Module 109 · 11 chapitres

Savoirs disciplinaires en physique-chimie — Concours d'inspection (collégial et qualifiant)

Unité de révision des savoirs de physique-chimie visés par l'épreuve de connaissances du concours d'accès au cycle de formation des inspecteurs pédagogiques (secondaire collégial et qualifiant, descriptifs 2025 identiques). Elle suit la répartition officielle : physique 67 % (mécanique, électromagnétisme, circuits, optique et ondes, physique atomique et nucléaire, thermodynamique) et chimie 33 % (atomistique et cristallochimie, solutions et électrochimie, thermochimie, chimie organique, cinétique). Niveau licence, exercices corrigés et banque de QCM commentés.

11 chapitres 10 questions ~22.0 heures

Objectifs du module

  • Maîtriser la mécanique du point et du solide, les oscillateurs et la gravitation.
  • Utiliser l'électrostatique, la magnétostatique, l'induction, les équations de Maxwell et les ondes électromagnétiques.
  • Analyser circuits, filtres et montages à amplificateur opérationnel.
  • Expliquer les phénomènes d'optique géométrique, d'optique ondulatoire et de propagation d'ondes.
  • Appliquer les deux principes de la thermodynamique et la thermochimie.
  • Résoudre des problèmes d'atomistique, de solutions, d'oxydoréduction, de cinétique et de chimie organique.
Physique (67 %)

Ce chapitre relève du domaine Physique, rubrique « Mécanique », la plus lourde du descriptif officiel (17 % de l'épreuve de savoirs). Il couvre la cinématique et la dynamique du point, les référentiels non galiléens, l'énergie, les oscillateurs, les forces centrales et la gravitation, la mécanique du solide et un complément sur les fluides. Le niveau visé est celui des deux premières années de licence.

1. Cinématique du point

La position d'un point M est repérée par le vecteur OM dans un repère. La vitesse est v = dOM/dt et l'accélération a = dv/dt. Le choix du système de coordonnées dépend de la symétrie du problème.

SystèmeVitesseAccélération
Cartésienẋ ux + ẏ uy + ż uzẍ ux + ÿ uy + z̈ uz
Polaire (r, θ)ṙ ur + r θ̇ uθ(r̈ − r θ̇²) ur + (r θ̈ + 2 ṙ θ̇) uθ
Base de Frenetv τ(dv/dt) τ + (v²/R) n

Pour un mouvement circulaire uniforme (rayon R, vitesse angulaire ω), l'accélération est purement centripète : a = ω² R = v² / R. Un mouvement uniformément accéléré suit v = v0 + a t et x = x0 + v0 t + ½ a t², d'où la relation sans le temps : v² − v0² = 2 a (x − x0).

Exercice corrigé. Un projectile est lancé du sol avec v0 = 20 m/s sous un angle α = 30° (g = 9,81 m/s²). La portée est R = v0² sin 2α / g = 400 × 0,866 / 9,81 ≈ 35,3 m, et la flèche (hauteur maximale) est v0² sin²α / (2g) = 400 × 0,25 / 19,62 ≈ 5,10 m. La portée est maximale pour α = 45°, sans frottements et à altitude de départ égale à celle d'arrivée.

2. Dynamique du point : lois de Newton

  • Principe d'inertie : il existe des référentiels (galiléens) où un point isolé, ou pseudo-isolé, est en mouvement rectiligne uniforme.
  • Principe fondamental : dans un référentiel galiléen, ΣF = dp/dt, avec p = mv. À masse constante, ΣF = ma.
  • Actions réciproques : FA→B = − FB→A.

Le frottement solide suit les lois de Coulomb : tant qu'il n'y a pas glissement, la composante tangentielle T vérifie T ≤ fs N ; au glissement, T = fd N. Sur un plan incliné d'angle α, le glissement commence quand tan α = fs. Le frottement fluide est modélisé par −kv (faibles vitesses) ou −k'vv (grandes vitesses) ; dans le premier cas, la vitesse limite en chute est vlim = m g / k et la constante de temps τ = m / k.

3. Référentiels non galiléens

Dans un référentiel R' en mouvement quelconque par rapport à un galiléen R, il faut ajouter au bilan des forces deux forces d'inertie : la force d'inertie d'entraînement Fie = − m ae (qui devient m ω² HM, « centrifuge », pour une rotation uniforme autour d'un axe) et la force de Coriolis Fic = − 2 m ω ∧ v'. Cette dernière est perpendiculaire à la vitesse relative : elle ne travaille pas. Elle explique, par exemple, la déviation vers l'est d'un corps en chute libre dans l'hémisphère terrestre et le sens de rotation des grands systèmes dépressionnaires.

4. Travail et énergie

Le travail élémentaire d'une force est δW = F · dOM. Deux théorèmes se déduisent du principe fondamental :

  • Théorème de l'énergie cinétique : ΔEc = W (toutes les forces).
  • Théorème de l'énergie mécanique : ΔEm = W des forces non conservatives, avec Em = Ec + Ep.

Une force est conservative si son travail ne dépend pas du chemin suivi : elle dérive d'une énergie potentielle, F = − grad Ep. Exemples : poids (Ep = m g z), rappel élastique (Ep = ½ k x²), gravitation (Ep = − G M m / r), force électrostatique. Les positions d'équilibre sont les points où dEp/dx = 0 ; l'équilibre est stable si d²Ep/dx² > 0.

5. Oscillateurs

L'oscillateur harmonique (masse m, ressort k) obéit à ẍ + ω0² x = 0, avec ω0 = √(k/m), T0 = 2π √(m/k) et f0 = ω0 / 2π. La période ne dépend pas de l'amplitude. Le pendule simple (longueur l) a pour équation θ̈ + (g/l) sin θ = 0 ; aux petits angles (θ < 0,2 rad environ), T = 2π √(l/g).

Avec un frottement fluide −λ ẋ, l'équation devient ẍ + 2 α ẋ + ω0² x = 0 avec α = λ / 2m. Trois régimes selon le signe de α² − ω0² :

ConditionRégimeComportement
α < ω0Pseudo-périodiqueOscillations d'amplitude décroissante, pseudo-pulsation ω = √(ω0² − α²)
α = ω0CritiqueRetour le plus rapide à l'équilibre sans oscillation
α > ω0ApériodiqueRetour lent sans oscillation

Soumis à une excitation sinusoïdale F0 cos Ω t, l'oscillateur amorti atteint un régime forcé. L'amplitude passe par un maximum (résonance) quand Ω est voisin de ω0 ; le pic est d'autant plus aigu que l'amortissement est faible, et le facteur de qualité Q = ω0 / (2α) mesure cette acuité.

Exercice corrigé. Une masse de 0,50 kg est fixée à un ressort de raideur 200 N/m. Alors ω0 = √(200 / 0,5) = 20 rad/s, T0 = 2π / 20 ≈ 0,314 s et f0 ≈ 3,18 Hz. Pour une amplitude de 5,0 cm, l'énergie mécanique vaut ½ k A² = ½ × 200 × 0,0025 = 0,25 J, et la vitesse maximale vmax = ω0 A = 1,0 m/s.

6. Forces centrales et gravitation

Pour une force centrale, le moment cinétique L = OM ∧ mv est constant : le mouvement est plan et la vitesse aréolaire dA/dt = L / 2m est constante (loi des aires). Pour la force de gravitation F = − G M m / r², les trajectoires sont des coniques (cercle, ellipse, parabole, hyperbole) selon l'énergie mécanique : Em < 0 pour un état lié.

Loi de KeplerÉnoncé
PremièreLes planètes décrivent des ellipses dont le Soleil occupe un foyer
DeuxièmeLe rayon vecteur balaye des aires égales en des temps égaux
TroisièmeT² / a³ = 4π² / (G M), avec a le demi-grand axe
  • Pour une orbite circulaire de rayon r : v = √(G M / r) et Em = − G M m / (2r) = − Ec.
  • Vitesse de libération : vlib = √(2 G M / R) = √2 × vcirculaire. Pour la Terre, ≈ 11,2 km/s ; la vitesse circulaire rasante est ≈ 7,9 km/s.
  • L'intensité de la pesanteur à la surface est g = G M / R², d'où G MT = g RT² ≈ 3,99 × 1014 m³/s².
  • Un satellite géostationnaire (T = 23 h 56 min, orbite équatoriale) se trouve à environ 35 800 km d'altitude, soit un rayon d'orbite d'environ 42 200 km.

7. Mécanique du solide

Pour un solide en rotation autour d'un axe fixe Δ, le théorème du moment cinétique s'écrit JΔ θ̈ = Σ MΔ, et l'énergie cinétique vaut ½ JΔ ω². Le moment d'inertie JΔ = Σ mi ri² se calcule avec le théorème de Huygens : JΔ = JG + m d², d étant la distance entre l'axe et l'axe parallèle passant par le centre d'inertie G.

Solide homogèneAxeJ
Cerceau (anneau mince)Axe de symétriem R²
Disque ou cylindre pleinAxe de symétrie½ m R²
Sphère pleineDiamètre(2/5) m R²
Tige mince de longueur LPerpendiculaire, par le centrem L² / 12
Tige mince de longueur LPerpendiculaire, par une extrémitém L² / 3

Pour un solide qui roule sans glisser, la vitesse du point de contact est nulle (v = R ω). L'énergie cinétique est Ec = ½ m v² + ½ JG ω². En descendant un plan incliné d'angle α, un cylindre plein a une accélération a = (2/3) g sin α, une sphère pleine a = (5/7) g sin α, un cerceau a = ½ g sin α : plus le moment d'inertie est grand, plus l'accélération est faible, et tous sont plus lents qu'un glissement sans frottement (g sin α).

8. Chocs

Dans un système isolé, la quantité de mouvement totale se conserve pendant un choc. L'énergie cinétique se conserve en plus dans un choc élastique. Pour un choc élastique frontal d'une masse m1 de vitesse v1 contre m2 au repos : v1' = (m1 − m2) v1 / (m1 + m2) et v2' = 2 m1 v1 / (m1 + m2). Pour des masses égales, les vitesses s'échangent. Dans un choc mou (parfaitement inélastique), les deux corps repartent ensemble avec v = m1 v1 / (m1 + m2), et la perte d'énergie cinétique est ΔEc = − ½ (m1 m2 / (m1 + m2)) v1².

9. Complément : statique et dynamique des fluides

  • Hydrostatique : PB − PA = ρ g (zA − zB), la pression croît avec la profondeur à raison d'environ 1 bar par 10 m d'eau.
  • Poussée d'Archimède : un corps immergé subit une force verticale égale au poids du fluide déplacé, Π = ρfluide Vimmergé g.
  • Conservation du débit d'un fluide incompressible : S1 v1 = S2 v2.
  • Relation de Bernoulli (fluide parfait, incompressible, écoulement stationnaire, le long d'une ligne de courant) : P + ½ ρ v² + ρ g z = constante.

10. Pièges d'examen

  • La force centrifuge n'existe que dans un référentiel tournant ; dans un référentiel galiléen, l'accélération centripète vient de la résultante des forces réelles.
  • La période d'un pendule simple ne dépend pas de sa masse ; celle d'un oscillateur masse-ressort ne dépend pas de g.
  • La force de Coriolis ne travaille jamais ; la tension d'un fil d'un pendule non plus.
  • Dans un choc, la quantité de mouvement se conserve toujours (système isolé), l'énergie cinétique seulement s'il est élastique.
  • La troisième loi de Kepler lie T² et a³, pas T et a.

Auto-évaluation

1. Un satellite passe d'une orbite circulaire de rayon r à une orbite de rayon 4r. Comment varient sa vitesse et sa période ?

v = √(GM/r) est divisée par 2. T² ∝ r³, donc T est multipliée par 4^{3/2} = 8.

2. Pourquoi une sphère pleine arrive-t-elle avant un cylindre plein au bas d'un même plan incliné, à départ identique ?

Son moment d'inertie réduit J/(mR²) = 2/5 est plus petit que celui du cylindre (1/2), donc son accélération (5/7) g sin α dépasse celle du cylindre (2/3) g sin α. Ni la masse ni le rayon n'interviennent.

3. Une masse de 2 kg se déplaçant à 3 m/s heurte une masse de 1 kg immobile ; le choc est mou. Quelle est la vitesse finale et l'énergie perdue ?

v = 2 × 3 / 3 = 2 m/s. Ec avant = ½ × 2 × 9 = 9 J ; après = ½ × 3 × 4 = 6 J. La perte est de 3 J.

Sources

Manuels de mécanique de licence : Halliday D., Resnick R., Walker J., Fundamentals of Physics ; Kleppner D., Kolenkow R., An Introduction to Mechanics ; Landau L., Lifchitz E., Mécanique. Les valeurs numériques sont les valeurs usuelles arrondies.

Soyez le premier à noter ce chapitre

Ce chapitre traite la rubrique « Électrostatique et magnétostatique, électromagnétisme dans le vide » du domaine Physique (12 % du descriptif officiel). Il va du champ de Coulomb aux équations de Maxwell et aux ondes électromagnétiques. Les circuits sont traités au chapitre 03, l'optique ondulatoire au chapitre 04.

1. Électrostatique

La loi de Coulomb donne la force entre deux charges ponctuelles : F = q1 q2 / (4π ε0 r²), avec 1 / (4π ε0) ≈ 8,99 × 109 N·m²·C−2 et ε0 ≈ 8,85 × 10−12 F/m. Elle est répulsive pour des charges de même signe. Le champ électrique créé par une charge q est E = q / (4π ε0 r²) ur, et la force sur une charge q' est q' E. Le champ vérifie le principe de superposition.

Le potentiel V est défini par E = − grad V ; pour une charge ponctuelle V = q / (4π ε0 r) (nul à l'infini). Le champ est à circulation conservative : rot E = 0 en régime statique. L'énergie potentielle d'une charge q' dans un potentiel V vaut q' V, et 1 eV = 1,602 × 10−19 J.

Théorème de Gauss

Le flux du champ électrique à travers une surface fermée est égal à la charge intérieure divisée par ε0 : Φ = Qint / ε0 (forme locale : div E = ρ / ε0). Son usage suppose une symétrie permettant de calculer le flux directement.

DistributionSymétrieChamp
Sphère chargée en surface ou en volume (r supérieur au rayon)SphériqueE = Q / (4π ε0 r²), comme une charge ponctuelle
Fil infini de densité linéique λCylindriqueE = λ / (2π ε0 r)
Plan infini de densité σPlaneE = σ / (2 ε0), de part et d'autre
Sphère pleine uniforme (r inférieur au rayon R)SphériqueE = ρ r / (3 ε0) = Q r / (4π ε0 R³)

Conducteurs, condensateurs, dipôle

  • À l'équilibre, un conducteur est un volume équipotentiel ; le champ y est nul, les charges sont en surface, et le champ juste à l'extérieur vaut σ / ε0 (théorème de Coulomb).
  • Condensateur plan (surface S, distance d, vide) : C = ε0 S / d ; l'énergie emmagasinée est ½ C U² = ½ Q U. Association en parallèle : capacités additionnées ; en série : inverses additionnés.
  • Dipôle électrostatique (±q à distance a) : moment p = q a ; à grande distance, le potentiel décroît en 1 / r² et le champ en 1 / r³.

Exercice corrigé. Un condensateur plan de surface 100 cm² et d'épaisseur 1,0 mm (vide) est chargé sous 100 V. C = 8,85 × 10−12 × 10−2 / 10−3 = 8,85 × 10−11 F ; Q = C U = 8,85 nC ; E = U / d = 105 V/m ; énergie ½ C U² = 0,44 µJ.

2. Magnétostatique

Une particule de charge q et de vitesse v subit la force de Lorentz F = q(E + v ∧ B). La partie magnétique ne travaille pas. Dans un champ B uniforme et perpendiculaire à v, la trajectoire est circulaire de rayon r = m v / (|q| B) et de pulsation cyclotron ωc = |q| B / m, indépendante de la vitesse.

Le champ créé par un courant se calcule avec la loi de Biot et Savart et se déduit, quand la symétrie le permet, du théorème d'Ampère : ∮ B · dl = μ0 Ienlacé (forme locale : rot B = μ0 j en régime statique), avec μ0 = 4π × 10−7 T·m/A. Le champ magnétique est à flux conservatif : div B = 0 (il n'existe pas de monopôle magnétique connu).

Distribution de courantChamp magnétique
Fil rectiligne infini, à la distance rB = μ0 I / (2π r), orthoradial
Solénoïde long (n spires par mètre), à l'intérieurB = μ0 n I, uniforme et axial ; nul à l'extérieur
Spire circulaire de rayon R, au centreB = μ0 I / (2R)
Bobine plate de N spires, au centreB = μ0 N I / (2R)

La force de Laplace sur un élément de circuit est dF = I dl ∧ B. Deux fils parallèles parcourus par des courants de même sens s'attirent ; la force par unité de longueur vaut μ0 I1 I2 / (2π d).

3. Induction électromagnétique

La loi de Faraday donne la force électromotrice induite dans un circuit : e = − dΦ/dt, où Φ est le flux du champ magnétique à travers le circuit. Le signe moins traduit la loi de Lenz : le courant induit s'oppose, par ses effets, à la cause qui lui donne naissance. On distingue l'induction de Neumann (circuit fixe, champ variable) et de Lorentz (circuit mobile dans un champ). Pour une tige de longueur l se déplaçant à la vitesse v perpendiculairement à B, e = B l v.

L'auto-induction relie le flux propre au courant, Φ = L i, avec e = − L di/dt ; l'énergie emmagasinée dans une bobine est ½ L i². Pour un solénoïde de N spires, de longueur ℓ et de section S, L = μ0 N² S / ℓ. La mutuelle inductance M couple deux circuits.

Exercice corrigé. Un cadre de 100 spires, de surface 100 cm², est placé perpendiculairement à un champ qui passe de 0,50 T à 0 en 0,10 s. Le flux initial par spire est 0,50 × 10−2 = 5,0 × 10−3 Wb, soit 0,50 Wb pour 100 spires. La f.é.m. moyenne est e = ΔΦ/Δt = 0,50 / 0,10 = 5,0 V (en valeur absolue).

4. Équations de Maxwell dans le vide

NomÉquation localeContenu
Maxwell-Gaussdiv E = ρ / ε0Les charges créent le champ électrique
Maxwell-fluxdiv B = 0Flux de B conservatif
Maxwell-Faradayrot E = − ∂B/∂tUn champ magnétique variable crée un champ électrique
Maxwell-Ampèrerot B = μ0 j + μ0 ε0 ∂E/∂tLes courants et le champ électrique variable créent le champ magnétique (courant de déplacement)

Ces équations conduisent à la conservation de la charge : div j + ∂ρ/∂t = 0. Le terme en μ0 ε0 ∂E/∂t, ajouté par Maxwell, est indispensable pour que les équations soient compatibles avec la conservation de la charge et pour prévoir les ondes.

5. Ondes électromagnétiques dans le vide

Dans une région sans charge ni courant, les équations de Maxwell donnent l'équation de d'Alembert ΔE − (1/c²) ∂²E/∂t² = 0, avec c = 1 / √(ε0 μ0) ≈ 3,00 × 108 m/s. Pour une onde plane progressive harmonique se propageant suivant z :

  • l'onde est transversale : E, B et k forment un trièdre direct ;
  • les deux champs sont en phase, et E = c B ;
  • la relation de dispersion est ω = c k, soit λ = c / f ;
  • le vecteur de Poynting S = E ∧ B / μ0 donne la densité de flux d'énergie ; pour une onde plane, sa valeur moyenne est ⟨S⟩ = ½ ε0 c E0².

Le spectre va des ondes radio (λ de l'ordre du mètre ou plus) aux rayons gamma, en passant par micro-ondes, infrarouge, visible (≈ 400 à 750 nm), ultraviolet et rayons X. Une onde polarisée rectilignement a son champ E dans une direction fixe ; la loi de Malus donne l'intensité transmise par un analyseur : I = I0 cos² θ.

Exercice corrigé. Une onde plane de fréquence 100 MHz a un champ E0 = 100 V/m. Sa longueur d'onde est λ = c / f = 3,0 × 108 / 108 = 3,0 m ; B0 = E0 / c = 3,3 × 10−7 T ; l'intensité moyenne est ½ ε0 c E0² = 0,5 × 8,85 × 10−12 × 3,0 × 108 × 104 ≈ 13 W/m².

6. Pièges d'examen

  • Le champ d'un plan infini chargé ne dépend pas de la distance (σ / 2ε0) ; celui d'un fil décroît en 1/r, celui d'une charge ponctuelle en 1/r².
  • Le champ magnétique d'un solénoïde infini est nul à l'extérieur et uniforme à l'intérieur.
  • La force magnétique ne travaille pas, donc ne modifie pas l'énergie cinétique : un champ magnétique seul ne peut pas accélérer une particule.
  • Deux fils parallèles de courants de même sens s'attirent ; de sens contraires, ils se repoussent.
  • Dans une onde plane dans le vide, E et B sont en phase et orthogonaux ; leurs amplitudes vérifient E = cB (pas E = B).

Auto-évaluation

1. Un électron entre à 107 m/s perpendiculairement à un champ de 1 mT. Quel est le rayon de sa trajectoire ?

r = m v / (e B) = 9,11 × 10−31 × 107 / (1,60 × 10−19 × 10−3) ≈ 5,7 × 10−2 m, soit 5,7 cm.

2. Pourquoi le courant de déplacement est-il nécessaire dans les équations de Maxwell ?

Sans lui, la divergence de rot B = μ0 j imposerait div j = 0, ce qui est faux quand la charge varie (condensateur en charge). Le terme μ0 ε0 ∂E/∂t restaure la conservation de la charge et rend possible la propagation d'ondes.

3. Un solénoïde de 1 000 spires par mètre est parcouru par 2 A. Calculer B à l'intérieur.

B = μ0 n I = 4π × 10−7 × 1 000 × 2 ≈ 2,5 × 10−3 T.

Sources

Manuels de licence : Griffiths D. J., Introduction to Electrodynamics ; Purcell E., Morin D., Electricity and Magnetism ; Feynman R., Cours de physique, tomes d'électromagnétisme. Les constantes sont données à trois chiffres.

Soyez le premier à noter ce chapitre

Ce chapitre traite la rubrique « Électrocinétique : circuits et dipôles électriques, électronique analogique » du domaine Physique (10 % du descriptif officiel) : lois générales, régimes transitoire et sinusoïdal, filtres, puis diodes, amplificateur opérationnel et transistor. Les champs électromagnétiques relèvent du chapitre 02.

1. Lois générales des circuits

  • Loi des nœuds : la somme algébrique des courants arrivant à un nœud est nulle (conservation de la charge).
  • Loi des mailles : la somme algébrique des tensions le long d'une maille est nulle.
  • Loi d'Ohm : u = R i (convention récepteur). Puissance reçue : p = u i ; pour une résistance, p = R i² = u² / R (effet Joule).
  • Associations : résistances en série, R = ΣRi ; en parallèle, 1/R = Σ 1/Ri. Pont diviseur de tension : u2 = u R2 / (R1 + R2).

Un générateur de tension réel est modélisé par une source idéale E en série avec une résistance r ; son équivalent est le générateur de courant Icc = E / r en parallèle avec r. Le théorème de Thévenin remplace tout dipôle linéaire vu de deux bornes par un générateur Eth (tension à vide) en série avec Rth (résistance vue, sources indépendantes éteintes) ; Norton est l'équivalent en courant. La puissance transmise à une charge est maximale quand la résistance de charge est égale à la résistance interne (adaptation d'impédance), avec un rendement de 50 %.

Exercice corrigé. Une source de 12 V alimente en série R1 = 2 kΩ puis R2 = 4 kΩ ; on prélève la tension aux bornes de R2. À vide : Eth = 12 × 4 / 6 = 8 V. Résistance de Thévenin (source éteinte) : Rth = 2 // 4 = 8/6 ≈ 1,33 kΩ. Une charge de 1,33 kΩ recevrait la puissance maximale (8² / (4 × 1330) ≈ 12 mW).

2. Régimes transitoires du premier ordre

Pour un circuit RC (constante de temps τ = RC), la charge d'un condensateur initialement déchargé sous un échelon E obéit à uC(t) = E (1 − e−t/τ). Après τ, uC atteint 63 % de E ; après 5τ, 99,3 %. Pour un circuit RL (τ = L / R), l'établissement du courant est i(t) = (E / R)(1 − e−t/τ). Les deux continuités à retenir : la tension aux bornes d'un condensateur et l'intensité dans une bobine sont continues ; la tension d'une bobine et l'intensité dans un condensateur peuvent sauter.

Un circuit RLC série (second ordre) en régime libre obéit à L q̈ + R q̇ + q / C = 0, soit ω0 = 1 / √(LC) et α = R / 2L. Les régimes (pseudo-périodique, critique, apériodique) sont ceux de l'oscillateur mécanique ; la résistance critique est Rc = 2 √(L / C). Le facteur de qualité est Q = (1 / R) √(L / C) = L ω0 / R.

3. Régime sinusoïdal forcé

On associe à toute grandeur sinusoïdale a(t) = A√2 cos(ω t + φ) la grandeur complexe a = A√2 ej(ω t + φ). Les impédances complexes sont : résistance R, bobine j L ω, condensateur 1 / (j C ω). Elles s'associent comme des résistances.

GrandeurExpression
Puissance active (moyenne)P = U I cos φ, en watts ; φ est le déphasage tension-courant
Puissance réactiveQ = U I sin φ, en var
Puissance apparenteS = U I, en voltampères ; S² = P² + Q²
Facteur de puissancecos φ = P / S

Pour un RLC série alimenté par u(t), le courant est maximal à la résonance, quand L ω = 1 / (C ω), soit f0 = 1 / (2π √(LC)) ; l'impédance est alors réelle (Z = R) et le circuit est purement résistif. La bande passante à −3 dB est Δf = f0 / Q. À la résonance, la tension aux bornes du condensateur vaut Q fois la tension d'entrée (surtension).

Exercice corrigé. Un circuit RLC série avec L = 10 mH, C = 1 µF et R = 10 Ω. La fréquence de résonance est f0 = 1 / (2π √(10−2 × 10−6)) = 1 / (2π × 10−4) ≈ 1 592 Hz. Le facteur de qualité est Q = (1 / 10) √(10−2 / 10−6) = 100 / 10 = 10. La bande passante est Δf = 159 Hz, et pour une tension d'entrée de 1 V on mesure 10 V aux bornes du condensateur.

4. Filtres et diagrammes de Bode

Un filtre est caractérisé par sa fonction de transfert H(jω) = us / ue. On trace le gain en décibels GdB = 20 log |H| et la phase en fonction de log ω (diagramme de Bode). La fréquence de coupure à −3 dB est celle où |H| = |H|max / √2.

  • Passe-bas du premier ordre (RC, sortie sur C) : H = 1 / (1 + j ω RC), fc = 1 / (2π RC) ; pente −20 dB/décade au-delà de fc. Il se comporte comme un intégrateur aux hautes fréquences.
  • Passe-haut du premier ordre (CR, sortie sur R) : H = j ω RC / (1 + j ω RC), pente +20 dB/décade en dessous de fc ; il se comporte en dérivateur aux basses fréquences.
  • Passe-bande RLC (sortie sur R) : maximum de gain à f0, largeur Δf = f0 / Q.

Pour RC = 1 kΩ × 1 µF = 1 ms, on trouve τ = 1 ms et fc = 1 / (2π × 10−3) ≈ 159 Hz.

5. Diodes

Une diode à jonction PN laisse passer le courant dans le sens direct quand la tension dépasse un seuil (environ 0,6 à 0,7 V pour le silicium) et le bloque dans le sens inverse. Pour un modèle simple, on distingue la diode idéale (interrupteur commandé par la polarité) et la diode avec tension de seuil. Applications : redressement simple alternance (une diode) ou double alternance (pont de quatre diodes), avec filtrage par condensateur ; diode Zener en polarisation inverse, qui maintient une tension quasi constante (régulation) ; diode électroluminescente.

6. Amplificateur opérationnel

L'amplificateur opérationnel idéal a un gain différentiel infini, des courants d'entrée nuls et une impédance de sortie nulle. En régime linéaire (réaction négative sur l'entrée inverseuse), on a ε = V+ − V− = 0. En régime saturé (pas de réaction, ou réaction positive), la sortie vaut ±Vsat selon le signe de ε.

MontageFonctionRemarque
InverseurVs = − (R2 / R1) VeImpédance d'entrée R1
Non inverseurVs = (1 + R2 / R1) VeGain supérieur ou égal à 1 ; impédance d'entrée très grande
SuiveurVs = VeAdaptateur d'impédance
IntégrateurVs = − (1 / RC) ∫ Ve dtCondensateur dans la boucle de réaction
ComparateurVs = ±VsatFonctionne en saturation (sans réaction négative)

Avec réaction positive (comparateur à hystérésis ou trigger de Schmitt), le basculement se fait à deux seuils différents selon l'état de sortie, ce qui rend la décision insensible au bruit.

7. Transistor bipolaire (notions)

Un transistor NPN possède trois bornes : base, collecteur, émetteur. En régime actif, IC = β IB (β de l'ordre de 100) et la jonction base-émetteur est polarisée en direct (VBE ≈ 0,7 V). Il fonctionne en amplificateur dans la zone active, et en interrupteur entre le blocage (IB = 0, IC = 0) et la saturation (VCE ≈ 0,2 V).

8. Pièges d'examen

  • Dans un circuit RC, la tension du condensateur est continue ; l'intensité ne l'est pas.
  • La fréquence de coupure à −3 dB correspond à |H| / |H|max = 1/√2 ≈ 0,707, pas à 0,5.
  • Le facteur de qualité d'un RLC série est Q = (1/R)√(L/C) ; l'augmentation de R diminue Q.
  • Un amplificateur opérationnel sans réaction négative n'est pas en régime linéaire : ε = 0 n'y est pas applicable.
  • Un facteur de puissance faible n'implique pas un appareil moins consommateur : il implique plus de courant pour la même puissance active.

Auto-évaluation

1. Quelle est la fréquence de coupure d'un filtre RC avec R = 10 kΩ et C = 10 nF ?

RC = 104 × 10−8 = 10−4 s, donc fc = 1 / (2π × 10−4) ≈ 1,59 kHz.

2. Un montage inverseur a R1 = 1 kΩ et R2 = 10 kΩ. Quelle est la tension de sortie pour Ve = 0,5 V ?

Vs = − (10 / 1) × 0,5 = − 5 V, à condition que |Vs| soit inférieure à Vsat (sinon la sortie sature).

3. Pourquoi une tension continue ne traverse-t-elle pas un condensateur en régime permanent ?

Son impédance 1/(jCω) tend vers l'infini quand ω tend vers 0 : en continu, un condensateur est un interrupteur ouvert, une fois sa charge terminée.

Sources

Manuels d'électricité et d'électronique de licence : Horowitz P., Hill W., The Art of Electronics ; Malvino A., Bates D., Electronic Principles ; cours d'électrocinétique de première année universitaire. Les valeurs de seuil de diode et de β sont des ordres de grandeur.

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Ce chapitre traite la rubrique « Optique géométrique, optique ondulatoire, propagation d'ondes » du domaine Physique, la deuxième du descriptif par son poids (16 %). Il regroupe les lois de la réfraction, les systèmes centrés, les interférences et la diffraction, puis les ondes mécaniques (corde, son, effet Doppler). La nature électromagnétique de la lumière est vue au chapitre 02.

1. Optique géométrique : lois fondamentales

Dans un milieu homogène transparent, la lumière se propage en ligne droite à la vitesse v = c / n, où n est l'indice de réfraction (n = 1 pour le vide, ≈ 1,33 pour l'eau, ≈ 1,5 pour le verre ordinaire). Aux interfaces :

  • Réflexion : le rayon réfléchi est dans le plan d'incidence et i' = i.
  • Réfraction (loi de Snell-Descartes) : n1 sin i1 = n2 sin i2.
  • Réflexion totale : possible seulement quand la lumière passe d'un milieu plus réfringent vers un milieu moins réfringent, au-delà de l'angle limite iL = arcsin (n2 / n1). Pour verre-air, iL = arcsin (1/1,5) ≈ 41,8°. C'est le principe de la fibre optique.

Le principe de Fermat (le trajet réel rend stationnaire le chemin optique L = ∫ n dl) redonne ces lois. Un prisme dévie la lumière et la disperse parce que n dépend de la longueur d'onde (loi de Cauchy) : le bleu est plus dévié que le rouge.

2. Systèmes centrés : lentilles minces et miroirs

Une lentille mince convergente (focale f' > 0) donne d'un objet AB une image A'B' avec la relation de conjugaison de Descartes (grandeurs algébriques, origine au centre optique O) : 1 / OA' − 1 / OA = 1 / f' . Le grandissement est γ = A'B' / AB = OA' / OA. La vergence V = 1 / f' s'exprime en dioptries (δ). Pour un objet réel (OA < 0) :

Position de l'objetImageUsage
Au-delà de 2f'Réelle, renversée, réduiteAppareil photo
À 2f'Réelle, renversée, de même taille—
Entre f' et 2f'Réelle, renversée, agrandieProjecteur
Entre O et le foyer objet FVirtuelle, droite, agrandieLoupe

Instruments : la loupe a un grossissement commercial G = 0,25 / f' (f' en mètres, œil à 25 cm). La lunette astronomique afocale a un grossissement G = f'obj / f'oc. Le microscope combine objectif et oculaire. Une lentille divergente (f' < 0) donne d'un objet réel une image virtuelle, droite et réduite. Défauts : aberrations chromatique et sphérique ; l'œil myope se corrige par une lentille divergente, l'œil hypermétrope par une lentille convergente.

Exercice corrigé. Une lentille de focale 10 cm donne l'image d'un objet situé à 30 cm devant elle. OA = − 30 cm ; 1 / OA' = 1 / f' + 1 / OA = 1/10 − 1/30 = 2/30, donc OA' = + 15 cm : image réelle, derrière la lentille. Le grandissement est γ = 15 / (− 30) = − 0,5 : image renversée, deux fois plus petite. Si l'objet est placé à 5 cm, 1 / OA' = 1/10 − 1/5 = − 1/10 soit OA' = − 10 cm, γ = + 2 : image virtuelle, droite, agrandie (usage en loupe).

3. Optique ondulatoire : interférences

La lumière est une onde dont la longueur d'onde dans le vide est λ = c T. Le chemin optique δ = n × (distance parcourue) mesure le retard de phase : Δφ = 2π δ / λ. Deux ondes cohérentes (même fréquence, déphasage constant) se superposent avec une intensité I = I1 + I2 + 2 √(I1 I2) cos Δφ. Il y a interférence constructive pour δ = k λ et destructive pour δ = (k + ½) λ.

Dans le dispositif des fentes d'Young (distance a entre les fentes, écran à la distance D, avec a ≪ D), la différence de marche en un point d'abscisse x est δ = a x / D. Les franges brillantes sont aux abscisses x = k λ D / a, et l'interfrange vaut i = λ D / a. L'interféromètre de Michelson (lame séparatrice, deux miroirs) donne des anneaux ou des franges selon le réglage ; déplacer un miroir de λ/2 fait défiler une frange. Les lames minces (film de savon, couches antireflets) donnent des couleurs d'interférence ; la condition antireflet pour une couche d'épaisseur e et d'indice n est 2 n e = (k + ½) λ.

Exercice corrigé. Fentes d'Young avec λ = 600 nm, a = 1,0 mm, D = 2,0 m : i = 600 × 10−9 × 2 / 10−3 = 1,2 mm. La frange brillante d'ordre 3 est à 3,6 mm de la frange centrale. Si on remplace la lumière par une de 450 nm, l'interfrange passe à 0,9 mm.

4. Diffraction et réseaux

Un obstacle ou une ouverture de dimension voisine de λ étale la lumière : c'est la diffraction. Pour une fente de largeur a éclairée en lumière monochromatique, la figure de diffraction a une tache centrale dont les premiers zéros sont à sin θ = ± λ / a ; sa largeur sur un écran à la distance D est 2 λ D / a. Plus la fente est étroite, plus la figure est large.

Un réseau de pas p (distance entre traits) donne des maxima principaux dans les directions où p (sin θ − sin θ0) = k λ (formule du réseau). Pour une incidence normale : sin θk = k λ / p, avec |sin θ| ≤ 1 donc kmax ≤ p / λ. En lumière blanche, il disperse les couleurs (le bleu est moins dévié que le rouge, à l'inverse du prisme). Le pouvoir de résolution d'un réseau de N traits à l'ordre k est λ / Δλ = k N. Le critère de Rayleigh limite la résolution d'un instrument d'ouverture D à θmin ≈ 1,22 λ / D.

Exercice corrigé. Un réseau de 500 traits par millimètre (p = 2 µm) est éclairé sous incidence normale par λ = 600 nm. À l'ordre 1, sin θ = 0,6 / 2 = 0,3, soit θ ≈ 17,5°. L'ordre maximal est kmax = ⌊p / λ⌋ = ⌊3,33⌋ = 3 (sin θ3 = 0,9).

5. Ondes mécaniques : propagation

Une onde transporte de l'énergie sans transport de matière. Elle est transversale si la perturbation est perpendiculaire à la propagation (corde, ondes électromagnétiques), longitudinale si elle lui est parallèle (son dans un fluide). Une onde progressive sinusoïdale suivant x s'écrit s(x, t) = A cos(ω t − k x + φ) avec k = 2π / λ, ω = 2π f et la célérité v = ω / k = λ f. L'équation de propagation de d'Alembert est ∂²s/∂x² = (1/v²) ∂²s/∂t².

  • Corde tendue (tension T0, masse linéique μ) : v = √(T0 / μ).
  • Son dans un gaz parfait : v = √(γ R T / M) ; dans l'air à 20 °C, v ≈ 343 m/s, et la vitesse augmente avec la température.
  • La vitesse du son est supérieure dans les liquides (≈ 1 500 m/s dans l'eau) et dans les solides (≈ 5 000 m/s dans l'acier).
  • Un milieu est dispersif si la vitesse de phase vφ = ω / k dépend de la fréquence ; la vitesse de groupe est vg = dω / dk.

Ondes stationnaires

La superposition de deux ondes progressives de même fréquence et de sens opposés donne une onde stationnaire : s(x, t) = 2 A cos(k x) cos(ω t), avec des nœuds (amplitude nulle) et des ventres, séparés de λ/2. Pour une corde de longueur L fixée aux deux extrémités, les fréquences propres sont fn = n v / (2L) (n = 1, 2, 3…) ; la fondamentale f1 = v / 2L et les harmoniques sont des multiples entiers. Pour un tuyau ouvert aux deux bouts, la même formule s'applique ; pour un tuyau fermé à un bout, les fréquences sont f = (2n − 1) v / (4L) (harmoniques impairs seulement).

Son et effet Doppler

Le niveau sonore est L = 10 log(I / I0), en décibels, avec I0 = 10−12 W/m² (seuil d'audition à 1 kHz). Doubler l'intensité ajoute 3 dB ; multiplier par 10 ajoute 10 dB. L'effet Doppler modifie la fréquence perçue lorsqu'il y a mouvement relatif entre source et observateur : pour une source mobile à la vitesse vs vers un observateur immobile, f' = f v / (v − vs) (plus aigu) ; pour une source qui s'éloigne, f' = f v / (v + vs) (plus grave).

Exercice corrigé. Une corde de 0,65 m, fixée aux deux bouts, vibre à sa fondamentale de 200 Hz ; sa célérité est v = 2 L f1 = 2 × 0,65 × 200 = 260 m/s. Le troisième harmonique est à 600 Hz. Une ambulance émettant 440 Hz s'approche à 20 m/s (v = 340 m/s) : f' = 440 × 340 / 320 = 467,5 Hz.

6. Pièges d'examen

  • La réflexion totale suppose de passer d'un milieu plus réfringent à un milieu moins réfringent ; le contraire est impossible.
  • L'interfrange d'Young augmente avec λ et D, mais diminue avec l'écartement a des fentes.
  • La figure de diffraction d'une fente s'élargit quand la fente se rétrécit.
  • Le réseau disperse le rouge plus que le bleu ; le prisme fait l'inverse.
  • Une onde stationnaire ne transporte pas d'énergie nette ; ses nœuds sont distants de λ/2.
  • Doubler l'intensité sonore ne double pas le niveau en dB : il augmente de 3 dB.

Auto-évaluation

1. Un rayon passe de l'air à un verre d'indice 1,5 sous incidence 30°. Quel est l'angle de réfraction ?

sin r = sin 30° / 1,5 = 0,333, donc r ≈ 19,5°. Le rayon se rapproche de la normale en entrant dans un milieu plus réfringent.

2. Pourquoi une couche antireflet est-elle efficace pour une seule longueur d'onde ?

La condition d'interférence destructive entre les deux réflexions, 2 n e = (k + ½) λ, ne peut être satisfaite exactement que pour une valeur de λ ; on la choisit au milieu du visible, vers 550 nm, d'où la teinte pourpre résiduelle d'un traitement.

3. Deux sources sonores identiques de 60 dB chacune fonctionnent ensemble. Quel est le niveau total ?

Les intensités s'ajoutent (sources incohérentes) : le niveau augmente de 10 log 2 ≈ 3 dB, soit 63 dB, et non 120 dB.

Sources

Manuels de licence : Hecht E., Optics ; Born M., Wolf E., Principles of Optics ; Pérez J.-P., Optique, fondements et applications ; Crawford F., Waves. Les valeurs d'indice et de vitesse du son sont des ordres de grandeur courants.

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Ce chapitre traite la rubrique « Physique atomique et éléments de physique nucléaire » du domaine Physique (6 % du descriptif officiel) : quantification de l'énergie, spectres atomiques, dualité onde-corpuscule, radioactivité et énergie nucléaire. L'étude de la structure électronique des atomes du point de vue chimique est reprise au chapitre 07.

1. Quantification et dualité onde-corpuscule

La lumière de fréquence f se compose de photons d'énergie E = h f = h c / λ, avec h = 6,626 × 10−34 J·s. Un raccourci pratique : E (eV) = 1 240 / λ (nm). Un photon de 500 nm a donc une énergie de 2,48 eV.

  • Effet photoélectrique : un métal éclairé émet des électrons seulement si f dépasse une fréquence seuil f0, quelle que soit l'intensité. Relation d'Einstein : Ec,max = h f − W, où W = h f0 est le travail d'extraction. L'intensité lumineuse fixe le nombre d'électrons, non leur énergie maximale.
  • Hypothèse de de Broglie : toute particule de quantité de mouvement p a une longueur d'onde λ = h / p. Un électron accéléré sous 100 V (p = √(2 m e U)) a λ ≈ 1,226 / √U nm = 0,12 nm, du même ordre que les distances interatomiques : d'où la diffraction électronique.
  • Principe d'incertitude de Heisenberg : Δx Δp ≥ ħ / 2, avec ħ = h / 2π. Il limite la connaissance simultanée de la position et de la quantité de mouvement.

Exercice corrigé. Le travail d'extraction du sodium est de 2,3 eV. La longueur d'onde seuil est λ0 = 1 240 / 2,3 ≈ 539 nm. Une lumière de 400 nm (3,10 eV) arrache des électrons d'énergie cinétique maximale 3,10 − 2,3 = 0,80 eV. À 600 nm (2,07 eV), aucune émission ne se produit, même avec une lumière très intense.

2. L'atome d'hydrogène et les spectres

Le modèle de Bohr quantifie les niveaux d'énergie de l'atome d'hydrogène (et des hydrogénoïdes de charge Z) : En = − 13,6 Z² / n² eV, avec n entier positif. L'état fondamental (n = 1) a E1 = − 13,6 eV, qui est donc l'énergie d'ionisation. Une transition d'un niveau ni vers nf émet ou absorbe un photon d'énergie |Ei − Ef|, d'où la formule de Rydberg : 1 / λ = RH (1/nf² − 1/ni²), avec RH ≈ 1,097 × 107 m−1.

SérieNiveau final nfDomaine
Lyman1Ultraviolet
Balmer2Visible (et proche UV)
Paschen3Infrarouge

La raie Hα (3 → 2) a pour nombre d'onde RH (1/4 − 1/9) = 1,097 × 107 × 0,1389 = 1,524 × 106 m−1, soit λ ≈ 656 nm (rouge). Le modèle de Bohr est dépassé par la mécanique quantique : les états de l'électron sont décrits par une fonction d'onde Ψ et quatre nombres quantiques (n, ℓ, mℓ, ms), la densité de probabilité de présence étant |Ψ|². Les spectres d'émission (raies brillantes) et d'absorption (raies sombres) d'un élément sont caractéristiques de cet élément ; on les utilise en spectroscopie et en astrophysique. Le laser repose sur l'émission stimulée et l'inversion de population.

3. Le noyau

Le noyau d'un atome AZX comporte Z protons et N = A − Z neutrons (nucléons) ; il a un rayon de l'ordre de 10−15 m (femtomètre), soit R ≈ 1,2 A1/3 fm. Des noyaux de même Z et de A différents sont des isotopes. Sa masse est inférieure à la somme des masses de ses nucléons libres : le défaut de masse Δm donne l'énergie de liaison El = Δm c², avec 1 u = 931,5 MeV/c². L'énergie de liaison par nucléon est maximale (≈ 8,8 MeV) vers le fer-56 et le nickel-62 : c'est pourquoi la fusion de noyaux légers et la fission de noyaux lourds libèrent de l'énergie.

Exercice corrigé. Pour l'hélium 4 (masse atomique 4,002603 u, hydrogène 1,007825 u, neutron 1,008665 u) : Δm = 2 × 1,007825 + 2 × 1,008665 − 4,002603 = 0,030377 u. L'énergie de liaison est El = 0,030377 × 931,5 ≈ 28,3 MeV, soit 7,07 MeV par nucléon. La masse atomique tient compte des électrons, qui s'annulent ici entre les deux membres.

4. Radioactivité

La désintégration d'un noyau instable est un processus aléatoire dont la probabilité par unité de temps λ (constante radioactive) est indépendante du temps et de l'environnement. Le nombre de noyaux suit N(t) = N0 e−λ t. La demi-vie T1/2 = ln 2 / λ est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux a disparu ; la vie moyenne est τ = 1 / λ. L'activité A = λ N = − dN/dt s'exprime en becquerels (1 Bq = une désintégration par seconde).

TypeParticule émiseÉquation générale
αNoyau d'hélium 42HeAZX → A−4Z−2Y + 42He
β−Électron (et antineutrino)AZX → AZ+1Y + e− + ν̄
β+Positon (et neutrino)AZX → AZ−1Y + e+ + ν
γPhoton de haute énergieDésexcitation d'un noyau, sans changement de A ni de Z

Les lois de conservation sont celles de la charge et du nombre de nucléons (lois de Soddy), ainsi que de l'énergie et de la quantité de mouvement. Le rayonnement α est arrêté par une feuille de papier, le β par quelques millimètres d'aluminium, le γ n'est atténué que par des écrans épais de plomb ou de béton. La datation au carbone 14 (T1/2 ≈ 5 730 ans) suppose que le rapport 14C/12C est constant tant que l'organisme est vivant : après deux demi-vies il en reste le quart.

L'énergie libérée dans une réaction nucléaire vaut Q = (Σ minitiales − Σ mfinales) c². La fission de l'uranium 235 par un neutron lent libère environ 200 MeV et des neutrons, qui permettent une réaction en chaîne contrôlée en réacteur (modérateur, barres de contrôle). La fusion deutérium-tritium libère 17,6 MeV et exige des températures de l'ordre de 108 K ; elle alimente les étoiles.

5. Pièges d'examen

  • L'intensité lumineuse n'augmente pas l'énergie des photoélectrons ; seule la fréquence le fait.
  • L'énergie d'un niveau lié de l'hydrogène est négative ; l'énergie d'ionisation est positive (13,6 eV).
  • La demi-vie est constante : il n'y a pas de « vieillissement » d'un noyau radioactif.
  • Après n demi-vies, il reste N0 / 2n, et non N0 (1 − n/2).
  • La fission et la fusion libèrent de l'énergie parce que l'énergie de liaison par nucléon augmente (vers le maximum du fer).
  • Dans une désintégration β−, Z augmente de 1 ; dans une désintégration α, Z diminue de 2 et A de 4.

Auto-évaluation

1. Quelle énergie faut-il pour ioniser un atome d'hydrogène excité au niveau n = 2 ?

E2 = − 13,6 / 4 = − 3,4 eV ; il faut donc 3,4 eV.

2. Un échantillon radioactif a une activité de 800 Bq. Quelle activité reste-t-il après trois demi-vies ?

A = 800 / 23 = 100 Bq.

3. Compléter : 23892U se désintègre par α. Quel est le noyau fils ?

A = 238 − 4 = 234 ; Z = 92 − 2 = 90, soit le thorium 23490Th.

Sources

Manuels de licence : Taylor J., Zafiratos C., Dubson M., Modern Physics for Scientists and Engineers ; Krane K., Introductory Nuclear Physics ; Cohen-Tannoudji C., Diu B., Laloë F., Mécanique quantique. Les constantes sont arrondies ; les masses atomiques proviennent des tables usuelles.

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Ce chapitre traite la rubrique « Thermodynamique » du domaine Physique (6 % du descriptif officiel) : gaz parfait, premier et second principes, entropie et machines thermiques. Les aspects chimiques (enthalpie de réaction, loi de Hess) sont repris au chapitre 09.

1. Systèmes et grandeurs d'état

Un système thermodynamique est ouvert (échange de matière et d'énergie), fermé (échange d'énergie seulement) ou isolé. Ses variables d'état (P, V, T, n) sont liées par une équation d'état. Pour un gaz parfait, P V = n R T, avec R = 8,314 J·mol−1·K−1 ; sous 1 atm (101 325 Pa) et à 0 °C, une mole occupe 22,4 L. Les températures sont exprimées en kelvins : T (K) = θ (°C) + 273,15. L'énergie interne d'un gaz parfait ne dépend que de T : dU = n Cv dT ; l'enthalpie H = U + P V = U + n R T vérifie dH = n Cp dT.

Gaz parfaitCvCpγ = Cp / Cv
Monoatomique (He, Ar)3R/25R/25/3 ≈ 1,67
Diatomique (N2, O2), à température ordinaire5R/27R/27/5 = 1,4

La relation de Mayer Cp − Cv = R (par mole) vaut pour tout gaz parfait. Le modèle microscopique donne l'énergie cinétique moyenne de translation ½ m v² = (3/2) kB T par molécule.

2. Premier principe

Pour un système fermé, l'énergie interne est une fonction d'état et ΔU = W + Q, avec la convention : W et Q positifs quand le système reçoit de l'énergie. Le travail des forces de pression est W = − ∫ Pext dV : il est négatif quand le gaz se dilate. À pression constante, QP = ΔH ; à volume constant, QV = ΔU.

TransformationCaractéristiqueRésultats (gaz parfait, réversible)
IsochoreV constantW = 0 ; Q = ΔU = n Cv ΔT
IsobareP constanteW = − P ΔV ; Q = ΔH = n Cp ΔT
IsothermeT constanteΔU = 0 ; W = − n R T ln (V2 / V1) = − Q
AdiabatiqueQ = 0ΔU = W ; P Vγ = constante ; T Vγ−1 = constante

Exercice corrigé. Une mole de gaz parfait monoatomique à 300 K double son volume. (a) En isotherme réversible : W = − R T ln 2 = − 8,314 × 300 × 0,693 ≈ − 1,73 kJ (le gaz fournit ce travail), Q = + 1,73 kJ, ΔU = 0. (b) En adiabatique réversible : T2 = T1 (V1 / V2)γ−1 = 300 × 2−2/3 ≈ 189 K, soit ΔU = n Cv ΔT = 1,5 × 8,314 × (189 − 300) ≈ − 1,38 kJ = W. Le gaz s'est refroidi.

3. Second principe et entropie

Le premier principe n'explique pas le sens des transformations. Le second principe introduit l'entropie S, fonction d'état extensive : pour tout système, dS = δQ / Text + δScréée, avec Scréée ≥ 0 (égale à zéro seulement pour une transformation réversible). Pour un système isolé, S ne peut qu'augmenter. L'entropie traduit le désordre ou, plus exactement, le nombre de configurations microscopiques accessibles (formule de Boltzmann S = kB ln Ω).

  • Pour un gaz parfait : ΔS = n Cv ln (T2/T1) + n R ln (V2/V1). En détente isotherme d'une mole avec doublement du volume, ΔS = R ln 2 ≈ 5,76 J/K.
  • Pour un changement d'état à température constante T : ΔS = L / T (L, chaleur latente). La fusion d'un kilogramme de glace (L ≈ 334 kJ/kg) à 273 K donne ΔS ≈ 1,22 kJ/K.
  • Une transformation adiabatique réversible est isentropique (ΔS = 0).

Énoncés équivalents du second principe : Clausius (la chaleur ne passe pas spontanément d'un corps froid à un corps chaud) ; Kelvin (aucun moteur cyclique ne peut produire du travail à partir d'une seule source de chaleur).

4. Machines thermiques

Un moteur ditherme reçoit Qc d'une source chaude (Tc) et cède Qf (négatif) à une source froide (Tf) en fournissant le travail W (| W | = Qc + Qf). Son rendement est η = | W | / Qc. Le théorème de Carnot montre que η ≤ 1 − Tf / Tc (températures en kelvins), l'égalité valant pour un cycle réversible. Le cycle de Carnot est formé de deux isothermes et deux adiabatiques réversibles.

Pour un réfrigérateur (ou une pompe à chaleur), on définit le coefficient de performance. Pour un réfrigérateur, COP = Qf / W, au maximum Tf / (Tc − Tf) ; pour une pompe à chaleur, COP = | Qc | / W, au maximum Tc / (Tc − Tf). Le COP d'une pompe à chaleur est supérieur à 1 : elle déplace la chaleur au lieu de la créer. Le cycle d'Otto (moteur à essence : deux adiabatiques, deux isochores) a un rendement 1 − 1 / rγ−1, r étant le taux de compression.

Exercice corrigé. Un moteur fonctionne entre une source chaude à 600 K et une source froide à 300 K, et reçoit 1 000 J par cycle. Le rendement maximal de Carnot est 1 − 300 / 600 = 50 %, soit un travail maximal de 500 J. Si son rendement réel est de 30 %, il fournit 300 J et cède 700 J à la source froide ; l'entropie créée par cycle est 700 / 300 − 1 000 / 600 = 2,33 − 1,67 ≈ 0,67 J/K (positive).

5. Changements d'état, transferts thermiques

La chaleur nécessaire pour porter une masse m d'une substance de capacité thermique massique c d'une température T1 à T2 est Q = m c (T2 − T1) ; pour l'eau liquide, c ≈ 4,18 kJ·kg−1·K−1. Pendant un changement d'état à pression donnée, la température reste constante : Q = m L. Les trois modes de transfert thermique sont la conduction (loi de Fourier : j = − λ grad T), la convection (transport par un fluide en mouvement) et le rayonnement (le corps noir émet un flux σ T4 par unité de surface, avec σ ≈ 5,67 × 10−8 W·m−2·K−4).

6. Pièges d'examen

  • Les températures de la formule de Carnot sont en kelvins ; l'emploi des degrés Celsius est une erreur fréquente.
  • Chaleur et travail ne sont pas des fonctions d'état ; U, H, S le sont.
  • En détente isotherme d'un gaz parfait, ΔU = 0 mais Q ≠ 0 : la chaleur reçue est intégralement convertie en travail fourni.
  • La chaleur reçue à pression constante est ΔH, pas ΔU.
  • L'entropie d'un système (non isolé) peut diminuer ; c'est l'entropie de l'ensemble « système + extérieur » qui ne peut que croître.
  • Un adiabatique n'est pas un isotherme : T change.

Auto-évaluation

1. Quel volume occupent 2 mol de gaz parfait à 300 K sous 1 bar ?

V = n R T / P = 2 × 8,314 × 300 / 105 = 4,99 × 10−2 m³ ≈ 50 L.

2. Quelle chaleur faut-il pour chauffer, à pression constante, 1 mol de gaz diatomique de 20 K ?

Q = n Cp ΔT = 1 × (7/2) × 8,314 × 20 ≈ 582 J.

3. Un inventeur annonce un moteur fonctionnant entre 300 K et 600 K avec un rendement de 60 %. Est-ce possible ?

Non : le rendement maximal est 1 − 300/600 = 50 %. Une valeur de 60 % violerait le second principe.

Sources

Manuels de licence : Atkins P., de Paula J., Physical Chemistry (parties de thermodynamique) ; Callen H., Thermodynamics ; Diu B. et al., Thermodynamique ; Pérez J.-P., Thermodynamique, fondements et applications. Les valeurs sont données avec trois chiffres significatifs.

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Chimie (33 %)

Ce chapitre traite la rubrique « Atomistique, liaisons chimiques, cristallochimie » du domaine Chimie (8 % du descriptif officiel) : configuration électronique, classification périodique, structure des molécules, liaisons intermoléculaires, puis réseaux cristallins. Les quanta et les spectres, qui fondent la structure électronique, sont abordés au chapitre 05.

1. Structure électronique des atomes

L'état d'un électron est caractérisé par quatre nombres quantiques : n (principal, 1, 2, 3…), ℓ (secondaire, de 0 à n − 1 : s, p, d, f), mℓ (de − ℓ à + ℓ) et ms (± ½). Trois règles régissent le remplissage :

  • Principe de Pauli : deux électrons d'un même atome ne peuvent pas avoir les quatre mêmes nombres quantiques ; une orbitale contient donc au plus 2 électrons, de spins opposés.
  • Règle de Klechkowski : on remplit les sous-couches par (n + ℓ) croissant, et, à égalité, par n croissant : 1s 2s 2p 3s 3p 4s 3d 4p 5s 4d 5p 6s…
  • Règle de Hund : dans des orbitales de même énergie, on place d'abord un électron par orbitale, avec des spins parallèles.

Exemples : Fe (Z = 26) : [Ar] 3d6 4s2. Deux exceptions classiques à la règle : Cr (Z = 24) : [Ar] 3d5 4s1 et Cu (Z = 29) : [Ar] 3d10 4s1 (stabilité des sous-couches à moitié ou entièrement remplies). Pour un cation de métal de transition, on enlève d'abord les électrons 4s : Fe2+ = [Ar] 3d6. Les électrons de la couche de valence expliquent la réactivité ; ceux des couches internes sont des électrons de cœur.

2. Classification périodique et propriétés

Les éléments sont classés par numéro atomique Z croissant. Les périodes (lignes) correspondent à la valeur de n de la couche de valence, les groupes (colonnes) à une même configuration de valence. Les blocs s, p, d et f correspondent à la sous-couche en cours de remplissage.

PropriétéLe long d'une période (de gauche à droite)Le long d'un groupe (de haut en bas)
Rayon atomiqueDiminue (charge nucléaire effective croissante)Augmente (couche de plus en plus éloignée)
Énergie d'ionisationAugmente (avec des petites inversions, p. ex. Be–B, N–O)Diminue
ÉlectronégativitéAugmenteDiminue
Affinité électroniquePlus négative (plus exothermique) en généralMoins exothermique en général

L'électronégativité (échelle de Pauling) est maximale pour le fluor (≈ 4,0), puis l'oxygène (≈ 3,5), l'azote et le chlore (≈ 3,0). Un cation est plus petit que l'atome neutre, un anion plus grand.

3. Liaison covalente : Lewis, VSEPR, hybridation

La liaison covalente résulte de la mise en commun d'une paire d'électrons. La représentation de Lewis respecte la règle de l'octet (duet pour H), avec des exceptions (BF3 lacunaire, PCl5 et SF6 hypervalents). La théorie VSEPR (répulsion des paires électroniques de la couche de valence) prédit la géométrie d'après le nombre de doublets liants (X) et non liants (E) autour de l'atome central A :

TypeGéométrieExempleAngle
AX2LinéaireCO2180°
AX3Triangulaire planeBF3120°
AX2ECoudéeSO2≈ 119°
AX4TétraédriqueCH4109,5°
AX3EPyramide trigonaleNH3≈ 107°
AX2E2CoudéeH2O≈ 104,5°
AX5Bipyramide trigonalePCl590° et 120°
AX6OctaédriqueSF690°

Les doublets non liants repoussent davantage que les liants, ce qui réduit les angles (109,5° → 107° → 104,5°). L'hybridation décrit la géométrie par mélange d'orbitales : sp3 (tétraédrique, 109,5°), sp2 (plan, 120°, une liaison π possible) et sp (linéaire, 180°, deux liaisons π possibles). Une liaison double comprend une liaison σ et une π ; une triple, une σ et deux π.

Une liaison est polarisée quand les deux atomes diffèrent par leur électronégativité. Le moment dipolaire d'une molécule est la somme vectorielle des moments de liaison ; CO2 (linéaire) et CCl4 (tétraédrique) sont apolaires malgré leurs liaisons polaires, tandis que H2O et NH3 sont polaires.

Théorie des orbitales moléculaires (OM)

La combinaison de deux orbitales atomiques donne une OM liante (plus basse) et une antiliante (plus haute). L'ordre de liaison est (nliants − nantiliants) / 2. Pour N2 il vaut 3 ; pour O2 il vaut 2, mais deux électrons célibataires occupent des OM π* dégénérées, d'où le paramagnétisme du dioxygène. Pour O2+ l'ordre est 2,5 et pour O2− il est 1,5.

4. Interactions intermoléculaires

  • Liaison hydrogène : H lié à F, O ou N, attiré par un doublet non liant d'un autre F, O ou N (énergie ≈ 10 à 40 kJ/mol). Elle explique la température d'ébullition anormalement élevée de l'eau, du fluorure d'hydrogène et de l'ammoniac, et la structure de la glace (moins dense que l'eau liquide).
  • Forces de van der Waals : Keesom (dipôle-dipôle), Debye (dipôle-dipôle induit), London (dipôles instantanés ; la seule entre molécules apolaires, d'autant plus forte que la molécule est grosse et polarisable).

Les liaisons ionique (grande différence d'électronégativité, par exemple NaCl) et métallique (électrons délocalisés) complètent la typologie ; leur énergie dépasse largement celle des interactions intermoléculaires.

5. Cristallochimie

Un cristal est un empilement périodique d'atomes, d'ions ou de molécules, décrit par une maille élémentaire. Pour une maille cubique d'arête a, on compte les atomes en tenant compte du partage : sommet (1/8), arête (1/4), face (1/2), intérieur (1).

Réseau cubiqueAtomes par mailleContactCoordinenceCompacité
Cubique simple (cs)1Arête : a = 2r60,52
Cubique centré (cc)2Diagonale du cube : a√3 = 4r80,68
Cubique à faces centrées (cfc)4Diagonale d'une face : a√2 = 4r120,74

L'empilement hexagonal compact (hc) a la même compacité (0,74) et la même coordinence (12) que le cfc. Dans le cfc, les sites interstitiels sont octaédriques (4 par maille) et tétraédriques (8 par maille). La masse volumique d'un cristal est ρ = Z M / (NA a³), où Z est le nombre de motifs par maille.

Exercice corrigé. Le cuivre cristallise en cfc, avec a = 361 pm et M = 63,55 g/mol. Le rayon atomique est r = a √2 / 4 = 127,6 pm. La masse volumique est ρ = 4 × 63,55 / (6,022 × 1023 × (3,61 × 10−8 cm)3) = 254,2 / 28,33 ≈ 8,97 g/cm³, en accord avec la valeur expérimentale (8,96).

Cristaux ioniques

  • NaCl : réseau cfc d'ions Cl−, ions Na+ dans tous les sites octaédriques ; 4 motifs NaCl par maille ; coordinence 6-6.
  • CsCl : cubique simple d'ions Cl− avec Cs+ au centre ; 1 motif par maille ; coordinence 8-8.
  • ZnS blende : cfc de S2−, Zn2+ dans la moitié des sites tétraédriques (4 sur 8) ; 4 motifs par maille ; coordinence 4-4.

La stabilité de la structure dépend du rapport des rayons ioniques r+ / r−, qui fixe la coordinence compatible avec le contact cation-anion.

6. Pièges d'examen

  • Pour la configuration d'un cation de métal de transition, on retire d'abord les électrons 4s (n le plus grand), non les 3d.
  • Le moment dipolaire est une somme vectorielle : une molécule peut être apolaire avec des liaisons polaires.
  • La liaison hydrogène est une interaction intermoléculaire (ou intramoléculaire) et non une liaison covalente ; elle est bien plus faible.
  • Dans le cfc, la tangence a lieu le long de la diagonale de la face (a√2 = 4r), pas le long de l'arête.
  • L'ordre de liaison de O2 est 2, mais la molécule est paramagnétique ; Lewis ne rend pas compte de cette propriété.

Auto-évaluation

1. Donner la géométrie de NH3 et de H2O et expliquer la valeur des angles.

NH3 est de type AX3E (pyramide trigonale, ≈ 107°), H2O de type AX2E2 (coudée, ≈ 104,5°). Les doublets non liants occupent plus de place que les liants et resserrent les angles par rapport au tétraèdre idéal (109,5°).

2. Calculer le nombre d'atomes par maille et la compacité du fer α (cubique centré).

Z = 8 × 1/8 + 1 = 2. Contact selon la grande diagonale : a√3 = 4r. Compacité = 2 × (4/3)π r³ / a³ = π√3 / 8 ≈ 0,68.

3. Pourquoi O2 est-il paramagnétique ?

Dans le diagramme d'OM, les deux derniers électrons occupent séparément deux OM π* de même énergie, avec des spins parallèles (règle de Hund) : il y a deux électrons célibataires.

Sources

Manuels de licence : Atkins P., Jones L., Chemical Principles ; Shriver D., Atkins P., Inorganic Chemistry ; Housecroft C., Sharpe A., Inorganic Chemistry ; Gillespie R., Hargittai I., The VSEPR Model of Molecular Geometry. Les angles sont des valeurs expérimentales usuelles ; les compacités sont calculées.

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Ce chapitre traite la rubrique « Chimie des solutions, électrochimie » du domaine Chimie (12 % du descriptif officiel, premier poste de cette moitié de l'épreuve) : équilibres acido-basiques, solubilité, complexation, puis oxydoréduction, piles et électrolyse. Sauf indication contraire, on travaille à 25 °C en solution diluée (activités assimilées aux concentrations).

1. Équilibres acido-basiques

Selon Brønsted, un acide cède un proton et une base en capte un. Le pH est défini par pH = − log [H3O+]. L'autoprotolyse de l'eau donne Ke = [H3O+][HO−] = 10−14 à 25 °C (pH + pOH = 14). Pour un couple HA / A−, Ka = [A−][H3O+] / [HA], pKa = − log Ka ; pour le couple conjugué, Ka × Kb = Ke. Plus Ka est grand, plus l'acide est fort.

SituationFormule de pHCondition
Acide fort (C)pH = − log CC ≥ 10−6 mol/L environ
Base forte (C)pH = 14 + log Cidem
Acide faible (C)pH = ½ (pKa − log C)acide peu dissocié et pH inférieur à 6,5
Base faible (C)pH = 7 + ½ (pKa + log C)base peu protonée
Mélange HA et A−pH = pKa + log ([A−] / [HA])relation d'Henderson-Hasselbalch

Une solution tampon contient un acide faible et sa base conjuguée en quantités comparables : son pH varie peu par ajout modéré d'acide ou de base ou par dilution ; son pouvoir tampon est maximal pour pH = pKa (domaine d'utilisation pKa ± 1). Les espèces prédominantes se déterminent par comparaison du pH au pKa : si pH < pKa, l'acide HA prédomine ; si pH > pKa, c'est la base A−. Pour un polyacide, par exemple H3PO4 (pKa = 2,1 ; 7,2 ; 12,3), on étudie chaque couple successivement.

Dosages acido-basiques

À l'équivalence, les réactifs sont dans les proportions stœchiométriques : nacide = nbase versée. Le pH à l'équivalence dépend de la nature de l'espèce formée :

  • acide fort par base forte : pH = 7 ;
  • acide faible par base forte : pH > 7 (la base conjuguée de l'acide faible est présente) ;
  • base faible par acide fort : pH < 7.

À la demi-équivalence d'un acide faible par une base forte, [HA] = [A−] donc pH = pKa : c'est la méthode de détermination du pKa. Un indicateur coloré convient si sa zone de virage contient le pH d'équivalence.

Exercice corrigé. Une solution d'acide éthanoïque (pKa = 4,76) à 0,10 mol/L a pour pH = ½ (4,76 + 1) = 2,88. On dose 20 mL de cette solution par de la soude à 0,10 mol/L : le volume équivalent est 20 mL ; à 10 mL, pH = pKa = 4,76 ; à l'équivalence, il reste de l'éthanoate de concentration 0,05 mol/L, base faible : pH = 7 + ½ (4,76 + log 0,05) = 7 + ½ (4,76 − 1,30) = 8,73 ; au-delà, c'est l'excès de soude qui impose le pH. Un tampon éthanoïque contenant 0,10 mol/L d'acide et 0,10 mol/L d'éthanoate a pH = 4,76 ; avec un rapport base/acide de 10, pH = 5,76.

2. Équilibres de solubilité et de complexation

Pour un solide peu soluble, AmBn(s) ⇌ m An+ + n Bm−, le produit de solubilité est Ks = [An+]m [Bm−]n à saturation. La précipitation a lieu quand le produit ionique dépasse Ks. Pour AgCl (Ks = 1,8 × 10−10), la solubilité dans l'eau pure est s = √Ks = 1,3 × 10−5 mol/L ; en présence de 0,10 mol/L de chlorure, elle tombe à s = Ks / 0,10 = 1,8 × 10−9 mol/L : c'est l'effet d'ion commun. La solubilité d'un hydroxyde ou d'un sel d'acide faible augmente en milieu acide.

La complexation est régie par la constante de formation β (ou de dissociation Kd = 1/β). Exemple : Ag+ + 2 NH3 ⇌ [Ag(NH3)2]+ avec β2 de l'ordre de 107. Le précipité d'AgCl se redissout dans l'ammoniac concentré par formation de ce complexe. L'EDTA (ligand hexadenté) sert aux dosages complexométriques de la dureté de l'eau (Ca2+ et Mg2+).

3. Oxydoréduction

Une oxydation est une perte d'électrons et une réduction un gain. Un oxydant est réduit, un réducteur est oxydé. Le nombre d'oxydation (n.o.) permet de suivre les transferts : il vaut 0 pour un corps simple, la charge pour un ion monoatomique, −II pour O (sauf dans les peroxydes) et +I pour H (sauf dans les hydrures) ; la somme des n.o. d'une molécule neutre est nulle. Exemple : Mn est à +VII dans MnO4−. On équilibre une demi-équation en milieu acide en ajustant, dans l'ordre, l'élément, O avec H2O, H avec H+, puis la charge avec e− : MnO4− + 8 H+ + 5 e− = Mn2+ + 4 H2O.

Potentiel d'électrode et formule de Nernst

Le potentiel d'un couple Ox / Red (demi-équation Ox + n e− = Red) est E = E° + (0,059 / n) log ([Ox] / [Red]) à 25 °C (E = E° + (RT / nF) ln Q en général), les potentiels étant mesurés par rapport à l'électrode standard à hydrogène. Pour une pile, la f.é.m. est Ecathode − Eanode ; la réduction a lieu à la cathode (pôle +), l'oxydation à l'anode (pôle −). L'enthalpie libre de réaction est ΔG = − n F E, avec F = 96 485 C/mol, et la constante d'équilibre vérifie log K = n ΔE° / 0,059.

CoupleE° (V)
Zn2+ / Zn− 0,76
Fe2+ / Fe− 0,44
H+ / H20,00
Cu2+ / Cu+ 0,34
Ag+ / Ag+ 0,80
MnO4− / Mn2+ (milieu acide)+ 1,51

L'oxydant d'un couple de potentiel élevé réagit avec le réducteur d'un couple de potentiel plus bas (règle du gamma). La pile Daniell (Zn | Zn2+ || Cu2+ | Cu) a pour f.é.m. standard 0,34 − (−0,76) = 1,10 V.

Exercice corrigé. Pour la pile Daniell standard : ΔG° = − n F E° = − 2 × 96 485 × 1,10 ≈ − 212 kJ/mol et log K = 2 × 1,10 / 0,059 ≈ 37,3, soit K ≈ 2 × 1037 : la réaction Zn + Cu2+ → Zn2+ + Cu est quasi totale. Si [Cu2+] = 0,010 mol/L, le potentiel de Cu2+/Cu devient 0,34 + (0,059 / 2) log 0,010 = 0,34 − 0,059 = 0,281 V.

4. Électrolyse et corrosion

Dans une électrolyse, on impose une tension supérieure à la f.é.m. de la pile correspondante pour forcer la réaction inverse. L'anode est le pôle + (oxydation) et la cathode le pôle − (réduction), à l'inverse de la pile. La loi de Faraday relie la quantité de matière transformée à la charge : n = I t / (ne F), soit une masse m = M I t / (ne F). Exemple : un courant de 2,0 A pendant 965 s dépose, sur la cathode, une charge de 1 930 C, soit 0,020 mol d'électrons, donc 0,010 mol de cuivre (Cu2+ + 2 e− → Cu), soit 0,64 g. Applications : galvanoplastie, affinage du cuivre, production d'aluminium et de chlore.

La corrosion du fer est une réaction d'oxydoréduction qui exige de l'eau et du dioxygène. On la limite par un revêtement (peinture, zingage), par une anode sacrificielle (zinc ou magnésium, de potentiel plus bas) ou par une protection cathodique par courant imposé. Les piles du commerce (salines, alcalines) sont des piles non rechargeables ; les accumulateurs (plomb, lithium-ion) se rechargent par électrolyse. La pile à combustible consomme H2 et O2 pour produire de l'eau et de l'électricité.

5. Pièges d'examen

  • Pour un acide faible, la formule pH = ½ (pKa − log C) exige un acide peu dissocié ; elle ne s'applique pas aux acides forts.
  • Le pH à l'équivalence d'un dosage d'acide faible par une base forte est supérieur à 7.
  • La solubilité s et le produit de solubilité Ks ne sont pas comparables entre sels de formules différentes (AgCl et Ag2CrO4).
  • Pile : l'anode est le pôle négatif ; électrolyse : l'anode est le pôle positif. Dans les deux cas, l'oxydation a lieu à l'anode.
  • Dans la formule de Nernst, le terme 0,059 est divisé par le nombre d'électrons n de la demi-équation écrite.
  • Les solides et le solvant n'apparaissent pas dans les expressions de Q et de K.

Auto-évaluation

1. Calculer le pH d'une solution d'ammoniac (pKa NH4+/NH3 = 9,25) à 0,10 mol/L.

Base faible : pH = 7 + ½ (pKa + log C) = 7 + ½ (9,25 − 1) = 7 + 4,13 = 11,13. Le pH est environ 11,1 (solution basique).

2. Pourquoi une solution d'acide faible de pKa 4,8 ne peut-elle pas tamponner à pH 9 ?

À pH 9, [A−]/[HA] = 109−4,8 ≈ 1,6 × 104 : l'acide est presque totalement sous forme A−, donc il n'y a plus de réserve d'acide pour neutraliser une base. Un tampon est efficace à pKa ± 1.

3. Quelle masse de zinc se dépose en passant 5,0 A pendant 30 min dans une solution de Zn2+ (M = 65,4 g/mol) ?

Q = 5,0 × 1 800 = 9 000 C, soit 0,0933 mol d'électrons ; n(Zn) = 0,0466 mol ; m = 0,0466 × 65,4 ≈ 3,05 g, en supposant un rendement faradique de 100 %.

Sources

Manuels de licence : Atkins P., de Paula J., Physical Chemistry ; Skoog D. et al., Fundamentals of Analytical Chemistry ; Harris D., Quantitative Chemical Analysis ; Bard A., Faulkner L., Electrochemical Methods. Les potentiels standard sont les valeurs usuelles arrondies à 0,01 V.

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Ce chapitre traite la rubrique « Thermochimie » du domaine Chimie (3 % du descriptif officiel). Il applique les principes de la thermodynamique (chapitre 06) aux réactions chimiques : enthalpie, loi de Hess, enthalpie libre, spontanéité et constante d'équilibre.

1. Grandeurs de réaction

Pour une réaction νA A + νB B → νC C + νD D, la grandeur de réaction ΔrX est la variation de la grandeur X par mole d'avancement. La variation d'enthalpie standard de réaction ΔrH° est la chaleur échangée à pression constante, dans l'état standard (P° = 1 bar). Une réaction est exothermique si ΔrH° < 0 (la chaleur est cédée au milieu), endothermique si ΔrH° > 0. À volume constant, QV = ΔrU ; on a ΔrH = ΔrU + Δνgaz R T.

L'enthalpie standard de formation ΔfH° d'un composé est celle de sa formation à partir des corps simples dans leur état de référence ; elle est nulle pour un corps simple de référence (O2(g), C(graphite), H2(g)…). La loi de Hess exprime que H est une fonction d'état : ΔrH° = Σ νi ΔfH°(produits) − Σ νj ΔfH°(réactifs). Elle permet aussi de combiner des réactions (si l'on inverse une réaction, on change le signe ; si l'on la multiplie, on multiplie ΔrH°). Une estimation par énergies de liaison : ΔrH ≈ Σ E(liaisons rompues) − Σ E(liaisons formées).

Exercice corrigé. Combustion du méthane : CH4(g) + 2 O2(g) → CO2(g) + 2 H2O(l). Avec ΔfH°(CH4) = − 74,8, ΔfH°(CO2) = − 393,5 et ΔfH°(H2O, l) = − 285,8 kJ/mol : ΔrH° = (− 393,5) + 2 (− 285,8) − (− 74,8) = − 890,3 kJ/mol. La réaction est fortement exothermique ; brûler 8,0 g de méthane (0,50 mol) libère 445 kJ.

2. Dépendance en température et calorimétrie

La loi de Kirchhoff donne la dépendance de ΔrH avec T : d(ΔrH°)/dT = ΔrCp°. Elle est nulle si la somme des capacités thermiques des produits égale celle des réactifs. En calorimétrie, on mesure la chaleur échangée à partir de l'élévation de température : Q = (m c + Ccal) ΔT, où Ccal est la capacité thermique du calorimètre (valeur en eau). Pour déterminer Ccal, on y mélange une masse connue d'eau chaude et d'eau froide ; les pertes se calculent par bilan : Σ Q = 0.

3. Enthalpie libre et spontanéité

Le critère d'évolution spontanée pour un système à T et P constantes est ΔrG < 0 ; à l'équilibre, ΔrG = 0. L'enthalpie libre G = H − T S vérifie :

  • ΔrG° = ΔrH° − T ΔrS° ;
  • ΔrG = ΔrG° + R T ln Q, avec Q le quotient de réaction ;
  • ΔrG° = − R T ln K° : à 298 K, K° = 10 correspond à ΔrG° ≈ − 5,7 kJ/mol, et ΔrG° = − 40 kJ/mol à K° ≈ 107.
ΔrH°ΔrS°Conclusion
< 0> 0Spontanée à toute température
> 0< 0Non spontanée à aucune température
< 0< 0Spontanée aux basses températures (T < ΔrH° / ΔrS°)
> 0> 0Spontanée aux hautes températures (T > ΔrH° / ΔrS°)

Pour la synthèse de l'ammoniac, N2 + 3 H2 → 2 NH3, ΔrH° = − 92 kJ/mol et ΔrS° = − 199 J·K−1·mol−1 ; ΔrG°(298 K) = − 92 + 298 × 0,199 = − 32,7 kJ/mol, favorable. La température d'inversion est T = ΔrH° / ΔrS° = 92 000 / 199 ≈ 462 K : au-delà, l'équilibre n'est plus en faveur de l'ammoniac, d'où le compromis industriel (température élevée pour la vitesse, pression élevée pour l'équilibre).

4. Déplacement d'équilibre

Le quotient de réaction Q est comparé à K° : si Q < K°, la réaction évolue dans le sens direct ; si Q > K°, dans le sens inverse. La loi de van't Hoff, d ln K° / dT = ΔrH° / (R T²), indique qu'une élévation de T favorise le sens endothermique. Le principe de modération de Le Chatelier prévoit qualitativement l'effet d'une perturbation :

  • élever la température déplace l'équilibre dans le sens endothermique ;
  • augmenter la pression totale (à T constante) déplace l'équilibre vers le côté où la quantité de matière gazeuse est la plus faible ;
  • ajouter un réactif déplace l'équilibre vers les produits, et retirer un produit aussi ;
  • un catalyseur ne modifie ni K° ni la composition à l'équilibre : il accélère seulement l'accès à l'équilibre ;
  • l'ajout d'un gaz inerte à volume et température constants ne déplace pas l'équilibre.

Exercice corrigé. Estérification équimolaire d'un acide et d'un alcool (1 mol de chaque), avec K° = 4. À l'équilibre, x²/(1 − x)² = 4, donc x / (1 − x) = 2 et x = 2/3 : le rendement est de 67 %. Avec un excès d'alcool (2 mol d'alcool pour 1 mol d'acide), x (x) / ((1 − x)(2 − x)) = 4, soit 3x² − 12x + 8 = 0, d'où x ≈ 0,85 : l'excès d'un réactif améliore le rendement.

5. Pièges d'examen

  • ΔrH° < 0 ne garantit pas la spontanéité : il faut le signe de ΔrG.
  • ΔrG° (avec le degré) renseigne sur K° ; c'est ΔrG (sans le degré) qui donne le sens d'évolution pour une composition donnée.
  • Un catalyseur n'augmente jamais le rendement à l'équilibre.
  • L'enthalpie de formation d'un corps simple dans son état de référence est nulle, mais pas celle de O3 ou du diamant.
  • La température dans R T ln K doit être en kelvins ; les kJ doivent être convertis en J avec R = 8,314 J·mol−1·K−1.

Auto-évaluation

1. Une réaction a ΔrH° = + 40 kJ/mol et ΔrS° = + 100 J/(K·mol). À partir de quelle température est-elle spontanée ?

ΔrG° = 40 000 − 100 T < 0 donne T > 400 K.

2. On élève la température d'un équilibre exothermique. Comment évolue K° ?

K° diminue (van't Hoff : ΔrH° < 0), l'équilibre se déplace dans le sens endothermique (inverse).

3. Pour N2O4(g) ⇌ 2 NO2(g), quel est l'effet d'une augmentation de pression à T constante ?

La quantité de gaz est plus faible à gauche (1 mol contre 2) : l'équilibre se déplace vers N2O4, la forme dimère.

Sources

Manuels de licence : Atkins P., de Paula J., Physical Chemistry ; Silbey R., Alberty R., Bawendi M., Physical Chemistry ; tables thermodynamiques usuelles (CRC Handbook of Chemistry and Physics). Les valeurs de ΔfH° sont celles de la littérature, arrondies.

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Ce chapitre traite la rubrique « Chimie organique » du domaine Chimie (7 % du descriptif officiel) : nomenclature, isomérie et stéréochimie, effets électroniques, mécanismes de substitution, d'élimination et d'addition, aromaticité, groupes carbonyle, acides carboxyliques et dérivés, et un aperçu de la spectroscopie. Le niveau visé est celui d'un premier cycle universitaire.

1. Structure et nomenclature

Les composés organiques sont formés de chaînes carbonées portant des groupes caractéristiques. Le nom d'après l'IUPAC se construit avec la chaîne principale (la plus longue contenant le groupe prioritaire), les préfixes et les suffixes : méth-, éth-, prop-, but-, pent-, hex-… et -ane, -ène, -yne.

FamilleGroupeSuffixeExemple
Acide carboxylique–COOHacide …oïqueacide éthanoïque
Ester–COO–R…oate de …yleéthanoate d'éthyle
Amide–CONH2…amideéthanamide
Aldéhyde–CHO…aléthanal
Cétone> C = O…onepropanone
Alcool–OH…olpropan-2-ol
Amine–NH2…amineéthanamine

Pour un hydrocarbure CnHm (éventuellement avec N, O, halogènes), le degré d'insaturation (nombre de cycles + liaisons π) est (2n + 2 + N − H − X) / 2. Pour C6H6, (14 − 6) / 2 = 4 (un cycle et trois doubles liaisons).

2. Isomérie et stéréochimie

Des isomères ont la même formule brute. On distingue les isomères de constitution (enchaînement différent : chaîne, position, fonction) et les stéréoisomères (même enchaînement, disposition spatiale différente).

  • Conformations : isomérie par rotation autour de liaisons simples (éclipsée ou décalée pour l'éthane ; chaise ou bateau pour le cyclohexane, la chaise étant plus stable).
  • Isomérie Z/E autour d'une double liaison : on compare, sur chaque carbone, les substituants par les règles de priorité de Cahn-Ingold-Prelog (numéro atomique décroissant) ; Z si les groupes prioritaires sont du même côté.
  • Chiralité : une molécule est chirale si elle n'est pas superposable à son image dans un miroir ; elle possède souvent un carbone asymétrique (quatre substituants différents). Les deux énantiomères ont des propriétés physiques identiques sauf le sens de rotation du plan de polarisation (pouvoir rotatoire opposé) et leurs interactions avec d'autres molécules chirales. Un mélange équimolaire est un racémique (inactif).
  • Configuration absolue R/S : on classe les substituants par priorité CIP, on place le plus petit (4) à l'arrière, et on lit 1 → 2 → 3 : sens horaire = R, antihoraire = S.
  • Diastéréoisomères : stéréoisomères qui ne sont pas énantiomères (isomères Z/E, ou molécules à plusieurs centres stéréogènes dont certains seulement diffèrent). Avec n carbones asymétriques, il y a au maximum 2n stéréoisomères ; une forme méso (achirale malgré ses centres) en diminue le nombre (acide tartrique : 3 stéréoisomères, non 4).

3. Effets électroniques et acidité

L'effet inductif est la polarisation d'une liaison σ par un atome électronégatif (−I : halogènes, O, N, NO2 ; +I : groupes alkyle). L'effet mésomère est la délocalisation d'électrons π ou de doublets non liants (−M : C=O, NO2, CN ; +M : OH, OR, NH2, halogènes). Ces effets expliquent la force des acides et des bases : l'acide éthanoïque (pKa 4,76) est plus fort que l'éthanol (≈ 16) parce que l'anion éthanoate est stabilisé par résonance ; l'acide trichloroéthanoïque (pKa ≈ 0,7) est bien plus fort que l'acide éthanoïque par effet inductif attracteur des trois chlores ; les amines aliphatiques sont plus basiques que l'aniline, dont le doublet est délocalisé dans le cycle.

4. Substitutions nucléophiles et éliminations

Pour un dérivé halogéné R–X, deux mécanismes de substitution nucléophile sont possibles :

CritèreSN2SN1
CinétiqueOrdre 2 : v = k [RX][Nu]Ordre 1 : v = k [RX]
MécanismeUne étape, attaque en face arrièreDeux étapes, carbocation intermédiaire
StéréochimieInversion de configuration (Walden)Racémisation (en général)
Substrat favorableMéthyle, primaire (peu encombré)Tertiaire (carbocation stable), benzylique, allylique
Solvant favorableAprotique polaire (DMF, DMSO, acétone)Protique polaire (eau, alcool)

Les éliminations sont en compétition avec les substitutions. E2 (une étape, base forte, ordre 2) exige une disposition anti-coplanaire des groupes H et X ; E1 passe par le même carbocation que SN1. La règle de Zaïtsev prévoit que l'alcène le plus substitué (le plus stable) est le produit majoritaire. Une température plus élevée et une base encombrée favorisent l'élimination.

5. Additions sur les alcènes

Une double liaison C=C, riche en électrons, subit des additions électrophiles (HX, X2, H2O en milieu acide). Avec HX, le proton se fixe sur le carbone le moins substitué : c'est la règle de Markovnikov, justifiée par la stabilité du carbocation intermédiaire (tertiaire > secondaire > primaire). L'addition de Br2 procède par un ion bromonium et conduit à une addition anti. L'hydrogénation catalytique (H2, Pd) est une addition syn.

6. Aromaticité et substitution électrophile aromatique

Le benzène est aromatique : cycle plan, conjugué, comportant 4n + 2 électrons π (règle de Hückel ; ici 6). Il subit des substitutions électrophiles (SEAr) plutôt que des additions, afin de conserver l'aromaticité : nitration (HNO3 / H2SO4), halogénation (X2 / FeX3), sulfonation, alkylation et acylation de Friedel-Crafts (RX ou RCOCl / AlCl3). Les substituants déjà présents orientent la seconde substitution : les groupes activants (–OH, –OR, –NH2, –alkyle) orientent en ortho et para ; les groupes désactivants (–NO2, –CN, –CO–, –COOH) orientent en méta, les halogènes étant désactivants mais ortho/para-directeurs.

7. Composés carbonylés, acides carboxyliques et dérivés

Le carbone du groupe C=O est électrophile : les aldéhydes et cétones subissent des additions nucléophiles. La réduction par le borohydrure de sodium NaBH4 les transforme en alcools (aldéhyde → alcool primaire ; cétone → alcool secondaire). Un organomagnésien (réactif de Grignard RMgX) s'additionne au carbone carbonylé : sur le méthanal, il donne un alcool primaire ; sur un autre aldéhyde, un alcool secondaire ; sur une cétone ou un ester, un alcool tertiaire.

L'oxydation des alcools dépend de leur classe : un alcool primaire donne un aldéhyde (oxydation ménagée) puis un acide carboxylique ; un alcool secondaire donne une cétone ; un alcool tertiaire n'est pas oxydé par les oxydants ordinaires (permanganate, dichromate). L'aldéhyde se distingue de la cétone par sa réaction avec la liqueur de Fehling ou le réactif de Tollens, qui oxydent seulement les aldéhydes.

  • Estérification : acide + alcool ⇌ ester + eau, lente, limitée (K ≈ 4 pour acide éthanoïque et éthanol, rendement de 67 % à partir d'un mélange équimolaire). On l'améliore par catalyse acide (sans effet sur K), par excès d'un réactif ou élimination d'eau.
  • Hydrolyse basique d'un ester (saponification) : totale, formant un carboxylate et un alcool ; elle est la base de la fabrication du savon (triglycéride + soude → glycérol + savon).
  • Réactivité croissante des dérivés d'acides vis-à-vis des nucléophiles : amide < ester ≈ acide < anhydride < chlorure d'acyle.

8. Spectroscopie

  • Infrarouge : bande C=O vers 1 700 cm−1 (intense) ; O–H d'alcool large vers 3 300 cm−1 ; O–H d'acide très large de 2 500 à 3 300 cm−1 ; N–H vers 3 300–3 500 cm−1 ; C≡C vers 2 150 cm−1.
  • RMN du proton : le nombre de signaux donne le nombre de types de H, l'intégration leur proportion, le déplacement chimique δ (en ppm) leur environnement (CH3 aliphatique ≈ 1 ppm ; H d'un benzène ≈ 7 ppm ; H d'aldéhyde ≈ 9–10 ppm), et la multiplicité suit la règle des (n + 1) : un H voisin de n protons équivalents donne n + 1 pics.
  • Spectrométrie de masse : le pic moléculaire donne la masse molaire ; les fragments renseignent sur la structure.

Exercice corrigé. Un composé de formule C4H8O2 présente en RMN : un triplet à 1,2 ppm (3 H), un singulet à 2,0 ppm (3 H) et un quadruplet à 4,1 ppm (2 H). En IR, il a une bande intense à 1 740 cm−1 et pas de bande O–H. Le degré d'insaturation est (2 × 4 + 2 − 8) / 2 = 1 (une double liaison C=O). Le triplet et le quadruplet (CH3–CH2–) et le singulet (CH3–CO–) conduisent à l'éthanoate d'éthyle, CH3COOCH2CH3. Le quadruplet à 4,1 ppm est déblindé par l'oxygène voisin.

9. Pièges d'examen

  • Énantiomères : mêmes propriétés physiques (point de fusion, solubilité), sauf le pouvoir rotatoire (de signe opposé).
  • Une SN2 inverse la configuration mais « inversion » ne veut pas dire que R devient toujours S : c'est la disposition spatiale qui s'inverse, le descripteur dépend des priorités.
  • La règle de Markovnikov concerne le carbone qui reçoit le proton (le moins substitué), pas celui qui reçoit X.
  • Le benzène ne subit pas d'addition dans les conditions usuelles ; il subit des substitutions.
  • Un catalyseur acide accélère l'estérification mais ne change pas son rendement à l'équilibre.
  • Un alcool tertiaire ne s'oxyde pas par oxydation ménagée.

Auto-évaluation

1. Combien de stéréoisomères au maximum pour un composé à 3 carbones asymétriques ?

23 = 8, moins les éventuelles formes méso si la molécule présente une symétrie interne.

2. Prévoir le produit majoritaire de l'addition de HBr sur le 2-méthylpropène.

Markovnikov : H se fixe sur le CH2 (carbone le moins substitué), formant le carbocation tertiaire, puis Br− s'y fixe : (CH3)3C–Br, le 2-bromo-2-méthylpropane.

3. Comment distinguer le propan-2-ol du propan-1-ol par oxydation ménagée ?

Le propan-1-ol (primaire) donne un aldéhyde (propanal), détecté par la liqueur de Fehling ou le réactif de Tollens, puis un acide. Le propan-2-ol (secondaire) donne une cétone (propanone), qui ne réagit pas à ces réactifs.

Sources

Manuels de licence : Clayden J., Greeves N., Warren S., Organic Chemistry ; Vollhardt P., Schore N., Traité de chimie organique ; McMurry J., Organic Chemistry ; Pavia D. et al., Introduction to Spectroscopy. Les valeurs de pKa et de fréquences sont des ordres de grandeur usuels.

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Ce chapitre traite la rubrique « Cinétique chimique » du domaine Chimie (3 % du descriptif officiel) : vitesse de réaction, ordre, lois intégrées, influence de la température, mécanismes et catalyse. La thermodynamique (chapitre 09) dit si une réaction est possible ; la cinétique dit à quelle vitesse elle se produit.

1. Vitesse de réaction

Pour une réaction a A + b B → c C + d D en volume constant, la vitesse de réaction est v = (1/V) dξ/dt = − (1/a) d[A]/dt = (1/c) d[C]/dt. Elle s'exprime en mol·L−1·s−1. La vitesse de disparition de A est − d[A]/dt = a v. Les facteurs cinétiques sont la concentration des réactifs, la température, la présence d'un catalyseur, la surface de contact d'un solide et la lumière (réactions photochimiques).

La loi de vitesse d'une réaction admettant un ordre est v = k [A]α [B]β ; α et β sont les ordres partiels (déterminés expérimentalement, pas nécessairement égaux aux coefficients stœchiométriques), α + β l'ordre global, et k la constante de vitesse, dont l'unité dépend de l'ordre global (s−1 pour l'ordre 1, L·mol−1·s−1 pour l'ordre 2, mol·L−1·s−1 pour l'ordre 0).

2. Lois intégrées pour un seul réactif A

OrdreLoi de vitesseConcentration en fonction du tempsTemps de demi-réactionDroite à tracer
0v = k[A] = [A]0 − k t[A]0 / (2k)[A] en fonction de t
1v = k [A][A] = [A]0 e−k tln 2 / k (indépendant de [A]0)ln [A] en fonction de t
2v = k [A]²1/[A] = 1/[A]0 + k t1 / (k [A]0)1/[A] en fonction de t

Le temps de demi-réaction t1/2 est la durée pour consommer la moitié du réactif limitant. Seul l'ordre 1 a un t1/2 indépendant de la concentration initiale, comme en radioactivité. On détermine l'ordre par la méthode intégrale (on teste quelle linéarisation donne une droite), par la méthode des temps de demi-réaction, ou par la méthode des vitesses initiales (on mesure v0 pour plusieurs concentrations initiales : si [A]0 double et v0 quadruple, l'ordre est 2). La dégénérescence de l'ordre consiste à introduire un réactif en grand excès : sa concentration reste quasi constante et l'ordre apparent est celui de l'autre réactif.

Exercice corrigé. Une réaction d'ordre 1 a une constante k = 0,0693 min−1. Son temps de demi-réaction est ln 2 / 0,0693 = 10 min. Après 30 min, il reste (1/2)3 = 12,5 % du réactif. Pour une réaction d'ordre 2 avec k = 0,50 L·mol−1·s−1 et [A]0 = 0,20 mol/L, t1/2 = 1 / (0,50 × 0,20) = 10 s ; une seconde demi-vie dure 20 s, car la concentration a été divisée par deux.

3. Influence de la température : loi d'Arrhenius

La constante de vitesse suit la loi d'Arrhenius : k = A e−Ea / R T, soit ln k = ln A − Ea / (R T). A est le facteur de fréquence et Ea l'énergie d'activation. Le tracé de ln k en fonction de 1/T est une droite de pente − Ea / R. Pour deux températures : ln (k2 / k1) = (Ea / R) (1/T1 − 1/T2). Une élévation de T augmente la proportion de molécules qui franchissent la barrière d'activation.

Exercice corrigé. Pour Ea = 50 kJ/mol, entre 300 K et 310 K : ln (k2 / k1) = (50 000 / 8,314) (1/300 − 1/310) = 6 014 × 1,075 × 10−4 = 0,647, donc k2 / k1 = e0,647 ≈ 1,9. La règle empirique « la vitesse double pour +10 K » correspond à des énergies d'activation de l'ordre de 50 kJ/mol.

4. Mécanismes réactionnels et catalyse

Un mécanisme est la suite des actes élémentaires qui constituent la réaction globale. Pour un acte élémentaire, l'ordre est égal à la molécularité (nombre d'entités qui entrent en collision : uni-, bi- ou, rarement, trimoléculaire). L'étape cinétiquement déterminante est l'étape la plus lente ; elle fixe la loi de vitesse globale. Un intermédiaire réactionnel est formé puis consommé, il n'apparaît pas dans le bilan. L'approximation de l'état quasi stationnaire (AEQS) suppose que la concentration d'un intermédiaire très réactif reste faible et quasi constante : d[I]/dt ≈ 0.

Un catalyseur augmente la vitesse en offrant un chemin réactionnel d'énergie d'activation plus faible ; il est régénéré en fin de réaction et ne figure pas dans le bilan. Il ne modifie ni l'enthalpie de réaction ni la constante d'équilibre (il accélère les réactions directe et inverse dans les mêmes proportions). On distingue la catalyse homogène (même phase), hétérogène (par exemple un pot catalytique à base de platine) et enzymatique (spécificité du substrat, loi de Michaelis-Menten : v = Vmax [S] / (KM + [S])).

5. Pièges d'examen

  • L'ordre d'une réaction n'est pas lu sur les coefficients stœchiométriques ; il est déterminé par l'expérience (sauf pour un acte élémentaire).
  • Seul l'ordre 1 a un temps de demi-réaction indépendant de la concentration initiale.
  • Un catalyseur n'augmente pas le rendement d'une réaction équilibrée ; il accélère seulement.
  • La loi d'Arrhenius utilise la température en kelvins ; l'énergie d'activation en J/mol (si R = 8,314 J·mol−1·K−1).
  • La pente du graphe ln k en fonction de 1/T vaut − Ea / R, pas Ea.
  • La vitesse de réaction (positive, rapportée à l'avancement) est différente de la vitesse de disparition d'un réactif quand le coefficient n'est pas 1.

Auto-évaluation

1. En doublant [A]0, la vitesse initiale est multipliée par 4. Quel est l'ordre partiel par rapport à A ?

2α = 4 donc α = 2.

2. Un graphe de 1/[A] en fonction du temps est une droite de pente 0,25 L·mol−1·s−1. Que peut-on dire de la réaction ?

Elle est d'ordre 2 par rapport à A, avec k = 0,25 L·mol−1·s−1.

3. Pourquoi un catalyseur ne change-t-il pas la constante d'équilibre ?

K° ne dépend que de ΔrG°, qui ne dépend que des états initial et final. Le catalyseur abaisse la barrière dans les deux sens de manière égale, sans changer ces états.

Sources

Manuels de licence : Atkins P., de Paula J., Physical Chemistry ; Laidler K., Meiser J., Physical Chemistry ; Espenson J., Chemical Kinetics and Reaction Mechanisms. Les exemples chiffrés sont des exercices de principe.

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