — C. Mais le bus ne vint pas, malgré plus d'une heure d'attente. — D. Heureusement, il arriva chez lui avant la nuit.

Ordre : B – C – A – D. B ouvre (article indéfini, situation initiale) ; C contient « mais » (rupture) ; A contient « donc » (conséquence de C) ; D conclut (« heureusement »).

Exemple 2. Complétez : « Il a travaillé toute l'année, ___ il a réussi. » — « Il est resté silencieux, ___ il avait compris. » — « Il court ___ être à l'heure. »

Réponses : donc (conséquence) ; bien qu' ou alors qu' selon le sens (« il est resté silencieux alors qu'il avait compris » : opposition/concession) ; pour (but). Dans le deuxième cas, parce qu' serait possible si le sens était « silencieux car il avait compris » : le contexte tranche.

Exercice

1. Je pars demain. — 2. Il faut donc que tu m'aides à préparer mes bagages. — 3. J'ai un long voyage à faire. Réponse : 3 – 1 – 2. La 3 présente le sujet (« un long voyage »), la 1 donne l'échéance, la 2 tire la conséquence (« donc »).

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Les items « synonyme » et « antonyme » testent la précision du vocabulaire. L'erreur classique consiste à choisir un mot du même thème mais pas du même sens, ou du bon sens mais de la mauvaise intensité, du mauvais registre ou de la mauvaise classe grammaticale. Ce chapitre donne une méthode, les procédés de fabrication des contraires, un lexique de niveau concours et les pièges de nuance.

1. Définitions et vérité sur la synonymie

  • Synonymes : mots de même classe grammaticale et de sens très proche dans un contexte donné. La synonymie parfaite n'existe presque jamais : les synonymes diffèrent par l'intensité, le registre ou la construction.
  • Antonymes : mots de sens opposé. On en distingue trois types : complémentaires (mort/vivant : l'un exclut l'autre), gradables (chaud/froid : il existe des degrés intermédiaires), réciproques (acheter/vendre, donner/recevoir).
  • Un mot polysémique a plusieurs synonymes selon le contexte : franc = sincère (un regard franc), mais aussi ancienne monnaie ; sensible = émotif ou perceptible ; fin = mince, subtil, ou terme. Il faut donc toujours tester dans la phrase donnée.

2. Méthode en cinq réflexes

1
Mettez le mot dans sa phrase et substituez chaque proposition : le sens doit rester (synonyme) ou s'inverser (antonyme).
2
Gardez la même nature grammaticale (adjectif ↔ adjectif, verbe ↔ verbe, nom ↔ nom).
3
Respectez l'intensité : « excellent » n'est pas simplement « bon » ; « furieux » est plus fort que « fâché ».
4
Respectez le registre : bagnole (familier) ≠ automobile (soutenu).
5
Éliminez les faux amis : un contraire n'est pas un mot qui « va mal avec » ; un synonyme n'est pas un mot du même thème.

3. Fabrication des contraires

ProcédéExemplesExceptions à connaître
Préfixes in-, im-, il-, ir- (avant b/m/p : im- ; avant l : il- ; avant r : ir-)prudent → imprudent ; possible → impossible ; légal → illégal ; réel → irréelinflammable = qui s'enflamme (pas le contraire de « flammable ») ; invaincu n'est pas un contraire de « vaincu » au sens de « battu ».
Préfixes dé-, dés-, mé-, mal-, a-, non-, anti-faire → défaire ; avantage → désavantage ; honnête → malhonnête ; normal → anormal ; fumeur → non-fumeurdéchirer n'est pas le contraire de « chirer » (mot inexistant) ; malin n'est pas le contraire de « lin ».
Mot différent (cas le plus fréquent)avare ↔ prodigue ; loquace ↔ taciturne ; concis ↔ prolixe ; éphémère ↔ durablePas de règle de formation : il faut connaître le lexique.

4. Lexique de niveau concours : adjectifs et noms

MotSynonyme(s)Antonyme(s)
vasteimmense, étendu, spacieuxexigu, restreint, étriqué
lucideclairvoyant, perspicaceconfus, aveugle
éphémèrepassager, fugace, brefdurable, permanent, pérenne
loquacebavard, volubile, diserttaciturne, silencieux, réservé
prodiguedépensier, généreux, dispendieuxavare, économe, parcimonieux
concisbref, succinct, laconiqueprolixe, verbeux, long
docileobéissant, soumis, malléablerebelle, indocile, récalcitrant
affableaimable, courtois, avenantrevêche, désagréable, hargneux
audacieuxhardi, intrépide, témérairetimoré, craintif, pusillanime
tenaceobstiné, persévérant, acharnévelléitaire, inconstant, versatile
futileinsignifiant, frivole, dérisoireessentiel, capital, important
vétustedélabré, vieilli, décrépitneuf, moderne, flambant neuf
abondantcopieux, nombreux, foisonnantrare, insuffisant, maigre
sobremodéré, frugal, tempérantexcessif, glouton, intempérant
sagaceperspicace, avisé, finborné, naïf, obtus
francsincère, direct, loyalhypocrite, dissimulé, fourbe
rareexceptionnel, peu fréquent, insolitecourant, banal, commun
prudentcirconspect, avisé, précautionneuximprudent, téméraire, insouciant
modestehumble, discret, effacéorgueilleux, prétentieux, vaniteux
diligentzélé, appliqué, assidunégligent, nonchalant, paresseux
lucratifrentable, profitable, avantageuxruineux, déficitaire
mordantcaustique, incisif, acerbedoux, bienveillant
mornetriste, sombre, lugubrejoyeux, gai, enjoué
manifesteévident, flagrant, patentcaché, douteux, obscur
éloquentpersuasif, disert, convaincantmuet, inexpressif, terne
pernicieuxnuisible, nocif, néfastebénéfique, salutaire, profitable
équitablejuste, impartial, objectifpartial, injuste, inique
indigentpauvre, nécessiteux, démuniriche, nanti, aisé
stérileinfécond, aride, improductiffécond, fertile, productif
hostiledéfavorable, ennemi, adversefavorable, bienveillant, amical
unanimegénéral, collectif, commundivisé, partagé
cohérentlogique, suivi, rationnelincohérent, contradictoire, décousu

5. Lexique de niveau concours : verbes

VerbeSynonyme(s)Antonyme(s)
acquérirobtenir, gagner, se procurerperdre, céder
approuverconsentir, accepter, cautionnerdésapprouver, rejeter, réprouver
atténueradoucir, diminuer, calmeraggraver, accentuer, renforcer
blâmercritiquer, réprimander, condamnerlouer, féliciter, approuver
dissimulercacher, masquer, tairerévéler, dévoiler, exposer
élucideréclaircir, expliquer, résoudreembrouiller, obscurcir, compliquer
entravergêner, empêcher, freinerfaciliter, favoriser, encourager
exalterglorifier, célébrer, magnifierdénigrer, rabaisser, décrier
proscrireinterdire, bannir, prohiberautoriser, prescrire, permettre
réfutercontredire, démentir, contesterconfirmer, corroborer, admettre
sévirpunir, réprimerpardonner, tolérer
s'abstenirse retenir, renoncer àagir, participer
divulguerrévéler, ébruiter, publiertaire, cacher
découragerdissuader, démoraliserencourager, stimuler

6. Nuances d'intensité : les échelles à connaître

IdéeDu plus faible au plus fort
Colèreagacé → irrité → fâché → furieux → enragé
Peurinquiet → craintif → apeuré → terrifié → épouvanté
Grandeurgrand → vaste → immense → colossal → gigantesque
Fatiguelas → fatigué → épuisé → exténué → éreinté
Beautéjoli → beau → magnifique → splendide → sublime
Pauvretémodeste → gêné → pauvre → indigent → misérable

7. Faux synonymes et nuances à ne pas confondre

CoupleDifférence
prudent / timidePrudent : évite le risque ; timide : manque d'assurance.
économe / avareÉconome : dépense avec mesure ; avare : refuse de dépenser par attachement à l'argent.
têtu / tenaceTêtu est péjoratif ; tenace est mélioratif (persévérant).
ancien / vétusteAncien : qui date ; vétuste : en mauvais état.
sensé / censéSensé : raisonnable ; censé : supposé (« il est censé savoir »).
discret / secretDiscret : qui ne se fait pas remarquer ; secret : qui est caché.
résilier / résoudre / révoquerRésilier : mettre fin à un contrat ; résoudre : trouver une solution ; révoquer : destituer ou annuler.

8. Synonymes de registres différents

Un même sens peut s'exprimer en trois registres : familier (bouquin, gosse, bosser), courant (livre, enfant, travailler), soutenu (ouvrage, enfant/progéniture, œuvrer). Les items « synonyme » demandent presque toujours le terme du registre le plus proche.

Exemples résolus

« Un homme laconique » → synonyme : concis, bref dans ses paroles ; antonyme : prolixe, bavard. Le piège : « silencieux », qui ne décrit pas la manière de parler.

« Il a réfuté cette hypothèse » → synonyme : contredit, démenti ; antonyme : confirmé, corroboré. Le piège : « refusé », qui ne s'applique pas à une thèse.

« Une situation préoccupante » → synonyme : inquiétante, alarmante ; antonyme : rassurante. Le piège : « occupée », mot de la même famille mais de sens différent.

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L'item « intrus » (le mot qui n'appartient pas à la liste) et les items sur les mots étrangers à la liste demandent de trouver le critère commun avant de désigner celui qui lui échappe. Un seul mot doit échapper au critère. Le piège est qu'une liste peut se prêter à plusieurs critères : il faut choisir le plus général, celui qui laisse un seul mot de côté.

1. Quel critère chercher ? Les neuf familles

CritèreExemple de listeIntrus et raison
Champ sémantique (catégorie)chêne, hêtre, peuplier, rose, érablerose (fleur ; les autres sont des arbres)
Sens : synonymestriste, morne, sombre, abattu, joyeuxjoyeux (sens opposé)
Nature grammaticalecourir, marcher, sauter, nager, rapiderapide (adjectif ; les autres sont des verbes)
Registre de languevoiture, auto, automobile, bagnole, véhiculebagnole (familier)
Genre grammaticalatmosphère, octave, arachide, acné, pétalepétale (masculin ; les autres sont féminins)
Famille de motsterre, terrestre, enterrer, terrain, mermer (n'est pas de la famille de « terre »)
Homonymes piégeuxamande, noix, noisette, pistache, amendeamende (sanction ; les autres sont des fruits à coque)
Sens opposé / même sensgénéreux, large, prodigue, libéral, avareavare (les autres désignent celui qui donne volontiers)
Orthographe ou prononciationcheval, journal, animal, canal, hôpital, festivalfestival (pluriel en -s : des festivals ; les autres font -aux)

2. Méthode en cinq temps

1
Lisez toute la liste avant de conclure ; ne partez pas du premier mot.
2
Formulez le critère en phrase : « ce sont tous des… », « ce sont tous des synonymes de… », « ce sont tous des mots de la même famille ».
3
Testez-le sur chaque mot : un seul doit échouer. Si deux échouent, changez de critère.
4
Vérifiez la nature grammaticale : un adjectif au milieu de verbes est un intrus sûr.
5
Gardez le critère le plus général si un second critère conduit à un autre intrus.

3. Les champs sémantiques à connaître

ChampMots typesGenre et espèces
Vêtementsveste, chemise, jupe, pantalon, manteauSous-vêtements : maillot, slip ; accessoires : écharpe, gant, ceinture ; chaussures : sandale, botte.
Habitationmaison, villa, chalet, appartement, demeureDistinguer le logement (appartement, villa) de la pièce (salon, cuisine) et du mobilier.
Mesuresmètre, litre, kilo, hectare, minuteLongueur, volume, masse, surface, temps : chaque mot appartient à une grandeur différente.
Métiers de la justicejuge, avocat, greffier, huissier, notaireIntrus possible : policier (sécurité, non justice).
Écoleélève, professeur, cartable, cours, examenPersonnes, matériel, activités : vérifiez la catégorie.
Sentimentscolère, joie, tristesse, peur, jalousieDistinguer sentiment, sensation (faim), qualité (courage).
Langagedire, déclarer, affirmer, murmurer, crierVerbes de parole ; penser serait un intrus (activité mentale).

4. Les pièges les plus fréquents

  • Un mot de la même catégorie mais d'une autre nature : « beau, joli, magnifique, splendeur » (splendeur est un nom).
  • Un homonyme d'un mot de la liste : « verre, vert, ver, vers, vair » (tous homophones : l'intrus est celui qui n'est pas prononcé [vɛʁ]).
  • Un paronyme : « éminent, imminent, immanent » (trois paronymes de sens très différents : si la consigne parle de proximité de sens, aucun ne convient).
  • Un registre différent : « manger, déguster, savourer, bouffer » (bouffer est familier).
  • Un mot polysémique qui appartient à deux champs : « avocat » (fruit ou juriste), « souris » (animal, ordinateur), « cousin » (parent ou moustique).
  • Le piège de l'intrus apparent : dans « chat, chien, cheval, lion, lézard », lézard n'est pas l'intrus si le critère est « animal » ; il le devient si le critère est « mammifère ».

5. Entraînement guidé

ListeCritère trouvéIntrus
lundi, mardi, janvier, jeudi, samedijours de la semainejanvier
colère, rage, fureur, courroux, joiemanifestations de l'irritationjoie
généreux, prodigue, libéral, large, avarequi donne sans compteravare
rapide, vif, prompt, lent, prestevitesse élevéelent
écrire, rédiger, noter, consigner, liremettre par écritlire
sceptique, incrédule, méfiant, naïf, défiantmanque de confiancenaïf
hiver, été, printemps, automne, trimestresaisonstrimestre
sonner, tinter, retentir, résonner, taireproduire un sontaire
élève, étudiant, apprenti, disciple, maîtrequi apprendmaître
conjecture, supposition, hypothèse, présomption, certitudeidée non vérifiéecertitude
💡 Si, dans la même liste, deux mots paraissent des intrus, c'est que votre critère est trop étroit. Revenez à un critère plus général (par exemple « animal » plutôt que « mammifère ») jusqu'à ce qu'un seul mot lui échappe.
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Dans l'item « expression correcte », trois réponses sont souvent orthographiquement très proches et une seule est juste. Ce chapitre traite les homophones : mots qui se prononcent pareil mais s'écrivent différemment. Pour chaque paire, on retient un test de remplacement qui tranche sans hésiter.

1. Les homophones grammaticaux : test de remplacement

PaireTest et règleExemple
a / àa = verbe avoir (on peut dire « avait ») ; à = prépositionIl a un livre à lire.
ou / oùou = « ou bien » ; où = lieu ou temps (relatif ou interrogatif)Où vas-tu ? À Fès ou à Rabat ?
et / estest = verbe être (on peut dire « était ») ; et = additionIl est grand et fort.
on / ontont = avoir (« avaient ») ; on = pronom (« il »)On sait qu'ils ont gagné.
son / sontsont = être (« étaient ») ; son = déterminant possessif (« mon »)Ils sont partis avec son frère.
ce / sese devant un verbe (pronominal) ; ce devant un nom ou « qui/que »Ce garçon se lave.
ces / sesces = ces… (démonstratif pluriel) ; ses = les siensCes élèves ont rangé ses affaires.
c'est / s'est / sait / saisc'est = cela est ; s'est = auxiliaire d'un verbe pronominal ; sait/sais = verbe savoirIl s'est trompé ; c'est vrai ; je sais que tu sais.
leur / leursleur pronom (devant un verbe) : invariable ; leur(s) déterminant : s'accorde avec le nomJe leur parle de leurs projets.
la / là / l'alà = lieu ; la = article ou pronom ; l'a = « l'avait »Il l'a vue là, sur la table.
quand / quant / qu'enquand = lorsque ; quant à = en ce qui concerne ; qu'en = que + enQuand je viens ; quant à lui ; qu'en penses-tu ?
plutôt / plus tôtplus tôt est le contraire de « plus tard » ; plutôt = de préférenceViens plus tôt, plutôt que de rater le train.
quoique / quoi quequoique = bien que ; quoi que = quelle que soit la chose queQuoiqu'il soit tard ; quoi qu'il arrive.
quelque / quel quequelque + nom ou nombre ; quel que + être au subjonctif (accord avec le sujet)Quelles que soient tes raisons.
sinon / si nonsinon = autrement ; si non = si… ne… pasTravaille, sinon tu échoueras.
parce que / par ce queparce que = car ; par ce que = par la chose queIl a ri parce qu'il était content.
davantage / d'avantagedavantage = plus (adverbe) ; d'avantage = de + avantage (nom)Il y a d'avantage à partir. Travaille davantage.
tant / temps / t'entant = tellement ; temps = durée ; t'en = te + enIl y a tant de temps ; ne t'en fais pas.
mais / mes / met / metsmais = conjonction ; mes = possessif pluriel ; met/mets = verbe mettreMais je mets mes chaussures.
ni / n'y / nidni = négation coordonnée ; n'y = ne + y ; nid = abri d'oiseauIl n'y va ni à l'école ni au parc.

2. Les homophones lexicaux fréquents

SérieSens des mots
ver / vers / verre / vert / vairanimal ; direction ou ligne de poème ; récipient ; couleur ; fourrure
cent / sang / sans / sent / s'ennombre ; liquide ; absence ; verbe sentir ; pronom + en
mère / maire / merparent ; élu local ; étendue d'eau
chaud / chaux / showtempérature ; matière blanche ; spectacle
cou / coup / coûtpartie du corps ; choc ; prix
foi / foie / foiscroyance ; organe ; occurrence
boue / bout / bousterre mouillée ; extrémité ; verbe bouillir
balade / balladepromenade ; poème chanté
sceau / seau / sot / sautcachet officiel ; récipient ; stupide ; bond
tâche / tachetravail à faire ; marque de saleté
censé / sensésupposé ; raisonnable
ancre / encrepour le bateau ; pour écrire
compte / comte / contecalcul ; titre de noblesse ; récit
point / poingmarque, signe ; main fermée
amande / amendefruit ; sanction financière

3. Trois règles pour s'y retrouver rapidement

  • Cherchez le test, pas l'oreille. L'oreille ne fait pas la différence : seul le remplacement (avoir/être, « ou bien », « mon/mes ») tranche.
  • Repérez la classe grammaticale attendue. Devant un verbe, on attend un pronom (se, s'est, leur) ; devant un nom, un déterminant (ce, ces, son, ses, leurs).
  • Vérifiez l'accord. Leur reste invariable quand il remplace « à eux », mais s'accorde quand il remplace « de + eux » devant un nom (leurs enfants).
💡 Dans un item à quatre choix de phrases, lisez chaque phrase en remplaçant l'homophone suspect par son test : « Ils (sont/son) partis » → « Ils étaient partis » donne sont ; « Il prend (ces/ses) livres » → « Il prend les siens » donne ses.

4. Exercices

1. « Il ___ (a/à) trouvé ___ (ce/se) livre dans la pièce ___ (ou/où) il ___ (a/à) cherché hier. » → Il a trouvé ce livre dans la pièce où il a cherché hier. (où reprend un lieu ; « ou bien » serait absurde.)

2. « Ils ___ (son/sont) venus avec ___ (leur/leurs) amis. » → sont… leurs.

3. « ___ (Quoique/Quoi que) tu fasses, ne te décourage pas. » → Quoi que (= quelle que soit la chose que).

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Après les homophones, l'item « expression correcte » interroge les paronymes (mots proches par la forme, éloignés par le sens), les locutions figées, les pléonasmes, les constructions verbales et les faux amis. Un mot mal choisi peut changer totalement le sens d'une phrase : on ne devine pas, on connaît.

1. Paronymes : les couples à connaître

MotsSensExemple
conjecture / conjoncturesupposition / situation d'ensembleLa conjoncture économique est difficile.
perpétuer / perpétrerfaire durer / commettre (un crime)Il a perpétré un délit.
éminent / imminentremarquable / sur le point d'arriverUn danger imminent.
effraction / infractionbris de clôture ou de serrure / violation de la loiUne infraction au code.
allusion / illusionévocation indirecte / apparence trompeuseIl a fait allusion à son départ.
émigrer / immigrerquitter son pays / arriver dans un paysIls ont émigré du Maroc.
prodige / prodiguemiracle, génie / dépensierUn enfant prodige.
acception / acceptationsens d'un mot / fait d'accepterMot pris dans toutes ses acceptions.
conjuguer / conjurerassocier, ou mettre au temps d'un verbe / éloigner par un riteIl faut conjuguer nos efforts.
colorer / colorierdonner une couleur / remplir de couleursColorier un dessin.
décrépit / décrépitrès vieux, usé / dont l'enduit est enlevéUn vieillard décrépit ; un mur décrépi.
différend / différentdésaccord / qui n'est pas pareilIls ont un différend.
éluder / élucideréviter habilement / éclaircirIl élude la question.
évoquer / invoquerrappeler, citer / appeler à l'aide, alléguerInvoquer un argument.
gradation / graduationprogression par degrés / division en degrésUne gradation dans l'effort.
inculquer / inculperfaire entrer dans l'esprit / mettre en examenInculquer une règle.
percepteur / précepteurqui perçoit les impôts / éducateur d'un enfantLe précepteur du prince.
subvenir / survenirpourvoir à / arriver brusquementSubvenir aux besoins de sa famille.
amoral / immoralsans notion de morale / contraire à la moraleUn acte immoral.
ostensible / ostentatoirevisible / fait pour être vuUne richesse ostentatoire.
cinéphile / cynophilequi aime le cinéma / qui aime les chiensDeux paronymes formés avec -phile.

2. Locutions et expressions figées

Forme correcteForme fautive couranteRemarque
à l'insu deà l'insu à= sans que quelqu'un le sache.
au fur et à mesureaux fur et à mesureLocution invariable.
de but en blancde bout en blanc= brusquement, sans préparation.
à tout bout de champà tout bout de chant= à tout propos.
avoir beau + infinitifavoir beau maisIl a beau protester, personne ne l'écoute.
mettre à numettre à nueLocution invariable.
au temps pour moiautant pour moiLes deux se rencontrent ; la forme normative est au temps pour moi.
se rendre compte (de)se rendre compte que deConstruction directe ou avec que.

3. Constructions verbales : les pièges

VerbeConstruction correcteFaute fréquente
pallierpallier un manque (transitif direct)pallier à un manque
se rappelerse rappeler quelque chosese rappeler de quelque chose
se souvenirse souvenir de quelque chosese souvenir quelque chose
entrerentrer dans la salleentrer à la salle ; rentrer dedans
sortirsortir de la maisonsortir dehors (pléonasme)
satisfairesatisfaire à une exigence ; satisfaire quelqu'unsatisfaire à quelqu'un
influencerinfluencer quelqu'un ; avoir de l'influence surinfluencer sur
aideraider quelqu'un à faireaider à quelqu'un
parlerparler à quelqu'un de quelque choseparler quelqu'un
jouirjouir de ses droitsjouir ses droits
penserpenser à quelqu'un ; penser quepenser de quelqu'un (= avoir une opinion sur)

4. Pléonasmes à éviter

Un pléonasme répète inutilement une idée déjà contenue dans un mot : monter en haut, descendre en bas, sortir dehors, entrer dedans, puis ensuite, au jour d'aujourd'hui, s'avérer vrai, reculer en arrière, prévoir à l'avance, collaborer ensemble, falaise abrupte, un cas de figure, un faux prétexte, un hasard imprévu, la panacée universelle, un voyage itinérant.

💡 Quand le sens est contenu dans le verbe (monter = aller en haut ; sortir = aller dehors), l'adverbe répété est un pléonasme. Mais certains pléonasmes sont acceptés en usage (« rendre hommage, un détail important »).

5. Faux amis et mots souvent mal employés

MotSens réelPiège
actuellementen ce moment (≠ « actually » en anglais)On ne dit pas « actuellement » pour « en réalité ».
éventuellementpeut-être, si le cas se présentePas « finalement ».
sensiblequi ressent facilement ; perceptiblePas « raisonnable ».
demanderposer une demande≠ « to demand ».
préjudicedommage subiPas « préjugé ».
résiliermettre fin à un contratPas « résoudre ».
décade / décenniedix jours / dix ansUne décennie pour dix ans.
se prévaloir / prévaloirtirer avantage de / l'emporterVerbes de sens différents.
subvenir / survenirpourvoir à / se produire soudainementVoir paronymes.

6. Méthode pour choisir l'expression correcte

1
Repérez la nature de la difficulté : homophone, paronyme, locution, construction, accord ?
2
Appliquez le test adapté : remplacement pour les homophones, définition pour les paronymes, construction directe/indirecte pour les verbes.
3
Éliminez les formes fautives connues : pallier à, sortir dehors, de bout en blanc, sain et sauve (selon le sujet).
4
Relisez la phrase entière : elle doit être naturelle et logique.
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Les accords sont au cœur de l'item « expression correcte ». Les questions portent presque toujours sur les mêmes cas piégeux : participe passé, tout, même, quelque, adjectifs de couleur, noms composés, verbes à sujet collectif. Une seule règle, appliquée avec méthode, suffit pour chaque cas.

1. L'accord du participe passé

EmploiRègleExemple
Sans auxiliaire (adjectif)Accord avec le nom qu'il qualifieDes élèves attentifs ; des lettres écrites à la main.
Avec êtreAccord avec le sujetElles sont parties ; les lettres sont envoyées.
Avec avoirAccord avec le COD placé avant le verbe ; sinon invariableLes lettres qu'il a écrites ; il a écrit des lettres.
Verbes pronominaux réfléchis ou réciproquesAccord avec le COD placé avant (souvent le pronom réfléchi) ; invariable si le COD suitElle s'est lavée ; elle s'est lavé les mains.
Verbes pronominaux essentiels (s'évanouir, se souvenir, s'enfuir…)Accord avec le sujetElles se sont évanouies.
Participe suivi d'un infinitifAccord si le COD placé avant fait l'action de l'infinitif ; sinon invariableLes artistes que j'ai vus chanter (ils chantent) ; les chansons que j'ai entendu chanter (on chante les chansons).
Participes invariablescoûté, valu, pesé, couru, vécu au sens propre (mesure, durée) : invariablesLes vingt euros que ce livre m'a coûté.

2. « Tout » : adjectif, adverbe, pronom, nom

EmploiRègleExemple
AdjectifS'accorde : tout, toute, tous, toutesToutes les élèves sont là.
PronomTout (invariable) ou tous, toutesIls sont tous là ; tout est bien.
Adverbe devant adjectif ou adverbeInvariable, sauf devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiréIls sont tout surpris ; elles sont toutes contentes ; elle est tout étonnée (voyelle).

3. « Même », « quelque », « chaque », « quel que »

MotRègleExemple
même (adjectif)S'accorde : après le nom ou le pronom, ou devant un nom (« les mêmes »)Ils ont les mêmes goûts ; eux-mêmes.
même (adverbe)Invariable : signifie « aussi » ou « jusqu'à »Tous, même les enfants, ont répondu.
quelqueAdjectif (s'accorde) devant un nom ; adverbe (invariable) devant un nombre (= environ)Quelques amis ; quelque vingt élèves.
quel quePronom relatif indéfini + être au subjonctif ; quel s'accorde avec le sujetQuelles que soient tes raisons.
chaqueToujours au singulierChaque élève a son cahier.
demi, nu, feu (devant le nom)Invariables devant le nom, accord aprèsUne demi-heure ; une heure et demie.

4. Accord du verbe avec le sujet

CasRègleExemple
Nom collectif suivi d'un complémentAccord selon l'idée : pluriel si l'attention porte sur les éléments, singulier sinonUne foule de curieux s'est rassemblée / se sont rassemblés.
Sujets liés par ouSingulier si l'un exclut l'autre ; pluriel si les deux agissentLe maire ou le préfet présidera la cérémonie.
Sujets liés par ni… ni…Singulier ou pluriel selon le sensNi l'un ni l'autre n'est venu.
Sujet inverséAccord avec le vrai sujet, placé aprèsQue sont devenus tes projets ?
Un des… quiPluriel si l'action concerne tous les éléments ; singulier si un seul agitC'est l'un des élèves qui ont réussi.
Plus d'un / moins de deuxPlus d'un + singulier ; moins de deux + plurielPlus d'un élève est absent ; moins de deux jours restent.

5. Adjectifs : cas piégeux

CasRègleExemple
Adjectifs de couleur simplesS'accordent (rouge, noir, vert…)Des robes vertes.
Couleurs composées ou issues d'un nom (orange, marron, rose)Invariables quand elles sont des noms employés comme adjectifs ; invariables aussi quand deux adjectifs se combinentDes yeux marron ; des yeux bleu clair.
Adjectif de deux noms de genre différentAccord au masculin plurielUn garçon et une fille contents.
Adjectifs composésLe second s'accorde en général ; le premier s'accorde s'il est adjectifDes enfants sourds-muets ; des portes grand ouvertes.
Adverbes en -mentInvariablesElles parlent doucement.

6. Pluriels difficiles

CasRègleExemple
Noms en -al-aux (sauf bal, carnaval, festival, récital, chacal, régal, cal : -als)des chevaux, des journaux ; des festivals.
Noms en -ail-ails (sauf travail, vitrail, corail, émail, soupirail, vantail : -aux)des détails ; des travaux.
Noms en -ou-ous (sauf bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou : -oux)des trous ; des bijoux.
Noms en -eau, -au, -eu-x (sauf landau, sarrau, bleu, pneu : -s)des bateaux ; des feux ; des pneus.
Noms composésSelon la nature : nom + nom (les deux), verbe + nom (le nom)des choux-fleurs ; des gratte-ciel ; des tire-bouchons.
Œil, ciel, aïeulyeux, cieux (ciels en peinture), aïeux (ancêtres) ou aïeuls (grands-pères)des yeux, les cieux.
💡 Avant d'accorder : 1) identifiez la nature du mot (nom, adjectif, adverbe, participe) ; 2) cherchez avec quoi il s'accorde (sujet, COD placé avant, nom qualifié) ; 3) déterminez le genre et le nombre ; 4) vérifiez les exceptions.

Exercices

1. « Les vingt euros que ce livre m'a (coûté / coûtés). » → coûté (participe invariable au sens propre ; au sens figuré, il s'accorde : les efforts que ce travail m'a coûtés). 2. « Elles sont (tout / toutes) étonnées. » → tout (voyelle initiale). 3. « Elles sont (tout / toutes) contentes. » → toutes (consonne initiale). 4. « (Quelque / Quelques) vingt élèves étaient absents. » → quelque (= environ). 5. « Il s'est (lavé / lavée) les mains. » → lavé (COD après).

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Pour repérer un intrus, trouver un synonyme ou choisir l'expression correcte, il faut comprendre comment les mots se fabriquent. Connaître les préfixes, les suffixes, les racines grecques et latines et la notion de famille de mots permet de deviner le sens d'un terme inconnu et d'éliminer les réponses fantaisistes. Ce chapitre est un outil transversal pour tous les items de vocabulaire.

1. Les procédés de formation des mots

ProcédéDéfinitionExemples
Dérivation par suffixeAjout d'un suffixe après le radicaltremblement, chanteur, joliment
Dérivation par préfixeAjout d'un préfixe avant le radicaldéfaire, refaire, injuste
Dérivation parasynthétiqueAjout simultané d'un préfixe et d'un suffixe (le mot sans l'un des deux n'existe pas)éclaircir, enterrer, aterrir
CompositionRéunion de deux mots existantschou-fleur, porte-monnaie, portefeuille
Composition savanteAssemblage d'éléments grecs ou latinstéléphone, biologie, cynophile
ConversionChangement de classe sans modification du motle manger, le beau, un dîner
Abréviation, siglaisonRaccourcissement ou initialescinéma → ciné ; ONU, SMIG
EmpruntMot pris à une autre languealgèbre, sofa (arabe) ; week-end (anglais) ; pizza (italien)

2. Les principaux préfixes

PréfixeSensExemples
in-, im-, il-, ir-, a-, dé-, dés-, mé-, mal-contraire, privationillégal, anormal, déloyal, désavantage, malhonnête
re-, ré-répétition, retourrefaire, relire, réélire
pré-, anté-, anti-avant / contrepréhistoire, antérieur ; antibiotique
post-, ap(r)èsaprèspostérieur, postscolaire
sur-, sus-, super-, hyper-au-dessus, excèssurcharge, supermarché, hypersensible
sous-, sub-, hypo-, infra-en dessous, insuffisancesous-sol, subalterne, hypotension
co-, con-, syn-avec, ensemblecoéquipier, concitoyen, synonyme
trans-, inter-, intra-à travers, entre, à l'intérieurtransport, interrompre, intramusculaire
poly-, multi-, uni-, mono-nombrepolyglotte, multiculturel, unanime, monologue

3. Les principaux suffixes

SuffixeValeurExemples
-eur, -ier, -iste, -ien, -aireagent, métierchanteur, boulanger, journaliste, musicien, bibliothécaire
-ment, -tion, -age, -ure, -éeaction ou résultat (noms)entraînement, création, lavage, brûlure, journée
-able, -ible, -ublepossibilité (« qui peut être… »)mangeable, lisible, soluble
-eux, -ique, -al, -ant, -entqualité (adjectifs)courageux, magnifique, mondial, brillant, prudent
-ité, -esse, -isme, -ise, -ance, -encequalité, état (noms)beauté, richesse, optimisme, franchise, tolérance, prudence
-ir, -er, -iser, -ifierverbesgrandir, parler, organiser, simplifier
-ment (adverbe)manièrejoyeusement, évidemment, prudemment
-et, -ette, -eau, -ule, -ondiminutifjardinet, fillette, chevreau, globule, ânon
💡 Pour trouver la classe d'un mot dérivé, regardez son suffixe : -ment (nom si la base est un verbe : entraînement ; adverbe si la base est un adjectif : joyeusement), -eur (agent), -eux (adjectif).

4. Les racines grecques et latines fréquentes

RacineSensExemples
-phile / -phobequi aime / qui craintcinéphile, cynophile ; xénophobe, claustrophobe
-logue / -logiediscours, sciencedialogue, biologie, sociologie
-graphe / -graphiequi écrit / écriturecalligraphe, géographie, photographie
-cide / -phagequi tue / qui mangeinsecticide, suicide ; carnivore, anthropophage
-cratie / -archiepouvoir, gouvernementdémocratie, monarchie
anthropo- / andro- / gyn(éco)-homme (humain) / homme (mâle) / femmeanthropologie, androïde, gynécologie
bio- / géo- / hydro- / aéro- / thermo-vie / terre / eau / air / chaleurbiologie, géographie, hydraulique, aérodrome, thermomètre
tele- / micro- / macro- / méga-distance / petit / grand / très grandtélévision, microscope, macroéconomie, mégapole
aqua- / terr- / vit- / voc- / dict-eau / terre / vie / voix / direaquarium, terrestre, vital, vocal, dictée

5. Famille de mots : méthode

1
Dégagez le radical commun (terr-, port-, chant-).
2
Cherchez les variantes d'orthographe : terre / terrain / territoire / atterrir ; mer / marin / maritime / amerrir (famille différente de terre).
3
Méfiez-vous des mots qui se ressemblent par hasard : chant / champ (pas de lien), port / porc, pain / pin.
4
Vérifiez le sens : deux mots sont de la même famille s'ils partagent à la fois la forme et une idée commune.
FamilleMotsFaux membres
chant-chanter, chanteur, enchanter, chanson, chantonner, déchanterchamp, chantier
port-porter, transport, portable, importer, exporter, apportporc, porche, port (de mer)
terr-terre, terrain, terrasse, terrestre, atterrir, enterrer, territoireterreur, terrible
dent-dent, dentiste, denture, édenté, dentelle, indenter—

6. Registres et emprunts

  • Trois registres : familier (un gamin, bosser), courant (un enfant, travailler), soutenu (un bambin, œuvrer). Un item « synonyme » ou « intrus » peut reposer sur le registre.
  • Emprunts à l'arabe : algèbre, algorithme, chiffre, zéro, sucre, coton, magasin, café, sirop, safran, alcool, azur.
  • Emprunts à d'autres langues : pizza, opéra, solo (italien) ; week-end, sandwich, jean (anglais) ; kiosque, divan (turc) ; robot (tchèque).
  • Anglicismes à éviter : un challenge → un défi, un meeting → une réunion, le feedback → un retour.

Exercices

1. Décomposez incompréhensible : in- (préfixe) + compréhens- (radical) + -ible (suffixe). 2. Quel mot est formé par parasynthèse ? embellir (em- + belle + -ir), car ni embelle ni bellir n'existent. 3. Quel est l'intrus dans « chanter, chanteur, enchanter, champ, chanson » ? champ (pas de lien de sens avec chant).

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Évaluation du module

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Un test court de 10 questions, allant des notions essentielles à leur mise en application, avec correction expliquée.

10 questions 7 minutes environ

Références du module

Ce module traverse la grammaire de phrase, la stylistique, la narratologie et la morphologie verbale ; les références ci-dessous sont des ouvrages de référence pour les notions abordées dans ses chapitres :

NotionRéférence
Chapitre 5-6. Phrase simple, complexe et subordonnées
Grammaire de la phrase françaiseRiegel, M., Pellat, J.-C. & Rioul, R. (2018). Grammaire méthodique du français. Presses universitaires de France.
Chapitre 7. Figures de style
Rhétorique et stylistiqueFromilhague, C. (2010). Les Figures de style. Armand Colin.
Chapitre 8. Discours rapporté
Discours indirect libre et narrativiséAuthier-Revuz, J. (1992). « Repères dans le champ du discours rapporté ». L'Information grammaticale, 55-56.
Chapitre 9. Narratologie
Récit, histoire, narration ; voix et niveaux narratifsGenette, G. (1972). Figures III. Éditions du Seuil.
Morphologie du conte (fonctions et sphères d'action)Propp, V. (1970 [1928]). Morphologie du conte. Éditions du Seuil.
Schéma actantielGreimas, A. J. (1966). Sémantique structurale. Larousse.
Logique des possibles narratifsBremond, C. (1973). Logique du récit. Éditions du Seuil.
Marques linguistiques du point de vueRabatel, A. (1998). La Construction textuelle du point de vue. Delachaux et Niestlé.
Chapitre 10-14. Morphologie verbale et conjugaison
Description de référence des temps et modesGrevisse, M. & Goosse, A. (2016). Le Bon Usage (16ᵉ éd.). De Boeck Supérieur.

Remarque : il s'agit de références bibliographiques vers les travaux originaux, non de liens vers leurs textes intégraux (susceptibles d'être protégés par le droit d'auteur) ; on peut les trouver dans les bibliothèques universitaires ou les bases de données académiques.

En conditions de concours

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