Littérature et analyse des textes
Seconde moitié du programme (50 %) : histoire littéraire et mythes (5 %), le roman (10 %), le texte narratif (10 %), le théâtre (10 %), la poésie (10 %) et la littérature maghrébine (5 %). Cours complets avec repères, méthodes d'analyse, pièges d'examen et fiches de synthèse.
Objectifs du module
- Situer une œuvre dans son mouvement, du Moyen Âge aux Lumières
- Distinguer les genres du récit et les grands courants romanesques
- Analyser un texte narratif : narrateur, focalisation, temps, personnage, espace
- Lire un texte de théâtre en tenant compte du langage dramatique et de la représentation
- Analyser un poème : versification, rythme, sonorités, images et fonctions
- Situer la littérature maghrébine de langue française : identité, langues, oralité, critique sociale
Situer rapidement une œuvre, reconnaître un mouvement et identifier la portée d’un mythe.
Cours 5.1 · Objectif : siècle + mouvement + œuvre
Du Moyen Âge au siècle des Lumières
L’histoire littéraire ne consiste pas à réciter des dates isolées. Elle aide à relier une œuvre à un contexte, à des formes dominantes et à des idées. Les frontières entre mouvements restent souples : plusieurs esthétiques peuvent coexister au même siècle.
Ve–XVeMoyen ÂgeÉpopée, courtoisie, satire et théâtre.
→XVIeRenaissanceHumanisme, Pléiade et redécouverte des Anciens.
→XVIIeBaroque & classicismeInstabilité, ordre, théâtre et moralistes.
→XVIIIeLumièresRaison critique, liberté et diffusion du savoir.
Pour situer un extraitObservez le genre, le thème, les valeurs défendues, la forme du raisonnement et quelques indices historiques. Une seule caractéristique ne suffit pas toujours.
Ve–XVe siècles
Le Moyen Âge : oralité, manuscrit et diversité
La littérature médiévale se développe en latin puis dans les langues vernaculaires. Souvent destinée à être dite, chantée ou jouée, elle circule avant l’imprimerie par la performance et le manuscrit.
Exploits guerriers, fidélité féodale et idéal chrétien.
La Chanson de RolandQuête, aventure et amour soumis à des codes.
Chrétien de TroyesRécit bref comique, ruse, quotidien et critique sociale.
Textes souvent anonymesMystères religieux, farces profanes et jeu public.
La Farce de Maître PathelinAu Moyen Âge, mettre en roman signifie écrire dans une langue romane plutôt qu’en latin. Le mot prendra progressivement son sens générique moderne.
XVIe siècle
Renaissance, humanisme et Pléiade
L’humanisme place la formation de l’être humain, l’examen critique et le retour aux textes antiques au cœur du savoir. L’imprimerie accélère la circulation des œuvres et des idées.
Étudier les langues anciennes, confronter les sources et former un esprit libre.
Rabelais · MontaigneImiter les modèles antiques sans les copier servilement, créer et défendre une grande poésie française.
Du Bellay · RonsardImprimerie, grandes découvertes, Réforme et débats religieux renouvellent la représentation du monde.
Curiosité · critique · éducationÉducation humaniste, satire et appétit de savoir.
Les EssaisMontaigneExamen de soi, relativité des coutumes et jugement personnel.
Les RegretsDu BellaySonnet, exil, satire et attachement à la patrie.
XVIIe siècle
Du baroque au classicisme
Métamorphose, illusion, inconstance, spectacle et formes abondantes.
Image-repère : le monde est changeant.Clarté, vraisemblance, bienséance, mesure et recherche de l’universel.
Image-repère : plaire et instruire.Conflits de devoir et de passion, héros confrontés à une issue grave.
Rire, types sociaux, défauts humains et critique des mœurs.
Récit plaisant et leçon morale, souvent portée par des animaux.
Observation condensée des comportements et de la société.
Dans l’idéal dramatique classique : une action principale, un temps resserré autour de vingt-quatre heures et un lieu unique ou très proche. Elles visent la cohérence et la vraisemblance.
XVIIIe siècle
Les Lumières : examiner, diffuser, combattre
Les philosophes des Lumières soumettent les autorités, les préjugés et les institutions à l’examen de la raison. Ils défendent diversement la tolérance, la liberté, l’éducation et une meilleure organisation politique et sociale.
Refuser l’argument d’autorité et confronter les idées à l’expérience et à la raison.
Rassembler les savoirs, décrire les techniques et les rendre accessibles.
Critiquer l’intolérance, le fanatisme, l’arbitraire et certaines inégalités.
Conte philosophique, voyage fictif et regard étranger permettent une critique indirecte.
MontesquieuLettres persanes, De l’esprit des lois — regard critique et réflexion politique.
VoltaireCandide, Traité sur la tolérance — ironie et lutte contre le fanatisme.
Diderot & d’AlembertEncyclopédie — organisation et diffusion critique des savoirs.
RousseauDu contrat social, Les Confessions — politique, éducation et écriture de soi.
Récits transmis et réécrits
Les mythes fondateurs
Un mythe est un récit collectif qui met en scène dieux, héros et origines pour donner forme à de grandes questions humaines. Il connaît plusieurs versions et survit grâce aux réécritures : il ne faut donc pas chercher un texte unique et définitivement fixé.
Origine du monde, d’un phénomène ou d’une pratique.
Connaissance, désir, faute, pouvoir, mort ou identité.
Valeurs, interdits et mémoire d’une communauté.
Chaque époque actualise le conflit porté par le récit.
Savoir technique, progrès, transgression et responsabilité.
Enquête, ignorance de soi, faute involontaire et fatalité.
Conflit entre ordre politique, devoir familial et exigence morale.
Puissance du chant, amour perdu et interdit du regard en arrière.
Fascination de soi, méconnaissance et désir impossible.
Ruse, châtiment et répétition d’une tâche toujours recommencée.
Éliminer les anachronismes
La méthode de repérage
- Identifier le siècle
Commencer par les dates de l’auteur ou de l’œuvre si elles sont fournies.
- Reconnaître le genre
Épopée, sonnet, tragédie, fable, essai, conte philosophique…
- Associer les valeurs
Courtoisie, humanisme, ordre classique, raison critique.
- Vérifier l’auteur
Écarter toute association chronologiquement impossible.
- Pour un mythe
Résumer le conflit central avant de choisir son interprétation.
Fiche express
Douze associations à fixer
Chanson de gesteÉpopée médiévale
Chrétien de TroyesRoman courtois
HumanismeSavoir et jugement
PléiadeRenouveler la poésie française
BaroqueMouvement et illusion
ClassicismeOrdre et vraisemblance
MolièreComédie et critique des mœurs
LumièresRaison critique et liberté
ProméthéeTechnique et transgression
ŒdipeVérité et destin
AntigoneLoi et conscience
OrphéeArt, amour et mort
Pondération officielle : 5 % de l’épreuve.
Revoir le programme- Programme national — repères du Moyen Âge au XVIIIe siècle
- BnF — de l’humanisme aux Lumières
- Odysseum — comprendre et interpréter les mythes
- Odysseum — le mythe de Prométhée
Comprendre d’où vient le récit romanesque, distinguer ses formes et reconnaître les principaux sous-genres.
Cours 6.1 · Objectif : forme + projet + indices
Les grandes sources du récit
Le roman ne naît pas d’un seul modèle. Il hérite de récits oraux et écrits : mythe, épopée, chronique, conte, légende, récit de voyage et histoire chevaleresque. Il transforme ces matériaux en une forme souple capable d’accueillir l’aventure, l’analyse psychologique et la représentation de la société.
MytheRécit symboliqueDieux, héros, origines et conflits fondamentaux.
+ÉpopéeDestin collectifExploits héroïques et valeurs d’une communauté.
+Tradition oraleContes et légendesMotifs transmis, variantes et schémas récurrents.
+Écrits du réelChroniques et voyagesÉvénements, observations et découverte du monde.
Le sens médiéval de « roman »Le mot désigne d’abord un texte écrit en langue romane, et non en latin. Les récits antiques adaptés, puis les aventures chevaleresques et courtoises, contribuent progressivement à former le genre.
Ne pas confondre les formes
Les principaux genres du récit
La longueur ne suffit pas pour classer un texte. Il faut aussi considérer son rapport au réel, sa construction et son projet.
Univers, personnages et intrigue d’ampleur variable ; grande liberté formelle.
Madame BovaryPeu de personnages, économie des moyens, effet d’unité et parfois chute.
La ParureFormules, épreuves et merveilleux ; le conte philosophique ajoute une visée critique.
CandideRécit rétrospectif d’une vie réelle assumée par celui qui l’écrit.
Les ConfessionsL’auteur raconte son parcours en donnant une place importante aux événements collectifs.
Mémoires d’outre-tombeUn auteur reconstruit l’existence d’une personne à partir de sources et de documents.
Récit référentielFictionLe monde raconté est inventé, même s’il s’appuie sur des faits réels.
RéférentielLe texte prétend renvoyer à une personne ou à des événements effectivement existants.
HybrideCertains récits mêlent enquête, mémoire, fiction et réflexion : le classement dépend alors du projet dominant.
Une forme en transformation
Quelques étapes de l’évolution du roman
Quêtes, chevaliers, épreuves et amour courtois.
Chrétien de TroyesLe roman gagne en vraisemblance et explore la vie intérieure.
La Princesse de ClèvesRoman épistolaire, récit-mémoires et fiction philosophique.
Les Liaisons dangereusesAmbition réaliste, fresques sociales, histoire et naturalisme.
Balzac · Flaubert · ZolaCrise du personnage, fragmentation, polyphonie et formes hybrides.
Proust · Sarraute · nouveaux récitsParce qu’il n’est soumis ni à une forme fixe ni à une longueur unique. Il peut absorber lettres, journaux, documents, dialogues, descriptions, essais ou récits enchâssés.
Classer par projet dominant
Les principaux genres romanesques
Un héros de condition modeste traverse différents milieux et révèle leurs travers.
Pluralité des voix, information fragmentaire et effets de point de vue.
Personnages inventés et figures historiques se rencontrent dans une époque reconstruite.
Un personnage jeune acquiert une expérience sociale, morale ou affective.
Voyage, danger, quête et rebondissements dominent la progression.
Crime, indices, suspects et reconstruction logique structurent le récit.
Un événement apparemment surnaturel trouble les explications ordinaires.
Une innovation scientifique ou sociale transforme le cadre du récit.
Motivations, conflits intérieurs et perception des personnages passent au premier plan.
La Peau de chagrin combine par exemple observation sociale, apprentissage, fantastique et réflexion philosophique. En QCM, cherchez le trait réellement mis en avant par la question.
Représenter le monde social
Réalisme et naturalisme
Le réalisme n’est pas une copie mécanique du réel : il produit un effet de vérité par la sélection, l’organisation et l’écriture des détails.
- Cadres géographiques et sociaux précis
- Personnages inscrits dans une société
- Descriptions et détails vraisemblables
- Argent, travail, ambition, famille
- Documentation méthodique
- Influence du milieu et de l’hérédité
- Corps, travail et conditions matérielles
- Ambition inspirée des sciences du XIXe siècle
Personnage ordinaire ≠ absence d’inventionLe romancier construit une intrigue et un point de vue.
Description ≠ pause inutileElle peut informer, caractériser, symboliser ou préparer l’action.
Naturalisme ≠ photographie neutreLe choix des faits, le style et la composition orientent la représentation.
Déplacer les conventions
Les renouvellements du roman moderne
Le temps vécu ne suit pas toujours la chronologie ; sensations et souvenirs réorganisent le récit.
ProustDes points de vue ou discours différents se répondent sans être ramenés à une seule vérité.
Pluralité énonciativePersonnage, intrigue et description traditionnels sont questionnés ou transformés.
Sarraute · Robbe-GrilletLe récit accueille documents, enquête, autobiographie, photographie ou réflexion.
Formes contemporainesL’expression ne signifie pas disparition totale du personnage. Elle indique surtout la remise en cause du héros stable, clairement décrit et doté d’une identité cohérente.
Identifier sans étiqueter trop vite
La méthode de classement
- Déterminer le statut
Fiction, autobiographie, mémoires ou biographie ?
- Observer le support
Lettres, journal, récit continu, documents, voix alternées.
- Repérer le moteur
Enquête, aventure, formation, passion, observation sociale.
- Identifier le monde
Historique, vraisemblable, fantastique, scientifique ou merveilleux.
- Choisir le dominant
Retenir la catégorie qui explique le mieux les indices donnés.
Fiche express
Les oppositions et associations décisives
RomanFiction développée et souple
NouvelleRécit bref et concentré
AutobiographieAuteur = narrateur = personnage
MémoiresVie personnelle et Histoire
ÉpistolaireRécit par lettres
ApprentissageFormation du personnage
FantastiqueHésitation devant l’inexplicable
HistoriqueFiction dans un passé reconstruit
RéalismeMilieux, mœurs et vraisemblance
NaturalismeMilieu, hérédité et documentation
Nouveau RomanRemise en cause des conventions
Roman contemporainHybridation des formes
Pondération officielle : 10 % de l’épreuve.
Revoir le programme- Éduscol — le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
- BnF — Balzac et le roman moderne
- BnF — Zola et le naturalisme
- BnF Classes — récits, manuscrits et genres
sont traités dans le module 7 — Le texte narratif.
sont traités dans le module 5 — Histoire littéraire et mythes.
Identifier l’instance qui raconte, l’ordre du récit, le point de vue et la construction du monde raconté.
Cours 7.1 · Objectif : qui voit ? qui sait ? à quel rythme ?
Auteur, narrateur et personnage
L’auteur est la personne réelle qui écrit. Le narrateur est la voix construite par le texte pour raconter. Le personnage appartient à l’histoire. Les confondre conduit à attribuer trop vite à l’auteur les opinions d’une voix fictive.
Son nom figure généralement sur la couverture.
Il sélectionne, organise et présente les informations.
Il agit, subit, désire et évolue dans l’histoire.
Il raconte comme personnage, souvent à la première personne.
Il raconte généralement à la troisième personne.
Régler l’accès à l’information
Les focalisations
Le narrateur peut connaître pensées, passé ou avenir de plusieurs personnages.
Vision dite omnisciente.Les informations sont limitées à ce qu’un personnage perçoit, sait ou pense.
Subjectivité et restriction.Le texte décrit gestes et paroles sans ouvrir directement la conscience.
Effet d’observation.Un récit à la troisième personne peut adopter une focalisation interne. Cherchez surtout quelles informations sont accessibles et par quelle conscience elles passent.
Comparer histoire et narration
Ordre, durée et fréquence
| Procédé | Définition | Effet fréquent |
|---|---|---|
| Analepse | Retour sur un événement antérieur. | Expliquer un passé. |
| Prolepse | Annonce ou évocation anticipée. | Créer une attente. |
| Scène | Temps du récit proche du temps de l’action. | Donner présence et détail. |
| Sommaire | Longue durée racontée brièvement. | Accélérer. |
| Pause | L’action cesse pendant une description ou réflexion. | Informer ou interpréter. |
| Ellipse | Une période n’est pas racontée. | Sauter ce qui est jugé secondaire. |
SingulatifRaconter une fois ce qui s’est produit une fois.
RépétitifRaconter plusieurs fois le même événement.
ItératifRaconter une fois ce qui se répétait.
Comprendre une trajectoire
La construction du personnage
Ils orientent l’identité et le regard porté sur lui.
Le portrait peut confirmer ou tromper.
Les choix révèlent valeurs, buts et conflits.
Les interactions construisent la place sociale.
Donner sens au monde raconté
Espace, thèmes et registres
Un lieu peut situer l’action, caractériser un milieu, opposer dedans/dehors ou devenir symbolique.
Il se repère par des mots, situations et motifs récurrents, non par un terme isolé.
Comique, tragique, pathétique, fantastique, épique ou satirique selon les procédés et la situation.
Une lecture en six gestes
Méthode d’analyse narrative
- Délimiter
Situation et événement.
- Distinguer
Auteur, narrateur, personnage.
- Focaliser
Qui voit et qui sait ?
- Temporaliser
Ordre, rythme, fréquence.
- Interpréter
Espace, motifs, registre.
- Justifier
Citer l’indice décisif.
Fiche express
Les repères du récit
HomodiégétiqueNarrateur personnage
HétérodiégétiqueNarrateur absent de l’histoire
Focalisation interneSavoir limité à une conscience
AnalepseRetour en arrière
ProlepseAnticipation
SommaireAccélération
EllipseDurée passée sous silence
ItératifUne fois pour plusieurs occurrences
Pondération officielle : 10 %.
Revoir le programme- Éduscol — instances narratologiques
- Éduscol — focalisation, temporalité et espace
- Programme — roman et récit
sont définis dans le module 3 — La stylistique ; ce chapitre ne retient que leur effet sur le récit.
Lire une pièce comme une parole destinée à être jouée devant un public.
Cours 8.1 · Objectif : texte + scène + effet
Une écriture à double destination
Au théâtre, les personnages se parlent dans la fiction, mais leurs paroles s’adressent aussi au public. Cette double énonciation explique les apartés, les informations données au spectateur et certains effets comiques ou tragiques.
De longueur variable, inscrite dans un échange.
Expose un récit, un raisonnement ou une émotion.
Rend audible une délibération ou une crise.
Geste, ton, décor, déplacement ou costume.
Crée complicité, ironie ou révélation.
Accélère un conflit ou une confrontation.
Crise, passion et issue grave
La tragédie
Leur conflit privé engage souvent un ordre politique ou moral.
Une passion ou un devoir impossible conduit à la catastrophe.
La représentation des malheurs produit une forte émotion et une réflexion.
| Règle classique | Principe | But |
|---|---|---|
| Unité d’action | Une intrigue principale. | Cohérence. |
| Unité de temps | Environ vingt-quatre heures. | Vraisemblance. |
| Unité de lieu | Un lieu unique ou proche. | Concentration. |
| Bienséance | Éviter certains actes choquants sur scène. | Respect du public. |
Faire rire et regarder la société
La comédie
Chutes, mimiques, poursuites.
Jeux, répétitions, quiproquos.
Renversement, surprise, piège.
Défaut dominant rendu ridicule.
Critique d’un milieu ou d’une époque.
Un personnage comprend une parole ou une situation autrement qu’un autre personnage. Le public, mieux informé, mesure l’erreur et anticipe ses conséquences.
XVIIIe siècle
Le drame bourgeois
Défendu notamment par Diderot, il cherche un genre sérieux entre tragédie et comédie. Il met en scène des familles et des personnages de condition moyenne confrontés à des conflits moraux et domestiques.
Le foyer devient un espace dramatique.
La dignité dramatique n’est plus réservée aux rois.
L’émotion doit toucher et instruire.
Gestes, tableaux et naturel du jeu gagnent en importance.
XIXe siècle
Le drame romantique
Mélange du sublime et du grotesque, du comique et du tragique ; liberté accrue du temps et des lieux.
Foules, pouvoir, passions, décors multiples et héros en conflit avec la société.
Il conteste surtout le système classique lorsqu’il empêche de représenter la complexité historique, les contrastes et la liberté créatrice.
Lire la scène possible
Méthode d’analyse
- Situer
Acte, scène, entrée, sortie.
- Nommer
Genre et tonalité.
- Observer
Répliques et didascalies.
- Suivre
Rapport de force.
- Imaginer
Voix, corps, espace.
- Conclure
Effet sur le public.
Fiche express
Les distinctions théâtrales
DidascalieIndication scénique
ApartéComplicité avec le public
StichomythieÉchange rapide
TragédieCrise et issue grave
ComédieRire et critique
Drame bourgeoisFamille et condition moyenne
Drame romantiqueMélange et liberté
Double énonciationPersonnages et public
Pondération officielle : 10 %.
Revoir le programme- BnF — diversités de la comédie
- BnF — Phèdre et la tragédie
- BnF — Beaumarchais et le drame bourgeois
est traitée dans le module 4 — Le discours et l'énonciation ; on n'en retient ici que la double énonciation propre au théâtre.
Mettre la versification au service du rythme, des images et du sens.
Cours 9.1 · Objectif : forme + mouvement + interprétation
Compter et organiser les vers
La versification décrit l’organisation métrique du poème. Elle n’est pas une fin : le nombre de syllabes, les coupes et les rimes prennent sens lorsqu’on les relie à la syntaxe, aux images et au mouvement du texte.
Souvent organisé autour d’une césure.
Vers majeur de la tradition française.
Souple, fréquent dans chansons et récits.
Le rythme dépend de la disposition et de la syntaxe.
| Rimes | Schéma | Organisation |
|---|---|---|
| Suivies | AABB | Deux couples successifs. |
| Croisées | ABAB | Alternance. |
| Embrassées | ABBA | Une paire encadre l’autre. |
Il se compte devant consonne à l’intérieur du vers, ne se compte pas en fin de vers et s’élide devant voyelle. Le découpage exact dépend de la prononciation métrique.
Faire entendre le mouvement
Coupes, enjambements et sonorités
La syntaxe se poursuit au vers suivant et crée continuité ou attente.
Un groupe court placé au début du vers suivant reçoit un relief.
Un groupe lié à la suite est placé à la fin du vers précédent.
Répétition de consonnes.
Répétition de voyelles.
Retour initial d’un mot ou groupe.
Reprise d’une structure syntaxique.
Reconnaître une architecture
Les principales formes
Deux quatrains et deux tercets ; progression et chute possibles.
Ton élevé ou lyrique adressé à une personne, une idée ou un objet.
Strophes régulières suivies traditionnellement d’un envoi.
Rythme, images et densité poétique dans la prose.
La disposition graphique dessine ou suggère l’objet du poème. Le sens naît de l’interaction entre mots, espace et image.
Transformer la perception
Images et réseaux
Un outil relie comparé et comparant.
Elle recompose une réalité par une autre.
Un élément non humain agit ou parle comme une personne.
Une image concrète condense une idée ou une valeur.
Pourquoi écrire un poème ?
Les fonctions de la poésie
Exprimer et transformer une expérience intime.
Louer un être, un lieu, une valeur ou le monde.
Dénoncer, résister ou défendre une cause.
Révéler des rapports inattendus par l’image.
Explorer sons, contraintes et possibilités du langage.
Un poème amoureux peut être lyrique, célébratif et réflexif ; un poème engagé peut aussi travailler fortement le rythme et les images.
Ne pas séparer forme et sens
Méthode d’analyse
- Lire
Voix, situation, mouvement.
- Décrire
Forme, strophes, mètres.
- Écouter
Coupes, rimes, sons.
- Relier
Images et champs lexicaux.
- Interpréter
Fonction et effets.
- Nuancer
Polysémie et tensions.
Fiche express
Les repères poétiques
Alexandrin12 syllabes
Octosyllabe8 syllabes
ABABRimes croisées
EnjambementSyntaxe au-delà du vers
Sonnet14 vers
Poème en prosePoésie sans vers
LyriqueExpérience intime
EngagéeIntervention collective
Pondération officielle : 10 %.
Revoir le programme- Éduscol — expérience et langage poétiques
- Éduscol — langue et écriture poétique
- BnF — Baudelaire et la modernité poétique
sont définies dans le module 3 — La stylistique ; ce chapitre porte sur leur rendement poétique.
l'anaphore grammaticale est une reprise de l'information (module 2 — Grammaire du texte) ; l'anaphore rhétorique est la répétition d'un mot en tête de vers ou de phrase. Le QCM joue sur cette homonymie.
Lire une littérature plurielle sans la réduire à une identité unique ni à un simple document social.
Cours 10.1 · Objectif : contexte + forme + enjeu
Une littérature plurielle
La littérature maghrébine d’expression française regroupe des œuvres liées notamment au Maroc, à l’Algérie et à la Tunisie. Elle se développe dans une histoire coloniale et postcoloniale, mais chaque œuvre possède son esthétique propre. Il faut éviter d’en faire un ensemble uniforme.
Avant 1945PrécurseursVoix diverses et premiers débats d’appartenance culturelle.
→1945–1962Témoignage et contestationColonisation, dépossession, affirmation d’un point de vue maghrébin.
→1962–1980Indépendances et recherche formelleRévolution des formes, interrogation des sociétés nouvelles.
→Depuis 1980DiversificationMémoire, migration, femmes, violence, pluralité et nouvelles esthétiques.
La langue d’écriture peut être le français tout en portant des imaginaires, rythmes, références et tensions issus d’un espace plurilingue.
Se construire dans la relation
Identité et altérité
La colonisation, l’indépendance et les silences familiaux traversent les récits.
Nationale, linguistique, culturelle, sociale ou diasporique.
L’autre peut être colonisateur, étranger, proche, double ou part de soi.
Elle se transforme par les langues, les déplacements et les relations.
Écrire dans un espace plurilingue
Langues, voix et oralité
Elle peut être outil, tension, distance ou espace de création.
Arabe littéral, parlers régionaux et mémoire culturelle.
Toponymes, récits, rythmes et affirmation culturelle.
La voix orale nourrit la structure et la texture de l’écrit.
L’écrivain peut déplacer la syntaxe française, insérer des mots non traduits, traduire littéralement une expression ou reproduire un rythme oral. Ce travail n’est pas une « faute » : il peut constituer un choix esthétique.
Inventer des formes
Quelques choix esthétiques
Mémoire discontinue et chronologie brisée.
Voix individuelles, collectives et contradictoires.
Dialogue avec traditions arabes, amazighes, africaines et européennes.
Corps, ville, désert, maison ou mer deviennent réseaux de sens.
Roman, autobiographie, histoire, poésie et oralité se mêlent.
Une réponse solide relie toujours l’enjeu historique ou identitaire à un procédé : voix narrative, structure temporelle, image, langue ou composition.
Interroger les pouvoirs
La critique sociale
Reprendre la parole, témoigner et contester les représentations imposées.
Autoritarisme, bureaucratie, corruption et promesses inabouties.
Patriarcat, place des femmes, filiation et conflit des générations.
Pauvreté, ville, exil, frontières et exclusion sociale.
Repères sans catalogue excessif
Auteurs et œuvres
Le Fils du pauvre — enfance, école, condition sociale.
Nedjma — histoire, identité et forme fragmentée.
L’Amour, la fantasia — voix des femmes, mémoire et histoire.
Le Passé simple — révolte, famille et société.
La Mémoire tatouée — pluralité, langue et identité.
L’Enfant de sable — genre, récit et pouvoir de raconter.
La Statue de sel — appartenances, colonisation et déchirement.
La Répudiation — critique sociale et écriture de rupture.
Fiche express
Les axes à retenir
PluralitéPlusieurs pays et traditions
MémoireIndividuelle et collective
IdentitéRelation et devenir
AltéritéAutrui et part étrangère de soi
PlurilinguismeLangues en interaction
OralitéConte, chant, proverbe, voix
HybridationMélange des genres
Critique socialePouvoirs, normes, inégalités
Langue 50 % · Littérature 50 %.
Retour au début- Presses de l’Université de Montréal — littérature du Maghreb
- OpenEdition — panorama des littératures francophones
- Insaniyat — langues et cultures au Maghreb
Base documentaire
Des sources choisies, pas empilées
Chaque notion sera confrontée à une référence reconnue avant d’être transformée en fiche, exemple ou QCM.
Le cadre et la pondération de l’épreuve
Terminologie grammaticale et exemples
Lexique, sens, étymologie et usages
Textes, auteurs et histoire littéraire
Programme construit à partir du descriptif officiel de novembre 2025.
Retour en haut ↑est traitée dans le module 9 — La poésie.