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Module 66 · 6 chapitres

Littérature et analyse des textes

Seconde moitié du programme (50 %) : histoire littéraire et mythes (5 %), le roman (10 %), le texte narratif (10 %), le théâtre (10 %), la poésie (10 %) et la littérature maghrébine (5 %). Cours complets avec repères, méthodes d'analyse, pièges d'examen et fiches de synthèse.

6 chapitres 0 questions ~4.0 heures

Objectifs du module

  • Situer une œuvre dans son mouvement, du Moyen Âge aux Lumières
  • Distinguer les genres du récit et les grands courants romanesques
  • Analyser un texte narratif : narrateur, focalisation, temps, personnage, espace
  • Lire un texte de théâtre en tenant compte du langage dramatique et de la représentation
  • Analyser un poème : versification, rythme, sonorités, images et fonctions
  • Situer la littérature maghrébine de langue française : identité, langues, oralité, critique sociale
5. Histoire littéraire et mythes · 5 %

Situer rapidement une œuvre, reconnaître un mouvement et identifier la portée d’un mythe.

Cours 5.1 · Objectif : siècle + mouvement + œuvre

Du Moyen Âge au siècle des Lumières

L’histoire littéraire ne consiste pas à réciter des dates isolées. Elle aide à relier une œuvre à un contexte, à des formes dominantes et à des idées. Les frontières entre mouvements restent souples : plusieurs esthétiques peuvent coexister au même siècle.

Ve–XVeMoyen Âge

Épopée, courtoisie, satire et théâtre.

XVIeRenaissance

Humanisme, Pléiade et redécouverte des Anciens.

XVIIeBaroque & classicisme

Instabilité, ordre, théâtre et moralistes.

XVIIIeLumières

Raison critique, liberté et diffusion du savoir.

Pour situer un extrait

Observez le genre, le thème, les valeurs défendues, la forme du raisonnement et quelques indices historiques. Une seule caractéristique ne suffit pas toujours.

Ve–XVe siècles

Le Moyen Âge : oralité, manuscrit et diversité

La littérature médiévale se développe en latin puis dans les langues vernaculaires. Souvent destinée à être dite, chantée ou jouée, elle circule avant l’imprimerie par la performance et le manuscrit.

ÉpopéeChanson de geste

Exploits guerriers, fidélité féodale et idéal chrétien.

La Chanson de Roland
CourtoisieRoman courtois

Quête, aventure et amour soumis à des codes.

Chrétien de Troyes
SatireFabliau

Récit bref comique, ruse, quotidien et critique sociale.

Textes souvent anonymes
ScèneThéâtre médiéval

Mystères religieux, farces profanes et jeu public.

La Farce de Maître Pathelin
« Roman » ne désigne pas d’abord un genre

Au Moyen Âge, mettre en roman signifie écrire dans une langue romane plutôt qu’en latin. Le mot prendra progressivement son sens générique moderne.

XVIe siècle

Renaissance, humanisme et Pléiade

L’humanisme place la formation de l’être humain, l’examen critique et le retour aux textes antiques au cœur du savoir. L’imprimerie accélère la circulation des œuvres et des idées.

HumanismeSavoir et jugement

Étudier les langues anciennes, confronter les sources et former un esprit libre.

Rabelais · Montaigne
PléiadeEnrichir le français

Imiter les modèles antiques sans les copier servilement, créer et défendre une grande poésie française.

Du Bellay · Ronsard
ContexteUn monde élargi

Imprimerie, grandes découvertes, Réforme et débats religieux renouvellent la représentation du monde.

Curiosité · critique · éducation
GargantuaRabelais

Éducation humaniste, satire et appétit de savoir.

Les EssaisMontaigne

Examen de soi, relativité des coutumes et jugement personnel.

Les RegretsDu Bellay

Sonnet, exil, satire et attachement à la patrie.

XVIIe siècle

Du baroque au classicisme

BaroqueMouvement et instabilité

Métamorphose, illusion, inconstance, spectacle et formes abondantes.

Image-repère : le monde est changeant.
ClassicismeOrdre et maîtrise

Clarté, vraisemblance, bienséance, mesure et recherche de l’universel.

Image-repère : plaire et instruire.
Corneille · RacineTragédie

Conflits de devoir et de passion, héros confrontés à une issue grave.

MolièreComédie

Rire, types sociaux, défauts humains et critique des mœurs.

La FontaineFable

Récit plaisant et leçon morale, souvent portée par des animaux.

La Rochefoucauld · La BruyèreMaxime et portrait

Observation condensée des comportements et de la société.

Les trois unités

Dans l’idéal dramatique classique : une action principale, un temps resserré autour de vingt-quatre heures et un lieu unique ou très proche. Elles visent la cohérence et la vraisemblance.

XVIIIe siècle

Les Lumières : examiner, diffuser, combattre

Les philosophes des Lumières soumettent les autorités, les préjugés et les institutions à l’examen de la raison. Ils défendent diversement la tolérance, la liberté, l’éducation et une meilleure organisation politique et sociale.

ExaminerEsprit critique

Refuser l’argument d’autorité et confronter les idées à l’expérience et à la raison.

DiffuserEncyclopédie

Rassembler les savoirs, décrire les techniques et les rendre accessibles.

DénoncerCombat philosophique

Critiquer l’intolérance, le fanatisme, l’arbitraire et certaines inégalités.

DétournerFiction argumentative

Conte philosophique, voyage fictif et regard étranger permettent une critique indirecte.

MontesquieuLettres persanes, De l’esprit des lois — regard critique et réflexion politique.

VoltaireCandide, Traité sur la tolérance — ironie et lutte contre le fanatisme.

Diderot & d’AlembertEncyclopédie — organisation et diffusion critique des savoirs.

RousseauDu contrat social, Les Confessions — politique, éducation et écriture de soi.

Récits transmis et réécrits

Les mythes fondateurs

Un mythe est un récit collectif qui met en scène dieux, héros et origines pour donner forme à de grandes questions humaines. Il connaît plusieurs versions et survit grâce aux réécritures : il ne faut donc pas chercher un texte unique et définitivement fixé.

Expliquer

Origine du monde, d’un phénomène ou d’une pratique.

Symboliser

Connaissance, désir, faute, pouvoir, mort ou identité.

Transmettre

Valeurs, interdits et mémoire d’une communauté.

Réinterpréter

Chaque époque actualise le conflit porté par le récit.

ProméthéeLe feu volé aux dieux

Savoir technique, progrès, transgression et responsabilité.

ŒdipeLa vérité et le destin

Enquête, ignorance de soi, faute involontaire et fatalité.

AntigoneLa loi contre la conscience

Conflit entre ordre politique, devoir familial et exigence morale.

OrphéeL’art face à la mort

Puissance du chant, amour perdu et interdit du regard en arrière.

NarcisseLe piège de l’image

Fascination de soi, méconnaissance et désir impossible.

SisypheL’effort sans fin

Ruse, châtiment et répétition d’une tâche toujours recommencée.

Récit ancien+Conflit symbolique+RéécritureSens nouveau

Éliminer les anachronismes

La méthode de repérage

  1. Identifier le siècle

    Commencer par les dates de l’auteur ou de l’œuvre si elles sont fournies.

  2. Reconnaître le genre

    Épopée, sonnet, tragédie, fable, essai, conte philosophique…

  3. Associer les valeurs

    Courtoisie, humanisme, ordre classique, raison critique.

  4. Vérifier l’auteur

    Écarter toute association chronologiquement impossible.

  5. Pour un mythe

    Résumer le conflit central avant de choisir son interprétation.

Fiche express

Douze associations à fixer

Chanson de gesteÉpopée médiévale

Chrétien de TroyesRoman courtois

HumanismeSavoir et jugement

PléiadeRenouveler la poésie française

BaroqueMouvement et illusion

ClassicismeOrdre et vraisemblance

MolièreComédie et critique des mœurs

LumièresRaison critique et liberté

ProméthéeTechnique et transgression

ŒdipeVérité et destin

AntigoneLoi et conscience

OrphéeArt, amour et mort

Module 05 terminéQuatre périodes et six grands mythes sont maintenant disponibles.

Pondération officielle : 5 % de l’épreuve.

Revoir le programme
Sources de ce chapitre
  • Programme national — repères du Moyen Âge au XVIIIe siècle
  • BnF — de l’humanisme aux Lumières
  • Odysseum — comprendre et interpréter les mythes
  • Odysseum — le mythe de Prométhée
6. Le roman · 10 %

Comprendre d’où vient le récit romanesque, distinguer ses formes et reconnaître les principaux sous-genres.

Cours 6.1 · Objectif : forme + projet + indices

Les grandes sources du récit

Le roman ne naît pas d’un seul modèle. Il hérite de récits oraux et écrits : mythe, épopée, chronique, conte, légende, récit de voyage et histoire chevaleresque. Il transforme ces matériaux en une forme souple capable d’accueillir l’aventure, l’analyse psychologique et la représentation de la société.

MytheRécit symbolique

Dieux, héros, origines et conflits fondamentaux.

+ÉpopéeDestin collectif

Exploits héroïques et valeurs d’une communauté.

+Tradition oraleContes et légendes

Motifs transmis, variantes et schémas récurrents.

+Écrits du réelChroniques et voyages

Événements, observations et découverte du monde.

Le sens médiéval de « roman »

Le mot désigne d’abord un texte écrit en langue romane, et non en latin. Les récits antiques adaptés, puis les aventures chevaleresques et courtoises, contribuent progressivement à former le genre.

Ne pas confondre les formes

Les principaux genres du récit

La longueur ne suffit pas pour classer un texte. Il faut aussi considérer son rapport au réel, sa construction et son projet.

RomanFiction développée

Univers, personnages et intrigue d’ampleur variable ; grande liberté formelle.

Madame Bovary
NouvelleRécit bref concentré

Peu de personnages, économie des moyens, effet d’unité et parfois chute.

La Parure
ConteRécit transmis ou construit

Formules, épreuves et merveilleux ; le conte philosophique ajoute une visée critique.

Candide
AutobiographieAuteur = narrateur = personnage

Récit rétrospectif d’une vie réelle assumée par celui qui l’écrit.

Les Confessions
MémoiresUn témoin dans l’Histoire

L’auteur raconte son parcours en donnant une place importante aux événements collectifs.

Mémoires d’outre-tombe
BiographieLa vie d’un autre

Un auteur reconstruit l’existence d’une personne à partir de sources et de documents.

Récit référentiel

FictionLe monde raconté est inventé, même s’il s’appuie sur des faits réels.

RéférentielLe texte prétend renvoyer à une personne ou à des événements effectivement existants.

HybrideCertains récits mêlent enquête, mémoire, fiction et réflexion : le classement dépend alors du projet dominant.

Une forme en transformation

Quelques étapes de l’évolution du roman

Moyen ÂgeAventure et courtoisie

Quêtes, chevaliers, épreuves et amour courtois.

Chrétien de Troyes
XVIIeAnalyse des passions

Le roman gagne en vraisemblance et explore la vie intérieure.

La Princesse de Clèves
XVIIIeExpérience et débat

Roman épistolaire, récit-mémoires et fiction philosophique.

Les Liaisons dangereuses
XIXeIndividu et société

Ambition réaliste, fresques sociales, histoire et naturalisme.

Balzac · Flaubert · Zola
XXe–XXIeExpérimentations

Crise du personnage, fragmentation, polyphonie et formes hybrides.

Proust · Sarraute · nouveaux récits
Pourquoi le roman se renouvelle-t-il ?

Parce qu’il n’est soumis ni à une forme fixe ni à une longueur unique. Il peut absorber lettres, journaux, documents, dialogues, descriptions, essais ou récits enchâssés.

Classer par projet dominant

Les principaux genres romanesques

PicaresqueUn marginal en mouvement

Un héros de condition modeste traverse différents milieux et révèle leurs travers.

ÉpistolaireLe récit par lettres

Pluralité des voix, information fragmentaire et effets de point de vue.

HistoriqueFiction dans le passé

Personnages inventés et figures historiques se rencontrent dans une époque reconstruite.

ApprentissageSe former dans le monde

Un personnage jeune acquiert une expérience sociale, morale ou affective.

AventuresÉpreuves et péripéties

Voyage, danger, quête et rebondissements dominent la progression.

PolicierÉnigme ou enquête

Crime, indices, suspects et reconstruction logique structurent le récit.

FantastiqueHésitation inquiétante

Un événement apparemment surnaturel trouble les explications ordinaires.

Science-fictionMonde possible

Une innovation scientifique ou sociale transforme le cadre du récit.

PsychologiqueConscience et passions

Motivations, conflits intérieurs et perception des personnages passent au premier plan.

Un roman peut appartenir à plusieurs catégories

La Peau de chagrin combine par exemple observation sociale, apprentissage, fantastique et réflexion philosophique. En QCM, cherchez le trait réellement mis en avant par la question.

Représenter le monde social

Réalisme et naturalisme

Le réalisme n’est pas une copie mécanique du réel : il produit un effet de vérité par la sélection, l’organisation et l’écriture des détails.

RéalismePeindre les milieux et les mœurs
  • Cadres géographiques et sociaux précis
  • Personnages inscrits dans une société
  • Descriptions et détails vraisemblables
  • Argent, travail, ambition, famille
Balzac · Flaubert · Maupassant
NaturalismeObserver les déterminations
  • Documentation méthodique
  • Influence du milieu et de l’hérédité
  • Corps, travail et conditions matérielles
  • Ambition inspirée des sciences du XIXe siècle
Zola · les Goncourt

Personnage ordinaire ≠ absence d’inventionLe romancier construit une intrigue et un point de vue.

Description ≠ pause inutileElle peut informer, caractériser, symboliser ou préparer l’action.

Naturalisme ≠ photographie neutreLe choix des faits, le style et la composition orientent la représentation.

Déplacer les conventions

Les renouvellements du roman moderne

Temps intérieurMémoire et conscience

Le temps vécu ne suit pas toujours la chronologie ; sensations et souvenirs réorganisent le récit.

Proust
PolyphoniePlusieurs voix

Des points de vue ou discours différents se répondent sans être ramenés à une seule vérité.

Pluralité énonciative
Nouveau RomanSoupçon envers les codes

Personnage, intrigue et description traditionnels sont questionnés ou transformés.

Sarraute · Robbe-Grillet
HybridationFrontières mobiles

Le récit accueille documents, enquête, autobiographie, photographie ou réflexion.

Formes contemporaines
« Crise du personnage »

L’expression ne signifie pas disparition totale du personnage. Elle indique surtout la remise en cause du héros stable, clairement décrit et doté d’une identité cohérente.

Identifier sans étiqueter trop vite

La méthode de classement

  1. Déterminer le statut

    Fiction, autobiographie, mémoires ou biographie ?

  2. Observer le support

    Lettres, journal, récit continu, documents, voix alternées.

  3. Repérer le moteur

    Enquête, aventure, formation, passion, observation sociale.

  4. Identifier le monde

    Historique, vraisemblable, fantastique, scientifique ou merveilleux.

  5. Choisir le dominant

    Retenir la catégorie qui explique le mieux les indices donnés.

Fiche express

Les oppositions et associations décisives

RomanFiction développée et souple

NouvelleRécit bref et concentré

AutobiographieAuteur = narrateur = personnage

MémoiresVie personnelle et Histoire

ÉpistolaireRécit par lettres

ApprentissageFormation du personnage

FantastiqueHésitation devant l’inexplicable

HistoriqueFiction dans un passé reconstruit

RéalismeMilieux, mœurs et vraisemblance

NaturalismeMilieu, hérédité et documentation

Nouveau RomanRemise en cause des conventions

Roman contemporainHybridation des formes

Module 06 terminéSources narratives, genres du récit et genres romanesques sont réunis.

Pondération officielle : 10 % de l’épreuve.

Revoir le programme
Sources de ce chapitre
  • Éduscol — le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
  • BnF — Balzac et le roman moderne
  • BnF — Zola et le naturalisme
  • BnF Classes — récits, manuscrits et genres
Narrateur, focalisation et temps du récit

sont traités dans le module 7 — Le texte narratif.

Les mythes fondateurs

sont traités dans le module 5 — Histoire littéraire et mythes.

7. Le texte narratif · 10 %

Identifier l’instance qui raconte, l’ordre du récit, le point de vue et la construction du monde raconté.

Cours 7.1 · Objectif : qui voit ? qui sait ? à quel rythme ?

Auteur, narrateur et personnage

L’auteur est la personne réelle qui écrit. Le narrateur est la voix construite par le texte pour raconter. Le personnage appartient à l’histoire. Les confondre conduit à attribuer trop vite à l’auteur les opinions d’une voix fictive.

AuteurPersonne réelle

Son nom figure généralement sur la couverture.

NarrateurVoix du récit

Il sélectionne, organise et présente les informations.

PersonnageÊtre du monde raconté

Il agit, subit, désire et évolue dans l’histoire.

Narrateur homodiégétiquePrésent dans l’histoire

Il raconte comme personnage, souvent à la première personne.

Narrateur hétérodiégétiqueAbsent comme personnage

Il raconte généralement à la troisième personne.

Régler l’accès à l’information

Les focalisations

ZéroNarrateur > personnage

Le narrateur peut connaître pensées, passé ou avenir de plusieurs personnages.

Vision dite omnisciente.
InterneNarrateur = personnage

Les informations sont limitées à ce qu’un personnage perçoit, sait ou pense.

Subjectivité et restriction.
ExterneNarrateur < personnage

Le texte décrit gestes et paroles sans ouvrir directement la conscience.

Effet d’observation.
La personne grammaticale ne suffit pas

Un récit à la troisième personne peut adopter une focalisation interne. Cherchez surtout quelles informations sont accessibles et par quelle conscience elles passent.

Comparer histoire et narration

Ordre, durée et fréquence

ProcédéDéfinitionEffet fréquent
AnalepseRetour sur un événement antérieur.Expliquer un passé.
ProlepseAnnonce ou évocation anticipée.Créer une attente.
ScèneTemps du récit proche du temps de l’action.Donner présence et détail.
SommaireLongue durée racontée brièvement.Accélérer.
PauseL’action cesse pendant une description ou réflexion.Informer ou interpréter.
EllipseUne période n’est pas racontée.Sauter ce qui est jugé secondaire.

SingulatifRaconter une fois ce qui s’est produit une fois.

RépétitifRaconter plusieurs fois le même événement.

ItératifRaconter une fois ce qui se répétait.

Comprendre une trajectoire

La construction du personnage

DésignationNom, pronoms, périphrases

Ils orientent l’identité et le regard porté sur lui.

PortraitCorps, caractère, milieu

Le portrait peut confirmer ou tromper.

ActionsFaire et décider

Les choix révèlent valeurs, buts et conflits.

RelationsAlliés et opposants

Les interactions construisent la place sociale.

SujetchercheObjetaidé parAdjuvantcontreOpposant

Donner sens au monde raconté

Espace, thèmes et registres

EspaceCadre et valeur

Un lieu peut situer l’action, caractériser un milieu, opposer dedans/dehors ou devenir symbolique.

ThèmeRéseau de significations

Il se repère par des mots, situations et motifs récurrents, non par un terme isolé.

RegistreEffet dominant

Comique, tragique, pathétique, fantastique, épique ou satirique selon les procédés et la situation.

Une lecture en six gestes

Méthode d’analyse narrative

  1. Délimiter

    Situation et événement.

  2. Distinguer

    Auteur, narrateur, personnage.

  3. Focaliser

    Qui voit et qui sait ?

  4. Temporaliser

    Ordre, rythme, fréquence.

  5. Interpréter

    Espace, motifs, registre.

  6. Justifier

    Citer l’indice décisif.

Fiche express

Les repères du récit

HomodiégétiqueNarrateur personnage

HétérodiégétiqueNarrateur absent de l’histoire

Focalisation interneSavoir limité à une conscience

AnalepseRetour en arrière

ProlepseAnticipation

SommaireAccélération

EllipseDurée passée sous silence

ItératifUne fois pour plusieurs occurrences

Module 07 terminéNarration, personnage, temps, espace, thèmes et registres sont réunis.

Pondération officielle : 10 %.

Revoir le programme
Sources de ce chapitre
  • Éduscol — instances narratologiques
  • Éduscol — focalisation, temporalité et espace
  • Programme — roman et récit
Les registres de langue

sont définis dans le module 3 — La stylistique ; ce chapitre ne retient que leur effet sur le récit.

8. Le théâtre · 10 %

Lire une pièce comme une parole destinée à être jouée devant un public.

Cours 8.1 · Objectif : texte + scène + effet

Une écriture à double destination

Au théâtre, les personnages se parlent dans la fiction, mais leurs paroles s’adressent aussi au public. Cette double énonciation explique les apartés, les informations données au spectateur et certains effets comiques ou tragiques.

RépliqueParole d’un personnage

De longueur variable, inscrite dans un échange.

TiradeLongue prise de parole

Expose un récit, un raisonnement ou une émotion.

MonologuePersonnage seul ou isolé

Rend audible une délibération ou une crise.

DidascalieIndication scénique

Geste, ton, décor, déplacement ou costume.

ApartéEntendu du public, pas des autres personnages

Crée complicité, ironie ou révélation.

StichomythieRépliques brèves et alternées

Accélère un conflit ou une confrontation.

Crise, passion et issue grave

La tragédie

PersonnagesRois, héros, familles illustres

Leur conflit privé engage souvent un ordre politique ou moral.

ActionFaute, dilemme, fatalité

Une passion ou un devoir impossible conduit à la catastrophe.

EffetTerreur et pitié

La représentation des malheurs produit une forte émotion et une réflexion.

Règle classiquePrincipeBut
Unité d’actionUne intrigue principale.Cohérence.
Unité de tempsEnviron vingt-quatre heures.Vraisemblance.
Unité de lieuUn lieu unique ou proche.Concentration.
BienséanceÉviter certains actes choquants sur scène.Respect du public.

Faire rire et regarder la société

La comédie

Gestes

Chutes, mimiques, poursuites.

Mots

Jeux, répétitions, quiproquos.

Situation

Renversement, surprise, piège.

Caractère

Défaut dominant rendu ridicule.

Mœurs

Critique d’un milieu ou d’une époque.

Quiproquo

Un personnage comprend une parole ou une situation autrement qu’un autre personnage. Le public, mieux informé, mesure l’erreur et anticipe ses conséquences.

XVIIIe siècle

Le drame bourgeois

Défendu notamment par Diderot, il cherche un genre sérieux entre tragédie et comédie. Il met en scène des familles et des personnages de condition moyenne confrontés à des conflits moraux et domestiques.

MilieuVie privée et famille

Le foyer devient un espace dramatique.

PersonnagesCondition moyenne

La dignité dramatique n’est plus réservée aux rois.

TonSérieux et pathétique

L’émotion doit toucher et instruire.

ScèneDécor quotidien

Gestes, tableaux et naturel du jeu gagnent en importance.

XIXe siècle

Le drame romantique

RuptureRefus des frontières rigides

Mélange du sublime et du grotesque, du comique et du tragique ; liberté accrue du temps et des lieux.

ProjetMontrer l’histoire en mouvement

Foules, pouvoir, passions, décors multiples et héros en conflit avec la société.

HernaniVictor HugoRuy BlasVictor HugoLorenzaccioMusset
Le drame romantique ne supprime pas toute règle

Il conteste surtout le système classique lorsqu’il empêche de représenter la complexité historique, les contrastes et la liberté créatrice.

Lire la scène possible

Méthode d’analyse

  1. Situer

    Acte, scène, entrée, sortie.

  2. Nommer

    Genre et tonalité.

  3. Observer

    Répliques et didascalies.

  4. Suivre

    Rapport de force.

  5. Imaginer

    Voix, corps, espace.

  6. Conclure

    Effet sur le public.

Fiche express

Les distinctions théâtrales

DidascalieIndication scénique

ApartéComplicité avec le public

StichomythieÉchange rapide

TragédieCrise et issue grave

ComédieRire et critique

Drame bourgeoisFamille et condition moyenne

Drame romantiqueMélange et liberté

Double énonciationPersonnages et public

Module 08 terminéTragédie, comédie, drame bourgeois et drame romantique sont réunis.

Pondération officielle : 10 %.

Revoir le programme
Sources de ce chapitre
  • BnF — diversités de la comédie
  • BnF — Phèdre et la tragédie
  • BnF — Beaumarchais et le drame bourgeois
La situation d'énonciation

est traitée dans le module 4 — Le discours et l'énonciation ; on n'en retient ici que la double énonciation propre au théâtre.

9. La poésie · 10 %

Mettre la versification au service du rythme, des images et du sens.

Cours 9.1 · Objectif : forme + mouvement + interprétation

Compter et organiser les vers

La versification décrit l’organisation métrique du poème. Elle n’est pas une fin : le nombre de syllabes, les coupes et les rimes prennent sens lorsqu’on les relie à la syntaxe, aux images et au mouvement du texte.

Alexandrin12 syllabes

Souvent organisé autour d’une césure.

Décasyllabe10 syllabes

Vers majeur de la tradition française.

Octosyllabe8 syllabes

Souple, fréquent dans chansons et récits.

Vers libreMètre non régulier

Le rythme dépend de la disposition et de la syntaxe.

RimesSchémaOrganisation
SuiviesAABBDeux couples successifs.
CroiséesABABAlternance.
EmbrasséesABBAUne paire encadre l’autre.
Le e muet

Il se compte devant consonne à l’intérieur du vers, ne se compte pas en fin de vers et s’élide devant voyelle. Le découpage exact dépend de la prononciation métrique.

Faire entendre le mouvement

Coupes, enjambements et sonorités

EnjambementLa phrase dépasse le vers

La syntaxe se poursuit au vers suivant et crée continuité ou attente.

RejetÉlément bref reporté

Un groupe court placé au début du vers suivant reçoit un relief.

Contre-rejetÉlément bref anticipé

Un groupe lié à la suite est placé à la fin du vers précédent.

Allitération

Répétition de consonnes.

Assonance

Répétition de voyelles.

Anaphore

Retour initial d’un mot ou groupe.

Parallélisme

Reprise d’une structure syntaxique.

Reconnaître une architecture

Les principales formes

Sonnet14 vers

Deux quatrains et deux tercets ; progression et chute possibles.

OdePoème de célébration

Ton élevé ou lyrique adressé à une personne, une idée ou un objet.

BalladeForme fixe à refrain

Strophes régulières suivies traditionnellement d’un envoi.

Poème en proseSans découpage versifié

Rythme, images et densité poétique dans la prose.

Calligramme

La disposition graphique dessine ou suggère l’objet du poème. Le sens naît de l’interaction entre mots, espace et image.

Transformer la perception

Images et réseaux

ComparaisonRapprochement explicite

Un outil relie comparé et comparant.

MétaphoreAssimilation implicite

Elle recompose une réalité par une autre.

PersonnificationTraits humains

Un élément non humain agit ou parle comme une personne.

SymboleSens au-delà de l’objet

Une image concrète condense une idée ou une valeur.

Mot concretImageRéseau dans le poèmeInterprétation

Pourquoi écrire un poème ?

Les fonctions de la poésie

Lyrique

Exprimer et transformer une expérience intime.

Célébrer

Louer un être, un lieu, une valeur ou le monde.

Engager

Dénoncer, résister ou défendre une cause.

Connaître

Révéler des rapports inattendus par l’image.

Jouer

Explorer sons, contraintes et possibilités du langage.

Une fonction n’exclut pas les autres

Un poème amoureux peut être lyrique, célébratif et réflexif ; un poème engagé peut aussi travailler fortement le rythme et les images.

Ne pas séparer forme et sens

Méthode d’analyse

  1. Lire

    Voix, situation, mouvement.

  2. Décrire

    Forme, strophes, mètres.

  3. Écouter

    Coupes, rimes, sons.

  4. Relier

    Images et champs lexicaux.

  5. Interpréter

    Fonction et effets.

  6. Nuancer

    Polysémie et tensions.

Fiche express

Les repères poétiques

Alexandrin12 syllabes

Octosyllabe8 syllabes

ABABRimes croisées

EnjambementSyntaxe au-delà du vers

Sonnet14 vers

Poème en prosePoésie sans vers

LyriqueExpérience intime

EngagéeIntervention collective

Module 09 terminéVersification, formes, images, fonctions et méthode sont réunies.

Pondération officielle : 10 %.

Revoir le programme
Sources de ce chapitre
  • Éduscol — expérience et langage poétiques
  • Éduscol — langue et écriture poétique
  • BnF — Baudelaire et la modernité poétique
Les figures de rhétorique

sont définies dans le module 3 — La stylistique ; ce chapitre porte sur leur rendement poétique.

⚠ Deux « anaphores »

l'anaphore grammaticale est une reprise de l'information (module 2 — Grammaire du texte) ; l'anaphore rhétorique est la répétition d'un mot en tête de vers ou de phrase. Le QCM joue sur cette homonymie.

10. Littérature maghrébine · 5 %

Lire une littérature plurielle sans la réduire à une identité unique ni à un simple document social.

Cours 10.1 · Objectif : contexte + forme + enjeu

Une littérature plurielle

La littérature maghrébine d’expression française regroupe des œuvres liées notamment au Maroc, à l’Algérie et à la Tunisie. Elle se développe dans une histoire coloniale et postcoloniale, mais chaque œuvre possède son esthétique propre. Il faut éviter d’en faire un ensemble uniforme.

Avant 1945Précurseurs

Voix diverses et premiers débats d’appartenance culturelle.

1945–1962Témoignage et contestation

Colonisation, dépossession, affirmation d’un point de vue maghrébin.

1962–1980Indépendances et recherche formelle

Révolution des formes, interrogation des sociétés nouvelles.

Depuis 1980Diversification

Mémoire, migration, femmes, violence, pluralité et nouvelles esthétiques.

« Francophone » ne signifie pas « français »

La langue d’écriture peut être le français tout en portant des imaginaires, rythmes, références et tensions issus d’un espace plurilingue.

Se construire dans la relation

Identité et altérité

MémoireHistoire personnelle et collective

La colonisation, l’indépendance et les silences familiaux traversent les récits.

AppartenanceIdentités multiples

Nationale, linguistique, culturelle, sociale ou diasporique.

AltéritéRegard sur l’autre

L’autre peut être colonisateur, étranger, proche, double ou part de soi.

DevenirIdentité en mouvement

Elle se transforme par les langues, les déplacements et les relations.

SoiLanguesHistoireAutrui

Écrire dans un espace plurilingue

Langues, voix et oralité

FrançaisLangue héritée et transformée

Elle peut être outil, tension, distance ou espace de création.

ArabeLangues et références multiples

Arabe littéral, parlers régionaux et mémoire culturelle.

AmazigheHéritage et présence

Toponymes, récits, rythmes et affirmation culturelle.

OralitéConte, proverbe, chant

La voix orale nourrit la structure et la texture de l’écrit.

Hybridation linguistique

L’écrivain peut déplacer la syntaxe française, insérer des mots non traduits, traduire littéralement une expression ou reproduire un rythme oral. Ce travail n’est pas une « faute » : il peut constituer un choix esthétique.

Inventer des formes

Quelques choix esthétiques

Fragmentation

Mémoire discontinue et chronologie brisée.

Polyphonie

Voix individuelles, collectives et contradictoires.

Intertextualité

Dialogue avec traditions arabes, amazighes, africaines et européennes.

Symbolisme

Corps, ville, désert, maison ou mer deviennent réseaux de sens.

Hybridation

Roman, autobiographie, histoire, poésie et oralité se mêlent.

Le contexte n’efface pas la forme

Une réponse solide relie toujours l’enjeu historique ou identitaire à un procédé : voix narrative, structure temporelle, image, langue ou composition.

Interroger les pouvoirs

La critique sociale

ColonisationViolence et dépossession

Reprendre la parole, témoigner et contester les représentations imposées.

Après l’indépendanceDésillusion politique

Autoritarisme, bureaucratie, corruption et promesses inabouties.

Famille et genreNormes et émancipation

Patriarcat, place des femmes, filiation et conflit des générations.

InégalitésMarges et migrations

Pauvreté, ville, exil, frontières et exclusion sociale.

Repères sans catalogue excessif

Auteurs et œuvres

AlgérieMouloud Feraoun

Le Fils du pauvre — enfance, école, condition sociale.

AlgérieKateb Yacine

Nedjma — histoire, identité et forme fragmentée.

AlgérieAssia Djebar

L’Amour, la fantasia — voix des femmes, mémoire et histoire.

MarocDriss Chraïbi

Le Passé simple — révolte, famille et société.

MarocAbdelkébir Khatibi

La Mémoire tatouée — pluralité, langue et identité.

MarocTahar Ben Jelloun

L’Enfant de sable — genre, récit et pouvoir de raconter.

TunisieAlbert Memmi

La Statue de sel — appartenances, colonisation et déchirement.

AlgérieRachid Boudjedra

La Répudiation — critique sociale et écriture de rupture.

Fiche express

Les axes à retenir

PluralitéPlusieurs pays et traditions

MémoireIndividuelle et collective

IdentitéRelation et devenir

AltéritéAutrui et part étrangère de soi

PlurilinguismeLangues en interaction

OralitéConte, chant, proverbe, voix

HybridationMélange des genres

Critique socialePouvoirs, normes, inégalités

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Sources de ce chapitre
  • Presses de l’Université de Montréal — littérature du Maghreb
  • OpenEdition — panorama des littératures francophones
  • Insaniyat — langues et cultures au Maghreb

Base documentaire

Des sources choisies, pas empilées

Chaque notion sera confrontée à une référence reconnue avant d’être transformée en fiche, exemple ou QCM.

Source primaireDescriptif officiel

Le cadre et la pondération de l’épreuve

InstitutionnelÉduscol

Terminologie grammaticale et exemples

UniversitaireCNRTL & TLFi

Lexique, sens, étymologie et usages

InstitutionnelBnF & Gallica

Textes, auteurs et histoire littéraire

Préparation au concours — Langue française

Programme construit à partir du descriptif officiel de novembre 2025.

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La versification

est traitée dans le module 9 — La poésie.