Langue et sciences du langage
Première moitié du programme (50 %) : linguistique (15 %), grammaire (15 %), stylistique (10 %) et discours et énonciation (10 %). Cours complets avec objectifs, plan, définitions, exemples, tableaux comparatifs, pièges d'examen, méthodes d'analyse et fiches de synthèse.
Objectifs du module
- Situer une notion dans le bon niveau d'analyse : son, mot, phrase, texte, discours
- Distinguer les couples que le QCM confond : phonétique/phonologie, nature/fonction, cohésion/cohérence
- Analyser une phrase complexe et repérer les marques de cohésion d'un texte
- Identifier registres, figures et effets phoniques, et en décrire l'effet
- Reconnaître la situation d'énonciation, les déictiques, la modalisation et les discours rapportés
Premier repère du cours : comprendre les sons avant de les classer.
Cours 1.1 · Objectif : reconnaître et distinguer
Phonétique ou phonologie ?
La phonétique étudie les sons de la parole dans leur réalité physique. La phonologie étudie leur fonction dans le système d’une langue, notamment leur capacité à distinguer des mots.
Comment le son est produit
Articulation, acoustique, perception et transcription précise.
[p] • [b] • [a] • [ʃ]Ce que le son change
Oppositions distinctives et organisation des phonèmes.
/pa/ ≠ /ba/Les crochets [ ] notent une réalisation phonétique ; les barres obliques / / notent une unité phonologique.
Les six points du descriptif
- Découpage syllabique
- Accent de mot et de groupe
- Liaisons dans la chaîne parlée
- Alphabet phonétique international
- Voyelles et consonnes du français
- Principes de phonétique corrective
Transcrire sans ambiguïté
L’alphabet phonétique international
L’API associe en principe un symbole à un son. Il permet de noter la prononciation indépendamment de l’orthographe. C’est essentiel en français, où un même son peut correspondre à plusieurs graphies.
| Mot | Graphie observée | Son | Transcription |
|---|---|---|---|
| chat | ch | [ʃ] | [ʃa] |
| eau | eau | [o] | [o] |
| femme | e | [a] | [fam] |
| pain | ain | [ɛ̃] | [pɛ̃] |
On transcrit ce que l’on prononce, pas ce que l’on écrit : les lettres muettes disparaissent de la transcription.
Reconnaître le système phonique
Voyelles et consonnes du français
Une voyelle est produite sans obstruction importante de l’air. Une consonne implique une fermeture ou un resserrement du conduit vocal. Pour le QCM, retenez surtout les grandes familles et les exemples.
[i] si · [e] été · [ɛ] mère · [a] patte
[y] lune · [ø] peu · [œ] peur · [u] roue
[o] mot · [ɔ] porte · [ə] le
[ɑ̃] sans · [ɛ̃] pain
[ɔ̃] bon · [œ̃] un
Les consonnes : classement utile pour l’examen
Occlusives[p b] · [t d] · [k g]Fermeture complète puis ouvertureFricatives[f v] · [s z] · [ʃ ʒ]Resserrement et friction de l’airNasales[m n ɲ ŋ]Passage de l’air par le nezLiquides[l ʁ]Consonnes continuesSemi-voyelles[j w ɥ]Comme dans pied, oui, huitLes cordes vocales vibrent pour une consonne sonore : [b], [d], [g], [v], [z], [ʒ]. Elles ne vibrent pas pour [p], [t], [k], [f], [s], [ʃ].
Organiser la chaîne parlée
Syllabe, accent et liaison
Elle s’organise autour d’un noyau vocalique. Une syllabe ouverte se termine par une voyelle prononcée ; une syllabe fermée par une consonne prononcée.
ami [a.mi]deux syllabes ouvertesporte [pɔʁt]une syllabe ferméeEn français, l’accent principal porte généralement sur la dernière syllabe prononcée du groupe rythmique, et non sur chaque mot isolé.
un petit cafÉaccent en fin de groupe| Obligatoire | les amis [lezami] | Entre déterminant et nom, pronom et verbe. |
| Facultative | pas encore [pazɑ̃kɔʁ] | Dépend du registre et du rythme. |
| Interdite | et // elle · les // héros | Après et, devant un h aspiré, notamment. |
La liaison fait entendre une consonne normalement muette ; l’enchaînement rattache à la syllabe suivante une consonne qui est déjà prononcée.
Corriger avec méthode
La phonétique corrective
Elle vise à améliorer la perception et la production des sons, du rythme et de l’intonation. Il ne suffit pas de demander à l’apprenant de répéter : la correction suit une progression.
- Diagnostiquer
Identifier précisément l’écart et son contexte.
- Faire discriminer
Apprendre à entendre l’opposition :
[y]/[u]. - Guider l’articulation
Expliquer simplement la position des lèvres et de la langue.
- Automatiser
Passer du son au mot, puis à la phrase et à la parole spontanée.
On corrige prioritairement les erreurs qui gênent la compréhension ou provoquent une confusion de sens.
Fiche express
Ce qu’il faut savoir sans hésiter
[ ]Réalisation phonétique
/ /Unité phonologique
VoyellePas d’obstruction importante
ConsonneFermeture ou resserrement
AccentFin du groupe rythmique
LiaisonConsonne muette rendue audible
- Université Toulouse-Jean-Jaurès — API
- CNRTL — transcriptions et usages
- Dictionnaire de l’Académie française
Lire un dictionnaire comme un outil d’analyse, et non comme une simple liste de définitions.
Cours 1.2 · Objectif : interpréter un article de dictionnaire
Lexicographie, lexicologie, dictionnaire
La lexicographie concerne la conception et la rédaction des dictionnaires. La lexicologie étudie scientifiquement le lexique d’une langue. Le dictionnaire est l’ouvrage qui décrit des mots, des sens ou des connaissances selon un projet éditorial déterminé.
Sélectionner les entrées, organiser les informations et rédiger les articles.
Étudier les unités lexicales, leurs formes, leurs sens et leurs relations.
Présenter un lexique ou des connaissances pour un public et un usage précis.
La macrostructure est l’ensemble ordonné des entrées du dictionnaire ; la microstructure est l’organisation des informations à l’intérieur de chaque article.
Identifier le projet de l’ouvrage
Les grands types de dictionnaires
Un même mot n’est pas traité de la même manière partout. Pour reconnaître le type d’ouvrage, observez la nature de l’information fournie et le public visé.
Le premier décrit les mots et leurs emplois ; le second informe surtout sur les réalités, personnes, lieux ou concepts désignés.
Le monolingue explique dans la même langue ; le bilingue propose des équivalents dans une autre langue.
Le général couvre le vocabulaire courant ; le spécialisé traite un domaine, par exemple la médecine ou la linguistique.
Le premier décrit un état de langue ; le second suit l’histoire des formes et des sens.
Une définition du mot volcan relève du dictionnaire de langue ; un développement sur sa formation géologique relève plutôt de l’encyclopédie.
Décoder la microstructure
L’anatomie d’un article
L’article va généralement de l’identification du mot vers ses différents sens. Les abréviations et marques d’usage sont de vraies informations grammaticales et pragmatiques : elles ne sont pas décoratives.
ÉCLAIRER[ekleʁe]verbe transitif1.Répandre de la lumière sur quelque chose. Une lampe éclaire la pièce.
2.Au figuré. Rendre plus compréhensible. Ce témoignage éclaire les faits.
Constructionéclairer quelqu’un / quelque chose ; s’éclairer
Familleéclairage, éclairant, éclaircissement
Étymologieformé sur clair
Article pédagogique construit pour ce cours ; il ne reproduit pas un dictionnaire existant.Forme choisie comme entrée : infinitif pour un verbe, masculin singulier pour beaucoup de noms et adjectifs.
Transcription phonétique, généralement entre crochets.
Nom, adjectif, verbe ; genre, nombre ou construction selon le cas.
Les sens distingués et numérotés, souvent du propre au figuré.
Registre, domaine, région ou époque : fam., littér., vieilli, etc.
Ils montrent la construction du mot et limitent l’interprétation du sens.
Choisir l’acception pertinente
Le sens se décide en contexte
Un mot polysémique possède plusieurs sens liés. Le contexte, la construction syntaxique et les mots voisins permettent de choisir l’acception pertinente.
La lampe éclaire la salle.
Présence de « lampe » et « salle » : production de lumière.Cette archive éclaire le débat.
Le complément abstrait « débat » appelle le sens « rendre compréhensible ».Repérer la catégorie et la construction du mot.
Observer les mots associés et le domaine du texte.
Tester chaque définition en la reformulant dans la phrase.
Écarter le sens proche qui ne convient pas à tout le contexte.
Vérifier la forme et la construction
Orthographe, norme et usage
La vedette donne la graphie de référence ; l’article peut signaler des variantes ou des formes rectifiées.
Pluriel, féminin, conjugaison ou formes irrégulières peuvent être indiqués.
Un verbe peut être transitif, intransitif ou pronominal ; la préposition exigée fait partie de son usage.
Fam. ne signifie pas « incorrect » : cela signale un emploi adapté à une situation familière.
Un dictionnaire décrit des usages attestés tout en signalant leur statut. Il faut lire les marques d’usage avant de juger une forme.
Fiche express
Six repères à mémoriser
LexicographieFabrication et étude des dictionnaires
LexicologieÉtude scientifique du lexique
MacrostructureEnsemble ordonné des entrées
MicrostructureOrganisation interne de l’article
LemmeForme retenue comme vedette
Marque d’usageRegistre, domaine, époque ou région
- Identifier la rubrique interrogée.
- Lire les marques et la catégorie grammaticale.
- Replacer chaque sens proposé dans le contexte.
- Éliminer toute réponse seulement partiellement exacte.
- CNRTL — définitions et usages
- Dictionnaire de l’Académie française
- Éduscol — terminologie grammaticale
Comprendre comment les mots se construisent, s’organisent et changent de sens.
Cours 1.3 · Objectif : analyser la forme et le sens des mots
Du mot à l’unité lexicale
La lexicologie étudie le lexique : la forme des unités lexicales, leur sens, leurs relations et leur évolution. Une unité lexicale peut être un mot simple, un mot construit ou une expression figée qui fonctionne comme un tout.
Une seule base lexicale, sans affixe identifiable en français actuel.
Le préfixe im- s’ajoute à la base possible.
Plusieurs mots graphiques forment une seule unité de sens.
Le morphème est la plus petite unité porteuse de sens ou de fonction. Dans relisible, re- exprime la répétition, lis porte le sens lexical et -ible marque la possibilité.
Le lexique est l’ensemble des unités disponibles dans une langue ; le vocabulaire est l’ensemble des unités effectivement employées par une personne, un groupe, un domaine ou un texte.
Reconnaître les procédés
La formation des mots
Pour le concours, il faut surtout savoir décomposer une unité, nommer le procédé principal et expliquer l’effet de sens produit.
Dérivation préfixale
possible → impossibleUn préfixe précède la base. Il modifie généralement le sens sans changer la catégorie grammaticale.
Dérivation suffixale
lire → lecteurUn suffixe suit la base et peut changer la catégorie grammaticale : ici, un verbe devient un nom.
Composition
porte + monnaieDeux bases lexicales autonomes ou davantage s’associent pour former une nouvelle unité.
Conversion
déjeuner (v.) → le déjeuner (n.)La catégorie grammaticale change sans ajout visible d’un affixe.
Abrègement et sigle
photographie → photo · TGVLe mot est tronqué ou formé à partir d’initiales. Un acronyme se prononce comme un mot : ovni.
Emprunt
week-end · algèbreUne langue adopte une unité provenant d’une autre langue, avec une adaptation variable.
La famille de mots repose sur une base commune et une parenté de sens. Une ressemblance graphique seule ne suffit pas : terre et terrible ne sont pas de la même famille.
Organiser le sens
Les relations lexicales
| Relation | Principe | Exemple |
|---|---|---|
| Synonymie | Sens proches dans un contexte donné | commencer / débuter |
| Antonymie | Sens opposés | présent / absent |
| Hyperonymie | Terme de sens plus général | fleur pour rose |
| Hyponymie | Terme inclus dans une catégorie | rose est une fleur |
| Homonymie | Même forme, sens sans lien identifiable | avocat : juriste / fruit |
| Paronymie | Formes proches, sens différents | éruption / irruption |
La tête d’une personne / la tête d’un cortège : l’idée de partie supérieure ou initiale crée un lien sémantique.
Un avocat plaide / manger un avocat : les deux sens relèvent d’histoires lexicales différentes.
Deux mots proches ne sont pas toujours interchangeables : leur registre, leur construction ou leurs connotations peuvent différer.
Relier les mots au texte
Champs lexicaux et valeurs
Ensemble d’unités qui renvoient à un même thème : vague, navire, rivage, marin construisent le champ lexical de la mer.
Ensemble des sens possibles d’une unité polysémique : feuille d’arbre, de papier, de calcul.
Le sens descriptif relativement stable : renard désigne un mammifère.
ConnotationLes valeurs associées selon la culture ou le contexte : le renard peut évoquer la ruse.
Ne vous contentez pas d’énumérer un champ lexical : nommez le thème, relevez des mots précis, puis expliquez l’effet produit dans le passage.
Une procédure courte et sûre
Analyser une unité lexicale
- Identifier
Catégorie grammaticale et forme employée dans la phrase.
- Décomposer
Base, préfixe, suffixe ou éléments de composition.
- Nommer
Procédé de formation et relation éventuelle avec d’autres unités.
- Interpréter
Sens contextuel, connotations et effet dans le texte.
« Son geste était impardonnable. »
Forme : adjectif construit sur pardonner.
Structure : préfixe négatif im- + base pardonn- + suffixe adjectival -able.
Sens en contexte : « qui ne peut pas être pardonné » ; la formation renforce le jugement négatif porté sur le geste.
Fiche express
Les oppositions à savoir sans hésiter
LexiqueUnités disponibles dans la langue
VocabulaireUnités employées dans un usage donné
PréfixeAvant la base ; modifie surtout le sens
SuffixeAprès la base ; peut changer la catégorie
HyperonymeTerme général qui inclut
HyponymeTerme particulier qui est inclus
PolysémiePlusieurs sens liés d’un mot
HomonymieMême forme, sens sans lien
Champ lexicalPlusieurs mots autour d’un thème
- Décomposer avant de nommer le procédé.
- Vérifier le sens dans toute la phrase.
- Distinguer ressemblance formelle et relation de sens.
- Tester le rapport général / particulier.
- CNRTL — lexicologie et relations de sens
- Dictionnaire de l’Académie française
- Éduscol — terminologie grammaticale
Une carte claire des notions fondatrices et des niveaux d’analyse linguistique.
Cours 1.4 · Objectif : relier notion, niveau et exemple
Langage, langue et parole
Ces trois termes ne sont pas interchangeables. Le langage est la faculté humaine de communiquer au moyen de signes ; la langue est un système partagé par une communauté ; la parole est l’emploi individuel et concret de ce système dans une situation donnée.
FacultéLangage
Capacité générale à produire et comprendre des messages organisés.
→Système socialLangue
Code collectif : unités, oppositions et règles partagées.
→RéalisationParole
Acte particulier d’un locuteur, avec ses choix et ses variations.
SynchronieÉtudier le système à un moment donné : le français contemporain, par exemple.
DiachronieÉtudier les transformations de la langue au cours du temps.
Le linguiste décrit les régularités des usages et leur fonctionnement. La grammaire normative, elle, indique les formes considérées comme conformes à une norme donnée.
Comprendre l’unité à deux faces
Le signe linguistique
Dans la tradition saussurienne, le signe associe non une chose et un nom, mais une forme perceptible, le signifiant, et un concept, le signifié.
Signifiant/aʁbʁ/ · « arbre »Forme phonique ou graphique
↕SignifiéConcept d’arbreReprésentation mentale, et non l’objet réel
Il n’existe pas de lien naturel nécessaire entre la forme arbre et le concept. D’autres langues emploient d’autres signifiants.
Dans la chaîne parlée, les éléments du signifiant se succèdent dans le temps et ne se prononcent pas tous simultanément.
Une unité reçoit sa valeur par les oppositions qu’elle entretient avec les autres unités du système.
Les unités se combinent : un + petit + livre. Leur ordre obéit aux règles de la langue.
À une même place, plusieurs unités peuvent se substituer : petit / beau / ancien livre.
Produire beaucoup avec peu d’unités
La double articulation
André Martinet décrit le langage humain comme doublement articulé. Cette organisation permet de construire une infinité de messages à partir d’un nombre limité d’unités.
Les monèmes ou morphèmes possèdent une forme et un sens.
chant-eur-strois unités porteuses d’informationLes phonèmes n’ont pas de sens isolément, mais ils distinguent des unités.
/p/ ≠ /b/pain ≠ bainLe phonème appartient à la deuxième articulation : il est distinctif mais non significatif. Le morphème appartient à la première : il apporte du sens ou une fonction grammaticale.
Choisir la discipline pertinente
Les niveaux d’analyse
Phonétique
Réalité physique et production des sons.
[ʃ]Phonologie
Fonction distinctive des sons dans un système.
/p/ ≠ /b/Morphologie
Forme, flexion et construction des mots.
re-lireSyntaxe
Combinaison et fonction des unités dans la phrase.
S + V + CODSémantique
Sens des unités et des énoncés.
sensPragmatique
Sens produit en contexte et intention du locuteur.
acteSociolinguistique
Rapports entre langue, usages, groupes et situations sociales.
variationPsycholinguistique
Production, compréhension et acquisition du langage.
cognition« Tu peux fermer la fenêtre ? »
Syntaxe : phrase interrogative construite avec le verbe modal pouvoir.
Sémantique : question portant littéralement sur la capacité de l’interlocuteur.
Pragmatique : dans la situation ordinaire, l’énoncé accomplit surtout une demande.
Relier facteur et fonction
Communication et fonctions du langage
Dans le modèle associé à Roman Jakobson, chaque fonction met au premier plan un facteur de la communication. Un message peut cumuler plusieurs fonctions, mais l’une d’elles domine généralement.
ContexteréférentielleDestinateurexpressiveMessagepoétiqueDestinataireconativeContactphatiqueCodemétalinguistique« Le train part à huit heures. »
« Quelle joie ! »
« Fermez la porte. »
« Allô, vous m’entendez ? »
« Que signifie ce mot ? »
« La terre est bleue comme une orange. »
Des auteurs comme points de repère
Trois orientations à reconnaître
La langue est envisagée comme un système dont les unités se définissent par leurs relations et leurs oppositions.
Signe · langue/parole · synchronie/diachronieL’analyse insiste sur la fonction des unités dans la communication et sur l’économie du système linguistique.
Double articulation · fonction · économieElle cherche à expliciter le système de règles qui permet au locuteur de produire et comprendre des phrases.
Compétence · performance · règlesCompétenceConnaissance intériorisée du système linguistique.
PerformanceMise en œuvre effective dans des situations concrètes.
Complément exigé par le descriptif
Langage, apprentissage et troubles
Les animaux disposent de systèmes de communication. Le langage humain se distingue notamment par sa double articulation et par la possibilité de créer et comprendre une quantité ouverte de messages nouveaux.
L’oral mobilise prosodie, interaction et contexte immédiat ; l’écrit repose sur un code graphique, permet davantage de planification et demeure consultable. L’écrit n’est donc pas une simple copie de l’oral.
La forme correspond à l’organisation linguistique des unités ; la substance est la matière dans laquelle cette organisation se réalise, par exemple sonore ou graphique pour l’expression.
Trois familles d’explications de l’apprentissage
L’apprentissage est expliqué par l’imitation, la répétition et le renforcement.
Il suppose des capacités biologiques spécifiques qui permettent à l’enfant d’élaborer rapidement une grammaire.
Le développement résulte de l’articulation entre capacités cognitives, échanges sociaux, étayage et données linguistiques reçues.
Âge et parcours, quantité et qualité de l’exposition, motivation, besoins, répertoire linguistique antérieur, stratégies, sécurité affective et occasions d’interaction. Aucun facteur isolé ne détermine à lui seul la réussite.
Erreur ou trouble ?Une erreur d’apprentissage est attendue et évolutive. Un trouble est durable, significatif et nécessite une évaluation professionnelle ; l’enseignant observe et adapte, mais ne pose pas de diagnostic.
Difficulté persistante à produire certains sons.
Trouble de la fluidité avec répétitions, prolongations ou blocages.
Trouble développemental affectant durablement la compréhension ou l’expression du langage oral.
Trouble durable de l’acquisition et de l’automatisation de la lecture.
Trouble acquis du langage consécutif à une atteinte cérébrale.
Ne confondez pas acquisition de la langue première, apprentissage guidé d’une langue étrangère et trouble du langage. Le contexte de la question détermine la notion attendue.
Fiche express
La carte mentale du chapitre
LangueSystème social partagé
ParoleRéalisation individuelle
SignifiantForme perceptible du signe
SignifiéConcept associé
1re articulationUnités significatives
2e articulationPhonèmes distinctifs
SynchronieÉtat de langue
DiachronieÉvolution dans le temps
PragmatiqueSens en contexte
Phonétique · Lexicographie · Lexicologie · Sciences du langage
Revoir le programme- BnF — Cours de linguistique générale
- Persée — signe et double articulation
- Éduscol — lexique et culture
Identifier la nature, le groupe et la construction avant de chercher la fonction.
Cours 2.1 · Objectif : classer, délimiter, justifier
Les classes grammaticales
La classe grammaticale, ou nature, est l’identité grammaticale d’un mot. Elle se reconnaît par un faisceau d’indices : variations morphologiques, place, entourage possible et comportement dans la phrase.
Mots lexicauxNom · verbe · adjectif · adverbeIls portent généralement un contenu lexical et accueillent plus facilement de nouvelles unités.
Mots grammaticauxDéterminant · pronom · préposition · conjonctionIls organisent les relations grammaticales, la référence et la liaison entre unités.
Désigne ou catégorise ; noyau du groupe nominal. Il varie généralement en nombre et parfois en genre.
livre · courageIntroduit le nom et participe à son actualisation ; il s’accorde avec lui.
le · un · ce · monCaractérise un nom ou un pronom et s’accorde avec lui en genre et en nombre.
utile · attentifsNoyau du groupe verbal ; varie selon la personne, le nombre, le temps et le mode.
comprend · partironsMot invariable qui modifie notamment un verbe, un adjectif, un autre adverbe ou la phrase.
vite · très · demainOccupe les positions d’un groupe nominal et porte des marques de personne, genre ou nombre selon son type.
il · le mien · quiMot invariable qui introduit un complément et forme avec lui un groupe prépositionnel.
à · de · avec · pourRelie des mots, groupes ou propositions : coordination ou subordination.
mais · ou · parce queVariablesnom, déterminant, adjectif, pronom, verbe
Invariablesadverbe, préposition, conjonction
Une même forme graphique peut changer de classe : le dîner est un nom, nous allons dîner contient un verbe ; un homme fort contient un adjectif, parler fort un adverbe.
Éviter la confusion fondamentale
Nature et fonction
La nature indique ce qu’est l’unité ; la fonction indique ce qu’elle fait dans une construction précise. La nature reste relativement stable, tandis que la fonction dépend de la phrase.
Paul observe la mer.PaulNom propreFonction : sujet
la merGroupe nominalFonction : COD
La mer fascine Paul.La merGroupe nominalFonction : sujet
PaulNom propreFonction : COD
Écrivez : « la mer est un groupe nominal ayant la fonction de complément d’objet direct du verbe observe ». Ne répondez pas seulement « COD » si la nature est demandée.
Trouver le noyau du groupe
Les syntagmes
Un syntagme est un groupe organisé autour d’un noyau. Le groupe entier peut souvent être remplacé, déplacé ou supprimé selon sa fonction, mais son noyau détermine sa catégorie.
[ Le jeune chercheur ]GN[ présente ses résultats ]GV[ avec précision ]GPrépNoyau : nom ou parfois pronom.
ces livres anciensNoyau : verbe, avec ses compléments.
lit un articleNoyau : adjectif, éventuellement modifié.
très fier de luiNoyau : adverbe.
bien trop vitePréposition suivie de son complément.
dans la bibliothèqueDélimiter le groupe par des manipulations.
Repérer l’élément indispensable ou noyau.
Nommer le syntagme d’après ce noyau.
Déterminer sa fonction dans la phrase.
Situer une forme verbale
Modes et tiroirs verbaux
Le mode présente le procès selon un certain point de vue. Un tiroir verbal est une forme du paradigme qui combine mode, temps et souvent aspect : imparfait de l’indicatif, par exemple.
Modes personnelsIndicatifPrésente le procès dans le système de l’actualisation : présent, imparfait, passé simple, futur, temps composés.
SubjonctifFréquent dans la subordination pour exprimer notamment volonté, jugement, nécessité ou éventualité.
ImpératifAssocié à l’injonction ; ne possède que certaines personnes.
Modes impersonnelsInfinitifNe marque ni personne ni nombre : lire, avoir lu.
ParticipeForme présente ou passée pouvant participer à la construction verbale ou avoir des emplois adjectivaux.
GérondifConstruction formée de en + participe présent : en lisant.
Et le conditionnel ?La terminologie grammaticale contemporaine le rattache à l’indicatif et l’analyse notamment comme un futur dans le passé ou comme une forme à valeur modale. Des grammaires scolaires plus anciennes le présentent comme un mode autonome : vérifiez le cadre théorique de la question.
Forme simplenous chantionsradical + marques de temps et de personne
Forme composéenous avions chantéauxiliaire conjugué + participe passé
Exprimer les rapports temporels
La concordance des temps
La concordance organise le temps de la subordonnée par rapport au verbe principal et au sens voulu : simultanéité, antériorité ou postériorité.
| Rapport | Présent de référence | Passé de référence |
|---|---|---|
| Simultanéité | Je sais qu’il travaille. | Je savais qu’il travaillait. |
| Antériorité | Je sais qu’il a travaillé. | Je savais qu’il avait travaillé. |
| Postériorité | Je sais qu’il travaillera. | Je savais qu’il travaillerait. |
Le temps dépend aussi du sens. Une vérité toujours valable peut rester au présent : « Le professeur rappelait que l’eau bout à 100 °C dans les conditions usuelles. »
Observer le complément sélectionné
La construction du verbe
La construction fait partie des propriétés lexicales du verbe. Il faut examiner l’emploi précis dans la phrase : certains verbes admettent plusieurs constructions avec des sens différents.
Elle lit le rapport.
lire quelque choseElle répond à la question.
répondre à quelque choseElle donne le livre à Paul.
donner qqch à qqnLes enfants dormaient.
dormir- Le COD peut souvent être pronominalisé par le, la, les.
- Le COI est généralement introduit par une préposition et peut parfois être repris par lui, leur, y, en.
- La mise au passif est possible avec de nombreux verbes transitifs directs, mais pas avec tous.
- Un complément circonstanciel n’est pas sélectionné de la même façon par le verbe et se déplace plus facilement.
Fiche express
Ce qu’il faut distinguer sans hésiter
NatureIdentité grammaticale
FonctionRôle dans la construction
SyntagmeGroupe organisé autour d’un noyau
Mode personnelVariation selon la personne
Mode impersonnelInfinitif et participe
Tiroir verbalForme du paradigme verbal
Transitif directConstruit avec un COD
Transitif indirectObjet introduit par préposition
IntransitifSans complément d’objet
- Observer les marques morphologiques.
- Tester les substitutions possibles.
- Délimiter le groupe et trouver son noyau.
- Nommer ensuite sa fonction en contexte.
- Éduscol — Terminologie grammaticale
- Ministère de l’Éducation nationale
- CNRTL — catégories et constructions
Passer de la structure de la phrase simple aux relations entre propositions.
Cours 2.2 · Objectif : délimiter et relier les propositions
La phrase simple
Une phrase simple contient une seule proposition. Elle est le plus souvent organisée autour d’un verbe conjugué, mais elle peut aussi être nominale. Il faut distinguer sa structure, son type et les formes qu’elle adopte.
GN sujet + GV prédicat
Fréquente dans les titres, slogans, descriptions et exclamations.
Repérer les verbes conjugués est un bon point de départ, mais une phrase nominale ne contient aucun verbe et une construction infinitive peut former une proposition sans verbe conjugué.
Ne pas mélanger intention et construction
Types et formes de phrase
Le type correspond à l’organisation communicative fondamentale. Une phrase relève d’un type principal. Les formes sont des propriétés qui peuvent se combiner avec ce type.
Vous connaissez la règle.
Présenter une informationConnaissez-vous la règle ?
Demander une informationAppliquez la règle.
Ordre, conseil ou défenseComme cette règle est utile !
Exprimer une réaction intenseElle porte sur toute la proposition et appelle souvent oui ou non.
Est-il prêt ?Interrogation partielleElle porte sur un constituant identifié par un mot interrogatif.
Pourquoi part-il ?Il vient. / Il ne vient pas.
Le jury corrige les copies. / Les copies sont corrigées.
Paul réussira. / C’est Paul qui réussira.
Des candidats arrivent. / Il arrive des candidats.
« Cette réponse n’a-t-elle pas été vérifiée ? » est interrogative, négative et passive. Le type et les formes doivent donc être analysés séparément.
Suivre les changements de fonction
Voix active et voix passive
Voix activeLe correcteur examine la copie.
sujet agent · verbe · COD↓Voix passiveLa copie est examinée par le correcteur.
sujet patient · être + participe · complément d’agentLe COD de l’active devient sujet du passif.
Le verbe devient être au même tiroir + participe passé.
Le participe passé s’accorde avec le nouveau sujet.
Le sujet actif devient complément d’agent, parfois omis.
La transformation passive canonique concerne les verbes transitifs directs. On ne transforme pas normalement « Il téléphone à Paul » en « Paul est téléphoné ».
Passif sans agent« Les résultats seront publiés demain » est une phrase passive correcte même si l’auteur de l’action n’est pas exprimé.
Identifier la relation entre propositions
La phrase complexe
Une phrase complexe réunit plusieurs propositions. Elles peuvent être placées sur le même plan par juxtaposition ou coordination, ou dans une relation de dépendance par subordination.
Le temps manque ; nous accélérons.
Ponctuation : virgule, point-virgule ou deux-points.Le temps manque, donc nous accélérons.
Conjonction ou terme coordonnant ; propositions de même niveau.Nous accélérons parce que le temps manque.
La subordonnée dépend syntaxiquement de la principale.Deux propositions indépendantes coordonnées ou juxtaposées sont au même niveau. Les termes principale et subordonnée ne s’appliquent qu’à une relation de subordination.
Reconnaître nature et fonction
Les propositions subordonnées
Le livre que tu lis est utile.
que reprend livre et est COD de lis.Je pense que tu réussiras.
La conjonctive introduite par que est COD de pense.Nous partirons quand il arrivera.
La subordonnée exprime ici le temps.l’élève qui répondquesouvent CODle livre que je lisdontcomplément introduit par del’auteur dont je parleoùlieu ou tempsle jour où il vientlequelsouvent après prépositionle projet sur lequel…Je souhaite que vous réussissiez.
Je demande s’il viendra.
J’entends les élèves réciter.
| Rapport | Principaux introducteurs | Exemple |
|---|---|---|
| Temps | quand, lorsque, avant que, après que | Quand il arrive, nous commençons. |
| Cause | parce que, puisque, comme | Il réussit parce qu’il travaille. |
| Conséquence | si bien que, de sorte que | Il insiste, si bien qu’on l’écoute. |
| But | pour que, afin que | Je répète afin que tous comprennent. |
| Condition | si, à condition que | Si tu révises, tu progresseras. |
| Concession | bien que, quoique, même si | Bien qu’il soit tard, elle continue. |
Dans « le livre que je lis », que reprend un antécédent et a une fonction : pronom relatif COD. Dans « je pense que tu lis », il n’a pas d’antécédent ni de fonction : conjonction de subordination.
Une procédure fiable
Analyser une phrase complexe
- Repérer
Soulignez les noyaux verbaux et vérifiez les formes non conjuguées.
- Délimiter
Encadrez chaque proposition sans couper ses constituants.
- Identifier le lien
Ponctuation, coordination, pronom relatif ou conjonction.
- Nommer
Nature de la subordonnée puis fonction dans l’ensemble.
[ Je relis la fiche ] que [ le professeur a distribuée ] parce que [ l’examen approche ].
- que le professeur a distribuée : relative, complément de l’antécédent fiche ; que est COD de a distribuée.
- parce que l’examen approche : subordonnée circonstancielle de cause, complément de phrase.
Fiche express
Les repères décisifs
Phrase simpleUne seule proposition
Phrase complexePlusieurs propositions
TypeOrganisation communicative
FormePropriété combinable
JuxtapositionLien par ponctuation
CoordinationPropositions de même niveau
RelativeComplète un antécédent
ComplétiveFonction essentielle
CirconstancielleExprime un rapport logique
- Repérer les noyaux verbaux.
- Délimiter toutes les propositions.
- Identifier le mot ou signe qui les relie.
- Donner nature et fonction de la subordonnée.
- Éduscol — Terminologie grammaticale
- Ministère — programme et terminologie
- CNRTL — emplois et constructions
Comprendre comment les phrases deviennent un texte continu, progressif et interprétable.
Cours 2.3 · Objectif : suivre et organiser l’information
Cohésion ou cohérence ?
La cohésion correspond aux marques linguistiques qui relient les unités du texte. La cohérence est la possibilité de construire une interprétation globale, compatible et pertinente. Un texte peut être riche en connecteurs sans être réellement cohérent.
Pronoms, reprises nominales, connecteurs, concordance des temps, répétitions lexicales, accords.
Le candidat arrive. Il s’installe.Unité du thème, absence de contradiction, progression, relations logiques et connaissances partagées.
Il pleut. Je prends un parapluie.Le texte maintient des référents ou des thèmes reconnaissables.
Chaque étape apporte une information nouvelle pertinente.
Les informations restent compatibles, sauf rectification explicitée.
Le lecteur peut établir un lien logique entre les énoncés.
Dans « La route était mouillée. Il avait plu », aucun connecteur n’exprime la relation, mais le lecteur infère une explication causale grâce à ses connaissances.
Maintenir le référent sans monotonie
La reprise de l’information
Une chaîne de référence rassemble les expressions qui désignent le même être, objet ou concept. La reprise doit être identifiable, grammaticalement compatible et adaptée à la progression du texte.
IntroductionUne candidate→Pronomelle→Reprise fidèlecette candidate→Reprise infidèlela jeune enseignanteLe professeur arrive. Il ouvre le dossier.
Personnel, démonstratif, relatif, possessif…Un rapport paraît. Ce rapport présente les résultats.
Même nom, déterminant différent.Un professeur intervient. L’enseignant précise la règle.
Synonyme, hyperonyme ou description.La lecture développe… Cette activité de lire permet…
Répétition, famille de mots, champ lexical.Paul choisit le premier sujet ; Marie, le second.
Un élément récupérable n’est pas répété.Le directeur entre. Il prend la parole.
Quand il arrive, le directeur salue le jury.
Dans « Paul parle à Karim de son projet », le possessif son peut renvoyer à Paul ou à Karim. Une reprise n’est efficace que si son référent est identifiable sans hésitation injustifiée.
Articuler connu et nouveau
La progression thématique
Le thème est le point de départ de l’énoncé, ce dont on parle. Le propos, ou rhème, apporte l’information donnée à son sujet. La succession des thèmes organise la progression du paragraphe.
ThèmeLe concoursinformation de départ+Proposcomporte une épreuve de quatre heures.information apportéeLe concours dure quatre heures. Il prend la forme d’un QCM. Cette épreuve exige de la précision.
Le même thème est repris sous différentes formes.Le concours comporte un QCM. Ce QCM évalue plusieurs domaines. Ces domaines ont des poids différents.
Une information nouvelle devient le thème suivant.L’épreuve couvre deux ensembles. La langue vaut 50 %. La littérature représente les 50 % restants.
Plusieurs sous-thèmes dérivent d’un thème général.Un texte réel peut combiner plusieurs progressions. Le QCM demande généralement d’identifier celle qui domine dans un extrait court.
Repérer les indices linguistiques
Les marques de cohésion
Pronoms, groupes nominaux, démonstratifs, possessifs et ellipses.
Répétitions contrôlées, synonymes, hyperonymes, familles et champs lexicaux.
Concordance, temps dominants, adverbes et repères chronologiques.
Connecteurs d’addition, opposition, cause, conséquence, but ou conclusion.
Genre, nombre, personne, constructions répétées et correspondances syntaxiques.
Organisation des unités, hiérarchisation et indication de certains rapports.
Le concours est exigeant. Cependant, il faut donc se préparer.
→Relation correcteLe concours est exigeant. C’est pourquoi il faut se préparer.
Un connecteur doit exprimer la relation réellement construite : ici, une conséquence et non une opposition.
Relier énoncés et paragraphes
Les articulations logico-sémantiques
Un même rapport peut être exprimé par une conjonction, un adverbe, une préposition, un groupe nominal, un verbe ou simplement par la ponctuation. Il faut identifier le rapport de sens, pas seulement mémoriser un mot.
| Relation | Marqueurs fréquents | Fonction dans le raisonnement |
|---|---|---|
| Addition | de plus, aussi, en outre | Ajouter un argument ou une information. |
| Opposition | mais, en revanche, tandis que | Mettre en contraste deux éléments. |
| Concession | certes, pourtant, bien que | Admettre un fait sans accepter la conclusion attendue. |
| Cause | car, parce que, en raison de | Présenter l’origine ou l’explication. |
| Conséquence | donc, ainsi, si bien que | Présenter le résultat. |
| But | pour, afin de, pour que | Présenter l’objectif recherché. |
| Condition | si, à condition que, sauf si | Poser l’hypothèse nécessaire. |
| Illustration | par exemple, notamment, ainsi | Rendre une idée concrète. |
| Reformulation | c’est-à-dire, autrement dit | Présenter autrement la même idée. |
| Conclusion | en somme, finalement, donc | Clore une étape du raisonnement. |
Un connecteur peut relier deux propositions, deux phrases, deux paragraphes ou des parties entières du texte. Placé en tête de paragraphe, cependant peut marquer une réorientation globale du raisonnement.
Adapter les outils à l’organisation
Articulations selon le type de texte
d’abord · soudain · puis · enfin · pendant que
Ordre, durée, simultanéité, rupture.au premier plan · à gauche · plus loin · quant à
Localisation, parcours du regard, parties d’un tout.parce que · en effet · ainsi · c’est-à-dire
Cause, conséquence, définition, reformulation.certes · cependant · puisque · donc · en somme
Thèse, argument, objection, concession, conclusion.La présence de puis ne suffit pas à prouver qu’un texte est narratif. Il faut observer l’organisation dominante, la visée et l’ensemble des indices.
- Identifier
Thème général, visée et type dominant.
- Suivre
Chaînes de référence et reprises.
- Schématiser
Thèmes et informations nouvelles.
- Relier
Connecteurs et rapports implicites.
- Évaluer
Continuité, progression et non-contradiction.
Fiche express
Les neuf notions à fixer
CohésionLiens linguistiques visibles
CohérenceInterprétation globale possible
AnaphoreReprise d’un élément antérieur
CataphoreAnnonce d’un élément postérieur
ThèmePoint de départ de l’énoncé
ProposInformation apportée au thème
Thème constantMême thème repris
Progression linéaireLe propos devient thème
Thèmes dérivésSous-thèmes d’un hyperthème
Grammaire des mots · Grammaire de la phrase · Grammaire du texte
Revoir le programme- Éduscol — Terminologie grammaticale
- Ministère — progression et cohérence
- CNRTL — connecteurs et relations de sens
sont définis dans le module 1 — La lexicologie.
Identifier un choix de langue, nommer le procédé et expliquer son effet dans le contexte.
Cours 3.1 · Objectif : procédé + indice + effet
Les registres de langue
Un registre de langue est une manière de s’exprimer choisie selon la situation, le destinataire, le support et l’intention. Le même locuteur peut passer du familier au courant ou au soutenu : il ne s’agit pas de trois catégories fixes de personnes.
Un même message, trois formulationsJ’ai pas pigé. Tu peux redire ?
Proximité, oralité, syntaxe relâchée, lexique familier.Je n’ai pas compris. Pouvez-vous répéter ?
Formulation neutre, correcte et adaptée à la plupart des échanges.Je crains de n’avoir pas saisi votre propos. Pourriez-vous le reformuler ?
Lexique recherché, syntaxe élaborée, politesse marquée.boulot / travail / activité professionnelle
J’sais pas / Je ne sais pas / Je l’ignore
Élisions, transcriptions de l’oral, respect des conventions.
Relation entre participants, but, lieu et degré de formalité.
Familier ne signifie pas automatiquement incorrect, et registre de langue ne désigne pas un registre littéraire comme le tragique, le comique ou le fantastique.
Créer une ressemblance
Les figures d’analogie
Elles rapprochent deux réalités et proposent une nouvelle manière de percevoir l’une par l’autre. Pour l’examen, distinguez l’image ponctuelle du récit symbolique développé.
« Cette nouvelle a rallumé une lumière dans son esprit. »
L’image de la lumière rend sensible le retour de l’espoir ou de la compréhension.
« La Justice avance les yeux bandés, une balance à la main. »
Une notion est représentée durablement par un personnage, une scène ou un ensemble cohérent de symboles.
« Un jardinier négligea une graine minuscule ; elle devint l’arbre qui sauva son champ du vent. »
L’histoire particulière invite à dégager une leçon générale.
Image condensée dans une expression → métaphore. Personnification ou représentation développée d’une idée → allégorie. Petit récit complet invitant à une interprétation morale → parabole.
Désigner autrement
Les figures de substitution
« Toute la salle applaudit. »
Le lieu désigne les personnes qui s’y trouvent. Le lien est logique ou culturel, non une ressemblance.
« Trente voiles quittent le port. »
La partie visible, les voiles, désigne les navires entiers. La synecdoque est souvent considérée comme un cas de métonymie.
« L’astre du jour disparaissait derrière les collines. »
Le groupe nominal remplace le soleil et met en valeur une caractéristique.
« Sa voix est du velours. »
MétonymieContiguïté« Boire un verre. »
SynecdoqueInclusion« Une voile à l’horizon. »
Intensifier ou atténuer
Amplification et atténuation
« Je t’ai attendu mille ans. »
Exagération volontaire pour frapper, émouvoir ou insister.
Gradation« Il murmure, parle, crie, hurle. »
Succession ordonnée d’intensité croissante ou décroissante.
« Il nous a quittés. »
Expression adoucie d’une réalité jugée pénible ou brutale.
Litote« Ce résultat n’est pas mauvais. »
Dire moins pour laisser entendre davantage : ici, le résultat est plutôt bon.
« Qui pourrait nier l’importance de la préparation ? »
La réponse est contenue dans la question ; la forme interrogative sert à affirmer avec force ou à impliquer le destinataire.La litote renforce implicitement une idée en disant moins ; l’euphémisme cherche surtout à adoucir une réalité désagréable.
Mettre les contraires en tension
Les figures d’opposition
« Il promet beaucoup, il agit peu. »
L’opposition structure une phrase ou un passage et souligne le contraste.
« Un silence assourdissant. »
Le rapprochement immédiat crée une image surprenante et complexe.
« Il faut parfois perdre du temps pour en gagner. »
L’énoncé apparemment contradictoire invite à dépasser l’évidence.
« On apprend pour comprendre et l’on comprend pour apprendre. »
Le croisement met en miroir les termes et crée équilibre ou opposition.
OxymoreOpposition concentrée dans un même groupe : douce violence.
AntithèseOpposition développée entre deux ensembles : les uns avancent, les autres reculent.
Produire un effet par la syntaxe
Les figures de construction
« Il faut décider avant que la décision ne s’impose. »
Répétition d’un même mot ou radical sous des formes grammaticales différentes.
« Il entre, observe, comprend, repart. »
Suppression des mots de liaison entre termes ou propositions.
« Lorsqu’il comprit que le temps manquait, il accéléra afin que le travail fût terminé. »
Organisation hiérarchisée par la subordination.
« Le temps manque. Il accélère. Le travail avance. »
Propositions placées côte à côte sans rapport de dépendance explicite.
L’asyndète insiste sur l’absence de connecteurs ; la parataxe décrit surtout la mise sur un même plan de propositions sans subordination.
Faire entendre le texte
Les effets phoniques
« Le souffle secret glisse sous les branches. »
Le retour de [s] peut suggérer ici un glissement ou un murmure.
« La route roule sous la foule. »
Le retour du son [u] crée une unité sonore et un rythme perceptible.
« Tic-tac, puis boum ! La porte claqua. »
Le mot évoque directement une sensation acoustique et dynamise la scène.
Le son [s] ne signifie pas toujours douceur ou menace. L’effet doit être justifié par les mots, le rythme et la situation du passage.
Fiche express
Les oppositions à mémoriser
MétaphoreRessemblance implicite
MétonymieRelation de proximité
SynecdoquePartie et tout
HyperboleExagération
LitoteDire moins pour suggérer plus
EuphémismeAdoucir une réalité
OxymoreOpposition concentrée
AntithèseOpposition développée
ChiasmeStructure croisée AB / BA
AsyndèteSuppression des liaisons
HypotaxeHiérarchie par subordination
ParataxePropositions sur le même plan
- Relever exactement les mots concernés.
- Nommer la figure grâce à son mécanisme.
- Décrire l’image, l’intensité ou le rythme produit.
- Relier cet effet au sens et à la situation.
Pondération officielle : 10 % de l’épreuve.
Revoir le programme- BnF — figures de rhétorique
- CNRTL — terminologie rhétorique
- Académie française — définitions et usages
sont traités dans le module 2 — Grammaire du texte, avec le tableau des relations et de leurs marqueurs.
Relier chaque forme linguistique à celui qui parle, au contexte et à l’intention produite.
Cours 4.1 · Objectif : indice + repère + intention
De l’énoncé à l’énonciation
L’énoncé est le produit observable — une phrase ou une suite de phrases. L’énonciation est l’acte par lequel un locuteur produit cet énoncé dans une situation précise. Pour interpréter « Je viendrai demain », il faut savoir qui parle, à qui, où et quand.
Celui qui produit ou assume le point de vue de l’énoncé.
Celui à qui le message est adressé.
Le lieu et le moment servant de repères.
Informer, demander, promettre, convaincre, féliciter…
Le centre déictique se construit autour de la personne, du lieu et du moment de parole.
Dans « Selon le jury, le dossier est solide », le locuteur rapporte un point de vue attribué au jury sans nécessairement le prendre entièrement à son compte.
Repérer le centre de parole
Les déictiques
Un déictique reçoit son référent grâce à la situation d’énonciation. Je, ici ou demain changent de référent lorsque le locuteur, le lieu ou le moment change.
Pronoms et déterminants possessifs : mon, ton, notre…
Le présent et certains temps se calculent depuis le moment de parole.
Le repère spatial dépend de la position du locuteur.
Le contexte ou un geste permet d’identifier ce qui est désigné.
« Je vous répondrai ici demain. »
Les repères sont directement liés à la situation actuelle.
« Le candidat répondit le lendemain dans cette salle. »
Les repères sont construits à l’intérieur du récit et non depuis le présent du locuteur.
Dans « Léa arrive. Elle sourit », elle reprend un élément du texte : c’est une anaphore. Dans « Elle est là ! » accompagné d’un geste, l’identification dépend de la situation.
Mesurer l’engagement du locuteur
La modalisation
Modaliser, c’est faire apparaître une attitude envers le contenu énoncé : degré de certitude, obligation, possibilité ou jugement de valeur. Un énoncé apparemment neutre peut ainsi devenir prudent, catégorique ou évaluatif.
certainement, peut-être, il semble que, devoir
« Il viendra probablement. »
devoir, falloir, pouvoir, être interdit de
« Vous devez justifier votre réponse. »
heureusement, regrettable, excellent, hélas
« Cette décision est malheureusement tardive. »
Faire entendre une autre parole
Les discours rapportés
Elle dit : « Je reviendrai demain. »
Les paroles sont citées avec leur ponctuation et conservent leurs repères d’origine.
Elle dit qu’elle reviendra demain.
Les paroles sont intégrées syntaxiquement ; personnes, temps et repères peuvent être transposés.
Elle partirait. Reviendrait-elle demain ?
La voix du personnage se mêle à celle du narrateur sans verbe introducteur ni guillemets.
Elle annonça son retour.
Le contenu de la parole est résumé comme un événement du récit.
| Discours direct | Discours indirect au passé | Exemple |
|---|---|---|
| présent | imparfait | « Je travaille » → il disait qu’il travaillait |
| passé composé | plus-que-parfait | « J’ai fini » → il disait qu’il avait fini |
| futur simple | conditionnel présent | « Je viendrai » → il disait qu’il viendrait |
| demain / ici | le lendemain / là | Les repères s’adaptent au nouveau centre énonciatif |
Avec un présent — « Il dit qu’il viendra » — aucun recul automatique n’est nécessaire. La transposition classique s’observe surtout lorsque le verbe introducteur est au passé.
Comprendre ce que parler fait
Les actes de langage
Un énoncé ne transmet pas seulement une information : il accomplit aussi une action socialement interprétable.
Prononcer une phrase dotée d’une forme et d’un sens.
Affirmer, ordonner, promettre, demander, féliciter…
Convaincre, rassurer, effrayer ou faire agir le destinataire.
Présenter un contenu comme vrai.
Faire agir le destinataire.
Engager le locuteur.
Exprimer un état ou une attitude.
Modifier une situation par une parole autorisée.
La forme injonctive correspond directement à l’ordre.
Acte indirect« Pourriez-vous fermer la fenêtre ? »La forme est interrogative, mais la valeur pragmatique est une demande polie.
Interpréter au-delà des mots
L’implicite et le contexte
« Lina a cessé de réviser la nuit. »
L’énoncé présente comme déjà admis que Lina révisait auparavant la nuit. Le contenu résiste généralement à la négation : « Lina n’a pas cessé… » conserve ce présupposé.
« Il fait froid ici. »
Selon le contexte, le locuteur peut simplement constater la température ou demander indirectement de fermer la fenêtre. L’interprétation dépend fortement de la situation.
« Pouvez-vous me passer le sel ? » interroge littéralement une capacité, mais accomplit normalement une demande. La réponse d’examen doit distinguer la forme grammaticale de la valeur en contexte.
Raisonner sans surinterpréter
La méthode d’analyse
- Identifier la situation
Qui parle, à qui, dans quel lieu et à quel moment ?
- Relever les indices
Pronoms, temps, adverbes, verbes introducteurs, modalisateurs.
- Nommer le mécanisme
Déictique, modalité, discours rapporté, présupposé ou acte indirect.
- Déterminer la valeur
Certitude, obligation, jugement, demande, promesse, effet de distance…
- Justifier par le contexte
Choisir l’interprétation soutenue par des indices précis, sans inventer une intention.
Fiche express
Les distinctions à savoir sans hésiter
ÉnoncéProduit linguistique observable
ÉnonciationActe de production en contexte
DéictiqueRéférent fourni par la situation
AnaphoreRéférent fourni par le texte
Modalité épistémiqueCertitude et probabilité
Modalité déontiqueObligation et permission
Discours directParoles citées
Discours indirectParoles intégrées
Acte illocutoireAction accomplie en parlant
Effet perlocutoireEffet produit sur autrui
PrésupposéContenu présenté comme acquis
Sous-entenduInterprétation dépendante du contexte
Pondération officielle : 10 % de l’épreuve.
Revoir le programme- CNRTL — énonciation et repères
- CNRTL — modalisation
- Éduscol — discours rapportés et marqueurs
- Programme national — actes de langage