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Module 65 · 9 chapitres

Langue et sciences du langage

Première moitié du programme (50 %) : linguistique (15 %), grammaire (15 %), stylistique (10 %) et discours et énonciation (10 %). Cours complets avec objectifs, plan, définitions, exemples, tableaux comparatifs, pièges d'examen, méthodes d'analyse et fiches de synthèse.

9 chapitres 0 questions ~4.0 heures

Objectifs du module

  • Situer une notion dans le bon niveau d'analyse : son, mot, phrase, texte, discours
  • Distinguer les couples que le QCM confond : phonétique/phonologie, nature/fonction, cohésion/cohérence
  • Analyser une phrase complexe et repérer les marques de cohésion d'un texte
  • Identifier registres, figures et effets phoniques, et en décrire l'effet
  • Reconnaître la situation d'énonciation, les déictiques, la modalisation et les discours rapportés
1. Linguistique · 15 %

Premier repère du cours : comprendre les sons avant de les classer.

Cours 1.1 · Objectif : reconnaître et distinguer

Phonétique ou phonologie ?

La phonétique étudie les sons de la parole dans leur réalité physique. La phonologie étudie leur fonction dans le système d’une langue, notamment leur capacité à distinguer des mots.

Phonétique

Comment le son est produit

Articulation, acoustique, perception et transcription précise.

[p] • [b] • [a] • [ʃ]
Phonologie

Ce que le son change

Oppositions distinctives et organisation des phonèmes.

/pa/ ≠ /ba/
À retenir pour le QCM

Les crochets [ ] notent une réalisation phonétique ; les barres obliques / / notent une unité phonologique.

Les six points du descriptif

  • Découpage syllabique
  • Accent de mot et de groupe
  • Liaisons dans la chaîne parlée
  • Alphabet phonétique international
  • Voyelles et consonnes du français
  • Principes de phonétique corrective

Transcrire sans ambiguïté

L’alphabet phonétique international

L’API associe en principe un symbole à un son. Il permet de noter la prononciation indépendamment de l’orthographe. C’est essentiel en français, où un même son peut correspondre à plusieurs graphies.

MotGraphie observéeSonTranscription
chatch[ʃ][ʃa]
eaueau[o][o]
femmee[a][fam]
painain[ɛ̃][pɛ̃]
Piège classique

On transcrit ce que l’on prononce, pas ce que l’on écrit : les lettres muettes disparaissent de la transcription.

Reconnaître le système phonique

Voyelles et consonnes du français

Une voyelle est produite sans obstruction importante de l’air. Une consonne implique une fermeture ou un resserrement du conduit vocal. Pour le QCM, retenez surtout les grandes familles et les exemples.

Voyelles oralesL’air sort par la bouche

[i] si · [e] été · [ɛ] mère · [a] patte

[y] lune · [ø] peu · [œ] peur · [u] roue

[o] mot · [ɔ] porte · [ə] le

Voyelles nasalesL’air passe aussi par le nez

[ɑ̃] sans · [ɛ̃] pain

[ɔ̃] bon · [œ̃] un

Dans de nombreux usages actuels, [œ̃] tend à se rapprocher de [ɛ̃].

Les consonnes : classement utile pour l’examen

Occlusives[p b] · [t d] · [k g]Fermeture complète puis ouvertureFricatives[f v] · [s z] · [ʃ ʒ]Resserrement et friction de l’airNasales[m n ɲ ŋ]Passage de l’air par le nezLiquides[l ʁ]Consonnes continuesSemi-voyelles[j w ɥ]Comme dans pied, oui, huit
Sonore ou sourde ?

Les cordes vocales vibrent pour une consonne sonore : [b], [d], [g], [v], [z], [ʒ]. Elles ne vibrent pas pour [p], [t], [k], [f], [s], [ʃ].

Organiser la chaîne parlée

Syllabe, accent et liaison

La syllabe

Elle s’organise autour d’un noyau vocalique. Une syllabe ouverte se termine par une voyelle prononcée ; une syllabe fermée par une consonne prononcée.

ami [a.mi]deux syllabes ouvertesporte [pɔʁt]une syllabe fermée
L’accent

En français, l’accent principal porte généralement sur la dernière syllabe prononcée du groupe rythmique, et non sur chaque mot isolé.

un petit cafÉaccent en fin de groupe
Obligatoireles amis [lezami]Entre déterminant et nom, pronom et verbe.
Facultativepas encore [pazɑ̃kɔʁ]Dépend du registre et du rythme.
Interditeet // elle · les // hérosAprès et, devant un h aspiré, notamment.
Ne pas confondre

La liaison fait entendre une consonne normalement muette ; l’enchaînement rattache à la syllabe suivante une consonne qui est déjà prononcée.

Corriger avec méthode

La phonétique corrective

Elle vise à améliorer la perception et la production des sons, du rythme et de l’intonation. Il ne suffit pas de demander à l’apprenant de répéter : la correction suit une progression.

  1. Diagnostiquer

    Identifier précisément l’écart et son contexte.

  2. Faire discriminer

    Apprendre à entendre l’opposition : [y] / [u].

  3. Guider l’articulation

    Expliquer simplement la position des lèvres et de la langue.

  4. Automatiser

    Passer du son au mot, puis à la phrase et à la parole spontanée.

Principe pédagogique

On corrige prioritairement les erreurs qui gênent la compréhension ou provoquent une confusion de sens.

Fiche express

Ce qu’il faut savoir sans hésiter

[ ]Réalisation phonétique

/ /Unité phonologique

VoyellePas d’obstruction importante

ConsonneFermeture ou resserrement

AccentFin du groupe rythmique

LiaisonConsonne muette rendue audible

Sources de ce chapitre
  • Université Toulouse-Jean-Jaurès — API
  • CNRTL — transcriptions et usages
  • Dictionnaire de l’Académie française

Lire un dictionnaire comme un outil d’analyse, et non comme une simple liste de définitions.

Cours 1.2 · Objectif : interpréter un article de dictionnaire

Lexicographie, lexicologie, dictionnaire

La lexicographie concerne la conception et la rédaction des dictionnaires. La lexicologie étudie scientifiquement le lexique d’une langue. Le dictionnaire est l’ouvrage qui décrit des mots, des sens ou des connaissances selon un projet éditorial déterminé.

Une pratiqueLexicographie

Sélectionner les entrées, organiser les informations et rédiger les articles.

Une disciplineLexicologie

Étudier les unités lexicales, leurs formes, leurs sens et leurs relations.

Un produitDictionnaire

Présenter un lexique ou des connaissances pour un public et un usage précis.

À retenir pour le QCM

La macrostructure est l’ensemble ordonné des entrées du dictionnaire ; la microstructure est l’organisation des informations à l’intérieur de chaque article.

Identifier le projet de l’ouvrage

Les grands types de dictionnaires

Un même mot n’est pas traité de la même manière partout. Pour reconnaître le type d’ouvrage, observez la nature de l’information fournie et le public visé.

Langue / encyclopédique

Le premier décrit les mots et leurs emplois ; le second informe surtout sur les réalités, personnes, lieux ou concepts désignés.

Monolingue / bilingue

Le monolingue explique dans la même langue ; le bilingue propose des équivalents dans une autre langue.

Général / spécialisé

Le général couvre le vocabulaire courant ; le spécialisé traite un domaine, par exemple la médecine ou la linguistique.

Synchronique / diachronique

Le premier décrit un état de langue ; le second suit l’histoire des formes et des sens.

Réflexe d’examen

Une définition du mot volcan relève du dictionnaire de langue ; un développement sur sa formation géologique relève plutôt de l’encyclopédie.

Décoder la microstructure

L’anatomie d’un article

L’article va généralement de l’identification du mot vers ses différents sens. Les abréviations et marques d’usage sont de vraies informations grammaticales et pragmatiques : elles ne sont pas décoratives.

ÉCLAIRER[ekleʁe]verbe transitif1.

Répandre de la lumière sur quelque chose. Une lampe éclaire la pièce.

2.

Au figuré. Rendre plus compréhensible. Ce témoignage éclaire les faits.

Constructionéclairer quelqu’un / quelque chose ; s’éclairer

Familleéclairage, éclairant, éclaircissement

Étymologieformé sur clair

Article pédagogique construit pour ce cours ; il ne reproduit pas un dictionnaire existant.
Vedette ou lemme

Forme choisie comme entrée : infinitif pour un verbe, masculin singulier pour beaucoup de noms et adjectifs.

Prononciation

Transcription phonétique, généralement entre crochets.

Catégorie

Nom, adjectif, verbe ; genre, nombre ou construction selon le cas.

Acceptions

Les sens distingués et numérotés, souvent du propre au figuré.

Marques d’usage

Registre, domaine, région ou époque : fam., littér., vieilli, etc.

Exemples

Ils montrent la construction du mot et limitent l’interprétation du sens.

Choisir l’acception pertinente

Le sens se décide en contexte

Un mot polysémique possède plusieurs sens liés. Le contexte, la construction syntaxique et les mots voisins permettent de choisir l’acception pertinente.

Sens concret

La lampe éclaire la salle.

Présence de « lampe » et « salle » : production de lumière.
Sens figuré

Cette archive éclaire le débat.

Le complément abstrait « débat » appelle le sens « rendre compréhensible ».
  1. Repérer la catégorie et la construction du mot.

  2. Observer les mots associés et le domaine du texte.

  3. Tester chaque définition en la reformulant dans la phrase.

  4. Écarter le sens proche qui ne convient pas à tout le contexte.

Vérifier la forme et la construction

Orthographe, norme et usage

Orthographe

La vedette donne la graphie de référence ; l’article peut signaler des variantes ou des formes rectifiées.

Morphologie

Pluriel, féminin, conjugaison ou formes irrégulières peuvent être indiqués.

Construction

Un verbe peut être transitif, intransitif ou pronominal ; la préposition exigée fait partie de son usage.

Registre et domaine

Fam. ne signifie pas « incorrect » : cela signale un emploi adapté à une situation familière.

Norme ne veut pas dire immobilité

Un dictionnaire décrit des usages attestés tout en signalant leur statut. Il faut lire les marques d’usage avant de juger une forme.

Fiche express

Six repères à mémoriser

LexicographieFabrication et étude des dictionnaires

LexicologieÉtude scientifique du lexique

MacrostructureEnsemble ordonné des entrées

MicrostructureOrganisation interne de l’article

LemmeForme retenue comme vedette

Marque d’usageRegistre, domaine, époque ou région

Stratégie QCM en 20 secondes
  1. Identifier la rubrique interrogée.
  2. Lire les marques et la catégorie grammaticale.
  3. Replacer chaque sens proposé dans le contexte.
  4. Éliminer toute réponse seulement partiellement exacte.
Sources de ce chapitre
  • CNRTL — définitions et usages
  • Dictionnaire de l’Académie française
  • Éduscol — terminologie grammaticale

Comprendre comment les mots se construisent, s’organisent et changent de sens.

Cours 1.3 · Objectif : analyser la forme et le sens des mots

Du mot à l’unité lexicale

La lexicologie étudie le lexique : la forme des unités lexicales, leur sens, leurs relations et leur évolution. Une unité lexicale peut être un mot simple, un mot construit ou une expression figée qui fonctionne comme un tout.

Mot simpletable

Une seule base lexicale, sans affixe identifiable en français actuel.

Mot construitimpossible

Le préfixe im- s’ajoute à la base possible.

Unité polylexicalepomme de terre

Plusieurs mots graphiques forment une seule unité de sens.

re + lis + iblepréfixe + base + suffixe

Le morphème est la plus petite unité porteuse de sens ou de fonction. Dans relisible, re- exprime la répétition, lis porte le sens lexical et -ible marque la possibilité.

Lexique et vocabulaire

Le lexique est l’ensemble des unités disponibles dans une langue ; le vocabulaire est l’ensemble des unités effectivement employées par une personne, un groupe, un domaine ou un texte.

Reconnaître les procédés

La formation des mots

Pour le concours, il faut surtout savoir décomposer une unité, nommer le procédé principal et expliquer l’effet de sens produit.

Dérivation préfixale

possible → impossible

Un préfixe précède la base. Il modifie généralement le sens sans changer la catégorie grammaticale.

Dérivation suffixale

lire → lecteur

Un suffixe suit la base et peut changer la catégorie grammaticale : ici, un verbe devient un nom.

Composition

porte + monnaie

Deux bases lexicales autonomes ou davantage s’associent pour former une nouvelle unité.

Conversion

déjeuner (v.) → le déjeuner (n.)

La catégorie grammaticale change sans ajout visible d’un affixe.

Abrègement et sigle

photographie → photo · TGV

Le mot est tronqué ou formé à partir d’initiales. Un acronyme se prononce comme un mot : ovni.

Emprunt

week-end · algèbre

Une langue adopte une unité provenant d’une autre langue, avec une adaptation variable.

Piège classique

La famille de mots repose sur une base commune et une parenté de sens. Une ressemblance graphique seule ne suffit pas : terre et terrible ne sont pas de la même famille.

Organiser le sens

Les relations lexicales

RelationPrincipeExemple
SynonymieSens proches dans un contexte donnécommencer / débuter
AntonymieSens opposésprésent / absent
HyperonymieTerme de sens plus généralfleur pour rose
HyponymieTerme inclus dans une catégorierose est une fleur
HomonymieMême forme, sens sans lien identifiableavocat : juriste / fruit
ParonymieFormes proches, sens différentséruption / irruption
Un mot, plusieurs sens liésPolysémie

La tête d’une personne / la tête d’un cortège : l’idée de partie supérieure ou initiale crée un lien sémantique.

Même forme, mots distinctsHomonymie

Un avocat plaide / manger un avocat : les deux sens relèvent d’histoires lexicales différentes.

La synonymie parfaite est rare

Deux mots proches ne sont pas toujours interchangeables : leur registre, leur construction ou leurs connotations peuvent différer.

Relier les mots au texte

Champs lexicaux et valeurs

Plusieurs mots dans un texteChamp lexical

Ensemble d’unités qui renvoient à un même thème : vague, navire, rivage, marin construisent le champ lexical de la mer.

Plusieurs sens d’un motChamp sémantique

Ensemble des sens possibles d’une unité polysémique : feuille d’arbre, de papier, de calcul.

Dénotation

Le sens descriptif relativement stable : renard désigne un mammifère.

Connotation

Les valeurs associées selon la culture ou le contexte : le renard peut évoquer la ruse.

Dans l’analyse

Ne vous contentez pas d’énumérer un champ lexical : nommez le thème, relevez des mots précis, puis expliquez l’effet produit dans le passage.

Une procédure courte et sûre

Analyser une unité lexicale

  1. Identifier

    Catégorie grammaticale et forme employée dans la phrase.

  2. Décomposer

    Base, préfixe, suffixe ou éléments de composition.

  3. Nommer

    Procédé de formation et relation éventuelle avec d’autres unités.

  4. Interpréter

    Sens contextuel, connotations et effet dans le texte.

Exemple guidé

« Son geste était impardonnable. »

Forme : adjectif construit sur pardonner.

Structure : préfixe négatif im- + base pardonn- + suffixe adjectival -able.

Sens en contexte : « qui ne peut pas être pardonné » ; la formation renforce le jugement négatif porté sur le geste.

Fiche express

Les oppositions à savoir sans hésiter

LexiqueUnités disponibles dans la langue

VocabulaireUnités employées dans un usage donné

PréfixeAvant la base ; modifie surtout le sens

SuffixeAprès la base ; peut changer la catégorie

HyperonymeTerme général qui inclut

HyponymeTerme particulier qui est inclus

PolysémiePlusieurs sens liés d’un mot

HomonymieMême forme, sens sans lien

Champ lexicalPlusieurs mots autour d’un thème

Réflexe QCM
  1. Décomposer avant de nommer le procédé.
  2. Vérifier le sens dans toute la phrase.
  3. Distinguer ressemblance formelle et relation de sens.
  4. Tester le rapport général / particulier.
Sources de ce chapitre
  • CNRTL — lexicologie et relations de sens
  • Dictionnaire de l’Académie française
  • Éduscol — terminologie grammaticale

Une carte claire des notions fondatrices et des niveaux d’analyse linguistique.

Cours 1.4 · Objectif : relier notion, niveau et exemple

Langage, langue et parole

Ces trois termes ne sont pas interchangeables. Le langage est la faculté humaine de communiquer au moyen de signes ; la langue est un système partagé par une communauté ; la parole est l’emploi individuel et concret de ce système dans une situation donnée.

Faculté

Langage

Capacité générale à produire et comprendre des messages organisés.

Système social

Langue

Code collectif : unités, oppositions et règles partagées.

Réalisation

Parole

Acte particulier d’un locuteur, avec ses choix et ses variations.

Synchronie

Étudier le système à un moment donné : le français contemporain, par exemple.

Diachronie

Étudier les transformations de la langue au cours du temps.

Une linguistique descriptive

Le linguiste décrit les régularités des usages et leur fonctionnement. La grammaire normative, elle, indique les formes considérées comme conformes à une norme donnée.

Comprendre l’unité à deux faces

Le signe linguistique

Dans la tradition saussurienne, le signe associe non une chose et un nom, mais une forme perceptible, le signifiant, et un concept, le signifié.

Signifiant/aʁbʁ/ · « arbre »

Forme phonique ou graphique

SignifiéConcept d’arbre

Représentation mentale, et non l’objet réel

Arbitraire

Il n’existe pas de lien naturel nécessaire entre la forme arbre et le concept. D’autres langues emploient d’autres signifiants.

Linéarité

Dans la chaîne parlée, les éléments du signifiant se succèdent dans le temps et ne se prononcent pas tous simultanément.

Valeur différentielle

Une unité reçoit sa valeur par les oppositions qu’elle entretient avec les autres unités du système.

Dans la chaîneAxe syntagmatique

Les unités se combinent : un + petit + livre. Leur ordre obéit aux règles de la langue.

Dans le choixAxe paradigmatique

À une même place, plusieurs unités peuvent se substituer : petit / beau / ancien livre.

Produire beaucoup avec peu d’unités

La double articulation

André Martinet décrit le langage humain comme doublement articulé. Cette organisation permet de construire une infinité de messages à partir d’un nombre limité d’unités.

Première articulationUnités significatives

Les monèmes ou morphèmes possèdent une forme et un sens.

chant-eur-strois unités porteuses d’information
Deuxième articulationUnités distinctives

Les phonèmes n’ont pas de sens isolément, mais ils distinguent des unités.

/p/ ≠ /b/painbain
Attention

Le phonème appartient à la deuxième articulation : il est distinctif mais non significatif. Le morphème appartient à la première : il apporte du sens ou une fonction grammaticale.

Choisir la discipline pertinente

Les niveaux d’analyse

Phonétique

Réalité physique et production des sons.

[ʃ]

Phonologie

Fonction distinctive des sons dans un système.

/p/ ≠ /b/

Morphologie

Forme, flexion et construction des mots.

re-lire

Syntaxe

Combinaison et fonction des unités dans la phrase.

S + V + COD

Sémantique

Sens des unités et des énoncés.

sens

Pragmatique

Sens produit en contexte et intention du locuteur.

acte

Sociolinguistique

Rapports entre langue, usages, groupes et situations sociales.

variation

Psycholinguistique

Production, compréhension et acquisition du langage.

cognition
Une phrase, plusieurs niveaux

« Tu peux fermer la fenêtre ? »

Syntaxe : phrase interrogative construite avec le verbe modal pouvoir.

Sémantique : question portant littéralement sur la capacité de l’interlocuteur.

Pragmatique : dans la situation ordinaire, l’énoncé accomplit surtout une demande.

Relier facteur et fonction

Communication et fonctions du langage

Dans le modèle associé à Roman Jakobson, chaque fonction met au premier plan un facteur de la communication. Un message peut cumuler plusieurs fonctions, mais l’une d’elles domine généralement.

ContexteréférentielleDestinateurexpressiveMessagepoétiqueDestinataireconativeContactphatiqueCodemétalinguistique
Informer sur le contexteRéférentielle

« Le train part à huit heures. »

Manifester l’attitude du locuteurExpressive

« Quelle joie ! »

Agir sur le destinataireConative

« Fermez la porte. »

Établir ou maintenir le contactPhatique

« Allô, vous m’entendez ? »

Parler du codeMétalinguistique

« Que signifie ce mot ? »

Attirer l’attention sur la forme du messagePoétique

« La terre est bleue comme une orange. »

Des auteurs comme points de repère

Trois orientations à reconnaître

Ferdinand de SaussureStructuralisme

La langue est envisagée comme un système dont les unités se définissent par leurs relations et leurs oppositions.

Signe · langue/parole · synchronie/diachronie
André MartinetFonctionnalisme

L’analyse insiste sur la fonction des unités dans la communication et sur l’économie du système linguistique.

Double articulation · fonction · économie
Noam ChomskyGrammaire générative

Elle cherche à expliciter le système de règles qui permet au locuteur de produire et comprendre des phrases.

Compétence · performance · règles

CompétenceConnaissance intériorisée du système linguistique.

PerformanceMise en œuvre effective dans des situations concrètes.

Complément exigé par le descriptif

Langage, apprentissage et troubles

Langage humain / autres systèmesUne organisation productive

Les animaux disposent de systèmes de communication. Le langage humain se distingue notamment par sa double articulation et par la possibilité de créer et comprendre une quantité ouverte de messages nouveaux.

Oral / écritDeux modes complémentaires

L’oral mobilise prosodie, interaction et contexte immédiat ; l’écrit repose sur un code graphique, permet davantage de planification et demeure consultable. L’écrit n’est donc pas une simple copie de l’oral.

Forme / substanceOrganisation et matière

La forme correspond à l’organisation linguistique des unités ; la substance est la matière dans laquelle cette organisation se réalise, par exemple sonore ou graphique pour l’expression.

Trois familles d’explications de l’apprentissage

Modèle · entraînement · correctionBéhavioriste

L’apprentissage est expliqué par l’imitation, la répétition et le renforcement.

Prédisposition · règles · créativitéInnéiste

Il suppose des capacités biologiques spécifiques qui permettent à l’enfant d’élaborer rapidement une grammaire.

Interaction · contexte · médiationInteractionniste

Le développement résulte de l’articulation entre capacités cognitives, échanges sociaux, étayage et données linguistiques reçues.

Facteurs d’une langue seconde ou étrangère

Âge et parcours, quantité et qualité de l’exposition, motivation, besoins, répertoire linguistique antérieur, stratégies, sécurité affective et occasions d’interaction. Aucun facteur isolé ne détermine à lui seul la réussite.

Erreur ou trouble ?

Une erreur d’apprentissage est attendue et évolutive. Un trouble est durable, significatif et nécessite une évaluation professionnelle ; l’enseignant observe et adapte, mais ne pose pas de diagnostic.

Articulation

Difficulté persistante à produire certains sons.

Bégaiement

Trouble de la fluidité avec répétitions, prolongations ou blocages.

TDL

Trouble développemental affectant durablement la compréhension ou l’expression du langage oral.

Dyslexie

Trouble durable de l’acquisition et de l’automatisation de la lecture.

Aphasie

Trouble acquis du langage consécutif à une atteinte cérébrale.

Réflexe d’examen

Ne confondez pas acquisition de la langue première, apprentissage guidé d’une langue étrangère et trouble du langage. Le contexte de la question détermine la notion attendue.

Fiche express

La carte mentale du chapitre

LangueSystème social partagé

ParoleRéalisation individuelle

SignifiantForme perceptible du signe

SignifiéConcept associé

1re articulationUnités significatives

2e articulationPhonèmes distinctifs

SynchronieÉtat de langue

DiachronieÉvolution dans le temps

PragmatiqueSens en contexte

Module 01 terminéVous disposez maintenant des quatre chapitres de linguistique.

Phonétique · Lexicographie · Lexicologie · Sciences du langage

Revoir le programme
Sources de ce chapitre
  • BnF — Cours de linguistique générale
  • Persée — signe et double articulation
  • Éduscol — lexique et culture
2. Grammaire · 15 %

Identifier la nature, le groupe et la construction avant de chercher la fonction.

Cours 2.1 · Objectif : classer, délimiter, justifier

Les classes grammaticales

La classe grammaticale, ou nature, est l’identité grammaticale d’un mot. Elle se reconnaît par un faisceau d’indices : variations morphologiques, place, entourage possible et comportement dans la phrase.

Mots lexicauxNom · verbe · adjectif · adverbe

Ils portent généralement un contenu lexical et accueillent plus facilement de nouvelles unités.

Mots grammaticauxDéterminant · pronom · préposition · conjonction

Ils organisent les relations grammaticales, la référence et la liaison entre unités.

Nom

Désigne ou catégorise ; noyau du groupe nominal. Il varie généralement en nombre et parfois en genre.

livre · courage
Déterminant

Introduit le nom et participe à son actualisation ; il s’accorde avec lui.

le · un · ce · mon
Adjectif

Caractérise un nom ou un pronom et s’accorde avec lui en genre et en nombre.

utile · attentifs
Verbe

Noyau du groupe verbal ; varie selon la personne, le nombre, le temps et le mode.

comprend · partirons
Adverbe

Mot invariable qui modifie notamment un verbe, un adjectif, un autre adverbe ou la phrase.

vite · très · demain
Pronom

Occupe les positions d’un groupe nominal et porte des marques de personne, genre ou nombre selon son type.

il · le mien · qui
Préposition

Mot invariable qui introduit un complément et forme avec lui un groupe prépositionnel.

à · de · avec · pour
Conjonction

Relie des mots, groupes ou propositions : coordination ou subordination.

mais · ou · parce que

Variablesnom, déterminant, adjectif, pronom, verbe

Invariablesadverbe, préposition, conjonction

Le contexte tranche

Une même forme graphique peut changer de classe : le dîner est un nom, nous allons dîner contient un verbe ; un homme fort contient un adjectif, parler fort un adverbe.

Éviter la confusion fondamentale

Nature et fonction

La nature indique ce qu’est l’unité ; la fonction indique ce qu’elle fait dans une construction précise. La nature reste relativement stable, tandis que la fonction dépend de la phrase.

Paul observe la mer.

PaulNom propreFonction : sujet

la merGroupe nominalFonction : COD

La mer fascine Paul.

La merGroupe nominalFonction : sujet

PaulNom propreFonction : COD

Bonne formulation

Écrivez : « la mer est un groupe nominal ayant la fonction de complément d’objet direct du verbe observe ». Ne répondez pas seulement « COD » si la nature est demandée.

Trouver le noyau du groupe

Les syntagmes

Un syntagme est un groupe organisé autour d’un noyau. Le groupe entier peut souvent être remplacé, déplacé ou supprimé selon sa fonction, mais son noyau détermine sa catégorie.

[ Le jeune chercheur ]GN[ présente ses résultats ]GV[ avec précision ]GPrép
GNSyntagme nominal

Noyau : nom ou parfois pronom.

ces livres anciens
GVSyntagme verbal

Noyau : verbe, avec ses compléments.

lit un article
GAdjSyntagme adjectival

Noyau : adjectif, éventuellement modifié.

très fier de lui
GAdvSyntagme adverbial

Noyau : adverbe.

bien trop vite
GPrépSyntagme prépositionnel

Préposition suivie de son complément.

dans la bibliothèque
  1. Délimiter le groupe par des manipulations.

  2. Repérer l’élément indispensable ou noyau.

  3. Nommer le syntagme d’après ce noyau.

  4. Déterminer sa fonction dans la phrase.

Situer une forme verbale

Modes et tiroirs verbaux

Le mode présente le procès selon un certain point de vue. Un tiroir verbal est une forme du paradigme qui combine mode, temps et souvent aspect : imparfait de l’indicatif, par exemple.

Modes personnelsIndicatif

Présente le procès dans le système de l’actualisation : présent, imparfait, passé simple, futur, temps composés.

Subjonctif

Fréquent dans la subordination pour exprimer notamment volonté, jugement, nécessité ou éventualité.

Impératif

Associé à l’injonction ; ne possède que certaines personnes.

Modes impersonnelsInfinitif

Ne marque ni personne ni nombre : lire, avoir lu.

Participe

Forme présente ou passée pouvant participer à la construction verbale ou avoir des emplois adjectivaux.

Gérondif

Construction formée de en + participe présent : en lisant.

Et le conditionnel ?

La terminologie grammaticale contemporaine le rattache à l’indicatif et l’analyse notamment comme un futur dans le passé ou comme une forme à valeur modale. Des grammaires scolaires plus anciennes le présentent comme un mode autonome : vérifiez le cadre théorique de la question.

Forme simplenous chantions

radical + marques de temps et de personne

Forme composéenous avions chanté

auxiliaire conjugué + participe passé

Exprimer les rapports temporels

La concordance des temps

La concordance organise le temps de la subordonnée par rapport au verbe principal et au sens voulu : simultanéité, antériorité ou postériorité.

RapportPrésent de référencePassé de référence
SimultanéitéJe sais qu’il travaille.Je savais qu’il travaillait.
AntérioritéJe sais qu’il a travaillé.Je savais qu’il avait travaillé.
PostérioritéJe sais qu’il travaillera.Je savais qu’il travaillerait.
Ce n’est pas une mécanique aveugle

Le temps dépend aussi du sens. Une vérité toujours valable peut rester au présent : « Le professeur rappelait que l’eau bout à 100 °C dans les conditions usuelles. »

Observer le complément sélectionné

La construction du verbe

La construction fait partie des propriétés lexicales du verbe. Il faut examiner l’emploi précis dans la phrase : certains verbes admettent plusieurs constructions avec des sens différents.

Transitif directCOD sans préposition

Elle lit le rapport.

lire quelque chose
Transitif indirectCOI prépositionnel

Elle répond à la question.

répondre à quelque chose
Double complémentDeux objets

Elle donne le livre à Paul.

donner qqch à qqn
IntransitifSans complément d’objet

Les enfants dormaient.

dormir
Tests utiles, mais à interpréter
  • Le COD peut souvent être pronominalisé par le, la, les.
  • Le COI est généralement introduit par une préposition et peut parfois être repris par lui, leur, y, en.
  • La mise au passif est possible avec de nombreux verbes transitifs directs, mais pas avec tous.
  • Un complément circonstanciel n’est pas sélectionné de la même façon par le verbe et se déplace plus facilement.

Fiche express

Ce qu’il faut distinguer sans hésiter

NatureIdentité grammaticale

FonctionRôle dans la construction

SyntagmeGroupe organisé autour d’un noyau

Mode personnelVariation selon la personne

Mode impersonnelInfinitif et participe

Tiroir verbalForme du paradigme verbal

Transitif directConstruit avec un COD

Transitif indirectObjet introduit par préposition

IntransitifSans complément d’objet

Méthode d’identification
  1. Observer les marques morphologiques.
  2. Tester les substitutions possibles.
  3. Délimiter le groupe et trouver son noyau.
  4. Nommer ensuite sa fonction en contexte.
Sources de ce chapitre
  • Éduscol — Terminologie grammaticale
  • Ministère de l’Éducation nationale
  • CNRTL — catégories et constructions

Passer de la structure de la phrase simple aux relations entre propositions.

Cours 2.2 · Objectif : délimiter et relier les propositions

La phrase simple

Une phrase simple contient une seule proposition. Elle est le plus souvent organisée autour d’un verbe conjugué, mais elle peut aussi être nominale. Il faut distinguer sa structure, son type et les formes qu’elle adopte.

Phrase verbaleLe verbe organise la propositionLes candidatsrévisent le programme.

GN sujet + GV prédicat

Phrase nominaleAucun verbe conjuguéQuelle excellente nouvelle !

Fréquente dans les titres, slogans, descriptions et exclamations.

SujetLe juryCe dont on parle+Prédicatexamine les réponsesCe qu’on dit du sujet+Complément de phraseavec attentionCadre souvent déplaçable
Compter avec prudence

Repérer les verbes conjugués est un bon point de départ, mais une phrase nominale ne contient aucun verbe et une construction infinitive peut former une proposition sans verbe conjugué.

Ne pas mélanger intention et construction

Types et formes de phrase

Le type correspond à l’organisation communicative fondamentale. Une phrase relève d’un type principal. Les formes sont des propriétés qui peuvent se combiner avec ce type.

Déclaratif

Vous connaissez la règle.

Présenter une information
Interrogatif

Connaissez-vous la règle ?

Demander une information
Injonctif

Appliquez la règle.

Ordre, conseil ou défense
Exclamatif

Comme cette règle est utile !

Exprimer une réaction intense
Interrogation totale

Elle porte sur toute la proposition et appelle souvent oui ou non.

Est-il prêt ?Interrogation partielle

Elle porte sur un constituant identifié par un mot interrogatif.

Pourquoi part-il ?
Affirmative / négative

Il vient. / Il ne vient pas.

Active / passive

Le jury corrige les copies. / Les copies sont corrigées.

Neutre / emphatique

Paul réussira. / C’est Paul qui réussira.

Personnelle / impersonnelle

Des candidats arrivent. / Il arrive des candidats.

Combinaison possible

« Cette réponse n’a-t-elle pas été vérifiée ? » est interrogative, négative et passive. Le type et les formes doivent donc être analysés séparément.

Suivre les changements de fonction

Voix active et voix passive

Voix active

Le correcteur examine la copie.

sujet agent · verbe · COD↓Voix passive

La copie est examinée par le correcteur.

sujet patient · être + participe · complément d’agent
  1. Le COD de l’active devient sujet du passif.

  2. Le verbe devient être au même tiroir + participe passé.

  3. Le participe passé s’accorde avec le nouveau sujet.

  4. Le sujet actif devient complément d’agent, parfois omis.

Condition principale

La transformation passive canonique concerne les verbes transitifs directs. On ne transforme pas normalement « Il téléphone à Paul » en « Paul est téléphoné ».

Passif sans agent

« Les résultats seront publiés demain » est une phrase passive correcte même si l’auteur de l’action n’est pas exprimé.

Identifier la relation entre propositions

La phrase complexe

Une phrase complexe réunit plusieurs propositions. Elles peuvent être placées sur le même plan par juxtaposition ou coordination, ou dans une relation de dépendance par subordination.

Juxtaposition

Le temps manque ; nous accélérons.

Ponctuation : virgule, point-virgule ou deux-points.
Coordination

Le temps manque, donc nous accélérons.

Conjonction ou terme coordonnant ; propositions de même niveau.
Subordination

Nous accélérons parce que le temps manque.

La subordonnée dépend syntaxiquement de la principale.
Conjonctions de coordinationmaisouetdoncornicar
Pas de principale partout

Deux propositions indépendantes coordonnées ou juxtaposées sont au même niveau. Les termes principale et subordonnée ne s’appliquent qu’à une relation de subordination.

Reconnaître nature et fonction

Les propositions subordonnées

RelativeElle complète un antécédent

Le livre que tu lis est utile.

que reprend livre et est COD de lis.
ComplétiveElle occupe une fonction essentielle

Je pense que tu réussiras.

La conjonctive introduite par que est COD de pense.
CirconstancielleElle exprime une circonstance

Nous partirons quand il arrivera.

La subordonnée exprime ici le temps.
quisouvent sujetl’élève qui répondquesouvent CODle livre que je lisdontcomplément introduit par del’auteur dont je parlelieu ou tempsle jour où il vientlequelsouvent après prépositionle projet sur lequel…
que relie les propositions mais n’a pas de fonction dans la subordonnée.Conjonctive en « que »

Je souhaite que vous réussissiez.

Elle rapporte une question sans inversion du sujet et sans point d’interrogation.Interrogative indirecte

Je demande s’il viendra.

L’infinitif possède ici son propre sujet exprimé : les élèves.Infinitive

J’entends les élèves réciter.

RapportPrincipaux introducteursExemple
Tempsquand, lorsque, avant que, après queQuand il arrive, nous commençons.
Causeparce que, puisque, commeIl réussit parce qu’il travaille.
Conséquencesi bien que, de sorte queIl insiste, si bien qu’on l’écoute.
Butpour que, afin queJe répète afin que tous comprennent.
Conditionsi, à condition queSi tu révises, tu progresseras.
Concessionbien que, quoique, même siBien qu’il soit tard, elle continue.
Que ou pronom relatif ?

Dans « le livre que je lis », que reprend un antécédent et a une fonction : pronom relatif COD. Dans « je pense que tu lis », il n’a pas d’antécédent ni de fonction : conjonction de subordination.

Une procédure fiable

Analyser une phrase complexe

  1. Repérer

    Soulignez les noyaux verbaux et vérifiez les formes non conjuguées.

  2. Délimiter

    Encadrez chaque proposition sans couper ses constituants.

  3. Identifier le lien

    Ponctuation, coordination, pronom relatif ou conjonction.

  4. Nommer

    Nature de la subordonnée puis fonction dans l’ensemble.

Analyse guidée

[ Je relis la fiche ] que [ le professeur a distribuée ] parce que [ l’examen approche ].

  • que le professeur a distribuée : relative, complément de l’antécédent fiche ; que est COD de a distribuée.
  • parce que l’examen approche : subordonnée circonstancielle de cause, complément de phrase.

Fiche express

Les repères décisifs

Phrase simpleUne seule proposition

Phrase complexePlusieurs propositions

TypeOrganisation communicative

FormePropriété combinable

JuxtapositionLien par ponctuation

CoordinationPropositions de même niveau

RelativeComplète un antécédent

ComplétiveFonction essentielle

CirconstancielleExprime un rapport logique

Stratégie d’analyse
  1. Repérer les noyaux verbaux.
  2. Délimiter toutes les propositions.
  3. Identifier le mot ou signe qui les relie.
  4. Donner nature et fonction de la subordonnée.
Sources de ce chapitre
  • Éduscol — Terminologie grammaticale
  • Ministère — programme et terminologie
  • CNRTL — emplois et constructions

Comprendre comment les phrases deviennent un texte continu, progressif et interprétable.

Cours 2.3 · Objectif : suivre et organiser l’information

Cohésion ou cohérence ?

La cohésion correspond aux marques linguistiques qui relient les unités du texte. La cohérence est la possibilité de construire une interprétation globale, compatible et pertinente. Un texte peut être riche en connecteurs sans être réellement cohérent.

Visible dans la langueCohésion

Pronoms, reprises nominales, connecteurs, concordance des temps, répétitions lexicales, accords.

Le candidat arrive. Il s’installe.
Construite par l’interprétationCohérence

Unité du thème, absence de contradiction, progression, relations logiques et connaissances partagées.

Il pleut. Je prends un parapluie.
Continuité

Le texte maintient des référents ou des thèmes reconnaissables.

Progression

Chaque étape apporte une information nouvelle pertinente.

Non-contradiction

Les informations restent compatibles, sauf rectification explicitée.

Relation

Le lecteur peut établir un lien logique entre les énoncés.

L’inférence complète le texte

Dans « La route était mouillée. Il avait plu », aucun connecteur n’exprime la relation, mais le lecteur infère une explication causale grâce à ses connaissances.

Maintenir le référent sans monotonie

La reprise de l’information

Une chaîne de référence rassemble les expressions qui désignent le même être, objet ou concept. La reprise doit être identifiable, grammaticalement compatible et adaptée à la progression du texte.

IntroductionUne candidatePronomelleReprise fidèlecette candidateReprise infidèlela jeune enseignante
Pronominale

Le professeur arrive. Il ouvre le dossier.

Personnel, démonstratif, relatif, possessif…
Nominale fidèle

Un rapport paraît. Ce rapport présente les résultats.

Même nom, déterminant différent.
Nominale infidèle

Un professeur intervient. L’enseignant précise la règle.

Synonyme, hyperonyme ou description.
Lexicale

La lecture développe… Cette activité de lire permet…

Répétition, famille de mots, champ lexical.
Par ellipse

Paul choisit le premier sujet ; Marie, le second.

Un élément récupérable n’est pas répété.
Référent déjà présentéAnaphore

Le directeur entre. Il prend la parole.

Référent annoncé aprèsCataphore

Quand il arrive, le directeur salue le jury.

Ambiguïté référentielle

Dans « Paul parle à Karim de son projet », le possessif son peut renvoyer à Paul ou à Karim. Une reprise n’est efficace que si son référent est identifiable sans hésitation injustifiée.

Articuler connu et nouveau

La progression thématique

Le thème est le point de départ de l’énoncé, ce dont on parle. Le propos, ou rhème, apporte l’information donnée à son sujet. La succession des thèmes organise la progression du paragraphe.

ThèmeLe concoursinformation de départ+Proposcomporte une épreuve de quatre heures.information apportée
Thème constantT₁ → P₁ · T₁ → P₂

Le concours dure quatre heures. Il prend la forme d’un QCM. Cette épreuve exige de la précision.

Le même thème est repris sous différentes formes.
Progression linéaireT₁ → P₁ / T₂=P₁ → P₂

Le concours comporte un QCM. Ce QCM évalue plusieurs domaines. Ces domaines ont des poids différents.

Une information nouvelle devient le thème suivant.
Thèmes dérivésHyperthème → T₁, T₂, T₃

L’épreuve couvre deux ensembles. La langue vaut 50 %. La littérature représente les 50 % restants.

Plusieurs sous-thèmes dérivent d’un thème général.
La progression n’est pas un modèle rigide

Un texte réel peut combiner plusieurs progressions. Le QCM demande généralement d’identifier celle qui domine dans un extrait court.

Repérer les indices linguistiques

Les marques de cohésion

RéférenceReprises et détermination

Pronoms, groupes nominaux, démonstratifs, possessifs et ellipses.

LexiqueRécurrence sémantique

Répétitions contrôlées, synonymes, hyperonymes, familles et champs lexicaux.

TempsContinuité temporelle

Concordance, temps dominants, adverbes et repères chronologiques.

ConnexionRelations explicites

Connecteurs d’addition, opposition, cause, conséquence, but ou conclusion.

GrammaireAccords et parallélismes

Genre, nombre, personne, constructions répétées et correspondances syntaxiques.

PonctuationSegmentation

Organisation des unités, hiérarchisation et indication de certains rapports.

À corriger

Le concours est exigeant. Cependant, il faut donc se préparer.

Relation correcte

Le concours est exigeant. C’est pourquoi il faut se préparer.

Un connecteur doit exprimer la relation réellement construite : ici, une conséquence et non une opposition.

Relier énoncés et paragraphes

Les articulations logico-sémantiques

Un même rapport peut être exprimé par une conjonction, un adverbe, une préposition, un groupe nominal, un verbe ou simplement par la ponctuation. Il faut identifier le rapport de sens, pas seulement mémoriser un mot.

RelationMarqueurs fréquentsFonction dans le raisonnement
Additionde plus, aussi, en outreAjouter un argument ou une information.
Oppositionmais, en revanche, tandis queMettre en contraste deux éléments.
Concessioncertes, pourtant, bien queAdmettre un fait sans accepter la conclusion attendue.
Causecar, parce que, en raison dePrésenter l’origine ou l’explication.
Conséquencedonc, ainsi, si bien quePrésenter le résultat.
Butpour, afin de, pour quePrésenter l’objectif recherché.
Conditionsi, à condition que, sauf siPoser l’hypothèse nécessaire.
Illustrationpar exemple, notamment, ainsiRendre une idée concrète.
Reformulationc’est-à-dire, autrement ditPrésenter autrement la même idée.
Conclusionen somme, finalement, doncClore une étape du raisonnement.
Portée du connecteur

Un connecteur peut relier deux propositions, deux phrases, deux paragraphes ou des parties entières du texte. Placé en tête de paragraphe, cependant peut marquer une réorientation globale du raisonnement.

Adapter les outils à l’organisation

Articulations selon le type de texte

NarratifFaire avancer les événements

d’abord · soudain · puis · enfin · pendant que

Ordre, durée, simultanéité, rupture.
DescriptifOrganiser l’espace et les aspects

au premier plan · à gauche · plus loin · quant à

Localisation, parcours du regard, parties d’un tout.
ExplicatifRendre un phénomène compréhensible

parce que · en effet · ainsi · c’est-à-dire

Cause, conséquence, définition, reformulation.
ArgumentatifConstruire une position

certes · cependant · puisque · donc · en somme

Thèse, argument, objection, concession, conclusion.
Pas d’étiquette automatique

La présence de puis ne suffit pas à prouver qu’un texte est narratif. Il faut observer l’organisation dominante, la visée et l’ensemble des indices.

  1. Identifier

    Thème général, visée et type dominant.

  2. Suivre

    Chaînes de référence et reprises.

  3. Schématiser

    Thèmes et informations nouvelles.

  4. Relier

    Connecteurs et rapports implicites.

  5. Évaluer

    Continuité, progression et non-contradiction.

Fiche express

Les neuf notions à fixer

CohésionLiens linguistiques visibles

CohérenceInterprétation globale possible

AnaphoreReprise d’un élément antérieur

CataphoreAnnonce d’un élément postérieur

ThèmePoint de départ de l’énoncé

ProposInformation apportée au thème

Thème constantMême thème repris

Progression linéaireLe propos devient thème

Thèmes dérivésSous-thèmes d’un hyperthème

Module 02 terminéLes trois chapitres de grammaire sont maintenant disponibles.

Grammaire des mots · Grammaire de la phrase · Grammaire du texte

Revoir le programme
Sources de ce chapitre
  • Éduscol — Terminologie grammaticale
  • Ministère — progression et cohérence
  • CNRTL — connecteurs et relations de sens
Les champs lexicaux

sont définis dans le module 1 — La lexicologie.

3. Stylistique · 10 %

Identifier un choix de langue, nommer le procédé et expliquer son effet dans le contexte.

Cours 3.1 · Objectif : procédé + indice + effet

Les registres de langue

Un registre de langue est une manière de s’exprimer choisie selon la situation, le destinataire, le support et l’intention. Le même locuteur peut passer du familier au courant ou au soutenu : il ne s’agit pas de trois catégories fixes de personnes.

Un même message, trois formulations
Familier

J’ai pas pigé. Tu peux redire ?

Proximité, oralité, syntaxe relâchée, lexique familier.
Courant

Je n’ai pas compris. Pouvez-vous répéter ?

Formulation neutre, correcte et adaptée à la plupart des échanges.
Soutenu

Je crains de n’avoir pas saisi votre propos. Pourriez-vous le reformuler ?

Lexique recherché, syntaxe élaborée, politesse marquée.
Lexique

boulot / travail / activité professionnelle

Syntaxe

J’sais pas / Je ne sais pas / Je l’ignore

Prononciation et graphie

Élisions, transcriptions de l’oral, respect des conventions.

Situation

Relation entre participants, but, lieu et degré de formalité.

Deux pièges à éviter

Familier ne signifie pas automatiquement incorrect, et registre de langue ne désigne pas un registre littéraire comme le tragique, le comique ou le fantastique.

Créer une ressemblance

Les figures d’analogie

Elles rapprochent deux réalités et proposent une nouvelle manière de percevoir l’une par l’autre. Pour l’examen, distinguez l’image ponctuelle du récit symbolique développé.

MétaphoreAssimilation sans outil comparatif
« Cette nouvelle a rallumé une lumière dans son esprit. »

L’image de la lumière rend sensible le retour de l’espoir ou de la compréhension.

AllégorieIdée abstraite rendue concrète
« La Justice avance les yeux bandés, une balance à la main. »

Une notion est représentée durablement par un personnage, une scène ou un ensemble cohérent de symboles.

ParaboleRécit bref à portée morale
« Un jardinier négligea une graine minuscule ; elle devint l’arbre qui sauva son champ du vent. »

L’histoire particulière invite à dégager une leçon générale.

Test rapide

Image condensée dans une expression → métaphore. Personnification ou représentation développée d’une idée → allégorie. Petit récit complet invitant à une interprétation morale → parabole.

Désigner autrement

Les figures de substitution

MétonymieRelation de proximité
« Toute la salle applaudit. »

Le lieu désigne les personnes qui s’y trouvent. Le lien est logique ou culturel, non une ressemblance.

SynecdoqueInclusion : partie et tout
« Trente voiles quittent le port. »

La partie visible, les voiles, désigne les navires entiers. La synecdoque est souvent considérée comme un cas de métonymie.

PériphraseExpression développée à la place d’un mot
« L’astre du jour disparaissait derrière les collines. »

Le groupe nominal remplace le soleil et met en valeur une caractéristique.

MétaphoreRessemblance

« Sa voix est du velours. »

MétonymieContiguïté

« Boire un verre. »

SynecdoqueInclusion

« Une voile à l’horizon. »

Intensifier ou atténuer

Amplification et atténuation

AmplificationHyperbole
« Je t’ai attendu mille ans. »

Exagération volontaire pour frapper, émouvoir ou insister.

Gradation
« Il murmure, parle, crie, hurle. »

Succession ordonnée d’intensité croissante ou décroissante.

AtténuationEuphémisme
« Il nous a quittés. »

Expression adoucie d’une réalité jugée pénible ou brutale.

Litote
« Ce résultat n’est pas mauvais. »

Dire moins pour laisser entendre davantage : ici, le résultat est plutôt bon.

Question rhétorique

« Qui pourrait nier l’importance de la préparation ? »

La réponse est contenue dans la question ; la forme interrogative sert à affirmer avec force ou à impliquer le destinataire.
Litote ou euphémisme ?

La litote renforce implicitement une idée en disant moins ; l’euphémisme cherche surtout à adoucir une réalité désagréable.

Mettre les contraires en tension

Les figures d’opposition

AntithèseDeux idées opposées
« Il promet beaucoup, il agit peu. »

L’opposition structure une phrase ou un passage et souligne le contraste.

OxymoreDeux termes incompatibles rapprochés
« Un silence assourdissant. »

Le rapprochement immédiat crée une image surprenante et complexe.

ParadoxeIdée contraire à l’opinion commune
« Il faut parfois perdre du temps pour en gagner. »

L’énoncé apparemment contradictoire invite à dépasser l’évidence.

ChiasmeDisposition croisée AB / BA
« On apprend pour comprendre et l’on comprend pour apprendre. »

Le croisement met en miroir les termes et crée équilibre ou opposition.

OxymoreOpposition concentrée dans un même groupe : douce violence.

AntithèseOpposition développée entre deux ensembles : les uns avancent, les autres reculent.

Produire un effet par la syntaxe

Les figures de construction

PolyptoteEffet : insistance et variation.
« Il faut décider avant que la décision ne s’impose. »

Répétition d’un même mot ou radical sous des formes grammaticales différentes.

AsyndèteEffet : rapidité, densité, énergie.
« Il entre, observe, comprend, repart. »

Suppression des mots de liaison entre termes ou propositions.

HypotaxeEffet : précision des rapports logiques.
« Lorsqu’il comprit que le temps manquait, il accéléra afin que le travail fût terminé. »

Organisation hiérarchisée par la subordination.

ParataxeEffet : rythme coupé, immédiateté.
« Le temps manque. Il accélère. Le travail avance. »

Propositions placées côte à côte sans rapport de dépendance explicite.

Asyndète et parataxe peuvent se croiser

L’asyndète insiste sur l’absence de connecteurs ; la parataxe décrit surtout la mise sur un même plan de propositions sans subordination.

Faire entendre le texte

Les effets phoniques

AllitérationRépétition de consonnes
« Le souffle secret glisse sous les branches. »

Le retour de [s] peut suggérer ici un glissement ou un murmure.

AssonanceRépétition de voyelles
« La route roule sous la foule. »

Le retour du son [u] crée une unité sonore et un rythme perceptible.

OnomatopéeImitation conventionnelle d’un bruit
« Tic-tac, puis boum ! La porte claqua. »

Le mot évoque directement une sensation acoustique et dynamise la scène.

Une répétition sonore n’a pas un sens fixe.

Le son [s] ne signifie pas toujours douceur ou menace. L’effet doit être justifié par les mots, le rythme et la situation du passage.

Fiche express

Les oppositions à mémoriser

MétaphoreRessemblance implicite

MétonymieRelation de proximité

SynecdoquePartie et tout

HyperboleExagération

LitoteDire moins pour suggérer plus

EuphémismeAdoucir une réalité

OxymoreOpposition concentrée

AntithèseOpposition développée

ChiasmeStructure croisée AB / BA

AsyndèteSuppression des liaisons

HypotaxeHiérarchie par subordination

ParataxePropositions sur le même plan

Réponse complète en quatre gestes
  1. Relever exactement les mots concernés.
  2. Nommer la figure grâce à son mécanisme.
  3. Décrire l’image, l’intensité ou le rythme produit.
  4. Relier cet effet au sens et à la situation.
Module 03 terminéRegistres, figures et effets phoniques sont réunis dans ce chapitre.

Pondération officielle : 10 % de l’épreuve.

Revoir le programme
Sources de ce chapitre
  • BnF — figures de rhétorique
  • CNRTL — terminologie rhétorique
  • Académie française — définitions et usages
Les connecteurs logiques

sont traités dans le module 2 — Grammaire du texte, avec le tableau des relations et de leurs marqueurs.

4. Discours et énonciation · 10 %

Relier chaque forme linguistique à celui qui parle, au contexte et à l’intention produite.

Cours 4.1 · Objectif : indice + repère + intention

De l’énoncé à l’énonciation

L’énoncé est le produit observable — une phrase ou une suite de phrases. L’énonciation est l’acte par lequel un locuteur produit cet énoncé dans une situation précise. Pour interpréter « Je viendrai demain », il faut savoir qui parle, à qui, où et quand.

Qui ?Locuteur / énonciateur

Celui qui produit ou assume le point de vue de l’énoncé.

À qui ?Allocutaire / destinataire

Celui à qui le message est adressé.

Où et quand ?Cadre spatio-temporel

Le lieu et le moment servant de repères.

Pourquoi ?Intention

Informer, demander, promettre, convaincre, féliciter…

MOI·ICI·MAINTENANT

Le centre déictique se construit autour de la personne, du lieu et du moment de parole.

Locuteur et énonciateur ne coïncident pas toujours

Dans « Selon le jury, le dossier est solide », le locuteur rapporte un point de vue attribué au jury sans nécessairement le prendre entièrement à son compte.

Repérer le centre de parole

Les déictiques

Un déictique reçoit son référent grâce à la situation d’énonciation. Je, ici ou demain changent de référent lorsque le locuteur, le lieu ou le moment change.

Personneje, tu, nous, vous

Pronoms et déterminants possessifs : mon, ton, notre…

Tempsmaintenant, hier, demain

Le présent et certains temps se calculent depuis le moment de parole.

Lieuici, là-bas, venir

Le repère spatial dépend de la position du locuteur.

Monstrationce, cette, celui-ci

Le contexte ou un geste permet d’identifier ce qui est désigné.

Énoncé ancré
« Je vous répondrai ici demain. »

Les repères sont directement liés à la situation actuelle.

Énoncé coupé
« Le candidat répondit le lendemain dans cette salle. »

Les repères sont construits à l’intérieur du récit et non depuis le présent du locuteur.

Déictique ou anaphore ?

Dans « Léa arrive. Elle sourit », elle reprend un élément du texte : c’est une anaphore. Dans « Elle est là ! » accompagné d’un geste, l’identification dépend de la situation.

Mesurer l’engagement du locuteur

La modalisation

Modaliser, c’est faire apparaître une attitude envers le contenu énoncé : degré de certitude, obligation, possibilité ou jugement de valeur. Un énoncé apparemment neutre peut ainsi devenir prudent, catégorique ou évaluatif.

ÉpistémiqueVrai, probable ou douteux

certainement, peut-être, il semble que, devoir

« Il viendra probablement. »
DéontiqueObligation ou permission

devoir, falloir, pouvoir, être interdit de

« Vous devez justifier votre réponse. »
AppréciativeJugement et émotion

heureusement, regrettable, excellent, hélas

« Cette décision est malheureusement tardive. »
Adverbessans doute, évidemment, peut-êtreVerbescroire, sembler, devoir, pouvoirModes et tempsconditionnel, subjonctif, futurLexique évaluatifutile, inadmissible, remarquableSyntaxe et intonationinterrogation, exclamation, mise en reliefImpossibleIl ne peut pas venir.Il viendra peut-être.Il viendra sans doute.Il viendra certainement.Certain

Faire entendre une autre parole

Les discours rapportés

Direct
Elle dit : « Je reviendrai demain. »

Les paroles sont citées avec leur ponctuation et conservent leurs repères d’origine.

Indirect
Elle dit qu’elle reviendra demain.

Les paroles sont intégrées syntaxiquement ; personnes, temps et repères peuvent être transposés.

Indirect libre
Elle partirait. Reviendrait-elle demain ?

La voix du personnage se mêle à celle du narrateur sans verbe introducteur ni guillemets.

Narrativisé
Elle annonça son retour.

Le contenu de la parole est résumé comme un événement du récit.

Discours directDiscours indirect au passéExemple
présentimparfait« Je travaille » → il disait qu’il travaillait
passé composéplus-que-parfait« J’ai fini » → il disait qu’il avait fini
futur simpleconditionnel présent« Je viendrai » → il disait qu’il viendrait
demain / icile lendemain / làLes repères s’adaptent au nouveau centre énonciatif
La concordance dépend du verbe introducteur

Avec un présent — « Il dit qu’il viendra » — aucun recul automatique n’est nécessaire. La transposition classique s’observe surtout lorsque le verbe introducteur est au passé.

Comprendre ce que parler fait

Les actes de langage

Un énoncé ne transmet pas seulement une information : il accomplit aussi une action socialement interprétable.

LocutoireProduire un énoncé

Prononcer une phrase dotée d’une forme et d’un sens.

IllocutoireAccomplir un acte

Affirmer, ordonner, promettre, demander, féliciter…

PerlocutoireProduire un effet

Convaincre, rassurer, effrayer ou faire agir le destinataire.

« Le cours commence à huit heures. »Assertif

Présenter un contenu comme vrai.

« Fermez la porte. »Directif

Faire agir le destinataire.

« Je vous répondrai demain. »Promissif

Engager le locuteur.

« Je vous remercie. »Expressif

Exprimer un état ou une attitude.

« La séance est ouverte. »Déclaratif

Modifier une situation par une parole autorisée.

Acte direct« Fermez la fenêtre. »

La forme injonctive correspond directement à l’ordre.

Acte indirect« Pourriez-vous fermer la fenêtre ? »

La forme est interrogative, mais la valeur pragmatique est une demande polie.

Interpréter au-delà des mots

L’implicite et le contexte

Présupposé
« Lina a cessé de réviser la nuit. »

L’énoncé présente comme déjà admis que Lina révisait auparavant la nuit. Le contenu résiste généralement à la négation : « Lina n’a pas cessé… » conserve ce présupposé.

Sous-entendu
« Il fait froid ici. »

Selon le contexte, le locuteur peut simplement constater la température ou demander indirectement de fermer la fenêtre. L’interprétation dépend fortement de la situation.

Forme linguistique+Situation+Connaissances partagéesInterprétation cohérente
Ne confondez pas contenu et effet

« Pouvez-vous me passer le sel ? » interroge littéralement une capacité, mais accomplit normalement une demande. La réponse d’examen doit distinguer la forme grammaticale de la valeur en contexte.

Raisonner sans surinterpréter

La méthode d’analyse

  1. Identifier la situation

    Qui parle, à qui, dans quel lieu et à quel moment ?

  2. Relever les indices

    Pronoms, temps, adverbes, verbes introducteurs, modalisateurs.

  3. Nommer le mécanisme

    Déictique, modalité, discours rapporté, présupposé ou acte indirect.

  4. Déterminer la valeur

    Certitude, obligation, jugement, demande, promesse, effet de distance…

  5. Justifier par le contexte

    Choisir l’interprétation soutenue par des indices précis, sans inventer une intention.

Fiche express

Les distinctions à savoir sans hésiter

ÉnoncéProduit linguistique observable

ÉnonciationActe de production en contexte

DéictiqueRéférent fourni par la situation

AnaphoreRéférent fourni par le texte

Modalité épistémiqueCertitude et probabilité

Modalité déontiqueObligation et permission

Discours directParoles citées

Discours indirectParoles intégrées

Acte illocutoireAction accomplie en parlant

Effet perlocutoireEffet produit sur autrui

PrésupposéContenu présenté comme acquis

Sous-entenduInterprétation dépendante du contexte

Module 04 terminéÉnonciation, modalisation, discours rapportés et pragmatique sont réunis.

Pondération officielle : 10 % de l’épreuve.

Revoir le programme
Sources de ce chapitre
  • CNRTL — énonciation et repères
  • CNRTL — modalisation
  • Éduscol — discours rapportés et marqueurs
  • Programme national — actes de langage